AFRICA RACE 2019 JOUR DEUX : ULLEVALSETER ET LAURE, DUO ROYAL

 

 

LAURE ET ULLEVALSETTER ROIS DE LA JOURNÉE

Le Menu du Jour…

Mercredi 2 janvier 2019 : Etape 2

LA MOMIE / FOUM ZGUID : 433,89 km

Transfert : 2,67 km

Spéciale : La Momie / Foum Zguid : 431,22 km

Arrivée Bivouac

 

Cette fois-ci, à partir de ce mercredi 2 janvier, on entre dans le vif du sujet, cela devient du sérieux !

On fait trois bornes le matin, on enquille 431 km de spéciale et on arrive sur les lieux mêmes du bivouac.

La grande tradition de ce rallye, liaisons minimalistes, on roule parfois de bivouac à bivouac, pas de ces liaisons si dangereuses le matin quand il fait frisquet, le tout pas réveillé… Et si dangereuses le soir, au soleil rasant ou de nuit !

La moitié des spéciales de ce rallye se terminent au bivouac, pour les pilotes épuisés par des centaines de bornes à fond, le repos est immédiat.

USANT LE SABLE

Il fait deux degrés ce matin, le désert peut être très chaud dans la journée mais la nuit il fait un froid polaire.

La spéciale du jour est connue, mais elle prend des pistes nouvelles, plus un joli cordon de dunes où l’Africa Race, n’est encore jamais passé depuis ses débuts il y a dix ans.

Quatre cent km, tout au sud du pays et on remontera en fin de parcours sur Foum Zguid.

Lors des premiers rallyes de l’Atlas, la piste d’Erfoud à Foum Zguid, était une grande classique, puis elle a été goudronnée, du coup depuis, il a fallu fignoler autour.

 

LE MENU DU JOUR

Voilà le parcours du jour.

Puis la spéciale en coupe, un peu de pierres mais beaucoup de sable, on termine par une jolie piste.

 

LE PROFIL DU JOUR

 

Les navigateurs vont devoir faire très gaffe, partir le premier aujourd’hui ne va pas être de la tarte, quand aux pilotes, ils savent que les pistes Marocaines sont traîtresses, car le caillou…  sous le sable, est un grand classique de l’éclatement de pneu !

 

DAKAR EST MOINS LOIN DE 400 BORNES…

 

Revoilà au fait la totalité du parcours pour montrer que l’énormité de la spéciale du jour est minuscule sur la piste de Dakar…

C’est donc l’Italien Botturi, vainqueur la veille, qui occupant le commandement, est parti premier motard ce mercredi matin 2 janvier.

BOTTURI GARDE LA TÊTE AU GENERAL

Peu de traces, celles de l’ouvreur passé deux jours plus tôt, seront visibles sur le sable avec un peu de chance.

Ullevalsetter, le Norvégien s’élance derrière lui, les motos partant de deux minutes en deux minutes, le premier Français, Cavelius, est à 8 minutes du leader au classement général provisoire et il part cinquième, donc dix minutes après le premier.

Ullevalsetter va facilement reprendre Botturi et c’est bien lui qui ouvre la piste.

C’est là que commence le grand jaune, le sable, on va en manger un paquet.

On roule jusqu’à 100 km/h dans les endroits faciles, les creux de dunes, mais quand on se prend les vagues de face, la vitesse tombe à 60 km/h…

Parfois moins, parfois zéro quand on se plante.

C’est là où la technique de pilotage et le sens du terrain sont des atouts précieux.

Ulle, Botturi et Kaye, l’Anglais parti trois le matin, ne se quittent guère… Logique.

On est quasiment plein sud, la frontière Algérienne est toute proche.

Kaye est largué petit à petit, les deux pilotes de tête se retrouvent seuls, on est maintenant sur de la piste roulante, mais sur DES pistes roulantes, de quoi se paumer, car elles sont parallèles, mais c’est là que l’instinct du pistard prend tout son avantage !

On contourne le village de Tafraoute (rien à voir avec la ville de luxe, près d’Agadir) et on prend cap plein ouest, on roule sur une grande étendue plate comme main et dure comme du béton, un truc qui fait un bien fou, il faut certes faire gaffe aux pièges mais rouler à 140 km/h sur du sable, c’est juste génial.

Au km 110, Ullevalsetter est passé 1 minute 45 devant Botturi, on roule à vue en fait, à vue sur le voisin… L’Anglais Kaye compte déjà treize minutes de retard.

 

AUTOS : LE GRAND MÉLANGE DES BUGGIES ET DES PACHYDERMES

 

C’est simple, un buggy Optimus prend le départ en premier, celui de Dominique Laure qui a gagné la première spéciale la veille, un camion, l’Iveco de Bouwens, qui a fait une navigation superbe la veille, partant deux minutes plus tard, deux minutes encore et c’est le buggy d’Housieaux puis ce sera le titan Man d’Elisabete Jacinto, qui a vécu une journée de rêve la veille, en pilotage et en nav.

C’est sûr que dans ce coin du désert, il y aura des points de repère pour ceux qui vont partir derrière !

Cela dit, doubler un camion n’est pas chose facile… pas de visi, la poussière, on roule en aveugle pendant des centaines de mètres très effrayants.

Housieaux passe pourtant, il est en bagarre devant avec Laure, Jacinto et son Man ne sont pas loin, Bouwens, en revanche, s’est fait passer par un paquet d’autos, son jour de gloire c’était hier…

Jacinto qui par moments passe les 120 km/h, aussi vite que les autos, au Km 54, elle est classée premier camion, je n’ai pas les écarts, les chronos ne fonctionnent pas ou ne sont pas répertoriés.

