SPA SUMMER CLASSIC 2018 A TENU SES PROMESSES

 

 

 

 

Les SPA SUMMER CLASSIC 2018 ont tenu toutes leurs promesses.

Avec quelques onze plateaux réunissant un imposant charroi de… 625 voitures retraçant plusieurs décennies de sport auto, l’organisateur ROADBOOK a une fois de plus régalé les nombreux fans d’épreuves historiques en parvenant à concocter un programme où personne n’est resté sur sa faim !

 


SPA-SUMMER-CLASSIC-2018-La-Ford-GT-40-de-la-famille-Bryant-victorieuse-aux-Spa-3-Hours-©-Manfred-GIET-

 

Parmi les vngt-et-une courses disputées sur deux journées, avec une épreuve d’endurance courue en soirée le samedi et qui a vu la victoire de la famille Britannique BRYANT sur une FORD GT 40, le clou du spectacle aura manifestement été constitué par les trois épreuves Hollandaises du YOUNGTIMER TOURING CAR CHALLENGE qui comptait en ses rangs quelques voitures anciennes de très haut niveau.

À  commencer par une authentique voiture de l’ex-Championnat Allemand DRM, appelé désormais DTM, une splendide FORD CAPRI TURBO ZAKSPEED (photo d’ouverture) que pilota Klaus LUDWIG, et au volant de laquelle, il a remporté le titre de Champion DRM en 1981 et dix-neuf victoires au total entre 1980 et 1981.

Cette voiture, dans sa livrée d’origine, appartient actuellement à Peter MÜCKE, propriétaire de son écurie éponyme active en DTM, F3 EUROSERIES, GP3 SERIES et ADAC FORMEL MASTERS et qui a compté un certain Sebastian VETTEL, à ses débuts en ses rangs.

 


SPA SUMMER CLASSIC 2018- Peter Mücke-© Manfred GIE

 

À  71 ans, le patron a conservé un sacré coup de volant qui lui a permis de remporter la première manche avant de connaître des problème de puissance durant la deuxième manche et de devoir ensuite hélas déclarer forfait pour la troisième.

Cette FORD CAPRI TURBO ZAKSPEED équipée d’un moteur BDA de 1,4 litres Turbocompressé développe quelques 370 cv et reste une vraie voiture de légende.

 

SPA SUMMER CLASSIC 2018- La BMW MARCH IMSA de Jan BOT victorieuse 2 fois© Manfred GIET

 

Autre modèle d’exception au programme de cette série, une BMW MARCH M88/1 IMSA des années 1979-1980 aux mains du Néerlandais Jan BOT, plus jeune que son auto, qui dans cette version développe près de 300 cv et qui remporta deux manches suite aux ennuis techniques de Peter MÜCKE.

Parmi les voitures d’exception présentes au niveau de la grille de départ de ces manches spectaculaires YTCC, figurait aussi une FORD SIERRA COSWORTH RS500  Groupe A qui a marqué son époque, à savoir la voiture originale qui a remporté les 24 HEURES de SPA-FRANCORCHAMPS, en 1989.

 

SPA-SUMMER-CLASSIC-2018-Hommage-à-Ruedi-Eggenberger-dans-le-Box-de-Brancatelli-©-Manfred-GIET-

 

L’auto préparée à l’époque dans les ateliers EGGENBERGER à St-Gall en Suisse, appartient actuellement à un couple Néo-Zélandais qui la fait rouler occasionnellement lors d’épreuves historiques.

Pour nous, cet événement Spadois, fut aussi l’occasion de croiser quelques anciens mécanos, ainsi que Gianfranco BRANCATELLI, ayant fait partie des meubles du célèbre Team de Ruedi EGGENBERGER, décédé le 10 février de cette année, présents à Spa pour rendre hommage à leur patron, à l’endroit même de l’un de leurs plus grands exploits.

 


SPA-SUMMER-CLASSIC-2018-Jos-Torfs-au-centre-entouré-de-deux-anciens-compagnons-de-route-de-chez-Eggenberger-©-Manfred-GIET

 

Jos TORFS, l’ancien mécano durant de longues années chez EGGENBERGER MOTORSPORT nous rapporta ainsi quelques anecdotes à propos de la présence de l’auto à Spa.

