APRÈS AVOIR FÊTÉ DE NOMBREUSES VICTOIRES EN CIRCUIT ET BRAVÉ LE DESTIN À QUATRE REPRISES, NIKI LAUDA SOUFFLE 70 BOUGIES !

 

 

 

CE VENDREDI 22 FÉVRIER 2019, L’IMMENSE CHAMPiON QUE FUT NIKI LAUDA, FÊTE SES … 70 PRINTEMPS !

 

Il fait partie de cette frange de miraculés du sport, mais pas que du sport, puisque après avoir subi deux transplantations rénales en 1997 et 2005, avec comme donneurs son frère Florian et son épouse actuelle Birgit WETZINGER, il vit non seulement avec 4 reins mais aussi depuis l’été dernier avec un poumon greffé d’un donneur anonyme après un lourd acte médical dont il se remet lentement après avoir chopé une méchante grippe saisonnière récemment.

 


Niki LAUDA-dernier portrait juste avant son accident au Nürburgring en 1976-© Manfred GIET.

 

Niki LAUDA, né le 22 février 1949 à Vienne est issu d’une famille bourgeoise et a vécu jusqu’à son adolescence avec une cuillère d’argent dans le bec, en langage argotique.

Dès son plus jeune âge, où qu’il aille, ses parents attachaient une grande importance à son style vestimentaire au point que même pour aller chez le dentiste, le port du traditionnel chapeau tyrolien était obligatoire.

Selon leur souhait, Niki aurait du devenir banquier et pratiquer l’équitation ! Normal à Vienne.

Pour Niki ce ne fut ni l’un ni l’autre, même si en raison des nombreux prêts qu’il contracta à ses débuts de carrière il était souvent chez les banquiers de même que pour ce qui est de l’équitation tout au long de sa vie il a préféré le cheval vapeur au cheval crottin !

Son début de carrière dans le sport automobile a été marqué par son franc-parler en disant les choses comme elles lui venaient.

Avec ses slogans et phrases fortes, il en a d’ailleurs bouché le coin à plus d’un.

Très vite épris par les sports mécaniques mais sans les moyens financiers nécessaires que ses parents refusaient obstinément de lui octroyer pour cette cause, il traça sa route en solitaire, en empruntant de l’argent auprès de ses copains, des banques et même secrètement chez ses grands-parents pour effectuer ses premiers pas en circuit sur une Mini Cooper d’abord et une Porsche 911 ensuite.

En 1971, il tâta de la F3 sans grands moyens mais se ravisa rapidement devant la dangerosité de cette Formule envahie à l’époque par de jeunes loups aux allures de casse-cou.

Après avoir obtenu un crédit pour financer une saison en F-2 auprès de la Caisse d’Épargne Autrichienne (RAIFEISENKASSE), celle-ci devint son sponsor pour cinq ans, sur base de sa notoriété familiale et de sa détermination à vouloir percer dans le sport-auto.

Avec la manne financière du banquier autrichien, il se présenta du coup chez Max MOSLEY, le patron et co-fondateur du Team MARCH à l’époque et futur avocat des équipes FOCA, puis plus tard, Président de la FIA, où non seulement, on lui proposa un volant en F2 mais aussi la possibilité de franchir rapidement le dernier palier menant à la F1.

 

LAUDA sur BRM derrière Jacky ICKX en 1973-© Manfred GIET

 

Vu la situation financière complexe dans laquelle se débattait le Team anglais, faute de matériel compétitif, le passage de LAUDA chez MARCH ne le fit pas sortir de l’anonymat, un contexte dont Max MOSLEY aura l’honnêteté d’avouer que sans l’apport financier du pilote autrichien, MARCH aurait du mettre la clef sous le paillasson fin 1972.

Après un début laborieux en monoplace et parfois une petite escapade en Tourisme, rien ne laissait présager la suite de la brillante carrière qu’il a connu par la suite….

En 1973, il est recruté par Sir Louis STANLEY, l’imposant patron de BRM, pour piloter une BRM P160Csur laquelle sans affoler les statistiques il se distingua néanmoins en ayant mené les GP d’Angleterre et du Canada, pour finalement se retrouver sur le radar d’Enzo FERRARI qui le fit signer pour 1974 à la Scuderia !

NIKI LAUDA-Ferrari 312 T 1974-© Manfred GIET.

PLACÉ SUR ORBITE  

Rouler pour l’écurie au Cheval Cabré représentait évidemment le Graal pour le jeune autrichien méconnu du public et qui avait tiré le diable par le queue jusqu’alors.

