DÉSIRÉE WILSON, LA PREMIÈRE FEMME À AVOIR REMPORTÉ UNE ÉPREUVE DE F1, FÊTE SON 65ème ANNIVERSAIRE.

 

 

Désirée WILSON aux 24 Heures du MANS© Manfred GIET

 

Née le 26 novembre 1953 à Brakpan, ville minière à 37 Kms au Sud-Est de Johannesburg, Désirée RANDALL, mieux connue sous son nom d’alliance, Désiré WILSON, souffle 65 bougies.

Avec un père, Charlie RANDALL, pratiquant la Moto de Compétition, Désirér fut dès son plus jeune âge attirée par tout ce qui touchait à la vitesse dans un pays où les épreuves de sports mécaniques n’étaient pas légion mais qui malgré tout a produit d’authentiques Champions, comme Kork BALLINGTON (4 fois Champion du Monde en 250 cc & 350 cc), Jon EKEROLD (1 titre de Champion du Monde en 350 cc) en GP Moto ou encore en F1 avec les Dave CHARLTON (11 GP), Tony MAGGS (25 GP) et les frères Ian et Jody SCHECKTER avec respectivement 18 et 112 GP et un titre de Champion du Monde obtenu en 1979 avec la Scuderia Ferrari pour Jody, sacré devant le Canadien Gilles VILLENEUVE.

Dès la moitié des années ’70, elle se lança dans le grand bain sur quatre roues en débutant par la série Midget Cars, des roadsters de 948 cm³ atteignant les 145 Km/h avant de passer ensuite à la Formule Vee et à la Formule Ford, série dans laquelle elle fut sacrée Championne d’Afrique du Sud en 1976.

Si sa ville natale Brakpan est avant tout connue pour ses mines d’or, Désirée WILSON par contre était en permanence à la recherche du dernier carat pour affiner ses montures.

Ce qui lui valut de gravir les échelons après avoir quitté le continent Africain pour s’établir dans la ‘Mecque’ du Sport Automobile, l’Angleterre, avec son époux Alan WILSON, actif comme Architecte en circuits de vitesse.

 


Désirée WILSON-Formule Aurora 1979-Tyrrell 008-Zolder 3ème–© Manfred GIET.

 

En 1979, engagée en Formule AURORA AFX, le Championnat Anglais de F1 sur des monoplaces aux configurations de la saison précédente, elle débuta sur une TYRELL 008 du Team THEODORE par trois podiums, terminant quatre fois 3ème à Zolder en Belgique ainsi qu’à Oulton Park, Brands-Hatch et Thruxton pour terminer finalement 7ème du Championnat, le titre de Champion revenant à Rupert KEEGAN.

Un an plus tard, toujours dans cette même série AURORA AFX de F1 britannique, le 7 avril à Brands Hatch, au volant d’une WOLF WR 4-FORD, elle marqua une date importante dans les annales du Sport Automobile de haut niveau, en devenant la première femme à remporter une épreuve de F1 et ce face à des pointures comme SALAZAR-AGOSTINI-de VILLOTA-EDWARDS ou LEES !

Cinq ans après sa devancière, l’Italienne Lella LOMBARDI, décédée le 3 mars 1992, qui a été la première femme à marquer ½ point au Championnat du Monde ‘’Pilotes’’ en terminant sixième du GP d’Espagne 1975, ce dernier écourté suite à l’accident de Rolf STOMMELEN et qui avait causé la mort de 5 personnes, d’où le demi-point pour sa sixième place, la Sud-Africaine entrait dans l’histoire enlevant du coup du grain à moudre à tous les misogynes dont certains avaient été jusqu’à dire un jour à la Comtesse italienne, Maria Teresa de FILIPPIS, première femme-pilote en F1 sous l’ère moderne, décédée le 9 janvier 2016, qui s’était vu refuser au départ du GP de l’ACF 1958 à Reims-Gueux, sous le prétexte que le seul endroit où une femme avait le droit de porter un casque était au salon de coiffure !

 

Désirée-WILSON-GP-dAngleterre-1980-WilliamsFW07C-©-Manfred-GIET

 

Pour Désirér WILSON, cet excellent résultat réalisé au volant d’une authentique F1, lui entrouvrit une porte du Championnat du Monde de la discipline sous forme d’une invitation de l’écurie RAM de John McDONALD, lequel lui proposa un volant sur une WILLIAMS FW 07 pour le GP d’Angleterre à Brands-Hatch en 1980.

