25 ANS APRÈS, LE WEEK-END TRAGIQUE DU GP DE ST MARIN 1994 EST TOUJOURS DANS TOUTES LES MÉMOIRES

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25 ANS… VINGT-CINQ ANS!!!

INIMAGINABLE…

 

 

Et pourtant en ce mardi 30 avril 2019, il y a exactement 25 ans… VINGT-CINQ ans, que le monde des GP et de la Formule 1, connaissait le week-end le plus sombre de son histoire, à l’occasion d’un GP de St Marin, disputé sur le circuit d’IMOLA au cœur de l’Émilie-Romagne, épreuve malheureusement entaché d’une série événements plus dramatiques les uns que les autres, trois jours durant, plongeant tout le paddock dans un immense silence, suivi d’une profonde tristesse !

 

Un GP de St Marin à Imola qui restera à jamais gravé dans l’histoire de la F1, comme l’épreuve du Championnat du Monde, où la réalité dépassa toute imagination.

Et pourtant, ce week-end du GP de St Marin s’annonçait sous les meilleures auspices avec un radieux soleil printanier, donnant une touche particulière à la végétation et la floraison en plein essor à cette époque de l’année en Émilie-Romagne, mais qui hélas, en raison du sort qui s’acharna tout au long du week-end sur le 3ème GP de la saison 1994, se drapa de noir, au point de devenir le rendez-vous le plus funeste de l’histoire de la Catégorie Reine.

La seule parenthèse dans le même registre datant du GP de Belgique 1960, où les pilotes Britanniques Chris BRISTOW et Alan STACEY, trouvèrent la mort, le même jour, lors d’accidents différents.

 

CHRONOLOGIE D’UN WEEK-END NOIR À IMOLA.

 

F1-IMOLA-1994-Vendredi-29-avril-L’accident-de-la-JORDAN-SASOL-de-Rubens-BARRICHELLO.

 

Déjà dès l’amorce de cette troisième manche du calendrier 1994, lors des essais libres du vendredi 29 avril, de ce GP de St-Marin, la ‘Grande Faucheuse’ avait déjà failli donner un premier coup de faux et ce après une sortie de piste terrifiante, de la JORDAN 194 que pilotait Rubens BARRICHELLO, qui s’en sortait vraiment par miracle, avec de multiples contusions et une légère commotion cérébrale.

Le lendemain samedi 30 avril, lors des qualifications, le destin suivait son cours et allait cette fois, se montrer beaucoup plus cruel, avec une autre sortie de piste, à haute vitesse du néophyte Autrichien, Roland RATZENBERGER au volant d’une SIMTEK poussive, qui après la perte d’un élément aérodynamique de l’aileron…  percutait latéralement le mur, lancée à plus de 300 Km/h, au virage VILLENEUVE, alors qu’il était en lutte avec Paul BELMONDO pour la 26ème et dernière place sur la grille de départ.

Un impact qui ne lui laissera aucune chance de survie et qui fera de lui le premier mort au combat en F1, depuis l’italien Elio de ANGELIS, qui s’était tué huit ans auparavant le jeudi 15 mai 1986, au volant d’une BRABHAM, lors d’une séance d’essais privés sur le Circuit Paul Ricard.

L’onde de choc ressentie dans tout le paddock était immense et même le grand Ayrton SENNA, le poleman de cette triste journée, hésita longtemps pour prendre le départ le lendemain, ce qu’il ne fera finalement que sur insistance de son Team WILLIAMS, probablement pressé par ses sponsors.

Un lendemain qui vit la fatalité atteindre son paroxysme dès le départ de ce GP maudit sur le Circuit Enzo & Dino Ferrari d’Imola, véritablement hanté par la poisse.

Pour rappel, accident au départ entre le Finlandais J-J LEHTO, dont la BENETTON B194, a calé  sur la grille et qui se fait ensuite percuter par la LOTUS 107C du Portugais Pedro LAMY, incident qui provoquera, non seulement l’interruption du GP mais aussi quatre blessés dans la tribune principale, à cause d’une roue arrachée et de débris qui termineront leur course dans les rangs des spectateurs.

