LE ‘BREXIT’ INQUIÈTE LA MAJORITÉ DES TEAMS DE F1.

 

Le 29 mars prochain risque d’être une date charnière pour le Monde de la F1.

 

 

 

C’est en effet ce jour là, à 23 heures, heure de Londres, soit le week-end du deuxième GP de la Saison 2019, celui du GP de Bahreïn à Sakhir, que le Gouvernement Britannique doit acter la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne.

Malgré que la Chambre des Communes Britanniques, ait sévèrement désavoué la Première Ministre Conservatrice, Madame Theresa MAY, lors de sa Séance du 15 janvier dernier, un divorce sans accord semble malheureusement désormais inévitable…

Celle que l’on a affublé du surnom de ’Theresa Maybe-Maybe Not’’ (Theresa, peut-être que oui, peut-être que non, en français) semble en tout cas, coulé dans le même acier que celle qui l’a précédé, au 10 de Downing Street, entre 1979 et 1990, une certaine Maggie THATCHER, surnommée à l’époque, elle, la ‘Dame de Fer’.

Sans volte face de dernière minute à cette impasse, une sortie Britannique avec fracas de l’UE (Union  Européenne) deviendrait immédiatement effective avec toutes les conséquences économiques et de libre circulation que l’on imagine, non seulement pour les insulaires outre-manche, mais aussi pour les 28 états constituant l’Union Européenne.

Dans le monde cosmique de la Formule 1, dans 70% des écuries inscrites au Championnat du Monde, on préfigure déjà le pire des scenarii !

Car hormis FERRARI (Maranello en Italie), TORO ROSSO (Faenza en Italie) et SAUBER (Hinwil en Suisse), les sept autres Teams, ont leurs bases au Royaume Uni, avec comme conséquences, une sérieuse restriction dans les mouvements des travailleurs entre l’Angleterre et l’Union Européenne dans le futur.

Idem au niveau des marchandises, soit dans le cas présent, les pièces nécessaires à la conception des monoplaces, outillage et autres…

 

F1-DIETER-ZETSCHE, le grand Patron de MERCEDES

 

Ainsi, chez MERCEDES GP, on peint déjà le diable sur la muraille ou plutôt sur les falaises avec en tête le grand Patron Dieter ZETSCHE et son Directeur exécutif, l’Autrichien Toto WOLFF, qui certes travaillent en anticipant au maximum les conséquences, tout en confirmant que préparer la nouvelle saison qui s’annonce dans un tel contexte, n’est pas idéal dans leurs deux usines de BRACKLEY (Châssis) et BRIXWORTH (moteurs).

Comme les 6 autres concurrents WILLIAMS (Grove)-RENAULT (Enstone)-Mc LAREN (Woking)-RACING POINT F1, ex FORCE INDIA (Silverstone)-RED BULL (Milton Keynes) et HASS F1 (Banbury), toutes ces écuries sont situées dans un périmètre de 100 Kms autour de la ville universitaire d’Oxford et que l’on appelle la ‘’Motorsport Valley’’.

Dieter ZETSCHE, le PDG & CEO de DAIMLER qui cédera ses mandats dans le courant de cette année à son successeur, le Suédois Ola KÄLLENIUS, a comme de nombreuses personnalités Allemandes du monde politique, économique et sociétal adressé une lettre ouverte au Gouvernement britannique, en attirant celui-ci sur les conséquences en cas de non Exit du Brexit avant la date fatidique.

‘’ Les Britanniques doivent savoir qu’aucune décision n’est irrévocable. La porte doit toujours rester ouverte à une solution. Le Brexit en effet risque de mettre à mal les Teams de F-1 établis au Royaume Uni. La Grande Bretagne a accueilli l’Allemagne après la Seconde Gerre Mondiale comme nation et puissance européenne, ce que les Allemands ne sont pas prêts d’oublier et sont très reconnaissants envers le peuple britannique.’’   

 

F1-TOTO-WOLFF.

 

Même son de cloche de la part de Toto WOLFF, le Patron opérationnel du Team MERCEDES GP. lequel indique :

‘’ Un Brexit pur et dur serait catastrophique pour tous. En ce qui nous concerne, le Département compétition représente à lui seul quelques 1.800 collaborateurs parmi lesquels de nombreux citoyens de l’Union Européenne. Et nous n’osons pas penser au fait que suite au Brexit nous pourrions perdre de nombreux collaborateurs indispensables, parmi lesquels des hommes de pointe allemands ou italiens sans parler des problèmes logistiques liées aux nouvelles réglementations douanières.’’

 

F1-DAVE-RICHARD

 

Même David RICHARDS, ancien Co-Pilote de Rallye, Directeur de Teams en F1 (Benetton et BAR) ainsi que de sa propre écurie PRODRIVE, Co-Propriétaire d’ASTON MARTIN et Président de la toute puissante MOTORSPORT ASSOCIATION du RAC Anglais, a déclaré récemment :

‘’Les Teams craignent l’impact que pourrait générer le ‘’no-deal ‘’ du Brexit car d’une part ils doivent pouvoir déplacer et leur personnel et leur matériel dans les meilleurs délais en plus d’être en mesure de pouvoir embaucher des techniciens de haut niveau ou d’importer les pièces nécessaires venant de pays de l’Union Européenne..’’ 

Et il précise :

‘’ C’est la raison pour laquelle les écuries (Royal Automobile Club Anglais) nous ont mandaté afin d’exercer la pression sur le Gouvernement Britannique. La F1 et le Sport Auto en général représentent  une part importante de l’industrie anglaise (plus de 4.500 entreprises) et nous sommes fiers que la Grande Bretagne ait récolté 48 titres ‘’Constructeurs’’ en F1 à ce jour.’’ 

Si logiquement le cosmos de la F1 et du Sport Automobile tout court, est sur les charbons ardents…

… Il faut juste encore espérer,aussi mince l’espoir soit-il,que finalement la raison et le bon sens l’emportent et qu’une solution de dernière minute vienne clarifier une situation inextricable qui dure maintenant depuis presque deux ans, sans quoi l’attitude de Theresa MAY risque de tourner au cri de détresse « Mayday, Mayday » (venez m’aider en français) pour certains après la date fatidique du 29 mars prochain…

 

Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency

 

 

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