24 ANS DÉJÀ : LE WEEK-END NOIR D’IMOLA AVEC LES DÉCÈS DE RATZENBERGER ET DE SENNA !

 

 

Ayrton SENNA-La Course et la Compétition sont dans mon sang et une part de moi-même et de ma vie-© Manfred GIET

 

Depuis sa création en 1950, la F1 a connu pas mal de drames ainsi que… 35 décès de pilotes en course ou en essais.

Historiquement, le Grand-Prix le plus tragique a été celui de Belgique, le 19 juin 1960 à Spa-Francorchamps, où les Britanniques Chris BRISTOW et Alan STACEY trouvèrent la mort en course lors de faits tragiques distincts, mais l’autre week-end de triste mémoire dans l’histoire de la F1, restera incontestablement celui du 30 avril et du 1er mai 1994, lors du GP de Saint Marin à Imola, avec les accidents tragiques du novice Autrichien, Roland RATZENBERGER aux essais du samedi, et de l’icône Brésilienne, l’inoubliable Champion qu’était Ayrton SENNA, durant la course le lendemain dimanche.

Sans oublier, le vendredi l’accident dont fut victime un autre Brésilien Rubens Barrichello et qui, lui, s’en sortit miraculeusement indemne !

 

Roland-RATZENBERGER-©-Manfred-GIET

 

Si le décès du premier est pratiquement passé comme simple fait divers et au second plan et ce par manque de notoriété, la fin tragique du second par contre, reste toujours bien gravée dans toutes les mémoires, même 24 ans après ce drame !

Pourtant le Salzbourgeois Roland RATZENBERGER, était  lui aussi un type charmant, qui ne vivait que pour sa passion, le sport automobile, et était tout heureux d’avoir trouvé un volant en F1, dans La modeste petite écurie SIMTEK, aux faibles moyens.

Mais, elle lui avait permis d’assouvir son rêve de piloter en GP…

 

RATZENBERGER-au-volant-de-la-Simtek-qui-lui-fut-fatale-©-Manfred-GIET

 

Suite à la perte d’un déflecteur d’aileron avant sur sa monoplace, son rêve en catégorie reine n’aura duré hélas pour lui que…cinquante-trois jours, avant qu’il ne se transforme soudainement en cauchemar, et que la grande faucheuse, ne lui ôte la vie, durant les qualifications de ce macabre GP de San Marino, rejoint le lendemain par celui qui la veille encore, dès l’annonce de son accident mortel, s’était immédiatement enquis de son sort.

‘ L’intouchable, l’inoxydable idole et icône de la F1, le Grand Ayrton SENNA, pourtant lui aussi à son tour, emporté par sa folle passion’, comme l’avait à l’époque, écrit Gilles Gaignault.

Jamais au cours des soixate-huit éditions écoulées du Championnat du Monde de la F1,un pilote disparu accidentellement n’aura en effet éveillé  autant les passions que «MAGIC SENNA», son surnom, qu’il doit à la presse Anglaise en raison de son aisance sous la pluie.

 

La-tombe-dAyrton-SENNA-Cimetario-Morumbi-Sao-Paulo-la-plaque-de-bronze-à-l’endroit-où-il-est-inhumé-©-Manfred-GIET

 

Il suffit de voir le nombre de fanions, banderolles et ustensiles en tout genre à son effigie qui flottent ou sont brandis lors de compétitions automobiles pour se rendre compte, à quel point  ce grand Champion à la carrière malheureusement écourtée, reste encore près d’un quart de siècle plus tard, toujours adulé actuellement.

Certains iront jusqu’à comparer ce phénomène à du fétichisme !

Le plus étonnant c’est qu’il soit resté l’idole de plusieurs générations, dont des jeunes qui ne l’ont même pas connu…

Si de Fangio est resté le slogan connu « conduire comme Fangio », Ayrton SENNA  se voit souvent attribué du prédicat « simply the best », comme le célèbre tube entonné par la Rock-Star ‘Tina TURNER’ à Adélaïde, au soir du GP d’Australie 1993, en présence du Champion Brésilien qui venait de remporter le GP, et qui restera dans les annales comme sa 41ème et dernière victoire, qu’il considérait comme signe d’adieu chez Mc LAREN, équipe qu’il quittait au profit de WILLIAMS-RENAULT, pour la saison 1994.