À 14 H 17, le deuxième départ à peine redonné,  les éléments se déchaînent à nouveau, avec la sorte de piste fatale au grand pilote qu’était le triple Champion du monde, le Brésilien Ayrton Senna da Silva, qui tirait tout droit vers les rails dans la courbe de Tamburello, provoquant une nouvelle interruption de ce GP et la disqualification du Français Éric COMAS, que son écurie, l’équipe Larrousse avait incroyablement laissé repartir et ce malgré le drapeau rouge après un arrêt à son box et qui en passant sur les lieux de l’accident de SENNA  à Tamburello avait failli percuter les équipes d’intervention.

Alors qu’une chape d’immense tristesse, planait sur le paddock, le côté dramatique de ce GP maudit n’était toujours pas arrivé à son terme, puisque à la suite du… 3ème départ, donné à 14 h 55, qui vit finalement la victoire dans l’indifférence totale de Michael SCHUMACHER devant Nicolas LARINI et Mikka HÄKKINEN, au cours du 44ème des 58 tours programmés, la MINARDI de Michele ALBORETO après un arrêt à son stand, perdait une roue dans le pit-lane, laquelle allait percuter deux mécanos de chez FERRARI, nécessitant leur hospitalisation.

 

Ayrton-SENNA-©-Manfred-GIET

 

 

À la fin de ce week-end maudit d’Imola, le paddock se retrouvait une deuxième fois plongé dans la tristesse et il n’était pas rare de rencontrer des intimes de l’entourage du Team WILLIAMS et d’Ayrton SENNA en larmes, mis au courant que celui qui était considéré comme immortel était passé de vie à trépas dans l’hélicoptère qui le transférait vers l’Hôpital de Bologne.

Nous garderons toujours en mémoire, cet échange terrible à la fin du GP, entre Anne BRADSHAW, la PR (Attachée de Presse) du Team WILLIAMS et Antonio BRAGA, l’ami proche et manager d’Ayrton SENNA, à qui elle faisait comprendre que l’immense Champion Brésilien venait malheureusement de rejoindre le paddock des anges….

Tout comme cette autre scène d’un médecin-urgentiste en larmes après être intervenu sur l’ l’infortuné pilote, en ayant pratiqué une trachéotomie dans un dernier espoir qui restera vain.

Effectivement des moments durs à encaisser et où beaucoup de choses deviennent dérisoires…

L’annonce officielle du décès d’Ayrton SENNA tombera à 18 h 30 en ce triste 1er mai 1994, soit un peu plus de quatre heures après son accident parce que, tout comme la veille, lors de l’accident fatal de Roland RATZENBERGER, si les décès avaient été officialisés sur le circuit, le Parquet Italien, se serait saisi de l’affaire et aurait probablement décrété l’annulation du GP.

 


Ayrton-SENNA-Tamburellolendroit-où-Ayrton-SENNA-a-trouvé-lé-mort-régulièrement-fleuri-©-Manfred-GIET

 

Dans l’épave de la WILLIAMS FW 16 du malheureux SENNA, l’équipe d’intervention retrouvera par ailleurs un drapeau Autrichien que le triple Champion du Monde, avait embarqué à bord de sa voiture, et qu’il aurait brandi en cas de victoire, pour rendre hommage à son ami pilote Autrichien… décédé la veille !

Lors de ses funérailles à Sao Paulo, quelques jours plus tard, trois millions de personnes étaient rassemblées dans les rues de sa ville natale, pour lui rendre un dernier hommage et depuis maintenant 25 ans, plus de deux millions de fans accourus du monde entier, ont défilé devant sa tombe sur les collines qui dominent Sao Paulo, au cimetière de Morumbi

 

Ayrton-SENNA-la-tombe-de-Senna-sur-le-cimetière-de-Morumbi-à-Sao-Paulo-©-Manfred-GIET

 

Ferveur qui témoigne de la popularité de cette véritable icône et grand Champion au charisme sans fin, dont l‘image se perpétue à travers la Fondation éponyme crée peu avant sa disparition.

Et que perpétue depuis sa sœur Viviane, la maman de l’excellent pilote d’Endurance Bruno Senna.

Car pour beaucoup d’Aficionados, leur idole n’est pas morte ,elle est juste … absente !

SENNA SEMPRE (Senna pour toujours) est en effet devenu un slogan qui n’est pas prêt de tomber dans l’oubli…

 

VIVRE MON RÊVE, LE LEITMOTIV DE RATZENBERGER.