Une aubaine dont elle ne put malheureusement pas profiter, car au volant d’une WILLIAMS complètement erratique, qui ne lui permit même pas de se qualifier.

Terminant 25ème et dernière en qualifications à une seconde et demi seulement de la FERRARI de son compatriote Jody SCHECKTER et 1 seconde quatre de l’Arrows de Jochen MASS, dernier qualifié, tandis que Keke ROSBERG futur Champion du Monde en 1982- échouait également comme elle, à quelques centièmes près.

 

Désirée-WILSON-avec-un-air-de-garçon-manqué-elle-ressemble-un-peu-à-Beppe-GABBIANI©-Manfred-GIET.

 

Après ce court épisode au plus haut niveau du sport-auto, ce ‘garçon manqué’ venu du pays des antilopes, reçu une seconde chance lors de son GP ‘’at home ‘’ en 1981 à Kyalami, où Ken TYRELL, lui offrit un des volants de ses TYRELL-FORD 010, sur laquelle elle se qualifia en huitième ligne sur la grille de départ avant d’abandonner sur ennui mécanique durant l’épreuve d’un GP, finalement rayé du calendrier de l’année ’81 suite au conflit FISA-FOCA, ce qui la priva d’une participation officielle en GP sur son palmarès.

 


Désirée WILSON aux 24 Heures du Mans 1982 avec la GRID partagée avec Alain De Cadenet et Emilio De Villota-© Manfred GIET

La Porsche 956-Obermaier de Désirée Wilson partagée avec Plankenhorn et Lässig-7ème au Général©-Manfred-GIET.

Par la suite, elle participa aux championnats US CART et INDY LIGHTS  à treize épreuves sans toutefois affoler les statistiques, avant de faire aussi trois tentatives aux 24 Heures du Mans, en 1982 sur une GRID (abandon) et en 1983 sur une PORSCHE 956 OBERMAIER (7ème au général) avant une dernière tentative en 1991 sur une SPICE, associée à Cathy MULLER et Lynn ST-JAMES, un équipage 100% féminin que le paddock qualifia de ‘’Spice Girls’’, mais qui ne termina pas, suite à une sortie de piste de la SPICE.

En 1997, elle entrepris une dernière tournée des circuits en disputant trois épreuves du NORTH AMERICAN TOURING CAR CHAMPIONSHIP, au volant d’une MAZDA, avant de se retirer définitivement des circuits et des ovales, avec quelques incursions furtives et occasionnelles au GOODWOOD FESTIVAL en Angleterre.

 

Désirée WILSON-24 Heures du Mans 1991-Spice avec C.Muller & L.St-James-équipage féminin-© Manfred GIET

 

Avec la Tchèque Elizabeth JUNEK (dans les années 1920, avant l’ère moderne de la F1), les Italiennes Maria Teresa de FILIPPIS, Lella LOMBARDI et Giovanna AMATI, sans oublier la Britannique Divina GALICA, elle fait partie des ‘ambassadrices’  qui ont eu le courage et le talent pour aller défier le sexe fort au cours de l’histoire de la catégorie reine.

D’autres ‘’amazones’’ comme les Espagnoles Carmen JORDA et la regrettée Maria de VILLOTA, la Britannique Susie WOLFF-STODDART, la Suissesse Simona de SILVESTRO ou la Colombienne Tatiana CALDERON, tentèrent leurs chances, en tant que pilotes d’essai ou de développement, sans pour autant pouvoir jamais participer à une séance qualificative lors d’un week-end de GP de l’époque moderne.

Chase CAREY, le grand Patron de la F1, a récemment réitéré le vœu de voir à court terme un pilote Chinois ou Vietnamien, un Noir et à nouveau une femme-pilote actifs, dans la plus haute sphère du sport automobile mondiale et ce afin d’y amener du sang neuf dans les rangs d’une Formule, qui depuis un certain temps, à tendance à s’étioler…

Aujourd’hui, Désirée WILSON reste active dans l’entreprise de son mari, la WILSON MOTORSPORT INC., spécialisée dans l’élaboration et la conception de circuits de vitesse, ce qui lui permet de rester branchée sur le sport automobile qui a été toute sa raison d’être.

Happy Birthday Désirée!

 

 Manfred GIET

Publiracing Agency

 

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