HANS HERMANN, UN MIRACULÉ FÊTE SES QUATRE VINGT DIX ANS.

 

 

Hans HERMANN-en 1970-© Manfred GIET.

 

En ce 23 février, l’ancien pilote Allemand, Hans HERMANN vient d’atteindre l’âge canonique de 90 ans !

Celui que l’on surnomme «Hans im Glück», c’est-à-dire «Jean le Veinard» en français, a surtout connu l’époque où «la Grande Faucheuse» était souvent présente les week-ends de course.

D’ailleurs, Il ne s’en cache pas d’être un miraculé du Sport Automobile avec un bon Ange Gardien comme co-pilote.

Selon les statistiques, entre 1953 et 1970, le Sport Automobile a en effet fait payer un lourd tribut à quelques… soixante de ses compagnons de route ou amis pilotes .

En bon croyant, il n’hésite d’ailleurs jamais de déclarer que son épouse Magdalena et la Vierge ont toujours veillé au grain afin qu’il ne lui arrive rien de grave lors de compétitions, raison pour laquelle dans sa résidence de Maichingen, près de Stuttgart, les statuettes et images à l’effigie de la Vierge ne manquent pas !

Compte tenu de tout ce à quoi il a échappé, dans son cas on ne peut parler de croyance irraisonnée.

Car les drames auxquels il a échappé de justesse ne manquent pas  dans son répertoire:

Comme par exemple aux MILLE MIGLIA 1954, lorsqu’il arrive sans freins sur un passage à niveau avec les barrières déjà baissées et, où dans un dernier réflexe, il fait signe à son co-équipier de se baisser et dans un acte de bravoure parvient in extremis à passer sous les barrières avant le passage d’un train express se dirigeant vers Rome.

Rebelote un an plus tard lors de la même épreuve, sa MERCEDES 300 SLR, fut victime en pleine épreuve d’une soudaine et importante fuite d’essence inondant le cockpit, mais par chance il put s’extraire avec son équipier EGGER juste à temps en évitant le pire.

Ou encore en F1, durant les essais du GP de MONACO, au volant de sa MERCEDES W196, il tapa le muret à hauteur de l’Hôtel de Paris à …200 Km/h et fut évacué avec des fractures du sacrum, coccyx et de deux vertèbres qui le forcèrent à une longue convalescence de presque deux ans.

 

F1 1959- À l’AVUS- Le crash d’Hans HERMANN. Photo: Julius WEITMANN

 

Lors du GP d’Allemagne sur l’AVUS de Berlin en 1959, sur un tracé ultra rapide, composé de deux portions d’autoroute reliées par deux épingles, au volant de sa BRM, il percuta les bottes de paille à 280 Km/h, avant de s’envoler et d’être éjecté de son bolide qui faillit lui retomber dessus alors qu’il gisait au sol.

Mais mis à part quelques écchymoses et une grande peur, comme par miracle, il s’en tira indemne de ce crash impressionnant  et dont les images toujours disponibles sur le Net font encore froid dans le dos presque 60 ans plus tard.

Ce ne sera d’ailleurs pas le dernier coup de bol pour celui qui en 1945 déjà, à juste 17 ans et incorporé dans la Wehrmacht, désertait en sautant du train qui le conduisait au Front de l’Est pour se cacher ensuite jusqu’à la fin du conflit de la Seconde Guerre Mondiale et réintégrer sa ville natale de Stuttgart.

Mais sa dernière grande peur, il l’a vécut en 1991 bien après sa carrière, lorsqu’un soir rentrant d’une réception du constructeur MERCEDES, pour lequel il est resté un ambassadeur, il fut pris en otage sur un parking par des malfaiteurs, auxquels son épouse dut verser 300.000 DM (150.000 €) pour le faire libérer après avoir été détenu des heures durant dans le coffre de sa voiture.

Un incident qui rappelle le même fait divers dont fut victime Juan-Manuel FANGIO en 1958 avant le ‘Grand Prix de Cuba’.

 

 


Hans HERMANN a terminé sa carrière chez Porsche le soir de sa victoire aux 24 Heures du Mans ©-Manfred-GIET

 

 

Malgré tous ces avatars, Hans HERMANN, qui avec Sir Sterling MOSS est actuellement un des derniers dinosaures de la F1 des années 50’, rétrospectivement peut être fier de sa carrière de pilote qui s’étale de 1952 à 1970, sur une période s’étalant sur une période de dix-huit ans, à une époque où le sport automobile s’assimilait souvent à une danse sur la lame de rasoir.

Raison pour laquelle, il a d’ailleurs intitulé son livre autobiographique sorti en 1971 du titre évocateur… «J’ai survécu» !

Durant presque deux décennies, il a piloté pratiquement tout ce qui touche au Sport Automobile mais surtout des bolides des deux plus grands constructeurs de sa ville natale Stuttgart, PORSCHE et MERCEDES.

