BTCC VS TCR UK : IL NE PEUT EN RESTER QU’UN

 

Ce week-end marquait l’ouverture du BTCC, à Brands Hatch. Le vénérable Championnat Britannique de Tourisme, qui fête ses 60 ans, doit faire face à un nouveau venu, le TCR UK. Ce dernier a connu son tout premier meeting, une semaine plus tôt, à Silverstone. Comparatif.

Voitures : avantage BTCC

Le BTCC est le dernier héritiers des championnats nationaux de supertourisme, en Europe. Comme ses confrères, il subit l’arrivée de l’ETCC, puis du WTCC, avec la désaffection des constructeurs. En 2007, il passa aux S2000, une formule low-cost taillée sur mesure pour les privés. La réglementation actuelle, introduite en 2011, est celle des NGTC. Des voitures plus performantes que les S2000, mais moins chères, grâce à la standardisation d’un certain nombre de composants.
Du coup, les constructeurs revinrent. BMW, Honda, Subaru et Vauxhall sont présents officiellement. Alfa Romeo, Audi, Ford, Mercedes-Benz, Toyota et Volkswagen soutiennent de plus ou moins loin des écuries privées. Il y avait 32 voitures pour l’ouverture à Brands Hatch et aucun modèle ne dominait.

Copyright : BTCC

Le TCR UK est le dernier avatar du TCR. Le TCR a incontestablement redonné un coup de fouet au tourisme et le retour de championnats nationaux. Annoncé en 2017, le TCR UK a vu le jour un an après. Pour l’instant, il n’y a pas de constructeurs présents -même à titre officieux-. A Silverstone, pour la toute première manche, il y avait 13 voitures de 6 marques différentes.

Copyright : TCR UK

Pilotes : avantage BTCC

La force du BTCC, c’est de mélanger des pilotes très différents. Les vétérans Matt Neal et Jason Plato disputent le championnat depuis près d’un quart de siècle ! A l’autre bout, il y a des « petits jeunes », comme Senna Proctor, Ashley Sutton ou Dan Cammish, tout juste arrivés de la Clio Cup UK ou de la Carrera Cup Cup. Le championnat a profité du déclin du WTCC pour voir revenir des pilotes d’envergures internationale comme Tom Chilton ou Colin Turkington. Et toujours, il y a des gentlemen-drivers, arrivés sur le tard et qui possèdent une autre activité professionnelle, comme Rob Austin ou Rob Collard.
Entre les ballasts et les grilles inversées, il y a une relative équité et les deux tiers du plateau peuvent viser le podium. D’ailleurs, il n’est pas rare, au cours des trois courses d’un week-end, de voir 7 ou 8 pilotes différents défiler sur le podium…

Seul reproche : les NGTC possèdent un pilotage très spécifique. Au point où des pilotes de renoms, parfois déjà vainqueur en BTCC, comme Alain Menu ou Fabrizio Giovanardi, se sont retrouvés complètement largués. D’où un BTCC très Britannico-Britannique ; terminé, le temps des wild-cards…

Copyright : BTCC

Triple champion de BTCC, Gordon Shedden a quitté la discipline cet hiver. On l’attendait en TCR UK, mais il avait sans doute peur d’y être l’unique star, d’où son aiguillage vers le WTCR. Faute de Shedden, la célébrité du TCR UK est Aiden Moffat (qui dispute en parallèle le BTCC.) Moffat se retrouve entouré d’exclus du BTCC : Stewart Lines, Daniel Lloyd, Derek Palmer (NDLA : aucun lien avec Jonathan Palmer et ses fils Jolyon et Will)…
L’avantage de la réglementation TCR, c’est que des écuries étrangères ont pu venir avec leurs voitures et leurs pilotes. Andreas Bäckman et sa sœur Jessica, ainsi que Olli Kangas permirent ainsi de donner des couleurs à la grille de Silverstone. Mais ils n’ont pas vocation à disputer l’ensemble du championnat.

Daniel Lloyd. Copyright : TCR UK

Courses : avantage BTCC

Beaucoup d’émotions, à Brands Hatch ! Le débutant Dan Cammish décroche le meilleur temps. Mais lors d’une tentative suivante, il sort des stands, alors que le feu est rouge et son temps lui est retiré. Jack Goff hérite de la pole, pour le compte du team Eurotech.
Goff remporte ensuite la course 1. Un succès inespéré pour cette équipe privée, dont le patron, Jeff Smith -également pilote-, a été grièvement blessé l’an dernier et il n’a pas encore récupéré la force physique de piloter.
Au départ de la course 2, la piste est détrempée. Senna Proctor fait le pari des pneus secs, grâce à une fin de course fantastique, le benjamin du plateau décroche son premier succès (et le premier de l’Astra.)
Et durant la course 3, Tom Ingram, parti 11e, attaque comme un damné et impose son Avensis.

3 courses et 3 vainqueurs différents, sur 3 voitures différentes !

Et outre le BTCC, il y avait du British F4, de la Clio Cup UK, de la Carrera Cup UK…

Senna Proctor, l’un des héros du BTCC de Brands Hatch. Copyright : BTCC

Forcément le TCR UK fait pâle figure. Daniel Lloyd décroche la pole avec sa Golf GTI vierge de tout sponsor. Lloyd contrôle Aiden Moffat lors de la course 1. Le lendemain, avec la grille inversée, Lloyd est en queue de peloton. Il remonte rapidement les attardés et s’impose face à Andreas Bäckman.

Pour situer Lloyd, il faut se rappeler qu’à l’été 2017, MG l’avait viré, faute de résultats. Alors le voir dominer le TCR UK, n’est pas un bon indicateur du niveau de compétitivité de la discipline…

Par ailleurs, le TCR UK a trouvé un accord avec le BRSCC et ses courses de club (Formule Ford, MX-5 [NA] Supercup…)

Daniel Lloyd, zéro en BTCC, héros en TCR UK ? Copyright : TCR UK

Bilan : avantage TCR UK ?

Difficile de trouver des points où le TCR UK devance le BTCC. Le BTCC a les voitures, les pilotes et le spectacle. Le fait que le TCR UK soit là est déjà une victoire en soi.

Maintenant, le point crucial, c’est le jour d’après. En 2001, l’ARCAR avait débuté sur les chapeaux de roues et elle avait capté des pilotes de BTCC (comme Jason Plato), mais ce n’était qu’un feu de paille. Combien y aura-t-il de voitures pour la seconde manche de TCR UK, dans un mois, à Knockhill ? Combien de pilotes effectueront l’intégralité de la saison 2018 ? Y aura-t-il toujours un TCR UK en 2019 ? Si oui, comment vont réagit les concurrents du BTCC ? Certains gros bras seraient-ils tentés par l’aventure du nouveau-venu ? Autant de questions à se poser.
De toute façon, il n’y a pas de place pour deux disciplines. Il n’y a pas assez de budget, de constructeurs et de pilotes de renom pour cela. La pire situation, ça serait donc un TCR UK et un BTCC qui se disputent en parallèle, sur des années et qui finissent par s’autodétruire.

La réglementation NGTC arrive en fin de cycle. A l’instar du WTCC, le BTCC sera sans doute contraint de s’adapter à la réglementation TCR et d’absorber son rival…

 

Joest Jonathan OUAKNINE

Photos : TCR UK et BTCC

Copyright : BTCC

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