FUSION FCA-RENAULT, L’ANALYSE.

 

 

 

FCA fait la roue devant Renault. Le groupe Italo-Américain a dévoilé une proposition de fusion (50-50) avec le constructeur au Losange. Ce dernier répond qu’il « étudie avec intérêt » la proposition. Qu’ont-ils donc à y gagner ?

 

Le Fiat Talento, un Renault Trafic rebadgé, préfigure-t-il le futur de FCA et Renault ? Copyright : FCA

 

 

Renault, c’est 3,9 millions de véhicules en 2018 (en incluant Dacia, Samsung et Alpine), avec une croissance de 3,2%.

FCA est à 4,8 millions de véhicules en 2018… Ce qui représente également une croissance de 3,2%.

Les deux groupes sont dans une phase critique.

FCA progresse aux État-Unis grâce aux bonnes ventes de Jeep et Ram (pick-up.) En Europe, c’est encore Jeep qui tire le groupe vers le haut, aidé cette fois d’Alfa Romeo.

Fiat, naguère l’un des leaders Européens, n’existe plus qu’à travers la 500 et il n’y a qu’au Brésil qu’il brille. FCA a besoin de plateformes.

Sergio Marchionne, le PDG décédé en 2018, songeait déjà à une fusion, voire une absorption par un autre groupe. Mike Manley, son successeur, a remit le dossier sur la table.

FCA a toujours cherché un partenaire présent en Asie (d’où un démarchage des constructeurs Chinois et Coréens) et surtout, un expert de l’électrique.

Renault, très présent dans l’électrique, qui possède le Coréen Samsung et deux joint-ventures en Chine, est un marié idéal.

Renault, lui, fête les 20 ans de son alliance avec Nissan. Dans l’automobile, ce type d’association a existé (cf. Renault-Volvo, Honda-Rover, Ford-Mazda, etc.)

En général, elles aboutissent soit à un rachat d’une des parties par l’autre (comme GM et Daewoo), soit à un divorce…

Louis Schweitzer, un ancien PDG  voulait « Renault-iser » Nissan.

Son successeur, Carlos Ghosn, lui, voulait « Nissan-iser » Renault !

Le rachat de Mitsubishi et son intégration dans l’Alliance s’est fait à l’insu des Français…

Lorsque Carlos Ghosn fut mis en examen, Renault joua la présomption d’innocence, tandis que Nissan exprima peu d’empathie, voire de l’antipathie pour son PDG déchu.

Depuis, le fil s’est distendu entre d’un côté Nissan-Mitsubishi et de l’autre, Renault.

Ce n’est pas un hasard si FCA s’est adressé à Renault et non à l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

FCA se doute que Renault cherche une porte de sortie. FCA lui ouvrirait le marché Américain, où son ennemi-intime PSA a prévu de se rendre.

Avec 3,9 millions de voitures, Renault est trop petit pour concevoir ses propres plateformes.

Ola Källenius, le nouveau PDG de Daimler, a décidé de couper les ponts avec les Français. Pour assurer l’avenir de Smart (dont la ForFour est produite chez Renault en Slovénie), Daimler se tourne vers le Chinois Geely.

Renault est seul et avec FCA, il retrouverait une taille d’envergure mondiale !

Côté Nissan, on a officiellement proposé à Renault une fusion (jusqu’ici refusée par l’état Français.)

Un groupe FCA-Alliance n’aurait aucun sens. Avec 5,7 millions de véhicules en 2018, Nissan contribue à plus de la moitié des ventes de l’Alliance.

A contrario, dans un groupe FCA-Alliance, Nissan ne pèserait plus qu’un tiers des ventes. Même avec le renfort de Mitsubishi, les Japonais seraient marginalisés au profit d’un pôle Européen composé de Renault et l’ex-Fiat Group.

Nissan n’a pas besoin de Renault. Il possède sa propre organisation industrielle mondiale. Avec Mitsubishi, il pourrait former un groupe Japono-japonais, à l’instar de Toyota et Honda.

En bref, cette fusion FCA-Renault, avec la fin de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, ne ferait que des heureux !

 

Joest Jonathan OUAKNINE

Photos : FCA

 

 

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