Chez FERRARI, qui sortait d’une période creuse, il se mit rapidement en évidence en signant 9 poles durant sa première saison sur la 312 T en 1974.

Un an plus tard, après avoir fait sonner les cloches du Campanile de Maranello à 5 reprises, il fêtait son premier titre de Champion du Monde !

Niki LAUDA-Ferrari 312T2 1975-© Manfred GIET.j

1976 : LE DRAME le 1er Août !

 

F1-1-AOUT-1976-ACCIDENT-NIKI-LAUDA

 

Alors qu’en 1976, il semblait avoir jeté les bases pour engranger un deuxième titre, survint son terrible accident dans l’Enfert Vert du Nürburging, où sans l’acte héroïque conjoint d’Arturo Merzario et de Harald ERTL, il n’aurait pas pu être extrait à temps du brasier de sa Ferrari 312 T2.

Hospitalisé d’urgence dans une clinique spécialisée de Ludswigshafen, où il resta dans le coma durant 4 jours et en situation critique, on le retrouva INCROYABLEMENT dans le cockpit de sa FERRARI…  42 jours plus tard, au GP d’Italie à Monza, où en terminant 4ème, il fut fêté en héros et en véritable miraculé de la F1.

 

LAUDA-42 jours après son accident en 1976 à nouveau derrière un volant-© Manfred GIET.j

 

Cependant ses cicatrices morales mirent du temps à guérir après avoir échappé de justesse à la ‘grande faucille’.

Alors qu’il était toujours leader devant son rival James HUNT au Championnat du Monde des Conducteurs à l’entame de la dernière épreuve à Fuji au Japon, où des pluies torrentielles s’abattirent au départ du GP, LAUDA, tout comme Emerson FITTIPALDI, préféra jeter l’éponge après deux tours dans de telles conditions? estimant sa vie plus précieuse que de prendre des risques encensés.

Une décision qui permit à l’anglais James HUNT qui en terminant 3ème du GP derrière le vainqueur Mario ANDRETTI, de remporter le titre avec… 1 infime petit point d’avance sur… LAUDA.

 

LAUDA  un tour avant l’accident au GP d’Allemagne le 1er août 1976,  au Nürburgring-© Manfred GIET

 

L’attitude compréhensible de LAUDA, véritable ressuscité de l’Enfer du Ring, au propre comme au figuré, déclencha une véritable vague d’incompréhension en Italie et chez FERRARI en particulier, où lui reprocha ouvertement d’avoir bâclé le dernier acte pour l’attribution de la couronne.

Lors des discussions en interne qui s’en suivirent, il évita de toute justesse le licenciement de la part d’Enzo FERRARI que LAUDA n’hésitait pas à appeler ‘’le vieux’’ et comme réponse du berger à la bergère, il prit sa revanche de belle manière en 1977, non seulement en devançant régulièrement l’Argentin Carlos REUTEMANN, sur qui tablait FERRARI dorénavant mais en empochant son deuxième titre de Champion du Monde et ensuite filer chez BRABHAM-ALFA ROMEO, emportant du coup le N°1 attribué au Champion en titre dans ses valises, au grand désarroi de la Scuderia.

 

LAUDA-Brabham BT 45 1978-© Manfred GIET

 

Chez BRABHAM-ALFA, aux mains d’un certain Bernie ECCLESTONE, hormis deux victoires en GP, en Suède à Anderstorp sur la fameuse BRABHAM ‘Aspirateur’, ensuite interdite, et au GP d’Italie à Monza, la vague du succès était brisée, surtout en 1979 où il abandonna à 11 reprises sur 13 GP!

Et, lors du GP du Canada à Mosport le 29 septembre 1979, il annonça à la Presse mondiale ‘’ne plus avoir envie et en avoir assez de tourner en rond sur un circuit et de mettre fin à sa carrière en F-1.’’ au terme de ce GP, l’avant dernier de la saison.’’

 

 


NIKI-LAUDA, pose devant un de ses JET-BOMBARDIER

DE LA PISTE DANS LES AIRS…

 

Avec la fondation de sa propre compagnie aérienne en 1979, la LAUDA AIR, il retrouvait un nouveau défi mais loin d’être couronné de succès puisque malheureusement le 26 mai 1991, un Boeing 767 de LAUDA AIR, qui effectuait la liaison entre Hong-Kong et Vienne, s’écrasait peu après le décollage entraînant la mort des 223 passagers et membres d’équipage à bord.

