AFRICA RACE 2019 : JOUR QUATRE, VICTOIRES DE LAURE ET ULLEVALSETER.

 

JEAN LOUIS SCHLESSER

 

La veille, il s’est posé à l’arrivée de la Spéciale, je discute avec le patron de l’Africa Race, Jean Louis Schlesser.

Posé ? Dans la journée, il survole le Rallye à bord d’un ULM Tout Terrain, un truc canadien magique qui atterrit n’importe où avec de gros pneus basse pression.

Son appareil sert de relais pour toutes les transmissions du Rallye, une idée copiée sur le Tour de France Vélo, mais en plus Jean Louis assure la surveillance des véhicules et la direction de l’organisation.

Il m’explique:

« Tu sais la meilleure ? Je suis tombé en panne moteur, j’ai du me poser un peu où j’ai pu dans la pampa, coup de bol, ce jour, la spéciale n’était pas loin de la route et mon camion a pu venir avec le mécanicien qui va bien »

J’adore ce genre d’histoire, où l’aviation peut encore être une aventure à condition d’avoir de bons pilotes et de bons mécanos, me vient évidemment tout de suite en tête le duo Mermoz-Collenot…

L’AVION DE JEAN LOUIS SCHLESSER

 

 

Bon les avions et les ULM ont bien évolué, mais ça peut rester de sacrés souvenirs…

On papote sur le Rallye…

« Je suis content parce que de nouvelles têtes et donc de nouvelles stars apparaissent, Dominique Laure en Auto et Alessandro Botturi à Moto. On connaît peu Laure dans le Rallye Raid, c’est un spécialiste de circuit. Mais il assure magnifiquement parce que ces deux derniers jours ont été costauds ! Quant à Strugo, j’étais en avion au dessus de lui quand il nous donné un cours de pilotage désertique..  L’hélico de TV était là aussi. Il était planté dans le sable, marche arrière pour décoller, coup de volant pour mettre la voiture au carré et redémarrage, un cas d’école »

Autre satisfaction pour Jean Louis, aucun accident grave alors que ce troisième jour, ça roulait très vite…

Voilà, arriver à lui parler dix minutes c’est du temps volé au temps, j’entendais les mecs sur ses radios l’appeler de partout, certes la caravane passe, mais c’est du boulot, infernal !

Et c’est bien fait, d’où le retentissement international de l’épreuve.

L’Africa Race ? Encore un gros morceau ce vendredi 4 janvier.

 

Voici le Menu du Jour 

Vendredi 4 janvier 2019 : Etape 4

OUED DRAA / FORT CHACAL : 494,57 km

Départ du Bivouac

Spéciale : Oued Draa-Assa / Fort Chacal : 492,75 km

Transfert au Bivouac : 1,82 km

 

RENÉ METGE

 

Les paroles au briefing au petit matin de René Metge :

« Les concurrents longeront à nouveau l’Oued Draa sur plusieurs kilomètres en empruntant une piste en partie ensablée et en partie rocailleuse qui ne laissera pas les navigateurs sans travail. Après M’seied une grande piste large conduira progressivement le rallye en direction du désert du sud marocain. Le paysage changera alors radicalement. Les véhicules évolueront sur de nouvelles pistes rapides au cœur de grandes étendues sans relief qui compliqueront considérablement la navigation. Quelques descentes dans des dépressions agrémenteront cette spéciale. Les parties hors-pistes de 2018 qui avaient posées quelques problèmes de navigation à pas mal de concurrents ne seront qu’un mauvais souvenir puisque cette portion s’est transformée en pistes parfaitement identifiables. L’étape se terminera par une longue partie très rapide. Avec près de 500 kilomètres au compteur de cette 4ème journée, les participants devraient être bien heureux d’en terminer à Fort Chacal ».

 

Puis le profil du jour qui explicite le Résumé de René Metge

La carte de l’étape du jour

 

 

Enfin la Carte du Monaco-Dakar, l’arrivée se rapproche encore aujourd’hui de presque six cent bornes…

 

 

8 h 45, premier motard lâché, il s’agit d’un gros client, vainqueur, sur Yamaha, de la spéciale la veille et en tête du Rallye depuis le début, l’Italien Botturi.

Son  ennemi presque intime, ils ne se lâchent plus d’une tétine depuis deux jours, le Norvégien Ullevalseter, est à nouveau parti  – règlement oblige – deux minutes après lui et l’a tout de suite rattrapé, c’est parti pour … un à toi-à moi terrifiant, car on va vite, qui peut encore durer jusqu’au bout de la spéciale.

Spéciale géniale d’ailleurs, on aura remarqué dans le briefing de Metge que sur presque six cent bornes, on part du bivouac et on fait moins de 2 km de liaison à l’arrivée, c’est juste un pied colossal.

