‘AFRICA RACE’ 2019 : JOUR CINQ POUR BOTTURI ET KUPRIANOV

 

BOTTURI ET LES FRÈRES KUPRIANOV ROIS DE LA JOURNÉE

 

Les notes de route habituelles, avec d’abord le parcours de la Journée

 

 

Puis la carte en profil de cette cinquième Étape

 

 

Enfin le détail de l’Étape

Samedi 5 janvier 2019 : Étape 5

FORT CHACAL / DAKHLA : 638,40 km

Transfert Oued Hamra : 4,97 km

Spéciale : Oued Hamra / Jreififa : 419,37 km

Liaison : Jreififa / Dakhla : 214,06 km

 

René Metge a précisé que de nouvelles pistes permettront aux bons navigateurs de se mettre en évidence puisque les traces seront souvent peu marquées sur ce terrain très désertique du grand sud marocain. En revanche, ce sera une étape très rapide où le pilotage sera de nouveau à l’honneur.

Enfin la carte générale du parcours du Monaco-Dakar, l’arrivée s’est rapprochée de 400 km aujourd’hui… 

 

Il est neuf heures quand la première Moto est lâchée, celle d’Ullevalseter.

 

DÉPART DES MOTOS, LE SAUT DANS L’INCONNU

 

La spéciale fait 419 km, on est au sud de Laayoun, on fonce plein sud-est vers l’intérieur très plat du pays, très désertique aussi.

Ensuite, il y aura 200 bornes de goudron pour arriver dans la péninsule de Dakhla, un endroit qui est passé en quelques années d’un morceau de désert fréquenté par des pêcheurs à une cité balnéaire mondialement connue.

C’est l’ancienne base Villa Cisneros de l’Aéropostale des héros et pionniers  de l’aviation commerciale, Mermoz, St Ex etc…

 

DAKHLA ,UN BIJOU

 

Aujourd’hui, on y pratique le Kite-Surf à très haute dose, il y a toujours du vent, la construction d’hôtels de luxe était évidente, il y a un aéroport international et une grande aire en bord de mer où le rallye posera son bivouac pour une journée de repos, mais pas pour grand monde en fait, organisateurs et mécanos seront sur les dents…

Pour y aller, les assistances prennent la route côtière, magnifique, un très bel endroit inoubliable, les concurrents passent par la piste, à l’intérieur des terres.

Après une petite semaine passée sur des pistes superbes au Maroc, on est toujours dans le pays jusqu’à lundi matin, il y a dans chaque catégorie deux duellistes qui n’ont pas réussi à se départager, les écarts sont de quelques minutes, le juge sera en Mauritanie, dans le paysage colossal de dunes.

 

UN PARCOURS BOURRÉ DE PISTES PARALLÈLES

 

Il n’empêche c’est la dernière occasion de faire un peu le trou, mais les duellistes en question se suivent et se couvrent de très peu, parce qu’ils partent quasiment en même temps, de 2 minutes en 2 minutes.

Botturi, le pilote italien, qui roule Yamaha, est donc aux trousses du Norvégien Ullevalseter, vainqueur la veille.

Il y a 43 autres motards au départ mais ce duel les laisse un peu dans l’anonymat, ce qui est dommage car ils vivent la même aventure mais pas tout à fait à la même vitesse, le troisième au général est l’Italien Agazzi (Honda) et il a 1 h 30 de retard !

 

AGAZZI MAUVAISE JOURNÉE

 

Le Français Cavelius (KTM) est sixième au Général (Stéphane Hamard (Husqvarna) est huitième) mais ils ont respectivement 2 heures 38 et 3 heures 50 de retard au Général…

 

CAVELIUS PREMIER FRANÇAIS

 

La navigation sera difficile par endroits, le Road Book disent les concurrents, est superbement fait mais à 100 km/h et quand il faut surveiller ce que l’on a sous les roues de très près, tout en suivant le tracé qui se déroule au guidon en actionnant un bouton près des leviers, ce n’est pas une mince affaire…

Cela dit, les deux pilotes de tête sont d’excellents navigateurs, pas d’erreurs depuis le début, donc ils se suivent comme des frères jumeaux.

Le premier CP est à 61 km.

C’est évidemment le pilote parti deuxième, Botturi,  qui est en tête, il a repris facilement les deux minutes du départ en suivant la trace d’Ullevalseter.

 

ULLEVALSETER EN PLEINE ATTAQUE

 

Botturi, qui a perdu quelques minutes la veille, a déjà repris deux minutes seize !

Suivent Jensen, autre norvégien (à 3 minutes) et Benko Martin, un pilote slovaque (à trois minutes 57) qui sont aux trousses d’Agazzi, qui, la veille, a perdu un paquet de temps sur un pépin mécanique mais qui est toujours troisième au Général…

La nav était facile, le CP est niché dans une forêt de poteaux électriques à haute tension très visibles dans ce paysage plat.

