RALLYE ‘NEIGE ET GLACE’ 2018, VIVE LE GEL ! ET VIVE LE BROUILLARD…

 

 

Surprise, la photo est en ouverture, en arrivant sur le plateau du Vercors aux petites heures du matin, il reste une tache de brouillard qui devient de plus en plus fine et découvre par le haut, les fonds de vallées, impressionnant, vive le brouillard en fait…

Magique

Et ce n’est qu’un des frissons de la journée.

Tout le monde est arrivé ici en se disant que la neige ayant fondu, on ferait un rallye sur des routes dites « au noir »…

Tout le monde s’est dit que sur le circuit de glace de Lans en Vercors, on allait salir les autos à rouler sur la terre, surtout après le passage du Trophée Andros le week-end dernier !

Et surtout…  pas un flocon à l’horizon, la nuit, le ciel est tellement étoilé et clair que l’on a l’impression que l’on pourrait toucher les étoiles de la main.

Mais voilà, qui dit ciel dégagé, dit aussi températures basses, et la nuit étoilée a envoyé du moins dix!!!

 

 

Du coup, le circuit de glace était vraiment gelé, on a vu de très gracieuses évolutions, très maîtrisées, en particulier cette énorme Mercedes AMG et ses 6,8 litres de cylindrée, autre voiture pilotée par un Belge incroyablement élégant, Yves Deflandre, au volant de sa Volvo Amazon certes fabriquée en Suède, certes très motrice mais pas faite pour zigzaguer sur une boucle de glace…

 

 

Mais comment peut-on faire de la régularité sur un circuit fait par définition pour envoyer du lourd ?

Très simple, on fait un tour de reco, un tour de lancement, puis cinq tours sur lesquels il faut essayer de tenir la moyenne du premier…

Donc le mec qui attaque comme un calu, après il faut tenir cinq tours !

Bon, on le voit sur les photos, ça a parfois klaxonné très fort mais tout le monde a pris un pied gigantesque…

 

SÉANCE KLAXON SUR LE CIRCUIT DE LANS EN VERCORS

 

Patrick Zaniroli, organisateur avec sa femme Viviane, a eu la bonne, très bonne idée de faire rouler sur ce circuit tôt le matin, quand le soleil est encore derrière les montagnes.

Superbe, j’ai vu aussi un concurrent maîtriser vraiment son Alpine A 110 avec des glissades dignes de la grande époque de cette marque en rallye…

Moment interdit ?

 

LA MERCEDES AMG SE MANIE TOUT EN NUANCES EN FAIT

 

Non, moment de fête, celle des clous… ou celle des pneus neige d’ailleurs, qui tiennent aussi bien que les pointes.

Ensuite, direction le Vercors, en sachant deux choses, d’abord c’est un décor que même John Ford n’aurait pas pu imaginer, une barre de rochers incroyablement éclairée par le soleil, qui tient le monde sur un axe nord sud…

En discutant avec des spectateurs, j’ai su que les routes qui offrent des points de vue s’appellent des balcons, ils ont servi de tout temps d’observatoire, y compris quand la Résistance a joué ici une histoire somptueuse et tragique, un des maquis légendaires de la seconde guerre mondiale.

 

LE FORMIDABLE MASSIF DU VERCORS

 

Bon, quand les Allemands se sont aperçus que les trois routes d’accès au plateau avaient sauté, ils n’arrivaient pas à passer, battus à plate couture par des loquedus armés de pétoires…

Après, ils ont fait ça à l’Allemande avec efficacité (la Milice de Vichy en a profité pour massacrer un peu).

On a envoyé des planeurs de transport et des parachutistes, puis on a passé par les armes tout le plateau avec destruction de tous les villages.

Il a fallu dix mille soldats pour venir à bout de cette forteresse qui a tout de même tenu jusqu’en juillet 44 !