Pour l’avoir côtoyé depuis son époque Formule Ford 2000 en 1982, outre son style de pilotage efficace et tout en finesse, son charisme ressortait déjà comme une de ses qualités majeures.

 

Josef-LEBERER-©-Manfred-GIET.

 

Un atout, dont nous parla son physiothérapeute Autrichien et Salzbourgeois comme Ratzenberger, Josef LEBERER, au retour du GP Pacific ’94, soit deux semaines avant ce dramatique GP de San Marino, en nous dévoilant:

«Ayrton, il est comme nul autre. Si en F1, tous les pilotes sont déterminés et ambitieux, lui, il a quelque chose en plus, à savoir, une volonté, une exigence et une force de caractère qui le placent un cran au-dessus de ses rivaux. De tous les grands sportifs cotoyé, je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui d’un point de vue mental savait placer la barre aussi haut. »

Avant de poursuivre et d’ajouter :

« au début lorsque je me suis occupé de lui en tant que kiné et nutritionniste, il était méfiant, mais une fois un climat de confiance réciproque installé, il m’a intégré dans son cercle d’intimes, ce qui me permet de le connaître sous d’autres facettes que celle de pilote. « 

Et de nous préciser :

« Par exemple, sa préoccupation à vouloir rendre meilleur le quotidien des plus démunis au Brésil lui tient particulièrement à cœur, car voir son pays crouler sous l’inflation le préoccupe beaucoup. »

Leberer, un disciple du Gourou et pionnier de la branche en F1, Willy DUNGL, s’occupa du bien-être physique et mental de SENNA entre 1988 et 1994.

 

Le Motoriste chez RENAULT, le brillant ingénieur Bernard Dudot-© Manfred GIET.

 

Autre éloge celui de Bernard DUDOT, brillant ingénieur et Directeur technique chez RENAULT SPORT, ayant bien connu SENNA, lorsqu’il était chez LOTUS, Team alors motorisé par RENAULT en 1985 et en 1986, lors de ses premières victoires en GP, ainsi que chez WILLIAMS, ensuite,  jusqu’à son issue fatale, qui nous déclara un jour :

«  je n’ai jamais connu un pilote aussi attentif au moindre détail qu’Ayrton. Avec lui les briefings et débriefings prenaient une autre dimension. Parfois, il retenait tout le staff technique jusqu’au-delà de minuit dans le Mobilhome. Il voulait toujours tout savoir, par exemple,  pourquoi une telle option avait donné plus de gain qu’une autre, ou encore connaître la cause d’un problème quand cela n’avait pas fonctionné à son goût. »

Et Dudot, d’ajouter :

« Son obstination à vouloir rechercher le dernier yota dans la mise au point de sa voiture était légendaire. »

Avant de conclure :

« Et lorsqu’il y avait sur sa voiture, ce que l’on appelle en jargon un loup, il creusait sans répit pour savoir comment les ingénieurs allaient réagir pour le résoudre. Très pointilleux sur tout ce qui touchait à la sécurité, il se montrait parfois angoissé lorsque de nouvelles pièces ,comme des suspensions, étaient testées.Il voulait toujours savoir et comprendre à la fois, comment fonctionnait sa voiture»

 

Ayrton-SENNA-©-Manfred-GIET.

 

C’est en tout cas une défaillance mécanique sur sa WILLIAMS-RENAULT FW 16, qui provoqua malheureusement, sa sortie de piste fatale au virage de Tamburello, à 212 Km/h, à l’amorce du 6ème tour du second départ d’un GP de San Marino sous le signe d’une liste d’évènements douloureux sans pareils jusqu’à présent dans les annales de la F1 (Accident de Barrichello le premier jours des essais, accident mortel de Ratzenberger le samedi, accident lors du premier départ avec des spectateurs blessés, l’accident de Senna et pour couronné le tout des mécaniciens de Ferrari et Lotus blessé après le 3ème départ, lorsque la Minardi d’Alboreto perdit une roue dans le pitlane)

 

L’hélicoptère emmenant Ayrton Senna du Circuit d’Imola vers l’Hôpital de Bologne… © Manfred-GIET

 

À l’annonce officielle de son décès en début de soirée de ce funeste 1er mai 1994, le monde entier était sous le choc et une tristesse profonde s’installa rapidement au sein du milieu sportif, toutes disciplines confondues, mais particulièrement au niveau de la planète F1, qui venait de perdre son satellite naturel, dévié de son orbite à Tamburello.