 

BOTTURI NE LÂCHE RIEN

 

Ensuite, c’est 130 bornes jusqu’au CP suivant, dans des  entrelacs de pistes, juste un enfer de navigation.

A mi distance entre les deux CP il y a deux autos médicales, dont l’une restera en place et l’autre suivra les premiers concurrents, c’est un point de repère mais pas facile à trouver…

Pour se mettre en place, les médecins, eux, ont un GPS…

Pour les concurrents c’est interdit, il y a juste un secours, si l’on est perdu, qui donne le cap sur le point suivant mais ouvrir ce bouton magique coûte une fortune en pénalités…

Jean Louis Schlesser et son avion les aident un peu, en suivant le cap direct, les autres pilotes, derrière, auront au moins des traces…

 

SCHLESSER LE GRAND SAINT BERNARD…

 

Et l’on y va gaillardement, à près de 150 km/h par endroits…

C’est ainsi que l’on arrive facilement au km 116, là où sont les médecins. Botturi a deux minutes d’avance.

Benko Martin est à trois minutes, les traces des deux pilotes précédents, et leur nuage de poussière aident fortement bien sûr…

Jenssen est à six minutes, il suit les traces aussi mais … moins vite !

Direction le CP2 !

Lui est vraiment au milieu de nulle part…

 

DES TRACES PARTOUT, IL Y A DE QUOI DEVENIR FOU !

 

Sur une des centaines de pistes qui jalonnent ce terrain mais placé précisément, le GPS toujours…

Un point décidé lors des recos…

À 50 km du CP2, Schlesser remonte la file des concurrents, les motos de tête sont seules.

Le saint Bernard a fait son boulot, mais il a aussi charge d’âmes sur des centaines de personnes…

Il y a une auto médicale pas loin, encore un point de repère, l’organisation a vraiment bien fait son boulot… et les médecins aussi !

Bon, les deux leaders, je l’ai dit sont d’excellents navigateurs, qui se contrôlent en plus, si l’un part de traviole sur le road book, il y a de fortes chances pour que l’autre s’en aperçoive…

On a connu le problème durant la grande époque africaine du Paris-Dakar, dont l’Africa Race suit  légitimement les traces, quand Neveu et Auriol se battaient comme des chiens enragés, et où l’on déployait des moyens assez pervers pour laisser l’autre passer devant, genre on fait semblant d’être en panne, et là si le premier se gourait, le suivant en profitait…

Là, l’histoire du « à toi-à moi » qui se déroule depuis le début du rallye continue, au CP3, km 308, à cent bornes de l’arrivée donc, Botturi mène de deux minutes sur Ullevalseter.

 

CP, UN JOB PARFOIS TRÈS ISOLÉ

Benko Martin n’est pas très loin, dix minutes, mais on sait qu’au général, il a une heure quarante de retard, les trois pilotes, pour l’instant, ne font pas la même course…

Agazzi, lui, se bat avec Martin pour le podium au Général, il est une minute derrière le pilote slovaque…

Dans la dernière partie de la spéciale, on remonte NW pour aller vers le contrôle d’arrivée.

De là, en faisant 15 km plein ouest, on trouvera la route côtière qui descend sur Dakhla.

Sur cette route se trouve  l’Optimus de Housieaux et Debron, qui a fait des tonneaux la veille, qui, soit pour des raisons humaines, soit des raisons techniques n’a pas pris la spéciale, on espère les revoir en piste après le jour de repos, rallye foutu mais chair de poule identique en Mauritanie…

Les deux duellistes Botturi et Ullevalseter terminent ensemble, c’est donc en Mauritanie que cela se décidera.

Botturi a collé deux minutes dix huit à son compagnon de route norvégien, il y a sept minutes entre les deux au général.

 

AGAZZI PERD LA TROISIÈME PLACE AU GÉNÉRAL

 

Donc c’est la Mauritanie qui sera juge, ce sera moins facile, car les hauts de dunes peuvent laisser un motard planté, à cheval en quelque sorte sur la crête, s’il n’a pas attaqué assez fort le passage, d’un autre côté, trop de vitesse et de l’autre côté ça peut être vertical, avec un saut extrêmement dangereux…

Mais le duel peut durer encore un moment !

 

BENKO MARTIN

 

Benko Martin est trois à 13’30’’, Jenssen quatre à 15’30’’, Agazzi arrive avec trente et une minutes de retard, et au général, c’est Martin qui lui prend la troisième place.

Mais avec presque deux heures de retard sur Botturi et Ulle, autrement dit, un joli matelas avant la Mauritanie !

 

AUTOS ET CAMIONS : KUPRIANOV ET JACINTO

DOMINIQUE LAURE PART LE PREMIER MAIS NE VA PAS LE RESTER

 

C’est à 10 h 22 que Dominique Laure a été lâché, suivi deux minutes plus tard de Gérard David, puis par Jean Pierre Strugo.

Gros avantage en Auto, il y a un navigateur qui ne pense qu’à ça et un pilote qui peut d’un coup ne faire que piloter et rouler infiniment plus vite.

