INDIANAPOLIS : LA JOIE DE SIMON PAGENAUD EN POLE… LA DÉCEPTION DE FERNANDO ALONSO ÉLIMINÉ !

 

 

 

 

Les qualifications des 500 Miles d’Indianapolis révèlent toujours des surprises. Cette année, on a été servi, avec la pole d’un Simon Pagenaud, l’un  des pilotes Penske, couronnement d’une préparation méticuleuse et l’élimination d’un Fernando Alonso l’homme de McLaren, grand ‘chouchou’ des médias Européens !

 


INDY-500-2019-Simon PAGENAUD, décroche la pole de la 103ème édition ce dimanche 19 Mai

La surprise Pagenaud

 

Jusqu’ici, Simon Pagenaud, bien que sacré ‘Champion’ Indycar 2017, avait des états de service modestes sur ovales ! Parmi ses douze victoires obtenues dans cette série, il n’y en a…  qu’une seule sur ovale, à Phoenix justement en 2017.

Mais on oublie que le Français a souvent été bon lors des essais des 500 Miles d’Indianapolis. 5ème en 2014, avec une écurie Sam Schmidt au budget alors limité, il est en première ligne l’année suivante pour ses débuts chez Roger Penske. Puis, en 2018, alors qu’il pataugeait complètement, il décrocha un excellent deuxième temps. Il est donc rompu à l’exercice.

Cette année, sa progression a été méthodique. Il y a un mois, lors du tout premier essai d’Indianapolis, il obtint le 8éme temps. Lors du Grand Prix d’Indianapolis, le tricolore fit une fin de course exceptionnelle, doublant Jack Harvey et Scott Dixon (qui avait pourtant six secondes d’avance) en quelques tours. Et remportait la course.

Il prouvait que la motivation et l’envie de vaincre restaient là, et ce malgré… 18 mois sans succès !

Mardi dernier, lors d’une journée d’essais axée sur la vitesse, il réalisa le deuxième temps. On savait que le Team Penske, vainqueur sortant avec son pilote Australien Will Power, était très en forme.

Samedi, trois de ses quatre voitures atteignirent le « Fast Nine ». avec Power, Newgarden et Pagenaud ! Seul, le ‘pigiste’ le revenant pilote Brésilien Hélio Castroneves qui roule désormais en Endurance avec l’une des Acura du Penske, restait à quai…

Pagenaud devançant ses deux équipiers avec le troisième temps. Puis ce dimanche après-midi, ce fut l’enchaînement presque parfait, avec trois tours à plus de 220 mph !

Motivation au zénith, équipe experte et semaine positive furent un cocktail détonnant. Ce dimanche 19 mai 2019, Simon Pagenaud devint ainsi le premier Français en pole à Indianapolis depuis … René Thomas, il y a exactement un siècle !

Ce n’est pas le fruit du hasard car le tricolore est récompensé pour un mois de travail acharné.

Et après ?

500 Miles, c’est long et tout peut arriver. Néanmoins, il faut ranger le Français parmi les « clients »…pour décrocher cette znnée enfin la victoire.

Assuré de ‘SA’ pole, Simon Pagenaud, lâchait :

« C’est vraiment un moment incroyable. Mon Team Penske a été phénoménal, mes coéquipiers m’ont toujours motivé et encouragé et mes ingénieurs m’ont permis de disposer d’une monoplace capable designer cette grosse performance dans la plus grosse course du monde. Mon cœur faisait boum-boum et battait fort, c’est stressant pour tout le monde et je pense que les fans le ressentent. Avoir une pole à Indy, c’est incroyable mais l’objectif reste avant tout  de gagner l’Indy 500.»

 

L’INDY 500. Pour Fernando ALONSO… déjà fini !

 

La consternation Alonso

 

Autant Simon Pagenaud a connu une progression irrésistible, autant Fernando Alonso et son équipe ont multiplié les faux-pas et les revers, jusqu’à l’élimination de l’Espagnol.

McLaren et Alonso ont sans doute crû que le paddock de l’Indycar, allait leur dérouler le tapis rouge. En Europe, l’engouement était là. A contrario, l’Indycar était en pleine forme, avec de nouveaux entrants. Vu des États-Unis, ‘Nando n’était qu’un pré-retraité en goguette. Le traitement médiatique était radicalement différent.