 

ULLEVALSETER PREMIER QUASIMENT  DE BOUT EN BOUT

 

On roule pour commencer à 140 km/h, il fait sept degrés et ça montera à 22, plus probablement, belle journée même si ça pique le visage le matin.

De toute façon on va rouler vite partout ou presque, ce sont de vraies pistes balisées, on passe par endroits au pied de falaises impressionnantes, on est au bout du monde et on est venus là pour ça.

Agazzi, qui est avec le groupe des deux furieux, va encore pouvoir râler à l’arrivée, il y a de la caillasse sur la piste.

Et du franchissement, on roule à 35 km/h dans ces endroits.

 

AGAZZI DÉTESTE LA CAILLASSE

 

On suit le Draa, dont le lit est énorme à cet endroit, plus de 600 mètres de large, Schlesser les survole pour le point de vue, et pour savoir si tout se passe bien.

Agazzi est largué, on passe en mode vrai duel.

À l’arrière, les autos partiront une demie heure après le dernier motard, ils sont quarante cinq au départ.

Devant on est dans une portion très dure de sable, on dépasse allègrement les 160 km/h, la vitesse de pointe de la Yamaha de Botturi est un peu supérieure.

Très beau vu d’un peu loin, le panache de fumée de poussière derrière les motos, dans les rayons de soleil rasants, je ne m’en lasserai jamais.

 

UNE IMAGE SYMBOLE DE RALLYE RAID QUE L’ON N’OUBLIE PAS

 

Au km 60, Botturi est passé avec trente secondes d’avance, à la vitesse où ils vont c’est presque main dans la main…

Le long de la piste les Tango (abréviation de la lettre «T» en langage international) qui signifie que ce sont les autos des médecins (il y a aussi in hélico dédié), sont disséminés en tiroirs, ils ont pris la piste deux heures avant les concurrents où sont passés la veille, comme pour les commissaires des CP, ce sont des volontaires dont la présence rassure énormément, ils sont capables de faire de très grosses interventions pour préparer un éventuel blessé grave avant son évacuation, ils savent aussi calmer les crampes et les ampoules, les turistas (gêne terrible de diarrhées permanentes, dues en général à l’absorption d’eau infectée, le tout combiné à la chaleur).

La chaleur n’est pas au goût du jour, ce sera plus loin, mais ces Tango sont un peu les bons samaritains du Rallye.

Pourquoi « tango » ? On peut imaginer cette danse sud américaine très lascive soit excellente pour la santé…

Bon je vous donne la vraie signification, c’est le «T» de Toubib.

Au km 120, c’est Ullevalseter qui passe avec 30 secondes d’avance sur Botturi,  le Français Cavelius est à onze minutes, l’Italien Cavazzi à 23 minutes, il n’aime pas la caillasse, on l’a déjà dit…

C’est d’Ulle qui est en tête d‘une minute trente au CP1, il a fait 177 km en 1 h 55, on n’est pas loin du cent km/h de moyenne ! DE MOYENNE !

BOTTURI TOUJOURS EN TÊTE AU GENERAL

 

Et on ne s’arrête pas, après le CP, on roule à 160 km/h !

Le CP2 est à 248 km du départ, on est presque à la moitié de la spéciale et un ravito essence est prévu pour les motos (ce qui permet de ne plus rouler sur les véritables citernes à essence qu’étaient les premières motos du Dakar).

Il est touché après 2 h 36 de course, on a dépassé les cent de moyenne…

Ullevalseter a 1’43 d’avance sur Botturi.  Au CP3 (km 303) l’avance du Norvégien est passée à 1’54’’, 11 secondes gagnées en cinquante bornes !

 

CAVELIUS RESTE SIX AU GÉNÉRAL

 

Maintenant, jusqu’à l’arrivée, il y a 190 km de désert totalement plat à traverser, Metge l’a dit, la piste principale est balisée, donc nav pas très compliquée mais pilotage extrême…

Au km 401, l’écart est le même, le troisième, Jenssen, troisième, est à plus de 20 minutes.

Petit coup de dunettes à trente bornes de l’arrivée, on passe ensuite près d’un énorme champ de panneaux solaires et c’est l’arrivée, pas très loin de la ville de Laayoun, bel endroit quand il fait beau, mais on est tout près de la mer, quand il vente fort avec ciel plombé (vécu !) c’est d’un glauque total.

 

ULLE ROI DU JOUR

 

Là il fait 21 degrés, idéal en somme, il est un peu plus de 14 heures, on a tenu la moyenne de cent km/h à peu de choses près.