Dans les camions, ils sont trois équipiers, il y a aussi un gros bras pour pelleter (enlisement) et changer de roue crevaison), mais il s’occupe aussi de navigation.

Pour les Camions, Bouwens (Iveco) part cinquième, Tomecek (Tatra) huit, Jacinto (Man) douzième.

 

BOUWENS LE COUTEAU ENTRE LES DENTS

 

Gérard David, dont l’Optimus noir est parti deuxième le matin, est en tête de la course dès le premier CP.

Puis Patrick Martin  et les frères Kuprianov, qui roulent aussi sur un Optimus, passent Dominique Laure, qui est en difficulté.

 

GÉRARD DAVID UN MOMENT LEADER EN AUTOS

 

Laure qui est surtout en bagarre avec Strugo, tous les autres sont en retard d’au moins une heure trente des deux leaders, qui doit savoir à ce moment qu’il a peu de chances de gagner cette cinquième étape d’affilée.

Laure a neuf minutes de retard au CP 2, et il a surtout six minutes d’avance sur Strugo, donc au classement général, rien ne bougera, si on continue comme ça.

Strugo, c’est étonnant, a du avoir des difficultés de navigation car il est huit secondes devant l’infernal camion Iveco de Bouwens…

 

JEAN PIERRE STRUGO

 

Bref, pas de révolution au général mais sur la journée, il va y avoir des surprises !

Les Camions justement, Bouwens passe le CP2 avec une minute et demie d’avance sur Jacinto,

Essers est à deux minutes trente, c’est une baston démentielle dans ce plat pays qui n’est le leur…

 

LE MAN D’ESSERS

 

Tomecek et son Tatra ont un gros pépin, l’embrayage semble t’il, le pilote a réclamé l’aide du camion-balai, ce qui va lui coûter très cher au Général !

 

TOMECEK EN CARAFE, ET M…

 

Au CP 3 (km 250), Jacinto a … sept secondes d’avance sur Bouwens, Essers est à trois minutes trente !

Au km 308, à 100 bornes de l’arrivée, l’avance de Jacinto est passée à 3’26’’, j’avoue que j’aurais adoré être dans la cabine du Man portugais, quitte à ne pas piger un mot, mais pour vivre une spéciale à fond avec cet équipage déchaîné.

D’autant plus que le matin, au bout de huit kilomètres, le Man a du s’arrêter pour changer une durite!

 

ELISABETE JACINTO EN TÊTE DES CAMIONS AU GÉNÉRAL

 

ELISABETE JACINTO, DOMPTEUSE DE PACHYDERMES DE COURSE

 

 

À l’arrivée des autos, c’est l’Optimus des frères Kuprianov qui gagne la spéciale, trente six secondes devant Martin et une minute quarante huit devant Julien.

Laure, cinquième de l’étape, a bien raté sa journée !

Les frères Kuprianov ce n’est pas un roman de Dostoïevski, mais une très belle réussite industrielle russe, ils en ont bavé en début de rallye mais la récompense vient enfin.

Dans des conditions de navigation pas toujours évidentes, c’est une belle victoire d’étape.

On notera que l’élite financière russe roule français, sur un buggy MD….

 

PAS FACILE LA NAV EN PLAT PAYS

 

Strugo est trois minutes trente derrière Laure,  il a donc maintenant 22 minutes de retard général, ce qui est « peanuts ».

 

LES FRÈRES KUPRIANOV

 

Un gros bravo à Jean Noël Julien, dont l’Optimus est trois au Général, grâce à une très belle troisième place en spéciale ce dernier jour marocain.

 

BELLE PERF DE JEAN NOËL JULIEN

 

Patrick Martin est deuxième de l’étape et cinq au Général, lui ne pilote pas un Optimus, c’est assez rare pour être signalé…

 

PATRICK MARTIN

 

Les deux pilotes qui mènent en Auto ont donc un joli matelas d’avance, mais en Mauritanie, ce pays si incroyablement beau mais si incroyablement monstrueux en franchissement de dunes, ce ne sera sans doute pas suffisant.

Pour les Camions, très belle victoire de Jacinto, septième au scratch dix minutes derrière la première auto, Bouwens est deuxième Camion, 14 minutes derrière le Man portugais.

 

SACRÉ COURSE… AMIGOS!

 

Elisabete Jacinto qui prend aussi la tête en Camion, avec la septième place au général, avec deux heures d’avance sur Bouwens, joli matelas là encore puisque Tomecek est en carafe mais en Mauritanie, en camion un gros plantage c’est très long à faire repartir.

Elisabete devra dégonfler les pneus pour ne pas s’ensabler mais du coup, il y aura des crevaisons…

Enfin ce soir gros dodo puisque demain c’est pas d’étape.

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Alain ROSSIGNOL-Jorge CUNHA-TOURISME MAROCAIN

 

Résultats et Classements sur :


https://2019.africarace-live.com/fichiers/classement.php

 

 

 

 

Africa Race Rallye-Raid Sport

About Author

jeanlouis