 

GERHARD-BERGER

 

Gerhard BERGER, le pilote Autrichien, son coéquipier chez McLaren de 1990 à 1992, et ami intime dira par après :

« Ce 1er mai ’94, restera toujours gravé dans ma mémoire comme le plus funeste. Pour moi, c’était comme si le soleil était tombé du firmament.»

Au Brésil, dans sa cité natale de Sao Paulo, trois jours de deuil national, furent décrétés avec deux millions d’aficionados dans les rues pour lui rendre un dernier hommage digne d’un chef d’Etat.

Et ce en présence de tous ses pairs de la F1, tels Alain Prost, Michele Alboreto, Jackie Stewart, Emerson Fittipaldi, Thierry Boutsen, Roberto Moreno, Rubens Barrichello et Gehrard Berger, pour porter son cercueil…

 

La tombe d’Ayrton SENNA, fleurie en permanence au Cimetario Morumbi à Sao Paulo© Manfred GIET

 

Et depuis maintenant 24 ans, le Cimetière de Morumbi est devenu un lieu de pèlerinage, où de nombreux fans de toutes origines, défilent devant sa modeste tombe fleurie en permanence, à l’ombre d’un ipé et ornée d’une plaque de bronze portant le N° 11, à la mémoire de l’immense Champion.

Comme chaque année depuis 1994, en ce 1er mai, l’affluence sera, tout comme également chaque 21 mars, son jour anniversaire, une fois encore plus nombreuse que d’habitude pour manifester son attachement à la mémoire de ce grand Champion, pas près d’être oublié.

En héritage, outre ses nombreux exploits sportifs, il aura laissé sa fondation, l’INSTITUTO AYRTON SENNA, qui lui tenait tant à cœur et qui est désormais perpétué par sa sœur Viviane LALLI-DA SILVA, suivant le souhait de son célèbre frère Ayrton, qui estimait que l’éducation reste la meilleure manière de changer le Monde.

 

Viviane SENNA dans le bureau de la Fondation -Photo Bernard BAKALIAN

 

Cette ONG, qui occupe 140 collaborateurs, vient en soutient à l’État Brésilien pour former quelques 76.000 enseignants pour permettre de scolariser 1,6 Million d’enfants par an dans les différentes écoles des états Brésiliens.

Peu importe le temps, qui s’est écoulé depuis maintenant 24 ans, pour beaucoup de fans de F1, l’ambiance sera une fois de plus pesante lorsqu’ils se remémoreront le dramatique week-end du GP de San Marino 1994, où des trois terrifiantes sorties de piste qui y eurent lieu, seul Rubens BARRICHELLO eut la chance de conjurer le sort.

Avec leurs fans, ayons une pensée émue pour Roland RATZENBERGER et Ayrton SENNA, tous deux victimes de leur passion, qui reposent depuis dans leurs sépultures dans les Cimetières Maxglan de Salzbourg, en Autriche, et à Morumbi à Sao Paulo au Brésil.

RAPPEL

Ayrton Senna, a décroché trois titres mondiaux (1988, 1990 et 1991), 41 victoires, 80 podiums et 65 poles et ce en dix ans de carrière, entre son 1er GP chez lui au Brésil, sur le circuit de Jacarepagua à Rio de Janeiro le  dimanche 25 mars 1984 et celui d’Imola en ce 1er mai 1994!

 

Manfred GIET

Photos : PUBLIRACING  Agency

 

INOUBLIABLE CHAMPION

La F1 Brésilienne, plus orpheline que jamais d’Ayrton Senna. Copyright Bernard BAKALIAN

ARTICLE SUR LA VISITE DU BUREAU MUSÉE SENNA A SAO PAULO

 

EXCLUSIF : F1 – PELERINAGE DANS LE BUREAU ET LE MUSEE PERSONNEL D’AYRTON SENNA DA SILVA…

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