‘AFRICA RACE’ 2019 : JOUR DEUX EN MAURITANIE POUR DAVID ET AGAZZI, ABANDONS POUR LAURE ET KUPRIANOV QUI S’ACCROCHENT À L’ARRIVÉE !

 

CE QUI RESTE DE LA VOITURE DE DOMINIQUE LAURE (PHOTOS AER)

 

Incroyable, quand je dis que tout, mais vraiment tout peut arriver en Rallye Raid, les deux voitures de Laure et Kuprianov qui arrivaient sur les drapeaux à damiers avec les deux premières places au scratch et une cinquième victoire d’étape pour Laure se sont accrochées à haute vitesse et on en voit le résultat ci-dessus.

Du coup Gérard David gagne la spéciale, Jean Pierre Strugo est largement leader au Général avec plus d’une heure d’avance sur Martin.

On y reviendra, pas de bobos pour les équipages, l’Optimus ça va vite et c’est bien fait pour protéger les équipiers à bord.

Donc retour au commencement…

 

CIEL JAUNE, SABLE JAUNE, DANGER MORTEL

 

CAVOK, c’est le mot clé de la spéciale annulée la veille.

C’est une abréviation dans le jargon des aviateurs, qui signifie «Ceiling and Visibility OK», autrement dit la visibilité est excellente et le ciel est dégagé…

Et ce lundi, ce n’est pas du tout le cas…

À Dakhla, on applique les règles de vol international, il y a un aéroport de très grande taille sur la presqu’île, nous l’avons déjà dit, l’endroit est très fréquenté par les touristes.

Et les hélicos ont été interdits de vol.

 

GLAUQUE LE CIEL

 

À l’opposé du fameux CAVOK qui est synonyme de voyage serein dans les airs, il y a des minima, au dessous desquels on ne peut pas décoller.

On voit très bien sur les images reçues hier soir et qui montrent le rallye en attente au départ de la spéciale que le ciel et le sable ne font qu’un, c’est l’équivalent du «White Out» au Canada quand le ciel et la neige sont de la même couleur, la visibilité aérienne est nulle et on ne vole pas.

Ce serait donc une sorte de « Yellow Out »...

 

LA COURSE C’EST LA VIE LE RESTE EST SEULEMENT UNE ATTENTE (STEVE MC QUEEN DANS LE FILM LE MANS)

 

Ce n’est pas forcément du vent de sable, comme on est près de la mer, il y a des formations de brouillard possibles, ou un ciel chargé ou une visibilité horizontale quasi nulle à 100 mètres d’altitude.

C’était une petite étape sans grand intérêt autre que les premiers tours de roue dans le sable mauritanien, le ciel a finalement été généreux en étant méchant ce jour là et les organisateurs ont eu la bonne réaction.

Du coup hier soir, les concurrents ont pu dormir tôt, et être en pleine forme pour les deux jours difficiles qui arrivent.

 

LA SIESTE QUAND ON S’EST LEVÉ À QUATRE HEURES DU MAT, LOGIQUE

 

Il y a même des motards qui ont fait un petit somme à même le sable en attendant la décision de l’organisation !

Mais ce jour, on y va.

On part tard parce que les hélicos, enfin libérés par l’Airport de Dakhla au Maroc, ont du descendre plein sud et plein gaz vers Nouadhibou (Mauritanie) pour faire les papiers d’entrée dans le pays et mine de rien ce transfert fait plus de 400 bornes !

 

Le Menu du Jour en Carte

 

Le Menu du Jour en Carte profil

 

Le Menu du Jour en Chiffres 

Mardi 8 janvier 2019 : Étape 7

CHAMI / GARE DU NORD : 500,99 km

Liaison: Chami / Gare du Nord : 20,01 km

Spéciale : Gare du Nord / Chami : 480,98 km

Arrivée au Bivouac

 

René Metge a annoncé des sections ultra rapides, des cordons de dunes qui ne rigolent pas et par endroits cette herbe à chameau qui détruit à coup sûr un véhicule en cas de collision, les racines sont comme du béton armé…

 

MOTOS : AGAZZI GAGNE ET LES DEUX LEADERS S’EN FOUTENT

AGAZZI PROFITE DE LA GUERRE DE TRANCHÉE DES DEUX LEADERS

 

Donc c’est parti.