La-tombe-de-Roland-Ratzenberger-à-Salzbourg-©-Famille-Ratzenberger

 

Si tous les fans de F1, auront une pensée pour leurs idoles en ce 30 avril & 1er mai, deux dates qui resteront à jamais marquées du sceau de l’émotion, 25 ans plus tard, ces disparitions tragiques sont restées dans toutes les mémoires et même si Roland RATZENBERGER, le baroudeur Autrichien au grand cœur, est un peu resté l’oublié de ce week-end maudit, ou du moins dans l’ombre du virtuose de l’asphalte Brésilien Ayrton  SENNA, tous deux cependant ont été victimes de leur passion commune, le sport automobile.

Alors que leurs destins se sont croisés, ils s’étaient tout juste côtoyés à deux reprises lors des traditionnels briefings des pilotes d’avant GP, qui pour SENNA faisaient partie déjà de la routine alors que le novice RATZENBERGER découvrait seulement le monde particulier et impitoyable de la F1.

Dès lors, à la suite de ce week-end tragique d’Imola ‘94, sa disparition est un peu tombée dans l’oubli, face à l’immense popularité d’une légende comme Ayrton SENNA.

Max MOSLEY, le Président de la FIA, à l’époque était d’ailleurs intervenu  en précisant :

« Le GP de Saint Marin n’a malheureusement pas fait que Ayrton SENNA comme victime.Pour nous en tant que Fédération Internationale, cette tragédie a précipité deux familles dans le deuil et autant Roland qu’Ayrton, faisaient partie de la famille F1. »

Car même si le Salzbourgeois Roland RATZENBERGER, fraîchement débarqué en GP, n’avait pas le même statut et par conséquent était moins connu du grand public, alors que l’icône Brésilienne Ayrton SENNA au palmarès chargé, en était lui déjà à sa 11ème saison en F1, il eut été injuste qu’il tombe dans l’oubli.

Depuis ses débuts en sport auto, Roland RATZENBERGER n’avait cessé de galérer dans différentes disciplines avec comme objectif de progresser continuellement et pouvoir un jour accéder à la catégorie reine.

Originaire du quartier d’Obergnigl, à l’est de Salzbourg, il laissa rapidement tomber les études techniques entamées suivant la volonté de ses parents pour se consacrer à son rêve d’enfant, la compétition automobile.

 


RATZENBERGER-Diaporama-©-Manfred-GIET-

 

Pour financer sa passion, il put compter à ses débuts sur Walter LECHNER, son compatriote pilote et propriétaire d’une école de pilotage renommée, la LECHNER RACING SCHOOL, installée à quelques kilomètres de son domicile Salzburg, où il devint homme à tout faire tout en s’exerçant en circuit au volant d’une Formule Ford, Formule de promotion en vogue à l’époque, au volant de laquelle, il remporta le titre Autrichien de la discipline en 1985, avant de remporter le prestigieux FORMULE FORD FESTIVAL de Brands-Hatch en 1986.

Devenu pilote d’usine BMW SCHNITZER  sur une M3 en 1987, il remporta une victoire au 4 Heures de Jarama plus deux autres podiums, il s’attaqua également en parallèle au très relevé Championnat anglais de F3 entre 1987 et 1988, mais sans grand succès, et faute de moyens de passer ensuite à la F3000 anglaise, où il remportera une victoire.

En s’exilant au Japon en 1989, il trouva embauche comme pilote d’usine TOYOTA  pour disputer les manches Japonaises du Championnat du Monde d’Endurance (WSC-FIA) tandis qu’en l’absence de TOYOTA aux manches Européennes, il avait l’autorisation de les disputer sur une PORSCHE 962 du Team BRUN avec comme meilleur résultat une 4ème place aux 1.000 Km de SPA.

Il participera également cinq fois aux 24 Heures du Mans, avec une 5ème place finale comme meilleur résultat en 1993.

De 1990 à 1993, l’Endurance était devenu son domaine avec une trentaine d’épreuves à son actif, dont deux victoires au Japon, sa seconde patrie, au Fuji et à Suzuka.

