TROPHÉE DES ALPES 2018 : GEORGES ET PÉRIN FUMENT LES BELGES !

 

Michel PÉRIN et Jean-Luc GEORGES. Les INATTENDUS vainqueurs 2018 !

 

Gagner une course de régularité européenne en n’étant ni belge ni en Porsche, c’était impossible au matin du premier jour de ce Trophée des Alpes.

Puis l’équipage franco-suisse,composé de Jean Luc Georges et de Michel Périn, à bord d’une Escort 2000 RS, reprenant les décorations de l’inoubliable Champion qu’était autrefois le Rallyman Scandinave, Bjorn Waldegard, lors du Monte Carlo en janvier 1979, a, un peu tout de même, à la surprise générale, mené le jeu, de bout en bout, repoussant des contre attaques Belges formidables, venant des meilleurs pilotes de la spécialité.

Mais hélas pour la colonie venue d’Outre-Quiévrain… INSUFFISANTES !

 

DEFLANDRE, L’INVINCIBLE  est… VAINCU!

 

Yves Deflandre est certes bien remonté de la dixième place à…  la deuxième au Général mais il est battu !

Il est à égalité de points avec une autre Porsche Belge d’ailleurs, celle de Baugnée et Remion, également battus…

 

BAUGNÉE ET REMION BATTUS

 

C’est juste phénoménal, le drapeau symbole de la régularité Classic n’est plus celui de nos cousins du nord !

C’est comme un GP de Moto en Italie qui ne serait pas gagné par un … Italien !

Jean Luc Georges m’explique qu’en effet, s’il connaît peu ce rallye, il est un gros et talentueux pratiquant, et qu’il rêvait de battre les Belges et de battre les Porsche (il y en a 50% en inscriptions !) c’est fait !

Michel Périn, son navigateur, est lui un talent immense et reconnu, que ce soit en rallye raid ou en régularité…

Il s’est battu comme un diable, donnant à son pilote des indications très précises partout, en particulier en épingles (à prendre en dérive) et en sortie d’épingles (le pied levé au maximum) bref formidable victoire, formidable duo et formidable journée.

Son palmarès est ainsi retracé par l’ami Philippe Janssens, qui s’occupe de la com du rallye…

‘MICHEL PÉRIN, LE MÉTRONOME’

 

 

 Équipier du Suisse Jean-Luc Georges à bord de la Ford Escort lauréate de cette 3e édition du Trophée des Alpes, Michel Périn est loin d’être un inconnu. Ancien équipier en rallye moderne notamment de François Chatriot et de Patrick Magaud, avant de passer au Rallye-Raid aux côtés de Pierre Lartigue avec lequel il remporta, un Paris-Pékin (1992) et trois Paris-Dakar (1994, 1995 et 1996) sur le sol africain. Périn, originaire d’Epernay poursuivit sa carrière dans le désert avec les grands pilotes de rallye que sont Bruno Saby, Carlos Sainz et Nani Roma, l’Espagnol avec lequel il décroche une 4e étoile sur le Dakar en Amérique du Sud (2014). Équipier habituel d’Henri Pescarolo sur le Rallye Neige et Glace, Michel Périn a désormais tourné la page des rallyes tout-terrains pour se consacrer à temps plein à sa nouvelle passion : la régularité. Après une deuxième place sur le Tour Auto 2018 déjà aux côtés du Suisse Jean-Luc Georges, le duo signe cette fois sa première victoire sur une épreuve de grande envergure. Une première qui, croyez-nous, en appelle bien d’autres…

 

CHAPEAU ET RESPECT LES FILLES DE… LA COBRA !

LA COBRA FÉMININE EST ALLÉE AU BOUT !

 

Autre exploit, il y en a eu plein, mais celui-là me scotche totalement, un équipage féminin est allé au bout de cette très difficile compétition à bord d’un très beau monstre, particulièrement difficile à manier sur ces routes tortueuses et étroites, une AC Cobra 289!

Surpuissant bolide habituellement aux mains de son mari, le commissaire-priseur Toulousain, Stan Machoïr! Et assurément hyper difficile à conduire lors d’un rallye de régularité…

Roamhy Heras Machoïr est Mexicaine, sa coéquipière Ingrid Peeters est Belge, les filles ont non seulement été talentueuses mais incroyablement marrantes, chapeau les nanas!

Chapeau, Bravo et RESPECT !

 

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Gilles Gaignault, qui suit tout depuis des décennies, notre ‘ bible’ m’expliquait que la paire féminine, avait déjà marqué les esprits en octobre 2017, en s’alignant au départ du redoutable et redouté Tour de Corse Historique, au volant cette fois d’une non moins voiture difficile pour une femme à conduire, que dis-je… à piloter sur les routes escarpées et sinueuses à souhait de l’Île de Beauté !

Roamhy roulant au volant d’une R12 Gordini !

Et, l’année précédente, elle était inscrite et avait terminé au volant d’une Lancia Delta Integrale.