Chose étrange au premier PC, qui est tout près du départ, c’est un doublé norvégien qui passe en tête, Jenssen et Ullevalseter, Botturi passe neuvième avec plus de deux minutes de retard, un pépin sur la ligne de départ peut-être, juste moto réticente par exemple, et là il faut rester très calme, se dire que la spéciale du jour fait 481 km avec beaucoup de gros cordons de dunes et que deux minutes c’est rien….

Mais c’est marrant c’est même Jenssen qui est passé le premier, suivi à cinq secondes par Ullevalseter qui l’a évidemment guidé.

Ensuite, on alterne des passages de dunes qui sont orientées NE/ SW par les vents dominants, donc comme on est plein est, on ne les longe pas, on se les prend de face !

 

BOTTURI EST REVENU TOUT DE SUITE SUR ULLEVALSETER ET PUIS EST RESTÉ DERRIÈRE

 

Au km 100, Botturi a toujours deux minutes de retard mais il a passé plein de monde, il est troisième derrière Ullevalseter et Agazzi, Jenssen est un lointain souvenir…

Botturi a évidemment un énorme avantage, les traces des leaders devant lui, Ulle est un super navigateur et ça permet à l’Italien d’envoyer du lourd (120 km/h hors des dunes) sans trop de risque de se paumer, cela dit on a juste fait un cinquième de la spéciale, il peut tout arriver… ou les deux pilotes peuvent décider de faire route ensemble…

On est encore groupés, Benko Martin est à 2’40’’.

 

ULLEVALSETER GUIDE SAHARIEN DE LUXE

 

On remonte dans le sens des dunes, attention en haut des crêtes car le saut peu être vertigineux, mais dans le bas des dunes, dans ce que nous appellerons les vallées de sable, l’équivalent du creux de la vague pour les marins, sauf que dans le creux de la vague il y a moins de vent alors que dans le désert, le creux de la vague de sable est un endroit où on met gaz…

Jean Louis Schlesser fait encore le guide vers le deuxième CP, puis il repartira vers le reste de la caravane, sa surveillance est constante sur tout le rallye, ne surtout pas croire qu’il ne fait que le guide…

Les traces laissées par les premiers sont saines, donc très utiles aux motos et aux autos qui passent derrière…

Pour l’instant, on est encore entre deux immenses cordons de dunes mais le deuxième contrôle de passage est en plein milieu de nulle part, je parle tous les jours de ces gens des CP incroyablement motivés, idem pour les voitures de médecins (les Tango) qui sont obligés de suivre les traces des concurrents donc de se fader des conditions de piste parfois très difficiles mais je les connais bien, ils ne céderaient leur place pour rien au monde.

 

FORMIDABLES TANGO !

 

Idem pour les Camions-Balai, qui ferment la piste et arrivent extrêmement tard dans la nuit. Merci à tous, sans vous, pas de rallye…

 

CAMION BALAI, LE MIRACLE POUR CEUX QUI ONT DES PÉPINS

 

Au km 161, Botturi est toujours deux minutes derrière Ullevalseter mais deuxième au scratch,les «Jumeaux» de ‘l’Africa Race’ 2019 roulent à nouveau ensemble…

Tiens à propos, il  y a 28 pilotes italiens au départ et la Gazzetta dello Sport, l’équivalent de ‘L’Équipe en Italie, mais avec un tirage infiniment supérieur, fait un compte rendu chaque jour et a envoyé une journaliste suivre le rallye, signe de reconnaissance énorme pour ‘l’Africa Race’ du sport mécanique italien, l’un des plus pointus et des plus capés au monde…

Le CP 2, au km 244, à peu près à mi-distance, d’ailleurs de là on repartira plein ouest pour rentrer à Chami, est situé près de la ligne du train du fer.

Mais l’arrivée à ce CP est compliquée, dans ces dunes la vitesse, quand ça… roule est de l’ordre de 30/50 km/h… !