Devant, les premières motos prennent 145 km/h, on ne se lâche pas, au km 161 il y a toujours une minute trente entre Ullevalsetter et Botturi, c’est le Slovaque Benko qui passe troisième, mais à 11 minutes des leaders.

 

LA HONDA D’AGAZZI TERMINE TROISIÈME SOUS LA BANDEROLE

 

Le CP1, à 229 km du départ, est passé, on en a fait la moitié mine de rien, 20 km plus loin c’est le ravitaillement, on va pouvoir souffler un peu.

On arrive dans la région très connue de M’Hamid, au sud de Zagora, il faudra faire attention, en pleine période de Noël, aux touristes qui vont faire du dromadaire dans les campements touaregs du coin.

DERRIERE LA DUNE, SURPRISE!

À l’arrière des motos, on commence à se faire passer par les premières autos, moments délicats, surtout pour le motard…doublé!!!

À l’arrière des autos, on arrive, pas loin du départ, dans une zone de petites dunes devenues très molles au fil des passages et on se plante velu…

On n’est pas encore dans les espaces dunaires énormes de Mauritanie mais c’est coton, les vagues sont très rapprochées et on se plante gaillardement…
Devant, Housieaux et Laure ne se lâchent pas d’une semelle.

Les motos attaquent le célèbre Erg Chegaga, un champ de dunes qui est un des plus beaux d’Afrique du Nord, d’une couleur ocre très caractéristique, comme l’eau est sous-jacente il est parsemé de plantes et d’arbustes par endroits.

LE CHEGAGA

 

Sans problème pour les deux leaders, au km 342 (ça commence à sentir l’avoine !) l’avance d’Ullevalseter est montée à deux minutes (auxquelles il faut rajouter les deux minutes du départ, puisqu’il s’est élancé second derrière Botturi.

Mais il est parti avec dix minutes dans la vue au général, l’Italien sauve donc pour l’instant sa première place tout compris, Ullevalsetter va maudire cette erreur de navigation la veille ! Même écart au km 390 !

Même chose en autos d’ailleurs, au km 250, pas de ravito pour les autos, Housieaux est passé avec 4 minutes d’avance sur Laure, les deux vrais favoris de ce début de rallye.

Mais l’Optimus d’Housieaux se retrouve soudainement sans direction assistée, sans amortisseurs (il y a dû y avoir un sacré choc !) il continue, mais il se retrouve du coup, à dache…

STRUGO A DU S’ARRÊTER UNE FOIS POUR CHANGER UNE JANTE TORDUE

C’est l’Optimus de Jean-Pierre Strugo, l’ami le plus fidèle du vrai Paris-Dakar, qui semble avoir pris le relais, à vérifier au prochain checkpoint, il semble être en bagarre avec le buggy Optimus (décidément, triomphe de MD, ce préparateur situé dans le département de la Manche) de Noël Julien et le camion Man de Jacinto, qui se bat comme la brigade Legrand à Austerlitz !

STRUGO LE ROI DU DESERT

Strugo qui a perdu un peu de temps pour changer une jante qui a morflé dans un gros trou empierré, mais qui va faire une très bonne affaire ce deuxième jour!

Tout ça se passe dans un gros groupe de motos, ce doit être crispant en pilotage !

A propos de motos d’ailleurs, le duel se termine à 153 km/h, l’arrivée est à quelques km de Foum Zguid, ville magique.

La Yamaha est plus rapide que la KTM, elle reprend donc logiquement un peu de son retard et en effet la KTM d’Ulle perd 20 secondes et termine avec 1’20’’ d’avance, Botturi reste donc en tête au général provisoire.

L’Italien Agazzi passe troisième sous la banderole, mais pour et le scratch et le général, il faut attendre l’arrivée de la dernière moto !

En autos, le camion de Jacinto peine dans les dunettes, notre chérie pilote Portugaise se voit repasser par un Tomecek déchaîné, on rappelle qu’il est seul à bord et doit enquiller comme un malade pour ne pas se planter…

JACINTO A LA PEINE

Devant, l’Optimus de Dominique Laure termine premier de la catégorie auto sous la banderole.

DOMINIQUE LAURE ET CHRISTOPHE CRESPO

Jean Pierre Strugo fonce vers l’arrivée, 153 km/h nous dit le mouchard GPS, il est deuxième sous la banderole, 6 minutes et quelques derrière Laure, jolie remontée !

Cinq places gagnés au général et il se retrouve deuxième, à 15 minutes de Dominique Laure.

Là encore, pas de résultat définitif avant l’arrivée des derniers…

TOMECEK PREMIER CAMION

Un peu plus tard, c’est le camion Tatra de Tomecek qui termine premier pachyderme, on rappelle qu’il est seul, y compris pour pelleter, là c’est fort, surtout sur une étape de sable !

D’accord, côté navigation il avait des traces, d’accord on n’est pas encore dans les montagnes de sable de la Mauritanie, mais quand même… Superbe PERF

Jacinto arrive derrière lui, 140 km/h dans le dernier plat de l’arrivée…

Ce n’était pas le jour des camions…

Jean Louis BERNARDELLI

Photos: Alain ROSSIGNOL et Jorge CUNHA

Voilà, pour rappel, les résultats ci-dessous se modifient au fil des arrivées.

Résultats sur :
 https://www.africarace.com/fr/course/2019/etape/236

 

 

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