Les spécialistes apprécieront…

LA TRANSHUMANCE RENCONTRE LE RALLYE TROPHÉE DES ALPES

 

 

Ce dernier jour était crucial mais une spéciale au col de Font Belle, à l’Est de Sisteron, a dû être annulée parce que 600 brebis redescendaient des Alpages, elles devaient mettre bas dans les jours suivants (on dit alors qu’une brebis agnèle) et forcément dans ces paysages alpins, les brebis c’est sacré et prioritaire…

Pendant que Richard Bord, notre photographe, a giclé de la voiture  pour immortaliser la scène, le berger qui fermait la marche a vu qu’il me restait une place libre…

 

RALLYE CLASSIC ET TRANSHUMANCE, RENCONTRE PEU PROBABLE ET SUPERBE

 

Je passe à sa hauteur et il me dit… « Tu me montes ? »

Il y a des signes du destin dans notre vie de « flâneurs salariés » (définition du journalisme par Albert Londres, notre maître à tous) des expériences qu’il ne faut pas rater…

Bien sûr que je l’ai pris à bord, on roulait tout doucement au pas des brebis…

C’est le patriarche de la famille, les enfants devant, mon passager derrière avec les chiens…

60 ans de métier me dit-il, les concurrents du rallye qui ont du patienter un long moment l’ont salué gentiment, ravis de la rencontre, il n’en revenait pas.

Affirmant que si les autorités l’avaient mis au courant, il aurait fait la descente le lendemain ou la veille !

Avec des infos incroyables, à ses débuts son salaire représentait quatre agneaux, aujourd’hui il en faut 50.

Honte latente de notre pays qui fait que les gens qui nous nourrissent ne s’en sortent pas…

 

 

Il pense que d’ici quelques années le métier n’existera plus, parce que lui enfermait ses brebis la nuit et restait avec elles, aujourd’hui les jeunes bergers les laissent en liberté et vont coucher à l’alpage, laissant la place aux chiens errants et aux loups.

Sur le loup on s’est un peu affrontés, c’est ma bête préférée mais il m’a dit que si les bergers faisaient correctement leur boulot, le loup ne se nourrirait que des brebis mortes laissées sur place pour lui…

Incroyable comment un homme rencontré durant un quart d’heure, nous n’avions aucune chance de nous connaître, a fait changer encore une fois la vision que j’ai de la vie !

Étonnante rencontre !

Ce Rallye est parfois une vraie aventure !

Puis les fils du patriarche, en tête de transhumance, nous ont demandé combien il y avait de voitures du rallye bloquées…

Une cinquantaine leur a t’on dit…

Ils ont rangé les 600 brebis dans un recoin de la forêt, les chiens ont fait un travail magnifique pour les concentrer sur le bord et laisser passer les concurrents finalement enchantés…

Quelle histoire !

C’est tout simple, mais qui a vécu ça de cette façon ?

GO SOUTH ! (ON DIRAIT LE SUD…)

 

Après l’épisode des brebis, on a du bombarder comme des fous pour retrouver la tête de rallye qui elle était passée sans problèmes.

On est sur des routes désertes, avec ces virages relevés qui étaient la fierté des Ponts et Chaussées, inutiles aujourd’hui puisque l’automobile est juste devenue un revenu énorme pour l’état et un défouloir pour les terros du politiquement correct, mais, bien entendu je ne peux pas dire où nous étions, je laisse ça aux initiés, mais c’était comme un circuit de GP !

On descend de Gap vers Cavalaire, la ville arrivée du Rallye.

 

 

Au fur et à mesure que l’on descend vers le sud, la hauteur des cols s’amenuise et l’on arrive dans des paysages très méditerranéens, de chênes-lièges et d’oliviers colossaux en bordure de route, de soleil perçant puis d’arrivée sur la mer.

Et la dernière spéciale, avant l’arrivée et le podium final, se déroule sur une route que je ne connaissais pas,  la honte soit sur moi dans une région très fréquentée durant mes jeunes années…

 

UNE DES PLUS BELLES ROUTES AU MONDE

 

C’est simple, cet endroit est magique et fait maintenant partie de mon podium personnel des plus belles routes que je connaisse.

Juste ça…

Pour ceux qui habitent le coin, pour ceux qui visitent le coin, la route part du col de Gratteloup au nord-ouest de Bormes les Mimosas, petit panneau « Le Lavandou » à suivre et là c’est comme une renaissance.

La mer est en bas, très en bas, on voit au loin la presqu’île d’Hyères, la route arrive au col de Canadel et on redescend vers la côte d’azur (et son enfer de circulation !).

Dix, vingt kilomètres peut-être, c’est étroit, quand on croise quelqu’un il faut y aller avec douceur, mais quel pied !

On a vraiment vécu un grand moment exceptionnel.

 

 

On se déplaçait de 100 mètres en 100 mètres et le décor changeait encore avec la grande bleue en horizon…

Quelle fin de journée, quelle fin de rallye, quel rallye !

Patrick et Viviane Zaniroli ont réussi là un challenge phénoménal, leur équipe est top, bravo à tous.

Avec une fin historique, propulsant l’événement chez les grands de la discipline.

Chapeau !

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Richard BORD


TROPHÉE-DES-ALPES-2018-ARRIVÉE À  CAVALAIRE.

 

Auto Historique Trophée des Alpes

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