CARLOS GHOSN : SA GARDE À VUE PROLONGÉE DE 10 JOURS AU JAPON !

 

 

 

Carlos Ghosn va devoir assurément s’armer de patience…

 

Le patron de l’un des plus grands groupes automobiles mondiaux se trouve en effet désormais pris dans les rouages du redoutable système judiciaire Japonais!

Arrêté lundi à l’aéroport de Haneda près de Tokyo où son jet Falcon venait de se poser, Carlos Ghosn, soupçonné de malversations financières, est visiblement encore très loin d’en avoir terminé avec sa garde à vue…

Le tribunal du district de Tokyo a effectivement décidé de la prolonger de dix jours ce mercredi 21 novembre 2018.

Carlos Ghosn se trouve actuellement dans le centre pénitentiaire de Katsushika, lequel se situe au nord de Tokyo, et il est placé sous la surveillance d’officiers du ministère de la Justice.

Pour Carlos Ghosn, l’emblématique patron du Groupe de l’alliance Renault-Nissan, la garde à vue a donc comme le laissait envisagé la loi Nipponne, bien été prolongée de 10 jours!

Laurent Pic, l’Ambassadeur de France au Japon, a pu lui rendre visite et ce au titre de la protection consulaire, mais il n’a fourni aucun renseignement à sa sortie!

 

Que reproche-t-on à Carlos Ghosn?

 

A priori de ne pas avoir déclaré l’intégralité de ses revenus obtenus au pays du soleil levant, de 2011 à 2017 et d’avoir également profité largement des avantages de sa position et particulièrement de somptueuses demeures acquises et payées par Nissan, au Liban et au Brésil, ses autres nations de cœur, avec la France, puisque l’homme d’affaires possède les tris nationalités

Le fisc et la justice Japonaise sont à l’œuvre, le statut de la garde à vue au Japon permet de nombreux interrogatoires, sans la présence d’avocats et dans des conditions ‘d’hébergement’ plutôt difficiles:

Une simple cellule, individuelle, un futon par terre, trois bols de riz par jour…

On est vraiment loin des palaces dorés et feutrés dont Carlos Ghos, est fréquemment client lors de ses nombreux déplacements à travers le monde!

Les visites sont interdites par principe, seules peut être autorisée la venue de la famille, sous conditions et sous étroite surveillance avec un garde présent et les dialogues doivent être exclusivement en japonais. Pas simple…

 


NISSAN, le Siège à YOKOHAMA au JAPON

 

Selon le fisc Japonais et la direction de Nissan, Carlos Ghosn n’aurait déclaré que la moitié de ses revenus sur la période s’étalant de juin 2011 à juin 2015, soit près de 5 milliards de Yens (5.000.000.000 ¥), l’équivalent de quelques 38 millions d’euros (38.000.000 €) au lieu des 10 milliards de Yens qu’il aurait effectivement touché.

Il aurait également séjourné à titre gracieux dans de somptueuses villas appartenant à une filiale de Nissan, situées dans les villes de Beyrouth (Liban) et de Rio de Janeiro (Brésil), pays dont Carlos Ghosn détient la nationalité en plus de la nationalité Française et Libanaise.

Laissons la justice faire son travail, mais en général, ce genre de garde à vue au Japon se termine par la signature d’aveux.

Si la présomption d’innocence n’existe pas au Japon, elle existe chez nous, donc rendez-vous dans dix jours, pour savoir si la garde à vue est maintenue, ou prolongée d’encore dix jours.

Pour le moment, Carlos Ghosn devrait rester en détention au moins jusqu’au 30 novembre. Une procédure courante, la période pouvant même encore être étendue de 10 jours supplémentaires…

A l’issue de cette garde à vue de 22 jours au total, le suspect fait alors l’objet de poursuites ou non.

Chez Nissan et Renault, on s’organise pendant la ‘vacance’ du pouvoir, le conseil d’administration de Nissan aura lieu demain pour nommer un nouveau Président, et chez Renault, on a des mardi soir, confié l’intérim de sa gouvernance, au duo Philippe Lagayette et Thierry Bolloré, Carlos Ghosn restant toujours le PDG, mais provisoirement empêché.

En tous les cas, affaire à suivre !

 

Gilles VIRMOUX

Photos : NHK – RENAULT -NISSAN

 

 

 

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