‘AFRICA RACE’ 2019 MAURITANIE JOUR CINQ : ARREDONDO (KTM) ET FROMONT (TAREK)

 

 

L’AFRICA RACE EST UN FABULEUX VOYAGE

 

Strugo en Auto, Roquesalane en SSV, Jacinto en Camion, Botturi à Moto doivent tenir encore deux jours pour gagner cet Africa Race, millésime 2019.

 

JEAN PIERRE STRUGO

Jean Pierre Strugo a une heure vingt d’avance au Général sur Martin en Auto.

 

RUDI ROQUESALANE

 

Roquesalane a trois heures d’avance sur Bruno Fretin en SSV.

 

ELISABETE JACINTO

 

Elisabete Jacinto a plus de deux heures d’avance sur Essers en Camion.

 

ALESSANDRO BOTTURI

 

Mais Botturi n’a, lui, que cinq minutes d’avance sur Ullevalseter à Moto.

 

Voilà où l’on en est au départ de cette étape ce vendredi 11 janvier.

On se dit alors que si les trois premiers doivent juste éviter les pépins, en moto la différence est peanuts…

Sauf que c’est comme ça depuis le début du rallye, Botturi est excellent sur le plan des performances mais il ne lâche pas Ullevalseter d’une semelle car le pilote norvégien est un génie de la navigation.

 

LES JUMEAUX DU DÉSERT

 

Pour cette cinquième étape mauritanienne, voici les menus du jour.

 

Le Menu du Jour en Carte

 

Le Menu du Jour en Profil

 

 

Le Menu du Jour en Chiffres

Vendredi 11 janvier 2019 : Etape 10

AMODJAR / AKJOUJT : 519,86 km

Liaison : Amodjar / Ain Attaya : 48,28 km

Spéciale : Ain Attaya / Akjoujt : 471,58 km

Arrivée au Bivouac

 

La carte générale du Rallye 2019 pour voir où on en est

 

Enfin ce que dit René Metge de cette étape. 

METGE ET SCHLESSER

 

« En 2018, cette même étape avait été la plus difficile de l’édition mais aussi depuis la création du rallye. Il y avait d’ailleurs eu de nombreux bouleversements dans les classements. Cette fois, l’équipe d’organisation a décidé de revoir le niveau de difficultés à la baisse et seul le premier tiers de la spéciale a été conservé. Du coup, la vallée blanche et la passe de El Nhouk seront à nouveau au programme. Ensuite les concurrents emprunteront une portion totalement inédite avec une alternance de franchissements et de pistes très sympas entre les cordons de dunes. L’arrivée sera jugée au bivouac installé non loin de la ville d’Akjoujt. »

 

MOTOS POUR ARREDONDO, «DON’T CRY FOR ME ARGENTINA»

BOTTURI RESTE EN TÊTE AU GÉNÉRAL

 

8 h 47 «local time», Jensen est lâché et ça me fait tout drôle de voir le N°106, un nouveau, lâché deuxième, le Français Patrice Carillon, arrivé hier en deuxième position au scratch, dans un univers italo-norvégien à priori défendu comme un bunker…

Commencer une nouvelle journée par une jolie surprise est un délice… tant mieux parce qu’elle risque d’être longue la journée.

Des vallées de sables tortueuses entre les montagnes érodées du djebel, beau paysage, des lits d’oued ensablés où la végétation attend la pluie… ..

Le 100 d’Ullevalseter et le 103 de Botturi sont lâchés ensuite, pas ensemble, mais les deux minutes qui les séparent seront vite avalées et Botturi continuera de ne pas lâcher son camarade norvégien.

