VENTOUX TRIAL CLASSIC À MALAUCÈNE : LE WEEK END ‘SPÉCIAL’ MICK ANDREWS…

 

 

MICK ANDREWS GRANDE ÉPOQUE

 

Chaque année, cette merveille d’organisation de trial Classic (Motos en double amortisseurs) qui reçoit 350 concurrents et en refuse encore 150, un énorme succès donc, a la bonne idée de fêter un des princes du Trial, qu’il soit Français ou non…

Cette année, c’est Mick Andrews qui a été le roi de la fête, on rappelle un peu qui est ce pilote immense du Trial mondial.

 

PREMIER DES DEUX JOURS SUR UNE OSSA

 

Mick est Anglais, deux fois Champion d’Europe parce qu’à son époque il n’existait pas de Championnat du Monde, il est cinq fois vainqueur de l’épreuve la plus prestigieuse au monde, les Six Jours d’Écosse alias « Le Scottish »…

Il a aussi créé deux motos de Trial, la première à Barcelone, à l’Usine Ossa, il en a piloté une le premier des deux jours du Trial VTC, une MAR, alias Mick Andrews Replica.

Superbe et avec un style qui n’appartient qu’à lui, tout en finesse et en précision.

 

ANDREWS SUR LA TY, LE DEUXIÈME JOUR

 

Le deuxième jour est encore un événement spécial puisque Mick a piloté une Yamaha TY qu’il a contribué à mettre au point parce qu’à l’époque, les Japonais ne savaient pas faire de Motos ou de Moteurs de Trial !

 

RAYER, ANDREWS ET COUTARD PHOTOGRAPHIÉS PAR GILLES BURGAT !

 

« Last but not the least »,  dans cette très belle histoire et cette très belle réussite mondiale commerciale de la TY, il y avait un préparateur Français, Christian Rayer, qui a été le premier Pilote officiel Montesa de Trial et qui donné un gros coup de main au projet TY.

À tel point d’ailleurs qu’en parallèle de sa vie de Pilote, il est six fois Champion de France et s’est battu comme un guerrier avec… Charles Coutard, qui était évidemment présent à Malaucène au départ de ce VTC, on imagine les retrouvailles !

 

MICK SATANÉ VIEUX COMPLICE !

 

En ce qui me concerne, j’étais dans un bonheur complet, j’ai assisté à certains grands succès de Mick et nous avons fait de furieuses fêtes à Paris, c’est plus qu’un pote, c’est un ami avec lequel nous avons parlé philosophie de la vie au clair de lune d’un soir éclatant à Malaucène, sur les pentes du Ventoux.

De nos existences exceptionnelles que tant de gens n’ont pas une chance de vivre ne serait que dix secondes, oui nous avons été des privilégiés du destin…

 

CHRISTIAN RAYER EST VENU RETROUVER SES POTES

 

Rayer, c’est autre chose, je suis arrivé à ‘Moto Verte’ quand il cessait sa carrière de Trialiste, il a roulé ensuite le Paris-Dakar, le vrai, l’Africain, pour Yamaha, il a couru le Touquet, il a monté une école de pilotage de Trial, où j’ai été son élève, je ne suis pas très doué pour le Trial mais il m’a appris à freiner en descente sur des feuilles mortes trempées de boue, ce qui m’a sauvé la vie cent fois plus tard, sur la moto.

Dans Paris ou ailleurs, à l’occasion de ce que l’on appelle le freinage réflexe, qui se termine par terre (sauf trois roues) ou, quand on sait faire, encore sur les roues à quelques cm du con qui a freiné devant vous sur les pavés gras de la Capitale…

 

GILLES BURGAT

 

Présents également au Trial 2018 de Malaucène, des gloires du Trial Français d’antan, comme Gilles Burgat, notre premier Champion du Monde, Fred Michaud, également Champion du Monde par équipes, le Catalan Jaime Subira, à qui le Trial devrait élever une statue parce qu’il a mis au point le Fantic 240, qui encore aujourd’hui, fait penser même aux mauvais pilotes qu’ils sont bons, cette moto est un bijou, j’en témoigne.

 

CHARLES COUTARD ET FRED MICHAUD

 

À Malaucène, dans des zones de franchissement dignes des Mondiaux des années 80, sur chaque zone, il ya trois tracés, un rouge pour les très bons, un bleu pour les bons qui sont sages et un jaune pour ceux qui commencent.

Et cette épreuve dont on pourrait croire que c’est un rassemblement d’anciens combattants du trial, reçoit beaucoup de jeunes trialistes, qui pratiquent le Trial moderne et qui ont envie de se remettre sur ces merveilleuses Motos, comme Alexandre Ferrer, Champion de France cette année.