Ce fut un autre coup dur pour le Viennois établi entre-temps dans un petit village, Hof, situé prés de la cité de Mozart, Salzbourg, car suite à ce crash, sa compagnie aérienne périclita par la suite.

 


LAUDA- Retour en F-1 en 1982 sur une Mc LarenMP4-1B et avec un nouveau casque-© Manfred GIET

RETOUR SURPRENANT EN F1  CHEZ MC LAREN EN 1982

Est-ce cela qui fut l’élément déclencheur pour son retour en F-1 en 1982  et assainir sa situation financière défavorable ?

‘Va savoir Charles’… comme dirait notre Rédac-Chef, l’ami Gilles GAIGNAULT !

Toujours est-il que son retour en F1 chez MC LAREN fut aussi surprenant que son arrêt dans la catégorie reine deux ans auparavant.

Un ‘comeback’ au cours duquel il démontra rapidement que son envie était revenue et la qualité de son pilotage intact.

 


LAUDA-Mc Laren MP4 2B- Champion du Monde 1984, sacré le 20 octobre à ESTORIL, à l’issue du GP du PORTUGAL pour. .. un demi-pont devant son équipier Alain PROST © Manfred GIET

 

Durant les 4 saisons qu’il passa chez Ron DENNIS aux côtés  de John WATSON et d’Alain PROST lui permit de majorer son compteur victoires en GP de 8 unités et d’un troisième titre de Champion du Monde en 1984 avec le plus petit avantage ‘’points’’ jamais réalisé en F1,à savoir 0,5 point face à son équipier PROST, lequel lui rendit la pareille en 1985,que clôtura LAUDA par une dernière victoire en GP lors du GP des Pays-Bas avant de rendre définitivement son tablier en complet désaccord avec Ron DENNIS.

 


NIKI LAUDA © Manfred GIET-

FIDÈLE AU MILIEU DE LA F1

Malgré sa retraite sportive,ce ‘’racer’’ dans l’âme n’a jamais quitté le milieu,se reconvertissant tantôt comme Consultant, Directeur non exécutif, voire partenaire pour des écuries aussi prestigieuses que FERRARI, JAGUAR devenu BAR, avant de passer sous pavillon MERCEDES.

Chez FERRARI qu’il quitta fin 1977 en tant que pilote, il y retourna comme bras droit de Luca di MONTEZEMOLO en étant à la base de l’arrivée de Jean TODT comme Directeur du Team en 1993.

Après un passage éclair d’un an chez JAGUAR RACING, où il avait signé un contrat de 3 ans et où il prit les commandes de l’écurie avant d’être remercié prématurément, laissera également une trace indélébile comme commentateur TV pour une chaîne allemande et autrichienne jusqu’en 2017, alors qu’il était déjà une figure importante du giron MERCEDES et qui sous sa férule n’a cessé d’engranger les titres grâce à Nico ROSBERG et son poulain Lewis HAMILTON.

 

F1-2018- NIKI-LAUDA

 

Belle revanche pour celui qui chez JAGUAR RACING était non seulement défini ‘comme fin de série’’ et que l’on affublait d’incompétence avec un palmarès que même le ‘’Jaguar’’ n’aurait pu tenir dans ses griffes après avoir disputés 228 épreuves sur circuits, remporté 34 victoires, 71 podiums, 27 Pole-Positions, 30 meilleurs tours en course et surtout 3 titres de Champion du Monde.

Ses plus grands succès cependant resteront ceux d’avoir relevé les gros défis liés à ses graves séquelles corporelles subies lors de son accident de 1976, ses deux transplantations rénales de 1997 et 2005 après un infarctus la même année et ‘’in fine’’ lors sa transplantation pulmonaire en 2018.

Le fait de pouvoir souffler malgré tout 70 bougies après autant d’avatars démontre que celui qui a été immortalisé dans le film RUSH est de nature inébranlable et pas encore prêt à rentrer aux boxes !

 

Happy Birthday Niki.

 

Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency

 

LAUDA devant sn équipier Carlos REUTEMANN, file vers son deuxième titre Mondial au volant de la  Ferrari-312-T2 de 1977-©-Manfred-GIET

 


LAUDA- La Mc Laren MP4-2B en 1985-© Manfred GIET.

 


Autre cheval de bataille comme tous les pilotes de F1, pour Lauda, la BMW M1 Procar, qui roulait en lever de rideau des GP en 1979 -© Manfred GIET.

 


LAUDA avec ses deux fils aînés Mathias et Lukas et dont le premier (au centre) est pilote officiel Aston Martin en mondial  WEC GT et le second (à gauche) son manager © Manfred GIET

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