Il est manifestement plus rapide que lui mais a du se faire la trouille du siècle le premier jour sur une mini étape de mise en jambes au Maroc, où Ulle est tombé en carafe et Botturi seul devant avec la nav à faire…

Ce qui a du le marquer…

Maintenant il se contente de le suivre y compris comme la veille, quand Ullevalseter a longtemps cherché un way point…

On va vite dans ces oueds, 130 km/h, excellent pour le moral quand on commence…

Au km 61, «Acta est Fabula» disaient les comédiens du théâtre antique romain quand la pièce était finie, les deux jumeaux de tête se sont regroupés, Agazzi est une minute derrière eux, Jensen à six minutes, Carillon à presque neuf minutes.

 

AGAZZI ÉTERNEL TROISIÈME

 

Je sais que c’est la loi du rallye raid, mais la complémentarité des deux pilotes est telle, sportif et navigation, qu’à part un incident technique (ou une chute) rien ne les détachera.

On appelle ça une baston donc on doit aimer ça mais c’est la même depuis le deuxième jour du rallye, alors on ne va pas dire que ça gave, mais on s’y est fait…

Puis Jenssen rate un droite, il était en tête et c’est le problème, pas de traces, sauf celle des ouvreurs  passés 48 heures avant, donc bien effacées par le vent, d’où jardinage…

Ullevalseter, Botturi et Agazzi sont seuls devant tout le rallye. Étonnant quand même ce louvoyage entre les djebels, au fond des oueds, ce doit être beau à hurler…

Au CP1 (km 120), les ‘jumeaux’ passent avec deux minutes d’écart, les chronos tiennent compte de la différence de temps au départ, devant Agazzi, Jensen a perdu quatorze minutes dans son mini jardinage, il s’est vite aperçu qu’il n’était plus suivi, le Français Carillon lui est repassé devant.

 

ULLEVALSETER SUBIT SON DESTIN

 

KM 160, aucun changement devant, Jensen a repassé Carillon, qui aura quand même roulé tout ce temps avec les cadors, beau souvenir non ?

Bon, on attaque ce que René Metge appelle des passages marrants dans les dunes, on roule à royalement 19 km/h, en plus ce cordon là n’est pas dans le sens du vent, donc on se les prend de face !

Mais quand on les quitte ces cordons, il y a en aura d’autres, on prend 160 km/h, ce sont vraiment des très bons les mecs…

J’ai parlé de panne mécanique plus haut pour départager les concurrents, pour Botturi ce ne serait vraiment pas de chance, il y a une armada italienne (28 pilotes) sur le rallye, menée par le patriarche Franco Picco (star du vrai Paris-Dakar des grandes années) qui n’a pas perdu la main, il est douzième au Général à onze minutes des leaders ! et cette armada fignole les motos aux petits oignons…

Bref, la concurrence à Moto est d’une telle qualité que les écarts sont faibles, là où Autos, Camions et SSV sont séparés par des heures au Général, et il serait bien étonnant que ce soit la révolution au soir de cette spéciale.

 

BON CE N’EST PAS LA FÊTE POUR TOUT LE MONDE

 

À 20 bornes du CP2 (km 248) on retrouve des dunes belles mais mal fichues pour le franchissement, mais ces temps là sont courts et on reprend vite 130 km/h…

Et au CP2, pas de changements.

Au km 248? … kif kif.

On est dans de la dunette, c’est en effet très amusant à sauter à moto, moins en auto…  le Scratch en tête n’a pas changé d’un iota.

Et Botturi est en train de gagner l’Africa Race, de cinq minutes, mais si c’est peu, cela suffit…

On passé un way point qui permet de repartir plein ouest, dans le sens des dunes, jolies pointes de vitesse mais on ne sort pas du dilemme, si Ullevalseter met du gros gaz, Botturi le suit sans problèmes et l’Italien reste avec lui comme navigateur, c’est la quadrature du cercle, même Archimède n’aurait pas trouvé la solution et le Norvégien n’a jamais eu une fois la possibilité de hurler le célèbre Eureka! .