La seconde erreur fut de croire, à l’automne 2018, que le plateau 2019 était figé. McLaren n’avait pas intégré l’habitude des négociations d’arrière-boutique. L’équipe choisit alors de créer une structure ad hoc, alors qu’à l’hiver 2019, des équipes comme Harding, Juncos ou Carlin, avaient des baquets de libre.

Qui plus est, l’équipe d’Indycar mit énormément de temps à prendre forme. McLaren débarquait à Indianapolis avec des hommes chevronnés, mais n’ayant jamais travaillé ensemble et un unique pilote à l’expérience limitée. DragonSpeed, un autre novice, disputa tous les courses de St Petersburg et de Barber Park pour roder la structure. Clauson-Marshall arriva à Indianapolis avec 0 miles d’expérience en Indycar…

Mais il s’agissait d’une équipe déjà présente en sprint car et surtout, sa pilote, la Britannique Pippa Mann possédait une belle expérience de « Indy ». D’ailleurs, les deux équipes se qualifièrent sans passer par le « Bump Day ».

Certes, Indianapolis est le premier ovale de la saison. Néanmoins, il y a eu un test collectif à Sebring. Mais… McLaren n’y était pas !

L’équipe préféra tourner, en avril, à huis clos, sur l’ovale du Texas. Elle aurait pu au moins demander à un Oriol Servia ou à un Conor Daly de déverminer la voiture. Quels étaient les points de repère d’une équipe débutante avec un pilote qui découvrait la piste ?

Quelques jours plus tard, lors des tout premiers essais d’Indianapolis, première alerte : Alonso était bon dernier des débutants.

Évidemment, McLaren sécha le Grand Prix d’Indianapolis. Penske y emmène toujours ses pigistes (naguère Juan Pablo Montoya et aujourd’hui, Helio Castroneves) pour les mettre dans une mentalité de combattant. Les « oranges », eux, considérèrent sans doute que l’épreuve n’apportait rien, alors qu’a minima, cette équipe aurait pu gagner en cohésion.

Seconde alerte mardi dernier, lors de ce test axé sur la vitesse et où Pagenaud se sublimait déjà. Alonso restait englué en queue de peloton. Ensuite, là où Carpenter abattait les kilomètres, McLaren se contentait d’être dans la moyenne. Or, entre l’accident de l’Espagnol et la pluie, la fin de semaine fut compliquée.

D’un point de vue médiatique, c’était un flop. Gil de Ferran adopta une langue de bois très typée F1, pas du tout adaptée à l’Indycar. Surtout par rapport à un James Hinchcliffe (Sam Schmidt) beaucoup plus ouvert sur ses difficultés.

Le samedi matin, enfin, Alonso fut l’un des rares – six pilotes dont tous les accidentés de la semaine – à disputer les essais libres (avec un meilleur temps très relatif à la clef.) L’après-midi, sans surprise, il fut relégué au repêchage ! Tout comme Hinchcliffe, d’ailleurs.

Là où « Hinchtown » avait le soutien du public, Alonso n’était soutenu par personne. Danica Patrick annonça en direct, à la TV, qu’elle voulait que l’Espagnol soit non-qualifié et c’était le consensus général.

L’Espagnol avait été éliminé par le paddock, avant même d’être éliminé en piste. Kyle Kaiser, le jeune ‘rookie’ de la bien modeste équipe Juncos, toujours à la recherche pour Indy le 26 mai de son sponsor, le délogea in extremis…

Kaiser avait également tapé. Sa voiture était un châssis « routier » bricolé à la hâte, avec une voiture vierge de tous sponsors, mais il se qualifia. David-Kaiser contre Goliath-Alonso !

Terrible désillusion et une fin sans gloire pour un Fernando Alonso qui méritait un meilleur traitement de la part de McLaren qui a failli… comme l’explique Gilles Gaignault dans un autre article, de son analyse de l’échec cuisant de leur campagne ‘Indy 500’ 2019 !

Première conséquence annoncée ce lundi et surement pas la dernière, Bob Fernley, l’ex Team principal de l’écurie de F1 Force India, tout spécialement recruté pour cette opération ‘ Indy 500’ autour d’Alonso, quitte McLaren.

 

Joest Jonathan OUAKNINE

Photos : PENSKE et McLAREN

 

Fernando Alonso (McLaren.) Copyright : MCLAREN

 

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