IL Y A 60 ANS, MASERATI INVENTAIT LE SPONSORING EN F1 !

 

 

Le 29 juin 1958, la Maserati 250F « Eldorado » de Stirling Moss était la première Monoplace de Grand Prix (l’actuelle F1) avec un sponsor extra-sportif.

 

En 1957, Maserati remportait le Championnat du Monde des Conducteurs avec l’Argentin Juan Manuel Fangio. La marque au Trident traversait une période difficile et elle du se retirer des Grands Prix, se concentrant sur les Championnat du Monde des Marques (l’actuel WEC.)

En 1958, plusieurs pilotes -dont Fangio- s’alignèrent en Grand Prix avec des 250F semi-officielles. En s’imposant en Argentine avec une Cooper, Stirling Moss ouvrait l’ère du moteur central…

Monza avait bâti un anneau de vitesse et il rêvait d’en faire un « Indianapolis Européen ». En 1957, il lança la « Course des Deux Mondes » où les meilleures pilotes d’Europe et d’Amérique devaient s’affronter.

Elle ne comptait pour aucun championnat, mais répondait au règlement AAA (l’actuelle Indycar.) Si les Américains répondirent présents, seule l’Écurie Écosse et ses Jaguar Type D osa affronter l’anneau.

Pour 1958, Monza visait un plateau de rêve. Juan Manuel Fangio et son équipier, Le Français Maurice Trintignant, prirent le volant de roadsters US. Luigi Musso, Mike Hawthorn et Phil Hill pilotèrent des Ferrari.

Maserati fut approché par le glacier Eldorado. Son PDG, Gino Zanetti (NDLA : aucun lien avec les cafés Segafredo de Massimo Zanetti), voulait frapper un grand coup. Il allait commanditer une 250F taillée pour la Course des Deux Mondes et la confia à l’un des meilleurs pilotes du moment, le Britannique Stirling Moss.

Ils allaient gagner, le monde entier allait voir le nom « Eldorado » et Zanetti pourrait vendre des glaces aux quatre coins du monde !

En Grand Prix, le sponsoring extra-sportif était interdit par la FIA.

Or, la Course des deux mondes répondait au règlement AAA, qui l’autorisait.

La Maserati « Eldorado » était une 250F équipée d’un V12 double-arbre de 450S, « descendu » à 4,1l et développant 410 ch à 8. 000tr/min. Moteur et boîte de vitesse étaient décalés par rapport à l’axe central, pour un centre de gravité mieux placé sur l’anneau incliné.

Le châssis était plus gros, afin de faire face à l’effort mécanique demandé par le revêtement en béton. Pour limiter le poids, les freins Halibrand étaient en aluminium et les pneus Firestone étaient gonflés à l’hélium. Son nom de code officiel était 420.

La Course des Deux Mondes se courrait en trois manches. Fangio renonça. Moss termina 4e de la première manche et 5e de la seconde.

Comme prévu, le béton de l’anneau de Monza était un calvaire pour les châssis : 7 des 18 voitures tombèrent en panne lors des deux premières manches. Lors de la finale, seules 5 voitures virent l’arrivée.

Moss n’était pas du lot. Notez qu’Hill et Hawthorn, qui se sont relayés au volant de la Ferrari, terminèrent 3e.

Cette Maserati 420 fut un modèle unique. La Course des Deux Mondes fut également la dernière course de monoplace où Maserati était présent officiellement.

Faute d’être homologuée en Grand Prix, la 420 ne pouvait pas courir ailleurs. Elle alla directement au musée.

Gino Eldorado ne vendit pas de glaces hors d’Italie. En 1998, le glacier fut racheté par Unilever et la marque disparut.

Le sposoring extra-sportif fut autorisé en F1, en 1968!

Avec comme nous Le précisait Gilles Gaignault notre mémoire vivante, l’apparition des premiers cigarettiers, Gold Leaf et Craven À!

 

Jonathan OUAKNINE

Photos : MASERATI

 

La Maserati Eldorado. Copyright : MASERATI

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Fred Prysquel