Le pays du Soleil Levant l’avait véritablement adopté pour sa discrétion, son humilité, son charisme et ses qualités de pilotage qui lui valurent de trouver les yens nécessaires qu’il a ensuite converti en dollars pour réaliser son rêve de piloter un jour en F1, chez SIMTEK, un team aussi novice que lui en GP !

Malheureusement pour lui, +cette petite écurie dirigée par le tout jeune ingénieur de 27 ans, Nick WIRTH et bâtie sur les cendres de la défunte écurie ANDREA MODA, outre l’esthétique, n’avait tout simplement pas les moyens de ses ambitions en raison d’un budget beaucoup trop étriqué.

Le budget que Roland RATZENBERGER y avait amené devait lui permettre d’effectuer cinq GP, soit une situation comme au champ de foire lorsque que l’on achète son ticket pour une attraction avec l’espoir que le tour… se prolonge un peu !

Après une non-qualification au GP du Brésil, il décrocha une encourageante 11ème place finale au GP Pacific à Aïda au Japon,  

Le pays du Soleil Levant l’avait véritablement adopté pour sa discrétion, son humilité, son charisme et ses qualités de pilotage qui lui valurent de trouver les yens nécessaires qu’il a ensuite converti en dollars pour piloter en GP

Excellent pour son moral pour la suite comme il nous l’expliqua à l’époque lors du vol retour Tokyo-Paris, alors qu’il ne cessait de s’extasier devant l’immensité de la Sibérie enneigée vue depuis 8.000 m d’altitude.

Hélas, le GP Pacific restera l’unique épreuve F1 qu’il lui a été donné de disputer -ayant loupé sa qualification au Brésil- car pour son troisième, le sort en décida malheureusement autrement alors que le temps réalisé en qualifications lui aurait permis de disputer son deuxième GP depuis la 26ème et dernière place sur la grille.

Son père Rudolf, âgé de 86 ans et que nous avons eu en ligne récemment, nous confiait:

« Depuis l’accident tragique dont fut victime Roland à Imola en 1994, le jour où nous rentrions de vacances au Mexique avec mon épouse Margit, restera comme le plus triste de notre vie. Et si l’accident mortel dont a été victime notre fils Roland devait avoir du sens, ce serait alors celui d’avoir pu contribuer à sécuriser sérieusement le sport automobile et la F1 en particulier. »

Et, il concluait notre conversation, en lâchant :

Malgré sa disparition le 30 avril 1994, Roland continue à vivre avec nous et il n’y a pas un jour où nos pensées vont vers lui.

Aujourd’hui retraité comme ancien employé de l’office des pensions autrichien, Rudolf RATZENBERGER et son épouse Margit profitent journellement du plus beau souvenir qui leur reste de leur fils disparu en occupant l’immeuble que Roland s’était offert une semaine avant son décès tragique, avec les primes accumulées au Japon, en Groupe A et Groupe C.

Signalons encore que Roland RATZENBERGER et Ayrton SENNA, étaient nés tous deux en 1960, à trois mois d’intervalle, que tous deux étaient gauchers, tous deux également divorcés d’une première union et que qu’ils avaient également en commun, le même élan de générosité, lorsque besoin se faisait sentir.

De chacun subsiste en effet une belle trace caritative puisque la FONDATION SENNA, initiée par Ayrton avant sa disparition pour permettre de scolariser des enfants défavorisés, tourne à plein régime sous la gestion de Viviane LALLI-SENNA, sa sœur, tandis que les parents RATZENBERGER ont fait un leg d’une partie de la masse successorale de leur fils en faveur d’une ONG Internationale qui a permis d’ériger un immeuble dénommé ROLAND HOUSE, destiné à héberger des familles en détresse  dans un petit village de pêcheurs au Sri Lanka.

Malgré le temps qui s’est écoulé, les bons souvenirs reviennent et atténuent le vide que vous avez laissé …

 

 Reposez en paix Roland & Ayrton !

 

Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency

 

  

Roland-RATZENBERGER-Circuit-de-Catalunya-1994-©-Manfred-GIET.

 


Une stèle à la mémoire d’Ayrton-Senna a été érigée près de l’entrée principale du-Circuit de Spa-Francorchamps-©-Manfred-GIET

 


Ayrton-SENNA-la-plaque-commémorative-au-cimetière-vde-Morumbi-©-Manfred-GIET

 

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