On est à 120 bornes de l’arrivée et personne  n‘a tranché le ‘nœud gordien’, pardon de toutes ces références hellenico-romaines lecteur, mais on est en pleine tragédie…

 

ARREDONDO L’HOMME DU JOUR

 

Au CP3, à 70 km de l’arrivée, Arredondo, qui est argentin, est en tête de spéciale, les deux ‘jumeaux’ sont toujours inséparables, accrochés l’un à l’autre, mais les honneurs seront peut-être pour les autres…

Et c’est le cas, Arredondo gagne cette avant dernière spéciale du Rallye, et franchement, ça fait du bien un peu de fraîcheur devant un duo fusionnel qui est largement devant au général mais…

 

FRANCISCO ARREDONDO

 

Arredondo qui ne s’est pas trompé de chemin quand les deux autres qui ne se lâchent pas d’un poil, eux, se sont mis dedans.

Pas longtemps mais assez pour être battus!!!

 

AUTOS : FROMONT BISSE

 

Gérard David, vainqueur la veille, est parti première Auto à 10 h 08 locales.

 

DAVID PART LE PREMIER, NE SERA PAS DOUBLÉ MAIS QUAND MÊME BATTU

 

Puis c’est l’Iveco de Bouwens qui est parti, un camion deuxième au départ ça aussi c’est une jolie surprise…

Au km 65, Patrick Martin passe en tête, devant Gosselin à deux minutes vingt, Julien à trois minutes vingt, David et Strugo sont en bagarre à quatre minutes

 

MARTIN BIEN PARTI, MAL ARRIVÉ

 

Chez les camions, c’est les Mercedes, c’est le très beau d’Elfrink qui mène la danse au km 65, devant Essers, le Man de Jacinto a treize minutes de retard, sur seulement 50 bornes, il y a eu un pépin, pas grave mais pépin…

 

LE SUPERBE MERCEDES D’ELFRINK

 

Bouwens, héros de la veille, fait une grosse erreur de nav et en plus il se plante, la vie est une roue à aubes…

Il n’y a pas eu de chronos au CP1, on reprend donc au km 160, Martin est toujours en tête au scratch, deux minutes devant Gosselin, six minutes devant David, Strugo est à neuf minutes, pour lui c’est bien joué, il tient le rythme mais avec sérénité, enfin si ce mot peut être utilisé en compète, disons plutôt avec intelligence.

Idem pour les camions, pas de chronos avant ce point kilométrique, on voit juste au radar qu’ils sont quarante km derrière les premières autos,  c’est Tomecek qui passe le premier, une demie-heure derrière Martin, mais c’est Elfrink et son très beau Mercedes qui mène la danse des titans.

Devant, Gérard mène physiquement la course, il ouvre les autos, mais il n’a pas forcément le meilleur chrono.

Pourtant, à ce contrôle, il se vérifie au cours des passages qu’il a pris aussi le devant au chrono, Patrick Martin a pris vingt-six minutes de retard, je l’ai écrit pour les autos, le saut de dunettes est parfois problématique, et Martin s’est fait avoir, comme Fromont d’ailleurs!

 

 

STRUGO EN TÊTE AU SCRATCH ET AU GÉNÉRAL !

 

C’est Strugo, et oui, en cas de pilotage difficile, le très capé Jean Pierre est efficace, qui est deux, trois minutes trente derrière David, il le contrôle donc magnifiquement.

Chez les camions, au km 204, Essers et son Man a passé Tomecek  avec le Tatra, Jacinto est quatre à sept minutes, elle cravache fort Elisabete…

 

LE MAN D’ESSERS

 

Km 248, David passe le premier, devant Strugo à deux minutes trente et Julien à cinq minutes, on arrive dans un secteur dunaire, la vitesse tombe à moins de 60 km/h…

Et le buggy Optimus MC est peut-être en train de faire un triplé!

En Camions, Tomecek a repris les rênes  pour  … vingt-trois secondes devant Essers, trois minutes devant Elfrink, ça doit faire un boucan dans le désert !

