EDDIE JORDAN SOUFFLE 70 BOUGIES

 

 

Eddie JORDAN- Au GP de Belgique 1998, se fait arroser après un fameux doublé et aussi une première victoire en GP, grâce à Damon HILL ©-Manfred-GIET

 

 

Né le 30 mars 1948 à Dublin, Edmund Patrick JORDAN, dit Eddie, personnage haut en couleurs, ancien pilote, patron d’écurie en Grand Prix et musicien dans l’âme, fait désormais partie du cercle des septuagénaires.

Une étape qui lui rappellera sans aucun doute la sagesse de ses cinquante premières années et la fougue des vingt années suivantes, et qu’il a failli ne pas franchir, puisque le 4 février dernier, lors d’un tournage pour la série culte Britannique ‘TOP GEAR’ de la BBC, aux côtés du présentateur Chris HARRIS, qui pour l’occasion pilotait la toute nouvelle berlinette ALPINE RENAULT A 110, sur une spéciale du Rallye de Monte-Carlo, fermée pour l’occasion, la belle de Dieppe s’enflamma soudainement au point que ses deux illustres occupants, eurent juste le temps de s’extirper en catastrophe, avant que l’ALPINE ne soit hélas réduite en cendres!

 

 


Eddie JORDAN © Manfred GIET

 

En ayant échappé au pire, gageons qu’il profitera de l’instant pour fêter encore plus dignement l’évènement, comme seul lui sait le faire, c’est-à-dire, dans une ambiance du tonnerre et avec lui, à la batterie pour faire grimper les décibels…

Après avoir arrêté des études en dentisterie, il se consolera avec un job de greffier auprès de la Banque d’Irlande, avant de céder à sa passion et son hobby: le sport automobile.

Karting, Formule Ford et F3, ont ainsi été ses premières armes dans sa carrière de pilote, cependant écourtée à la suite d’une sortie de piste avec des blessures sérieuses à la clef signifiant du coup sa fin de carrière.

 

Paolo BARILLA, l’héritier des pasta et la Reynard-F3000 du Team-JORDAN en 1988-©-Manfred-GIET

 

Suite à quoi, Eddie fonda son propre Team EJR (EDDIE JORDAN RACING), qu’il engagea d’abord en F3 Britannique, luttant face au DPR (David Price Racing) permettant à Johnny HERBERT en 1987, de remporter le titre national et d’ensuite passer à l’échelon supérieur, la F3000, discipline où il permit à Jean ALESI, de devenir Champion International en 1989.

Malgré ces résultats encourageants enregistrés par ses poulains aux volants de RALT ou REYNARD, sous pavillon JORDAN, le nerf de la guerre a toujours  été de réunir les budgets nécessaires à la survie du Team Irlandais, au point de devoir parfois bidouiller pour attirer des sponsors, et aller jusqu’à placer des décalcomanies CAMEL  sur ses voitures, alors que ce cigarettier ne l’a pas toujours soutenu!

Un comble pour cet ancien banquier qui se retrouvait dans le rôle de l’arroseur arrosé …

Malgré ses permanents problèmes de budget, son ambition a toujours été de créer un Team de F1, raison pour laquelle, il s’improvisa même agent de pilotes afin de mieux infiltrer le milieu.

 

Gary-ANDERSON- L’ingénieur qui a créé quelques bonnes voitures-pour-Eddie-JORDAN-©-Manfred-GIET

 

 

En 1990, il mandate son ancien compagnon de route Irlandais depuis l’époque F3, l’ingénieur Gary ANDERSON, pour la mise en chantier de la première JORDAN de F1, la EJ 191, et l’espoir de pouvoir l’inscrire pour la saison F1 de 1991.

Manquant de liquidités et tirant le diable par la queue, il se mit en quête de réunir les fonds nécessaires, allant jusqu’à proposer la fusion de son écurie de F3000  avec le Team LOTUS en difficulté financière, avec comme arrière-pensée de pouvoir récupérer le support financier de LOTUS, justement le cigarettier CAMEL, lequel se lia toutefois… au Team WILLIAMS !!!

