24 HEURES DU MANS : IL Y A TOUT JUSTE 50 ANS ICKX-OLIVER (FORD GT40) REMPORTAIENT UNE VICTOIRE D’ANTHOLOGIE.

 

 

 

 

Dans l’histoire des 24 Heures du MANS, l’année 1969 est restée gravée dans toutes les mémoires.

 

Jamais jusqu’à présent, l’écart entre les vainqueurs et leurs dauphins, n’avait été aussi minime que lors de cette 37ème édition.

Alors que l’Usine PORSCHE avait débarqué avec sa nouvelle arme, la surpuissante 917 rapide comme l’éclair mais manquant encore de fiabilité, le rival FORD sous les couleurs de John WYER, avait quant à lui préféré mettre ses atouts, dans les expérimentées et fiables GT40, plutôt que sur les plus récentes MIRAGE, toujours en cours de développement.

FORD, qui les trois années précédentes, avait à chaque fois, remporté les lauriers, était donc confronté à une impressionnante armada de cette nouvelle PORSCHE 917 et de son modèle précurseur, la 908 dont la 917 de Rolf STOMMELEN, se hissa en Pole, en reléguant la plus véloce des GT 40, celle de Jacky ICKX et de Jacky OLIVER, loin derrière … en 13ème position à 15 secondes de la PORSCHE.

Conscient que les 917 seraient des lièvres difficile à contrer en raison de leur vélocité, John WYERQ, opta pour sa part plutôt pour une tactique plus sage et essentiellement axée sur la fiabilité.

Et la suite allait lui donner raison et ce malgré que Jacky ICKX, le pilote Belge en pleine ascension dans la hiérarchie du Gotha de l’époque, ait décidé lors de la procédure de départ, qui n’était pas lancé à l’époque et où le pilote désigné pour prendre le départ, traversait la piste en courant pour aller s’engouffrer dans son bolide et où une grande majorité ne prenait pas soin d’attacher les ceintures au moment de la mise en route des moteurs, de traverser tranquillement la piste, de s’attacher et de partir bon dernier en signe de désaccord sur la procédure qui dans le passé avait conduit à de sérieux problèmes physiques lors d’accident dans la première phase de l’épreuve.

Prouvant leur vélocité les 917 furent cependant rapidement victimes de leur manque de fiabilité si bien que pour sauver la mise PORSCHE se reposait sur ses 908 dont celle de HERMANN-LARROUSSE qui fut la seule à se retrouver dans le sillage de la GT40 de la paire ICKX-REDMAN qui entretemps s’était hissée aux commandes de l’épreuve grâce à la complémentarité de l’équipage et de sa légendaire fiabilité.

Les dernières heures furent alors un mano-à-mano entre Jacky ICKX et Hans HERMANN, pilote maison chez PORSCHE et qui tint les spectateurs en haleine jusqu’au baisser du drapeau à damiers, où Jacky ICKX s’imposa finalement mais de peu avec seulement et au bout de des24 Heures de …120 mètres d’avance, un écart qui reste toujours gravé dans les annales jusqu’à ce jour.

Cette victoire pour le constructeur FORD représenta énormément puisque ce même châssis, le N° 1075, avait déjà remporté l’épreuve un an auparavant avec l’équipage Pedro RODRIGUEZ-Lucien BIANCHI, pour devenir du coup une véritable pièce de Musée.

 

24 HEURES du MANS 1968 – La Ford-GT40 châssis 1075, déja victorieuse avec Pedro RODRIGUEZ et Lucien BIANCHI.

 

Pour Jacky ICKX cette première victoire en terre mancelle, était le détonateur d’une brillante série au Mans, puisqu’il y remportera encore par la suite, les lauriers à cinq reprises.

Et toutes avec… PORSCHE !!!

Depuis, Jacky ICKX a eu maintes fois l’occasion de décrire cette première victoire au suspense insoutenable:

« Pour entamer le sprint final, PORSCHE fit l’erreur de désigner l’Allemand Hans HERMANN, plutôt en fin de carrière, comme dernier relayeur au lieu de lancer le jeune et brillant pilote Français, Gérard LARROUSSE. HERMANN, n’avait en effet plus la niaque  nécessaire pour soutenir un rythme aussi élevé dans les dernières heures ce que je remarquais à chaque tour alors que moi j’étais frais comme un gardon. En toute fin d’épreuve suite à la cadence élevée que nous soutenions, il fallait en outre économiser le carburant comme on pouvait pour ne pas tomber en panne sèche dans les derniers instants. J’avais décidé de lever un peu le pied à l’entrée de la ligne droite, persuadé que pour la suite l’aspiration jouerait en ma faveur mais HERMANN n’était pas disposé de prendre la tête et parfois nous donnions l’impression d’être au ralenti »

Et l’ami Jacky de préciser :

« J’ai alors usé de toutes les astuces et ficelles en me servant de mon clignotant comme pour simuler un problème. »

Une situation loufoque dont il en rigole encore aujourd’hui, en enchaînant:

«  Et HERMANN, s’est laissé avoir en passant devant, persuadé que j’étais en panne d’essence et qu’il filait vers la victoire. Mal lui en prit puisque je me suis immédiatement positionné dans son aspiration pour le déborder irrésistiblement avant Mulsanne et remporter la mise après une rude bataille de 4.998 KM à la moyenne de 208 Km/h. »

 

Gilles GAIGNAULT AutoNewsInfo et Jacky ICKX – Photo : Thierry COULIBALY

 

Du haut de ses 24 ans, Jacky ICKX démontra que malgré les 17 ans d’écart, face à son rival d’un double tour d’horloge, il avait non seulement prouvé sa pointe de vitesse mais également un sens tactique peu courant à l’époque pour un jeune pilote alors qu’en principe l’expérience à ce niveau  face à une usine comme PORSCHE, ne jouait pas nécessairement en sa faveur. Une brillante victoire qui fait quasiment référence à la fable du ‘’Lièvre et de la Tortue’’.

Naturellement Jacky ICKX et comme chaque année, est bien présent ce week-end au Mans et ce afin de fêter le cinquantième anniversaire de sa première victoire en Sarthe.

Et aussi de constater qu’il reste malgré les années qui défilent, toujours aussi populaire, à voir le nombre de  fans qui l’entourent qui pour un autographe, qui pour un selfie, qui encore aussi naturellement pour un interview comme l’a fait notre boss, Gilles GAIGNAULT

 

 Manfred GIET

Photos : PUBLIRACING  Agency et Thierry COULIBALY


JACKY-ICKX-La-FORD-GT-40-de-sa-1ére-victoire-aux-24-Heures-du-MANS-LE-15-JUIN-1969

 

About Author

gilles