24 HEURES TT DE FRANCE : UNE DISCIPLINE HEUREUSE

 

 

Oui, l’endurance tout terrain mériterait de grands médias, parce que c’est physique c’est superbe, l’ambiance est phénoménale, c’est une sorte de famille qui se déplace au fil des épreuves (une grande famille !) il y a plus de concurrents qu’en F1, pourtant…

Oui, c’est du rêve, d’abord parce que ce milieu est lui-même rêveur, ensuite parce qu’ils n’ont pas forcément envie de devenir de vraies vedettes, à part dans leur (grande) famille.

La 26ème édition des 24 Heures TT de France, sur le nouveau terrain de Fontaine-Fourches en est une nouvelle preuve, belle réussite sportive mais, à part la presse ultra spécialisée, une discrétion évidente voulue ou subie..

Il est bien connu que pour être heureux il faut vivre cachés, c’est peut-être là une des clés de ce sport.

 

 

70 voitures ont pris le départ, sur un tracé de 7,2 km, Laurent Fouquet, très connu de ce milieu (il a gagné les 24 heures i ya 18 ans!) est à nouveau vainqueur avec ses coéquipiers Billaut, Boutron, Foucart.

L’équipage devient en outre, Champion de France TT à l’issue de cette épreuve.

« Un p’tit village, un vieux clocher » chantait l’inoubliable Charles Trenet, (Que reste t’il de nos amours ?) Fontaine Fourches, en Seine et Marne, est un peu de cette chanson, avec ses 500 habitants…

La population double donc facilement le jour des 24 Heures !

Histoire d’emmerder les chagrins, sachez qu’après la course, le terrain est remis en mode agriculture.

 

 

250 pilotes qui ne rateraient cet événement pour rien au monde, ont donc roulé durant 24 heures, avec relais bien sûr.

Avantage pour l’organisation, on peut modifier le terrain d’une année sur l’autre !

Laurent Fourquet  avait déjà décroché la pole, c’est important pour avoir des tours clairs dès le début de la course.

Soleil de plomb, public nombreux car assister cette épreuve est aussi une belle sortie à la campagne, départ canon, baston entre le futur vainqueur et l’équipe Andrade et le buggy Nissan de Naquart.

 

LE BUGGY DU TEAM ANDRADE

 

Puis comme toutes les courses d’endurance, il faut rouler et ne pas s’arrêter sauf pour les ravitos prévus.

C’est ce qui est arrivé à l’une des autos vedettes, le Nemesis de Tartarin, une connerie évidemment, un caillou a fait sauter une courroie…

 

LES 4X4 SONT PLUS LOURDS QUE LES BUGGIES MAIS IL Y A PLUS DE TRACTION QUAND LE TERRAIN EST HOSTILE

 

Toute course d’endurance, TT ou pas, se doit d’avoir ses belles histoires.

Bagarre à la tombée de la nuit entre le leader, en fait, depuis la pole, il roulera tout le temps sans ennuis notables, et le Caze Tomawac de Caze- Warnia-Privé, deux tours plus loin c’est la bagarre des SSV, l’un des pilotes s’appelle Stéphane Chambon, motard ultra doué qui aura décidément touché à tout (Bol d’Or, Superbike, Supermotard, Supersport mondial), il va gagner la catégorie avec le team Pinch.

 

LE SSV VAINQUEUR

 

On note aussi qu’il y a huit pilotes féminines, dont Virginie Menguy qui termine quinzième sur son buggy Canam!

 

LE CAN-AM DE VIRGINIE MENGUY

 

Comme dans toute course d’endurance, journée chaude signifie nuit fraîche, grosse ambiance dans les stands et les autos adorent ça qu’il fasse frais!

C’est donc le buggy de Fourquet qui gagne, à la régulière, sans aucun incident, là encore c’est un grand classique…

Le team Caze est deuxième malgré un embrayage à remplacer, en TT les mécanos sont tous des génies, devant le team Andrade qui lui a du changer un triangle avant !

Le suspense qui rend succulente toute course d’endurance…

 

NUIT TRÈS NOIRE ET TRÈS BLANCHE!

 

En SSV, Chambon-Béziat-Combier-Pichedez gagnent leur catégorie, sur un Can-Am, fait notoire le petit engin musclé est quatrième au général!

Là encore, l’histoire du petit Poucet qui fait que pour chacun d’entre nous, voir le petit battre les géants est un vrai fantasme qui transforme cette endurance TT en conte de fées !

Il faut d’ailleurs noter qu’il y a cinq  SSV dans les dix premiers !

Et ces autos n’ayant pas de pare brise, on imagine que dans la poussière c’est plein les dents, dans la boue c’est plein la gueule et dans les cailloux c’est jeu de massacre!

Mais c’est amusant comme tout à piloter, et ça coûte beaucoup moins cher que les autos de courses buggies ou 4X4, d’où le succès de la formule.

Quelques chiffres des 24 heures TT de France qui montrent la santé de la discipline…

70 voitures au départ : 39 buggys, 21 4×4, 10 SSV

 241 pilotes en relais (1 équipe à 5 pilotes, 26 équipes à 4 pilotes, 44 équipes à 3 pilotes)

 Pilotes étrangers : Lettonie (n°5), Belgique (n°11), Espagne et Portugal (n°4) 

 Yves Tartarin (n°59) et Mario Guglielminetti (n°50) ont participé à toutes les éditions depuis la création de la course en 1993!

Le premier a remporté les éditions 1993-1995-1996-1998-2014 et le second l’édition 1999.

Voilà, une belle histoire, une belle discipline, des gens heureux, honnêtement par les temps qui courent c’est rare non ?

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Alain ROSSIGNOL

 

 

24 Heures TT Sport

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