 

LES ROUTES IMPRENABLES DE L’ACCÈS AU PLATEAU DU VERCORS

 

Je sais, en théorie ce genre d’histoire n’a rien à faire dans un rallye, mais quand on prend les routes d’accès au plateau, on comprend que c’était un coup de génie, même si cela s’est terminé de façon tragique…

Et puis les gens qui regardent passer le rallye en parlent aussi, il ya une sorte de besoin de dire que les débarquements en Provence et en Normandie n’ont pas été les seules armes fatales de lutte contre le peintre Autrichien et ses clowns sanglants!!!

Dont acte, car dans ce genre de conversation, on parle aussi du Neige et Glace qui était alors un rallye de vitesse, on me parle de Darniche, sorte de héros…

Et puis passe la course.

Par endroits, les routes de liaison sont en effet « au noir », mais d’abord le massif du Vercors est un des plus beaux coins que je connaisse au monde, ensuite les spéciales se sont souvent faites sur des routes encore enneigées et durcies par le gel…

Et là c’est l’extase, merci le gel !

 

GROSSE BAGARRE INTER-BELGE EN TÊTE

 

Cette course est carrément très disputée, bon, c’est une affaire entre Belges, ils sont les spécialistes mondiaux du truc et le fait qu’ils viennent en masse est un signe qui ne trompe pas, ce rallye est un ‘Must’ des compétitions hivernales.

On pourrait dire qu’un rallye de régularité sans Belges, serait un GP moto sans Marquez et sans Rossi…

Comme il y a plusieurs catégories, en fonction de l’année de construction de l’auto et de la moyenne, haute ou basse, qui doit être respectée à la demi seconde près, il y a aussi une course réservée aux quatre roues motrices, il y a donc plusieurs bagarres.

 

LA SAAB SEDAN DE 1963

 

En groupe trois, le leader est l’équipage Castelein-Deplanke sur une des plus belles voitures du plateau, une Saab Sedan de 1963 à moteur deux temps, j’ai vu il y a très longtemps Stig Blomqvist devenir Champion de Suède des rallyes au volant de cette auto, elle est rouge aussi, frisson…

En groupe 5, grosse bataille entre deux équipages belges, la Ford Escort RS 2000 de Van Dalen et Minguet et l’Opel Ascona 2000 de Van Rompuy et Vanoverschelde.

En groupe 4, duel magnifique entre la Mercedes AMG de Mylle et Titeca d’un côté, de l’autre la Volvo Amazon d’Yves Deflandre et Eddy Gully.

Ensuite, retour au parc fermé, les habitants et les touristes de Villard de Lans adorent venir flâner et papoter.

 

 

Il reste deux jours de course et les tous bons sont tout devant, vrai plaisir des yeux…

Jean Louis BERNARDELLI

Photos :
Richard BORD.

L’équipage Henri PESCAROLO- Michel PERIN

Quelques interviews recueillies par l’ami Philippe Janssens, évidemment Belge, et carrément efficace dans la com de ce rallye.

Henri Pescarolo (France/Porsche 911 n°37) : 

« Malgré l’âge que j’ai, je prends toujours autant de plaisir à revenir sur ce merveilleux rallye. Ce matin, j’étais tellement enthousiaste que j’ai même réussi à faire un tête à queue sur le circuit de glace. La suite ne s’est pas trop mal passée, en tout cas avant le déjeuner. Michel (Périn) me fait toujours une navigation sans faille. J’espère pouvoir être à la hauteur car notre objectif est clairement de se battre devant avec les Belges… »

Marc Van Dalen (Belgique/Ford Escort n°35): 

« Julien et moi nous étions pourtant jurés de ne plus être en tête au soir de la première étape ! Je suis franchement le premier étonné de ce qui nous arrive. J’ai effectué toute la journée avec les mêmes pneus puisque notre véhicule d’assistance a connu des problèmes de radiateur. Dans la descente du col de Pennes, je craignais de me faire rattraper par des pilotes d’expérience. Mais finalement, je ne m’en suis pas trop mal sorti. J’ai côtoyé beaucoup de grands champions de rallye, mais je ne suis pas pilote moi-même… Je suis en tout cas très heureux ce soir… »

Classements sur
http://jbtimeconcept.be/live/ng2018/

 

 

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