 

ALEXANDRE FERRER

 

Mais ce que l’on vient aussi voir, ce sont 350 motos toutes plus belles les unes que les autres, qui retracent les trois histoires du Trial, les Quatre Temps Triumph/ Matchless/James/BSA des années 65, la période Deux Temps qui commence à Barcelone quand le Champion Anglais Sammy Miller, créée la première moto de Trial Deux Temps chez Bultaco, la période Italienne enfin avec ces Fantic et SWM qui ont été Championnes du Monde…

 

LA TRIUMPH « TIGERE »

 

À propos, j’ai appris que si l’on est totalement branché Moto Classic, on ne parle pas d’une Triumph Tiger (prononcer Taïgueure) mais on dit Tigère…

Il y a aussi des motos uniques au monde, une BMW de Trial sur base de moteur de route, ou encore cette incroyable Twin Honda que le père d’Éric Lejeune (frère d’Eddy, Champion du Monde, et de Jean Marie, Champion de Belgique) avait construite en 1964, il y a plus de cinquante ans !

ÉRIC LEJEUNE ET SA « FERRARI »

 

Alors Malaucène ?

Un adorable village au pied du Mont Ventoux, mais vraiment au pied, la route du Mont commence dans le village, endroit célébrissime chez les cyclistes bien sûr (enfin tant que  la route est ouverte) qui accueille avec bonheur les 350 pilotes du VTC, leurs amis ou/et assistances, plus 140 bénévoles rameutés par l’Organisateur Thierry Aubert, et son Club, bref le village est envahi et c’est la fête partout.

 

LES 350 MOTOS SONT GARDÉES LA NUIT

 

Et l’on vient ici de toute l’Europe, on entend parler anglais (l’organisateur du Championnat Classic Kia, neuf épreuves qui se déroulent entre l’Écosse et la Côte sud d’Angleterre) est venu rouler avec ses copains, l’organisateur catalan du Trial de la Costa Brava, 480 pilotes inscrits par Internet en moins de deux jours, est venu aussi rouler avec ses amis, bref tout le beau monde du Trial Classic s’est retrouvé cette année à Malaucène et ce n’est pas un hasard…

Un grand coup de chapeau à Thierry Aubert et son club, la réussite du VTC est totale.

 

THIERRY AUBERT

 

Quant au parcours, tous les participants que j’ai vu passer, tous, m’ont dit que les 18 zones sont superbement tracées, il y a déjà, comme au Scottish certaines zones fétiches où le public se rend en masse, l’épreuve dure deux jours et l’on s’y engage par team de trois pilotes.

On est dans une nature sublime, lumière d’automne et cagnard du Sud, le sol est souvent rocheux ou couvert de sable durci, la couleur du terrain est ocre, un vrai tableau de Monet…

Les zones sont souvent en sous bois, abritées du soleil ou d’un éventuel Mistral, bref c’est un bonheur total, qui mêle les purs amateurs débutants aux Champions du Monde (la recette de ce succès énorme qu’a été le Touquet de Thierry Sabine).

Cette année 2018, le grand beau temps s’est mis de la partie, bref, si tout le monde est rentré crevé car physiquement, c’est dur mais c’est d’une beauté absolue, il y a 50 km d’interzone en pleine nature, on est rentré heureux.

La banane partout, voilà le mot de l’histoire de Malaucène et de son VTC, un monde fou, une vraie fête du Trial et de la belle mécanique.

L’an prochain, ce sera le 20ème anniversaire de l’événement VTC, Ventoux Trial Classic, on fêtera l’Américain Bernie Schreiber, Champion du Monde et vainqueur des Six Jours d’Écosse, et créateur d’un style de pilotage unique, du genre « on ne lâche jamais rien ».

À toute épreuve il faut des vainqueurs, dans la catégorie rouge, c’est le trio du Team Chamadou, tous trois sur Fantic, la famille Rigaud et leur ami Puzin…

 

JEAN LUC NICTOU

 

Ils battent et devancent un Team de célébrités, appelé Pana Red, avec une Ariel de 1962, pilotée par le très athlétique Jean Luc Nictou, que l’on a vu au Master Trial de Bercy, une superbe et rare Kawasaki de 1982, emmenée par Panabières, encore un Catalan (mais coté français) et l’ancien spécialiste de Vélo Trial et VTT (trois fois Champion du Monde) qui roule aussi extrêmement bien à moto Thierry Girard qui pilotait une Yamaha.

 

THIERRY GIRARD

 

Voilà, une nouvelle pierre d’abondance est venue s’ajouter aux 18 précédents succès de ce VTC, Ventoux Trial Classic, l’histoire est clairement en marche.

Special thanks pour Charles Coutard, toujours le pilote le plus élégant de la planète, Fred Michaud et ses bons mots (et beaux passages en zone !), Gilles Burgat, Champion du Monde en 1981 et vainqueur des Six Jours d’Écosse, pour son style qui passe tout…

Lui continue à rouler régulièrement, y compris au Scottish mais en moto moderne, un énorme talent, une gentillesse incroyable et un sourire craquant…

Et souvenirs inoubliables avec Mick Andrews et Christian Rayer qui vend toujours ses kits Yamaha dans le monde entier.

Voilà, en ce mois d’octobre, quelque part en paradis, cinq cent personnes ont vécu un rêve mais en vrai.

Bravo à tous.

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Stéphane Milachon, Phil Haris et Gilles Burgat, Maxime Lejeune 

Moto Historique Sport

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