DISPARITION DE PATRICK GRANDPERRET, PILOTE MOTO, CO-FONDATEUR DES CASQUES GPA ET CINÉASTE

 

Patrick Grandperret

 

Nos amis Bernard FAU et Jacques SAMALENS nous apprennent une bien triste nouvelle:

Leur pote de toujours, Patrick GRANDPERRET, est parti cette nuit 9 mars 2019… à l’âge de 72 ans, pour rejoindre ses copains, trop tôt disparus, Patrick PONS et Gérald GARNIER, au paradis des pilotes moto. Il était né le 24 octobre 1946 à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne).

Fils d’un ingénieur en optique à l’origine de l’Empire « ESSILOR », diplômé de l’ESSEC (École Supérieure des Sciences Économiques et Commerciales) Grandperret consacrera sa vie à ses deux passions : la Compétition Moto et le Cinéma.

Souhaitant depuis sa plus tendre enfance devenir pilote de GP moto, c’est sur les grilles de départ de la Coupe Kawasaki qu’on découvre une jeune garçon dont l’esprit et la culture exceptionnelle dénotent dans ce monde là. Nous sommes dans les années 1971-72.

Puis, las de voir beaucoup de compétiteurs mourir en raison d’une sécurité globalement défaillante, il lui vient l’idée de bouleverser le milieu de la protection du pilote, tant pour l’auto que la moto; il se rapproche alors de son camarade de lycée François GUERRE-BERTHELOT (alors pilote automobile officiel en Formule France chez GRAC, puis en F3 chez AGS), et également de Jacques CHAVONNET (le grand frère de quinze ans leur ainé, déjà bien installé dans la vie de l’entreprise, puisqu’étant alors le patron de la Société « AEROQUIP », le must des flexibles hydrauliques, bien rompu aux labyrinthes des affaires), et enfin vers le jeunot de la bande, Jacques SAMALENS (fraîchement sorti de la fac et ayant déjà passé une quinzaine de mois comme stagiaire chez BELL HELMETS en Californie) pour tous les inviter à s’embarquer dans une nouvelle aventure qui au début sera plutôt artisanale: les fameux casques GPA.

Patrick Grandperret (image Bernard FAU)

L’avenir fera ce que deviendra la marque GPA par la suite, une véritable success-story fin des années 70, début 80, et qui se développe de façon exponentielle, jusqu’à ce que, un mauvais jour, ça trébuche pour de sombres raisons.

Mais Grandperret a la bougeotte, c’est avant tout un créatif, un artiste, son truc à lui, c’est le cinéma, l’image, la photo, l’écriture… les scénaris ! L’industrie, le commerce, le marketing et toutes les routines liées à la vie de l’entreprise ne l’intéresse plus! Il a besoin de nouveaux challenges…

Lucide et conscient du fait que côté sportif il n’atteindrait jamais le graal, il se dévoue dorénavant à aider de valeureux jeunes espoirs à franchir les obstacles… Patrick PONS (futur Champion du Monde qui sera sacré en 1979), Jean-Claude MEILLAND, Bernard FAU… seront les premiers !

En action caméra en main… (image Bernard FAU)

Puis en 1980 avec son premier long métrage « Court Circuits » arrive l’union du cinéma et de la course, avec à l’affiche des comédiens venant directement des paddocks du Continental Circus, à savoir Gérald GARNIER et Jacques BOLLE (actuel Président de la Fédération Française de Motocyclisme). Scénario, façon polar : c’est un ex-Champion Moto, éclopé du bras droit qui s’improvise manager de jeunes talents… avec tous les déboires propres à cette vocation dont le fil conducteur reste articulé autour de la quête incessante d’argent… honnêtes ou borderline. Ce film contribuera au financement des saisons du team de Gérald, avec Pierre et Jacques Bolle.

L’affiche de « Court Circuits », un film de Patrick Grandperret avec Gérald Garnier & Jacques Bolle

On peut également avancer que Patrick GRANDPERRET a été le premier maître de Luc BESSON (beau-fils de François GUERRE-BERTHELOT) puisqu’il l’a initié aux métiers du cinéma en lui faisant gravir tous les échelons!

Patrick Grandperret le cinéaste

Sans cesse, il ouvre également les portes des petits boulots bien rémunérés du cinéma à de nombreux pilotes, histoire de leur faire rapidement gagner quelques gros sous.

Bref, dans les activités qui nous intéressent, Patrick GRANDPERRET, bien que totalement atypique, a surtout été exemplaire vis-à-vis de ses propres passions et surtout de ses protégés et amis.

Team GPA avec Pierre Bolle et Gérald Garnier (courtoisie de Francis Boutet)

Côté cinéma, nous retiendrons « Mona et Moi » (1989) récompensé par le Prix Jean-Vigo en 1990, puis deux chefs-d’œuvre tirés des romans signés René Guillot : « L’enfant lion » (1993) suivi par « Le maître des éléphants » (1995) avec Jacques DUTRONC en tête d’affiche. En 1996, avec une affiche composée de Jacques DUTRONC, Vincent LINDON et Florence THOMASSIN sort « Les Victimes » film tiré du roman de Boileau-Narcejac.

Affecté depuis une dizaine d’années par un cruelle maladie dégénérative (pathologie lourde et invalidante), se déplaçant uniquement en fauteuil roulant, Patrick ne sortait que rarement de son domicile de St-Maur-des-Fossés, en région Parisienne.

Le Salon Moto Légende 2017 et Rétromobile 2018 furent ses deux dernières apparitions.

 

Rétromobile 2017, l’avant dernière apparition de Patrick Grandperret avec son fils Aurèle (© Jacques SamAlens)

On conservera l’image d’un bel homme très actif, vraiment hors du commun, brillant et plein d’esprit, un homme sachant s’adapter à toutes les situations avec un remarquable pouvoir de séduction, et surtout quelqu’un de généreux et à la porté des plus humbles.

Il laisse trois enfants adultes Émilie, Martin, Léo, et deux jeunes garçons, ses fils Octave (13 ans) et Aurèle (12 ans) ainsi que leur maman Yvonne.

À qui AutoNewsInfo présente ses sincères condoléances attristées…

 

RIP Patrick.

 

Gilles GAIGNAULT

Photos: © Jacques SamAlens (StrategiesAutoMotive) & courtoisies de Francis Boutet & Bernard Fau

 

Gérald Garnier & Jacques Bolle (courtoise de Francis Boutet)

 

 

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