Parce que les hauts de dunes non seulement peuvent être vertigineux mais en plus le sable y est terriblement volatile, friable et on se pose fastoche sur le sabot moteur…

Et là c’est grosse suée pour désengluer la meule !

 

LE HAUT DE DUNE, LA VACHERIE TOTALE

 

Au km toujours le même écart, deux minutes entre Botturi et son challenger norvégien, Agazzi est à six minutes…

Au fait deux cent km en deux heures, c’est cent de moyenne, c’est juste affolant…

Au CP 2, le bout du monde, Ullevalseter a toujours deux minutes d’avance, Botturi est en tête au Général, de très peu, et ne veut pas prendre le risque de se tromper avec gros jardinage à la clé alors qu’il a un navigateur hors-pair à ses côtés.

On repart donc vers Chami, mais là on est dans le sens des dunes, on ne les prend plus de face, les motos de tête prennent 140 km/h… Bonheur non ?

Cette grande traversée est-ouest est énorme, il y a deux cent km de désert absolu entre deux CP, en majorité dans la grande jaune, l’univers de sable dans tous les sens, comme une mer déchaînée…

 

ULLEVALSETER NE PEUT PAS LÂCHER LES DEUX ITALIENS QUI ROULENT AVEC LUI

 

Quand on en sort en revanche, on remet du gaz, genre 130/140 km/h…

Ce qui est incroyable, dans un paysage aussi tourmenté, c’est la faiblesse des écarts en tête, que ce soit à moto ou en auto, le sable est peut-être très porteur.

Au km 350, le duo de tête est devenu un trio, Agazzi est à quelques secondes devant Ullevalseter, lui-même toujours deux minutes devant Botturi !

Tactique inchangée pour Botturi, deux minutes de retard pour ne pas perdre le leader de vue mais c’est assez long pour profiter d’une éventuelle bévue du Norvégien, qui n’en fait pas…

Il ne s’est pas loupé, Ullevalseter est un rail, côté nav, mais il n’arrive pas à se débarrasser des deux Italiens, pour qui c’est une parfaite logique de course quand on sait aller vite mais on a des doutes sur sa capacité à naviguer…

C’est au km 400 que la course change un peu, Agazzi a pris une minute trente à Ullevalseter, qui s’en fout, l’Italien a carrément deux heures de retard au Général, il le laisse donc partir.

Buttari, imperturbable, reste deux minutes derrière le Norvégien et rien ne change au CP3, à 40 km de l’arrivée…

Agazzi, lui, est parti devant…

 

PAS DE VERDICT AUJOURD’HUI À MOTO

 

À l’arrivée, une grosse choucroute dans les chronos, assez classique, lecteur jeune qui croit que tout ce qui est connecté est permanent et sécurisé, tu te fourres le doigt dans l’œil, les vieux briscards dans mon genre (en voie de disparition je te rassure) savent que dans plein de domaines, la connexion est d’abord un merdier.

Donc on a gentiment attendu que ça remarche alors qu’Ullevalseter avait disparu du classement, ce qui m’a obligé à contacter Alain Rossignol qui m’a juste dit que Ullevelseter était déjà sous la douche alors que les chronos ne l’avaient pas intégré en deuxième place de ce jour, derrière Agazzi, ce que l’on savait, sauf incident sportif, depuis deux cent km…

Au Général, Botturi et sa Yamaha demeurent toujours en tête, cinq minutes devant Ullevalseter, Agazzi est trois mais à deux heures…

Au même Général, le meilleur Français, Cavelius, est septième.

 

AUTOS : SUPERBE BASTON ET ARRIVÉE INIMAGINABLE

LAURE FAISAIT UNE COURSE MAGNIFIQUE…

 

Les premières autos sont parties une heure vingt après les motos. Dominique Laure avait un peu raté sa dernière spéciale au Maroc, après quatre victoires d’affilée, ce mardi il a le mors aux dents, parti cinq, donc dix minutes après le premier, au km 25 il est en tête,  devant Gérard David et les frères Kuprianov, les cinq premières autos sont quasiment en paquet, sur deux minutes.

Au km 161, Laure précède David de deux minutes, Martin de sept minutes, idem pour Julien et Kuprianov.