« L’auto a été revendue dans sa configuration d’origine à des Néo-Zélandais lorsque Ruedi Eggenberger a décidé d’arrêter se activités de préparateur. La dernière fois que Ruedi a vu tourner la voiture, c’était en 2017 lors d’une épreuve historique à Oulton Park, où Gianfrancor BRANCATELLI termina second. »

Et il poursuit visiblement marqué :

« Ruedi, qui avait vraiment apprécié cette démonstration de Gianfranco dans le baquet de son ‘bébé’ était malheureusement rattrapé quelque temps après par un cancer foudroyant et lors de ses funérailles, toute l’équipe était présente. »

Puis ses yeux s’éclairent lorsqu’il décrit comment finalement la voiture a pu prendre le départ ce week-end à Spa :

«C’est incroyable que la voiture ait pu  prendre le départ ici à Spa 29 ans après y avoir écrit une page de l’histoire EGGENBERGER. »

Avant d’enchaîner :

« Il faut le voir et le savoir pour le croire ce qui s’est passé ici depuis vendredi lorsqu’à la mise en marche du moteur, il s’avéra que le turbo était cassé, pièce irréparable sur place et absente dans le stock de pièces présent ici. »

Ensuite, il expliquait :

« Alors que l’on semblait résigné à plier bagage et à renvoyer Gianfranco Brancatelli chez lui à Turin, un des anciens d’Eggenberger s’est proposé de filer à Berne en Suisse pour trouver un turbo de remplacement, qu’il ne parvint cependant pas à dénicher là-bas d’où il prit des contacts téléphoniques avec des connaissances du milieu mécanique pour finalement dénicher l’objet tant convoité à Genève! »

Ajoutant et précisant encore :

« Alors s’engagea un véritable sprint pour rallier Spa-Francorchamps, où les mécaniciens eurent droit à des heures supplémentaires jusque 3 heures du matin pour échanger le turbo et permettre ainsi à Gianfranco de prendre le départ de la première course sans avoir parcouru le moindre mètre en essais. »

Nous confiant stupéfait :

« Malgré cet avatar, il termina 4ème de la première épreuve où il dut s’habituer à l’auto sans l’avoir prise en mains en qualif. Pour la deuxième épreuve ? il retrouva alors rapidement le rythme allant jusqu’à approcher le temps de sa pole en 1989, lors des 24 HEURES de SPA, à 1,3 seconde près.(en 1989, le tracé de Spa était plus court de 64 mètres et la chicane du Busstop était légèrement différente de l’actuelle). C’est tout bonnement incroyable et ses deux deuxièmes places pour les manches 2 et 3 sont à considérer comme une victoire face à la BMW MARCH IMSA victorieuse !

L’homme de l’art, concluant :

 « À  la retraite maintenant, je suis content d’avoir vécu une belle épopée comme mécano responsable des pleins en carburant et pneumatiques dans deux teams performants en tourisme, d’une part chez Julien MAPAEY (JUMA TEAM) et chez Ruedi EGGENBERGER (EGGENBERGER MOTORSPORT) deux Team Chefs que j’ai beaucoup apprécié et qui sont malheureusement décédés tous deux à sept mois d’intervalle. Cette  épreuve classique à Spa a été un réel bonheur où j’ai pu revoir quelques mécanos de mon époque ainsi que Gianfranco Brancatelli »

Et il mit fin à notre entretien en ajoutant :

« Comme retraité moi aussi, je crois que j’ai gardé quelques beaux restes avec mes résultats de ce week-end et qui plus est sur une Groupe A face à des bolides d’une autre planète »

 


SPA SUMMER CLASSIC 2018- La lutte pour les victoires fut serrée en 7 races series Caterham-© Manfred GIET

 

Si à travers les autres épreuves, notamment la manche Britannique CATERHAM en 7 RACE SERIES, furent également souvent âprement disputées, cela démontre que les SPA SUMMER CLASSIQUES, souvent décrites comme le « petit frère » des fameuses SPA SIX HOURS, programmées du 14 au 16 septembre  prochain, ne cessent de prendre du galon pour devenir incontournable, elle aussi.

 

Vivement 2019 !

 

 Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency


SPA-SUMMER-CLASSIC-2018-_Jan-BOT-et-Gianfranco-Brancatelli-deux-fois-1-2-sur-le-podium-©-Manfred-GIET

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