Ullevalseter passe la banderole le premier, deux minutes devant la Yamaha de Botturi et il va se passer un bout de temps avant de voir apparaître le troisième ! Jensen a en effet 23 minutes de retard, Benko 28. Le Français Cavelius est cinquième. Agazzi reste troisième au Général mais il s’est pris une heure dans la tronche aujourd’hui…

 

AUTOS, CAMIONS… LAURE ET BOUWENS

LAURE INTOUCHABLE, QUATRE VICTOIRES SUR QUATRE SPÉCIALES

 

10 h 08, le buggy MD Optimus de Dominique Laure est lâché, deux minutes devant l’Optimus de Strugo, quatre minutes avant l’Optimus de Jean Noël Julien et on envoie copieusement dès le début, pas loin de 150 km/h…

Et c’est un quatrième Optimus qui part ensuite, celui de Housieaux, qui est loin au classement, problème technique le deuxième jour, et qui n’a plus rien à perdre, donc on force sur le pied droit…

À signaler qu’en sixième et septième position, on lâche les camions de Bouwens (Iveco) et Jacinto (Man) qui ont fait des temps canons la veille…

Jacinto est en tête de la catégorie camions, mais elle a été battue sur le fil par l’Iveco belge la veille…

C’est d’ailleurs à priori une belle journée pour les camions, il y a peu de franchissement, là aussi, on va envoyer du lourd…

Un peu plus de 130 km/h en ce début de spéciale…

 

JACINTO À FOND, MAIS BATTUE

 

Au km 60, Laure a 26 secondes d’avance sur Housieaux, je l’ai dit, le garçon n’a plus rien à perdre, une victoire d’étape serait une belle consolation…

Strugo est à une minute, donc énorme baston, comme les deux jours précédents en fait, même si ce n’est pas là que l’on gagne le rallye (mais on peut le perdre), les équipages sont dans un bonheur total, Fromont est à cinq minutes, Julien à six.

 

BELLE COURSE DE L’OPTIMUS D’HOUSIEAUX MAIS IL FINIRA EN TONNEAUX

 

En camions, Bouwens (Iveco) est totalement déchaîné, roule à 140 km/h (les camions sont limités à 160 km/h) donc pratiquement à fond, le Man d’Elisabete Jacinto n’est pas loin mais ne le reprend pas, au km 60, elle a deux minutes trente de retard (mais on le rappelle, elle a plus de deux heures d’avance au Général sur Bouwens), ils sont sixième et septième au Scratch !

Pas à dire, les camions montrent à quel point, ils sont les vraies stars du rallye raid, en sensations en tous cas, en bruit et en fureur, en nuages de poussière c’est sûr…

Au CP1 (km 177), l’avance de Bouwens sur Jacinto est passée à 6’24, la vitesse de cet Iveco est ahurissante ! Puis, au CP2 (km 248), Bouwens a encore mangé un peu le Man, 7 minutes d’avance, puis on est à 15 minutes au km 350, formidable les Belges !

TOMECEK L’IRONMAN EST EN TÊTE DES CAMIONS

Bouwens qui termine à 150 km/h, il est cinquième de l’étape, on est dans l’extra-ordinaire là !

Ce soir Elisabete Jacinto n’est plus premier camion, c’est Tomecek et son Tatra qui ont profité du manque de réussite du Man ce quatrième jour.

Et on rappelle qu’il roule seul, mais aujourd’hui il y avait très peu de possibilités d’enlisement.

 

BOUWENS LE MAGNIFIQUE

 

Devant, Laure et Strugo se tirent toujours la bourre, les chronos du CP 3 ne passent pas, je l’ai dit on est plein «middle of nowhere»  (chanson culte du film culte Bagdad Café), on verra ça plus loin.

JEAN PIERRE STRUGO

 

Justement, 1’22 entre les deux autos au km 350…

Derrière eux, Housieaux n’est pas très loin, à peine cinq kilomètres, dans ce paysage quasi lunaire, c’est quasiment surnaturel. Sauf que son buggy  Optimus bleu fait plusieurs tonneaux, l’équipage est ramené en hélico, pas de blessures graves, mais la voiture est chiffon…

Cela dit, un Optimus c’est costaud, si les mécanos de MD réparent cette nuit, l’équipage pourra repartir.

HOUSIEAUX ET DEBRON SORTENT DE LEUR AUTO APRES QUATRE TONNEAUX

À l’arrivée, Laure est vainqueur de justesse, il termine 2 minutes devant Strugo, il y a maintenant 19 minutes entre eux au Général.

L’OPTIMUS DE GERARD DAVID S’EST COULÉ ENTRE LAURE ET STRUGO

Mais un autre Optimus, celui de Gérard David, s’est intercalé entre les deux stars du Rallye, cela dit il a deux heures de retard au général.

 

YVES FROMONT TROISIEME AU GENERAL

 

Autre heureux, Yves Fromont, quatrième du jour et troisième au général… mais avec 1 h 20′ de retard!

Un mot enfin pour le SSV du jour, le Canam de Pisson Ceccaldi et Gaidella, mais c’est toujours Roquesalane qui est en tête de ces sacrés engins…

PISSON CECCALDI ET GAIDELLA

Demain samedi , direction la mer, avec la journée de repos dimanche à Dakhla.

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Alain ROSSIGNOL et Jorge CUNHA

 

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