 

Bertrand GACHOT-Equipe JORDAN 1991© Manfred GIET

 

Affable et bon négociateur, Eddie JORDAN parvint néanmoins à se lier au limonadier SEVEN UP du Groupe PEPSICo, et attirer ainsi quelques autres plus petits commanditaires, dont le gouvernement Irlandais, pour financer son projet et acquérir des moteurs  V8 FORD COSWORTH, mais…à crédit!

ANDERSON, qui auparavant avait travaillé pour BRABHAM et MC LAREN en F1 et REYNARD en F3000, réalisa un vrai travail d’orfèvre pour coucher sur papier les plans de cette EJ 191, qui s’avéra  non seulement comme une des plus belles créations de l’histoire de la F1, mais aussi très efficace sur la piste grâce à son châssis diabolique qui lui conférait une tenue de route diabolique.

Avec un moteur plus compétitif  que le V 8 FORD HB « client », cette JORDAN débutante aurait certainement encore davantage taquiné la hiérarchie présente qu’elle ne le fit en seconde moitié de saison.


F1-GP-de-BELGIQUE-a-SPA-1er-GP-pour-Michael-SCHUMACHER-qui-dzbute-en-F1-au-volant-de-la-JORDAN.

PREMIER GRAND PRIX POUR MICHAEL SCHUMACHER AVEC JORDAN

 

La remarquable entrée en scène du jeune loup Allemand, Michaël SCHUMACHER, en remplacement du pilote officiel Bertrand GACHOT, bêtement incarcéré en Grande-Bretagne  suite à une altercation avec un chauffeur de taxi Londonien, libérant ainsi son volant et la prestation d’Andrea de CESARIS en course, où son moteur rendit l’âme à trois tours de l’arrivée, alors qu’il menait le GP de Belgique, furent autant de facteurs déterminants, concernant la survie du team Irlandais, exsangue financièrement.

Sachant qu’avec Michaël SCHUMACHER, il avait ferré du lourd et sûr de son coup, le rusé et trop gourmand JORDAN, dès la fin de ce GP de Belgique, entama une partie de poker avec Willi WEBER, le manager du pilote Allemand, en exigeant 3 Millions d’€ pour une surface publicitaire supplémentaire sur la carrosserie de la JORDAN!

 

 


Eddie-JORDAN-avec-Flavio-BRIATORE-une-relation-tendue-en-1991-©-Manfred-GIET

 

Info dont eut vent un certain Flavio BRIATORE, le patron du Team BENETTON, qui sauta dans la brèche en s’offrant immédiatement les services de SCHUMI dès le GP suivant en Italie, via un contrat en bonne et due forme, qui laissa Eddie JORDAN pantois, devant se consoler avec une indemnité de dédit que lui versa malgré tout le malin BRIATORE!

Un an plus tard, après avoir perdu SEVEN UP, Eddie JORDAN du se remettre à la recherche d’un nouveau sponsor titre, qu’il trouva finalement grâce à l’appui …du grand Ayrton SENNA, lequel voulait venir en aide à son copain et compatriote, un autre pilote Brésilien Mauricio GUGELMIN, pour lui trouver un volant en F1, grâce à l’appui financier du pétrolier Sud-Africain SASOL.

 


Mauricio GUGELMIN-JORDAN 1992-© Manfred GIET.

 

Avec l’aide et la bénédiction de Bernie ECCLESTONE, JORDAN pu du coup éponger sa dette vis-à-vis de FORD pour se jeter dans les bras du motoriste Nippon YAMAHA, qui en plus injectait la bagatelle de 5 Millions de dollars US dans les caisses de l’écurie en souffrance.

Malgré toutes les jongleries financières que le pingre Eddie JORDAN a dû mettre en pratique afin de maintenir tant bien que mal son Team à flots durant quinze années, il lui aura toujours manqué l’opportunité de trouver le mécène qui aurait pu enfin placer l’écurie sur orbite.