Ces deux marques emblématiques  se sont offerts ses services pour piloter les voitures de leurs teams officiels, dont la fameuse «Flèche d’Argent» MERCEDES  W196, à l’époque des KLING, MOSS ou FANGIO.

S’il a participé à dix-sept GP entre 1953 et 1961, les résultats ne furent malheureusement que rarement à la hauteur de son talent, malgré le fait qu’il ait piloté pour des écuries aussi prestigieuses que MERCEDES-MASERATI-COOPER-BRM et PORSCHE.

Au total son bilan F1, se soldera par seulement dix points récoltés, un unique podium ainsi qu’un meilleur tour en course, ce qui pour un écorché vif comme lui était très loin de le satisfaire.

Déjà régulièrement engagé dans des épreuves d’endurance, comme c’était la tradition pour la majorité des acteurs de l’époque, son après-F1 consistera dès lors à se hisser dorénavant dans les baquets de voitures sport, de petites et grosses cylindrées pour vivre un deuxième printemps…

Après avoir déjà goûté aux sensations des voitures sport et avoir récolté quelques lauriers précédemment à l’occasion d’épreuves aussi célèbres que la TARGA-FLORIO, les MILLE MIGLIA ou la CARRERA PANAMERICA , disputées sur routes ouvertes, ou encore aux ’24 HEURES du MANS en 1958, avec Jean BEHRA, aux ’12 HEURES de SEBRING’ avec Olivier GENDEBIEN, grâce à son «voisin de palier» PORSCHE, qui en lui confiant un volant d’usine, lui permettait de se retrouver dans son élément.

Pour la marque à l’écusson de la Jument Cabrée, symbole de la Ville de Stuttgart, Hans HERMANN disputa une kyrielle de manche d’Endurance comptant pour le Championnat du Monde, tantôt sur des modèles 906, 907, 908, 910 et fatalement le monstre de la marque, la sublime 917.

Les 500 Kms de ZELTWEG, 24 HEURES DE DAYTONA, 12 HEURES DE SEBRING, 1000 KM de PARIS figurent parmi ses victoires auxquelles s’ajoutent une multitude de podiums.

 


24-HEURES du MANS 1969 Au volant de la FORD GT 40, 1ére des six victoires de JACKY ICKX qui triomphe en devançant de 120 mtres la PORSCHE de HERMANN-LARRIUSSE

 

Aux ’24 HEURES DU MANS’ 1969, il échouera pour… 120 mètres et ce après une lutte épique dans les dernières heures au volant de sa PORSCHE 908, associé au Français Gérard LARROUSSE, face à la FORD GT40 de la paire formée de Jacky ICKX et de Jackie OLIVER.

Un an plus tard, lors de l’Édition 1970, associé cette fois à Dickie ATTWOOD, il prit une éclatante revanche à bord cette fois de la PORSCHE 917 K engagée par le concessionnaire de la marque Autrichienne à Salzbourg.

Sa plus belle victoire, à 42 ans, il la considéra comme un couronnement, puisqu’à sa descente du podium, il déclara ému qu’il mettait un terme à sa carrière.

Avant de partir au ‘Pays des Rillettes’, Il avait en effet promis à son épouse Magdalena qu’en cas de victoire à la plus prestigieuse épreuve d’Endurance, il arrêterait la compétition.

Chose promise, chose dû… !

 

Hans HERMANN- 25-ans après en 1995 au volant de la Porsche 917-K au volant de laquelle, il a gagné Le Mans en 1970 ©-Manfred-GIET

 

Depuis, Hans HERMANN a tenu parole, se contentant jusqu’il y a peu, d’effectuer des tours de démonstration lors d’épreuves classiques pour le compte de l’autre fleuron automobile de Stuttgart, MERCEDES.

À maintenant 90 ans et toujours bon pied, bon œil, son emploi du temps quotidien consiste à superviser la gestion de sa société de sous-traitance d’accessoires pour l’industrie automobile, HANS HERMANN AUTOTECHNIK GmbH, de répondre aux nombreux courriers avec demandes d’autographes et de dépoussiérer les vingt-sept coupes remportées lors de victoires générales en plus des soixante-quatorze autres accumulées lors de victoires de classe et qui lui remémorent de bons souvenirs !

Et en ce jour d’anniversaire particulier, en bon Souabe qu’il est, il constatera en soufflant les… 90 bougies, que celles-ci coûtent plus cher que le gâteau…

Un comble pour cet ancien pâtissier de formation ! … ‘der schnellsten Konditor der Welt‘ , ‘le Pâtissier le plus rapide du monde’ était également son sobriquet  !

 

Happy Birthday-Herzlichen Glückwunsch zum Geburtstag Herr Hermann, alias Hans im « Gluck »

 

Manfred GIET

Photos :
Publiracing Agency et Julius WEITMANN

 

 


Hans HERMANN une carrière dans le rétro © Manfred GIET.

 

Glorieux Anciens

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