BOUQUIN : « L’ÂGE D’OR DES PILOTES FRANÇAIS EN GP. » : ÉMOTION EXCEPTIONNELLE !

 

 

 

La FFM (Fédération Française Motocycliste) a publié plusieurs bouquins, entre autres le phénoménal « Gueules de Motards » de Bruno des Gayets.

Une série de portraits photo façon Studio Harcourt très réussie, allant du Champion du Monde, au simple Motard lambda mais typique de son milieu, le tout commenté par Claude de la Chapelle.

Voici un nouveau chef d’oeuvre, entièrement consacré à la ‘compète’, écrit par Zef Enault, un ancien de Moto Journal, un style emporté comme je l’aime, genre surfeur de très haut niveau sous une vague déferlante colossale que serait l’histoire des GP Moto.

 

 

D’abord, on y apprend un tas de trucs, les érudits du métier – dont Gilles Gaignault patron du site AutoNewsInfo – vont se marrer mais j’ignorais absolument que Jean Behra, un pilote automobile star de mes très jeunes années, a été cinq fois Champion de France à Moto, qu’il a aussi été le premier Français à prendre le départ des GP. du Championnat du Monde créés en 1949, deux ans avant le début de sa carrière auto.

Le bouquin rappelle aussi la première victoire d’un Français, Pierre Monneret, en GP 500 à Reims, c’était en 1954 et ils ne sont pas nombreux à avoir réalisé le même exploit, Sarron (Hockenheim 1985) et Laconi (Valence 1999).

Un truc génial, la photo : elle raconte autant que le livre, avec des clichés peu connus, superbes de qualité, des pilotes parfois rares (Guy Ligier), parfois aux destinées prodigieuses (Jean-Pierre Beltoise) les auteurs de ces photos sont cités en fin de livre, il y a du très lourd.

 

 

Ce bouquin est plus qu’une vague évoquée ci-dessus, c’est un souffle.

Parce que les années ‘Continental Circus’ sont un véritable blow up, avec un bazar monstre sur les lignes de départ, les photographes devant les rails de sécurité, les paddocks dans des aires herbeuses et  parfois boueuses, mais la vitesse française a existé et bien existé, même si en titres elle a peu récolté.

Mais en gloire, c’est une saga !

À l’époque, les départs se faisaient à la poussette, c’était horriblement dangereux et le mec qui avait failli se tuer en faisant la pole et perdait dix places parce que sa moto ne démarrait pas assez vite.

Se faire tuer, là encore, le livre de Zef Enault rend compte de la lente progression de la sécurité en GP, sous la poussée des pilotes, parfois les grèves, mais avec des palanquées de pilotes qui se sont tués chaque année, chose devenue rarissime aujourd’hui sauf dans les courses sur route, or le TT de l’Île de Man a été dès 1949 une des épreuves de ce Championnat du Monde !

On revient sur cette époque dorée et finalement insouciante des GP, années 70/80 et de grands noms français, tout le monde se souvient de Patrick Pons, de Christian Sarron, de Michel Rougerie, on oublie parfois ce podium miracle de Silverstone, en 1983, c’est le seul, où figurent trois pilotes Français, avec un certain vainqueur dénommé… Jacques Bolle, aujourd’hui Président de la FFM, Thierry Espié second et Christian Sarron troisième.

 

BOLLE, ESPIÉ, SARRON, LE SEUL PODIUM 100% FRANÇAIS DE TOUTE L’HISTOIRE DES GP. DE VITESSE

 

L’histoire justement.

Zef Enault retrouve des faits étonnants…

C’est Michel Rougerie qui aurait du être le premier Champion du Monde Français, en 1975, où il a plus de points au total que son coéquipier Walter Villa mais alors, on comptait seulement les six meilleurs résultats de l’année et Villa a été titré !

À propos qui est le premier Champion du Monde Français en GP ?

Zef est clair, c’est Jean Louis Tournadre (1982) Pons a été titré en 750cc  en 1979 mais cette cylindrée était elle vraiment un Championnat du Monde de GP ?

Je suis totalement d’accord avec lui, mais en revenant dans les archives, je trouve que ce Prix 750, qui a existé de 1973 à 1979, a été réintégré au Championnat du Monde sur ses trois dernières années, en 1977 pour Steve Baker, en 1978 pour Johnny Cecotto, en 1979 pour Pons.

Mais je ne parviens pas à trouver le mot GP 750…

Bon, les vrais historiens des GP sauront répondre à la question.

Il se trouve que j’ai la chance de connaître, ou d’avoir connu certains des acteurs de cette époque.

Et que ce qu’ils me racontent, qui est fascinant de bout en bout, se retrouve exactement dans le ton des descriptions de ce bouquin.

Bien entendu il est largement question de cette Coupe ‘Kawa’, qui a engendré quasiment la totalité des grands pilotes tricolores en GP, apparue en 1972, et usine à Champions jusqu’en 1982.

Un grand souvenir de l’impulsion de l’importateur… Xavier Maugendre le Patron de la SIDEMM.

 

PATRICK PONS EN COUPE KAWA (PHOTO MICOU MONTANGE)

 

Dans les discussions à Moto Légende ou à Rétromobile, dans les groupes d’amis qui se forment au fil des allées, il ne se passe pas cinq minutes avant que revienne la Coupe Kawa sur toutes les lèvres…

La vitesse française est faite de monuments d’émotion.

Malgré les morts, les blessures, les déceptions, il y a eu aussi de très grands moments et c’est l’avantage de notre sport, c’est à ceux là que l’on pense le plus facilement.

Honneur à tous les Champions qui ont fait la vitesse française… depuis Behra en 1949 !

Et même avant, la course à moto est beaucoup plus ancienne, le premier TT du Man a été couru en 1904 et sur son tracé actuel en 1911.

Ce livre ? C’est un moment de bonheur, un moment long, nuit blanche en ce qui me concerne.

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Éditeur

 

En vente sur :
https://boutique.ffmoto.org/edition/64-lage-dor-des-pilotes-francais-en-grands-prix.html

Il vaut 35 €, pour 166 pages de bonheur et de photos presque toutes inoubliables, c’est donné !

 

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