Avant d’attaquer l’océan de dunes, Laure fonce à plus de 140 km/h… 160 km/h même par endroits…

Au km 200, Gérard David est passé en une heure quarante deux, soit 117 km/h de moyenne… Bonheur non ?

 

KUPRIANOV SE BAT TOUTE LA JOURNÉE

 

Et puis c’est la dune de folie, là on roule à 50 km/h le navigateur est sur les dents sauf s’il y a beaucoup de traces, le pilote est sur les dents parce que l’enlisement ou le tonneau sont peut-être à l’ordre du jour…

Un mot sur les camions, qui ne sont pas à la fête, il faut dégonfler pour ne pas s’ensabler mais du coup les pneus ont tendance à crever…

Elisabete Jacinto démarre fort, au km 200 elle est en tête des camions, 15 minutes derrière la première auto, pas mal quand même, huitième au scratch.

Et bonne nouvelle, Tomecek est là, au Général c’est foutu puisqu’il a claqué un embrayage au Maroc et a fini à la tirette derrière le camion balai, mais pour ce qui est de s’amuser comme un fou, tout seul dans sa cabine de « desert race truck », pas question de rater ça.

 

TOMECEK IS BACK!

 

Les autos de tête arrivent au CP2, Dominique Laure n’a pas été chronométré au km 200, qui n’est pas un CP mais un way point virtuel au GPS, s’il l’a loupé, ça peut lui coûter un max en pénalités.

En tous cas il est en tête au CP2 (km 244) …36 secondes seulement devant Gérard David, mais quatre minutes devant Kuprianov !

Grosse baston, à vue pour les deux premiers…

En vue ensuite, le panache de fumée de ceux qui sont devant est un signe de ralliement !

 

ELISABETE JACINTO DEVANT TOUS LES AUTRES CAMIONS

 

En camions, Elisabete Jacinto est en pleine baston aussi, avec son ennemi N°1, l’Iveco de Bouwens, qui est une minutes trente cinq derrière le Man portugais, à peu près à mi-course, au km 244 (CP 2) le Mercedes d’Elfrink est onze minutes derrière.

Soixante km plus loin, l’avance de Jacinto sur Bouwens est passée à plus de cinq minutes, ce qui est bien mais plantage, crevaison ou arrêt pour une raison quelconque sont interdits…

Or justement Bouwens s’est arrêté, pas longtemps mais mauvais plan.

 

BOUWENS IMPOSANT MAIS BATTU

 

En effet, à l’arrivée, Jacinto lui a collé sept minutes, elle est huitième au Général, Essers et Bouwens sont dix et onze, deux heures derrière notre petite chérie portugaise.

Et puis c’est l’arrivée qui aurait du voir Dominique Laure rajouter une étoile sur son blouson, la cinquième victoire d’étape sur ce rallye, sept minutes au scratch devant David et Kuprianov.

Malheureusement un incident inouï va bouleverser le résultat…

 

GÉRARD DAVID GAGNE LE SCRATCH

 

Quelques précisions des témoins de l’accident entre Laure et Kuprianov, la ligne d’arrivée est plate et large, on roule vite et les deux véhicules sont très proches.

En baston depuis le début de la spéciale en fait, les deux concurrents s’accrochent à haute vitesse dans la poussière des projections de sable!.

 

 

 

Dans la poussière oui, les deux véhicules s’accrochent, Dominique Laure qui avait course du jour gagnée, est parti en tonneau vers l’avant.

L’accident s’est terminé juste avant la ligne d’arrivée.

 

 

Les deux véhicules sont détruits et irréparables.

En tous cas c’est aussi un miracle, aucune blessure.

 

JEAN PIERRE STRUGO

 

David gagne la spéciale et Strugo est en tête au Général, il n’y a pas de blessures importantes, c’est donc ce qui s’appelle un énorme incident sportif, la course auto prend un nouveau  départ demain…

 

 Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Alain ROSSIGNOL-Jorge CUNHA-PHOTOS AER

 

Résultats et Classements :
 https://www.africarace.com/fr/course/2019/etape/243

 

 

 

Africa Race Rallye-Raid

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jeanlouis