Techniquement les voitures qui portaient la signature d’ingénieurs extrêmement doués, tels ANDERSON, GASCOYNE, SMITH ou HAMIDY, avaient certes pas mal de potentiel, avec parfois des embellies à la clef comme en 1998 et 1999, lorsque propulsées par un bon moteur MUGEN-HONDA, elles s’illustrèrent non seulement en remportant trois GP, grâce à Damon HILL, premier pilote à lui offrir un succès lors du GP de Belgique à Spa, assorti du doublé avec la seconde place de l’autre JORDAN MUGEN, celle de Ralf SCHUMACHER et ensuite Heinz-Harald FRENTZEN, victorieux lui en 1999 des GP de France et d’Italie, mais aussi en prenant les quatrième et troisième rang au classement des constructeurs en 1998 et 1999.

 


F1 Heinz Harald FRENTZEN-JORDAN 1999-2 victoires au GP de France et GP d’Italie © Manfred GIET.

 

Excepté la victoire inattendue de Giancarlo FISICHELLA en 2003 sur une JORDAN EJ 13, la suite s’avéra nettement moins triomphale car empreinte d’un long déclin, amorcé par de nouveaux ennuis financiers, suite principalement à la vente des 49,9 % des parts que détenait le Fonds d’Investissement WARBURG PINCUS dans le Team JORDAN depuis 1998, réduisant du coup la valeur patrimoniale de JORDAN GRAND PRIX de moitié dont le bilan sportif suivait le même cours.

Début 2005 arriva alors malheureusement ce que beaucoup appréhendaient: le chant du cygne pour le Team Irlandais, financièrement complètement plumé et qui pour éviter la tannée, fut finalement cédé à l’homme d’affaires Russe, Alex SHNAIDER, le patron du groupe sidérurgique MIDLAND, pour environ 25 Millions de dollars US.

MIDLAND F1, deviendra réalité en 2006 mais pas pour longtemps car après que Alex SHNAIDER se soit rendu compte de ce que coûte réellement le train de vie d’un Team F1, il fut à son tour obligé de céder son Team au Groupe Néerlandais SPYKER CARS.

 


La dernière des JORDAN en action la EJ 15 de 2005-© Manfred GIET

NAISSANCE DU TEAM FORCE INDIA SUR LES CENDRES DE JORDAN…

 

L’engagement en F1 de SPYKER, fut lui aussi de courte durée, puisqu’à la fin de la saison 2007, après dix-sept GP seulement disputé et un  petit point récolté, le  Groupe MOL propriétaire de SPYKER CARS, céda à son tour l’écurie à l’homme d’affaires Indien, Vijay MALLYA, qui ainsi contribua à perpétuer les vestiges de ce qui pendant quinze ans, s’appela JORDAN GRAND PRIX.

Et aujourd’hui encore, l’Irlandais reste malgré tout une personnalité importante liée à la catégorie reine, puisque régulièrement il officie comme consultant pour des chaînes TV, ou comme speaker lors de cérémonies officielles de podium à certains GP.

La musique aussi l’occupe, où en tant que très bon batteur, il compte d’ailleurs  parmi ses amis, les musiciens du Groupe Irlandais U2, le chanteur Chris de BURGH ou encore le batteur Nick MASON de PINK FLOYD, tout comme la F1, lesquelles resteront à tout jamais ses passe- temps favoris.

 

Happy Birthday Eddie !

 

Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency

 


Eddie-JORDAN-avec-bernie-ECCLESTONE-©-Manfred-GIET.


Eddie-JORDAN-avec-Jean-ALESI-qui-a-roulé-pour-lui-en-F3000-en-1989©-Manfred-GIET


Eddie JORDAN avec le chanteur irlandais Chris de BURGH-© Manfred GIET.


Eddie JORDAN et Damon HILL, bon musicien comme lui et qui lui a offert sa première victoire en GP-© Manfred GIET.


Eddie JORDAN et Eddie IRVINE, des irlandais entre eux-© Manfred GIET

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