RÉTROMOBILE 2018… JEAN-PIERRE WIMILLE AURAIT 110 ANS.

 

 

 

Rétromobile : Exposition en hommage à Jean-Pierre Wimille

 

Salon Rétromobile : une exposition exclusive et rare en hommage à Jean-Pierre Wimille, pilote français d’exception et concepteur de la « voiture du futur », a été mise en place grâce au concours de la Cité de l’Automobile (Musée National – Collection Schlumpf) de Mulhouse avec la présence de Monsieur Pat Garnier, grand expert de cette glorieuse époque des constructeurs français et mémoire vivante de l’histoire des chacun des véhicules présentés.

 

Bugatti 59/50B – 1939

 

Jean-Pierre WIMILLE (1908-1949) : pilote automobile français, il conduisit avant guerre pour l’écurie Bugatti et après guerre pour Alfa Romeo. Il est considéré comme le meilleur pilote de son époque et l’un des plus grands pilotes français de tous les temps. Le nombre de ses victoires est impressionnant (Grand Prix automobile de France en 1936 et 1948, 24 heures du Mans en 1937 et 1939, Grand Prix automobile de Suisse et de Belgique en 1947, Grand Prix automobile d’Italie en 1948…).

Il se tua au volant d’une Simca Gordini lors d’un tour d’essai en Argentine.

 

Bugatti 59/50B – 1939-

 

Le 30 juillet 1939, la « Bugatti Owner Club » est invité à la course de côte de Precott. Au volant de cette Bugatti 59/50B motorisée par un 8 cylindres à compresseur de 4.744cc, développant 500cv à 5500 t/m, Jean-Pierre Wimille se classe second derrière l’ERA de Raymond Mays.

 

Alfa Romeo type 308 – 1938 (Gioacchino Colombo – Enzo Ferrari)

 

Au volant de cette Alfa Romeo engagée pour la première fois au Grand Prix de Pau de 1938 Jean-Pierre Wimille remportera trois victoire, le GP de Bourgogne en 1946, celui du Roussillon à Perpignan, la même année, puis le GP de São Paulo en 1948.

 

Alfa Romeo type 308 – 1938 (Colombo/Ferrari)

 

En hiver 1949, l’Écurie Gordini et ses pilotes dont naturellement Jean-Pierre Wimille, sont invités en Argentine pour participer à plusieurs compétitions.

 

Simca Gordini identique à celle du tragique accident argentin de janvier 1949

 

Paradoxal… sur le circuit de Palermo, Jean-Pierre Wimille coiffe pour la première fois de sa vie un casque! Malgré quatre accidents sans gravité sur plus de cent quatre-vingt courses, il portait jusqu’alors un simple serre tête!

Dans une courbe rapide qu’il passait régulièrement dans une longue glissade bien négociée, Wimille surpris par un groupe de spectateurs indisciplinés est contraint de sortir de la piste à plus de 140 km/h… sa Gordini se retourne, le pilote est mortellement blessé… ainsi disparaît cet homme d’exception.

 

Simca Gordini de 1949 –

 

Sur place Amédée Gordini fut marqué à vie, lâchant:

« Comment… je ne comprends pas… Wimille se tuer au volant d’une de mes voitures. »

 

Simca Gordini de 1949

 

Rapatrié puis inhumé en France lors d’obsèques grandioses, sa sépulture est toujours visible au Cimetière de Passy (Trocadéro Paris XVI).

 

Tombe de Jean-Pierre Wimille Cimetière de Passy (Trocadéro – Paris XVI)

 

Mais, information beaucoup moins connue du grand public, Jean-Pierre Wimille n’était pas qu’un simple pilote surdoué, sa passion pour l’ingénierie le conduisit à construire ses propres véhicules, dont la typicité s’inspirait de son expérience de la course : trois places de fronts, avec le conducteur au centre avancé vers l’avant, et les deux passagers de chaque côté en léger retrait.