Tomecek qui va devenir le héros du jour en étant premier camion et cinquième au scratch mais ce n’est pas tout…

Il a passé une partie de la nuit précédente à aider un camion balai qui était en panne sur la piste et il a dormi deux heures avant de reprendre le manche.

Voilà une histoire digne d’un rallye qui roule sur les traces de Thierry Sabine.!

 

TOMECEK PREND LE POUVOIR ET NE LE LÂCHERA PLUS

 

Au km 297, énorme baston en autos, Strugo est en tête au scratch, mais avec quatre secondes devant Fromont et vingt-trois secondes devant David, Julien est à deux minutes, puis c’est Tomecek qui passe, premier camion et à neuf minutes du leader auto.

Le vieux rêve de Jan de Rooy, pionnier du camion de course dans le vrai Dakar de Sabine, c’était de voir un camion gagner la course toutes catégories confondues.

Il l’a loupé de très peu une année, et ce rêve continue manifestement de hanter ses successeurs !

Jacinto, elle ne rêve pas, quarante minutes de retard sur le leader auto, ça rien de grave mais trente minutes derrière Tomecek, Elfrink et Essers, les trois camions qui roulent devant elle, pas encore grave mais il faut s’en occuper!

 

JACINTO EN PLEINE ATTAQUE DANS LE BUSH MAURITANIEN

 

Et en autos la baston continue, 50 km plus loin c’est Fromont qui a pris la tête, revenu du ‘diable vauvert’, c’est une dope colossale les remontées et les dépassements qui vont avec…  Strugo est à deux minutes, Julien à cinq.

Au km 403, à 70 km du bout, Fromont est toujours en mode hallali, il a dix minutes d’avance sur Strugo, onze minutes sur Julien, dix huit minutes sur David, tout va bien…

Tomecek, on rappelle qu’il roule tout seul sur son camion Tatra, est aussi en mode « J’envoie ! », il est premier camion à vingt-huit minutes de Fromont, il colle quatre minutes à Essers, au bout de quatre cent bornes de piste pas facile c’est juste incroyable.

C’est l’Optimus de Gérard David qui arrive le premier sous la banderole d’arrivée, parti premier le matin, il n’a donc pas été doublé.

Ce qui ne veut pas dire qu’il a gagné, c’est l’horreur en rallye raid, quand tu as passé la ligne, tu cours à pieds voir si tes potes ont été plus rapides…

 

DEUXIÈME VICTOIRE DE SPÉCIALE POUR FROMONT

 

Et en effet, Fromont, qui arrive après lui, le bat d’une minute vingt cinq. Strugo est trois, Julien quatre, l’Optimus de MD fait donc un triplé mais derrière Fromont !

Strugo garde largement la tête au général, devant David et Fromont.

Au Général, il y a deux Optimus en tête, Antoine Morel, le boss de MD, peut être satisfait, encore qu’il reste une spéciale jusqu’à St Louis du Sénégal.

 

ANTOINE MOREL

 

Et Julien est deux minutes derrière Fromont, trois Optimus dans les quatre premiers, on va peut-être faire la fête à Villedieu les Poêles, dans la Manche, là où ces fabuleux buggies Optimus sont construits.

En Camions, Tomecek gagne l’étape (il est arrivé vingt-quatre minutes aprèsle buggy de Fromont) devant Essers, Levitski et Jacinto qui finit quinze minutes derrière le Tatra.

 

JACINTO TOUJOURS EN TÊTE DES CAMIONS

 

Elisabete est encore largement en tête des camions, et s’est battue formidablement en fin de spéciale pour reprendre son retard…

En SSV, Roquesalane a fait ce qu’il devait pour garder la tête, il gagne la spéciale dans sa cylindrée et est septième au général.

 

ROQUESALANE FAIT LE SCRATCH ET LE GÉNÉRAL EN SSV

Demain, on revoit la mer à St Louis du Sénégal !

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Alain ROSSIGNOL et Jorge CUNHA

        

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