 

Prototype Wimille

 

Ses prototypes conçus par le Designer Philippe Charbonneau et appelés Cyclope en raison de son gros phare central, devaient initialement êtres dotés de gros V8 américains produits par Ford. Malheureusement le concept trop avant-guardiste ne correspondait pas à la politique commerciale de Ford, et le tout fut abandonné.

 

Prototype Wimille n°2

 

Seules trois voitures survivront sur les quatre fabriquées à l’état de Prototypes :

Le numéro 1 motorisé par Citroën conçu pendant la Seconde Guerre Mondiale fut utilisé par l’équipe du projet « Voiture de l’Avenir ». Il est exposé au Musée de Reims.

Le numéro 2 servit surtout aux présentations officielles et ne circulera pratiquement pas. Il fait partie de la collection du Musée Malarte de Lyon.

Le numéro 3 fut accidenté lors d’un essai puis mis à la ferraille.

Le numéro 4 sera utilisé par François Wimille, fils de Jean-Pierre ; préservé par Philippe Charbonneaux, il est aujourdhui conservé par la Cité de l’Automobile de Mulhouse.

 


Jean-Pierre-Wimille-en-1936-au-Grand-Prix-de-Deauville-

Jean Pierre Wimille digest… Deux victoires au Mans et héros de guerre

 

Un des meilleurs pilotes français. Jean Pierre Wimille bâtit une grande partie de sa carrière sur Bugatti. Il remporte les ’24 heures du Mans’ 1937 avec son ami Robert Benoit. Il est le 4ème pilote à remporter l’épreuve dés sa 1ère tentative. Il gagne à nouveau l’épreuve en 1939 avec Pierre Veyron.

Il est un membre très actif de la résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale (avec 2 autres pilotes très connus: Robert Benoist et Charles Grover Williams).  Un mémorial a été érigé à son honneur près de la Porte Dauphine à Paris.

« Wimille se tient assurément à côté de Maurice Trintignant et Jean Behra en tant qu’un des plus grands conducteurs représentant la France, » dira de lui Enzo Ferrari.

Après la guerre, il revient vite vers l’automobile. Il conçoit une voiture de série assez révolutionnaire, la JW qu’il présente au Salon de l’Automobile 1948. Elle est motorisée par un Ford V8 en position arrière. Originale, avec 3 places à l’avant, le conducteur occupant la position centrale.

Il pilote pour Alfa Romeo et Gordini. Grand gentleman, en 1948, en hommage à Varzi qui s’était tué aux essais, sportivement, il laissera la victoire à l’autre pilote italien d’Alfa, Trossi lors du Gd. Prix d’Europe à Berne.

Il serait peut-etre devenu le premier Champion du Monde des Pilotes de Formule 1. Mais hélas, le 28 Janvier 1949,  Il se tue dans un accident. Lors des essais du Gd. Prix de Buenos Aires, les spectateurs s’étaient amassés au point de corde d’une courbe, avançant de plus en plus loin pour observer l’arrivée des voitures. Mais lors de son second passage, la corde du virage était noire de monde. Le pilote passa au large pour éviter la catastrophe, mais les conditions d’adhérence étaient différentes. Il toucha les bottes de pailles à l’extérieur. La voiture s’éleva à la verticale avant de retomber sur le coté coinçant le malheureux pilote qui succombera durant son transfert vers l’hôpital.

Pilote leader chez Alfa Romeo, son équipe fût totalement décimée. Alfa Roméo décidait de ne pas poursuivre cette saison 1949. Sa disparition tragique permit à l’italien Emilio Giuseppe Farina, surnommé « Nino Farina », de prendre sa place, dès lors devenant en 1950 le 1er Champion du Monde de Formule 1.

Jacques SamAlens (StrategiesAutoMotive Communications)

Images © : Jacques SamAlens, Fabien Sarrailh, Alain LePage & Thierry Thomassin

 

 

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