‘AFRICA ECO RACE’ 2018 : DAKAR ET LE LAC ROSE, SYMBOLES ÉNORMES…

 

 

 

 

Les départs par vagues de véhicules de la plage au Lac Rose, moments inoubliables pour les concurrents, très symbolique d’un vrai Paris Dakar qui vit toujours…

C’est un peu avant que j’ai demandé au boss de ce qu’il pense de cette année…

Jean Louis Schlesser vient de se poser à l’aéroport de St Louis du Sénégal, celui qui a été utilisé par Mermoz et Saint Ex, c’est près de cet endroit légendaire qu’est dressé le dernier bivouac.

 

JEAN LOUIS SCHLESSER

 

Il est en avion parce qu’il s’occupe de faire le relais pour les transmissions du rallye, comme cela se fait sur le Tour de France, un avion survole la caravane pour relayer radios et même TV en direct.

Alors on fait un brin de causette…

« Le bilan est positif, avec une course superbe. A la fin des deux jours incroyablement durs passés en Mauritanie, tout le monde avait la banane à l’arrivée, même ceux qui arrivaient de nuit et ils étaient assez nombreux. Pas à dire, cette édition 2018 a été un vrai rallye raid, avec des écarts énormes au bout. C’est incroyable, je voyais ça d’avion, par endroits, quand nous étions en hors piste, un peu l’image de marque du rallye, on ne voyait rien ni personne à 50 km à la ronde, le désert dans son absolu. Et beau à hurler bien sûr. En plus, il y avait eu une tempête de sable juste avant notre passage, ce qui fait que dans les longues parties hors piste, on ne voyait plus les traces des ouvreurs passés avant le rallye, pour vérifier les road books. C’est simple, les concurrents m’ont dit qu’ils n’avaient jamais vu de la piste aussi difficile et il y a des calibres avec grosse expérience parmi nous… Enfin, dans notre rallye, même quand justement il ya des stars, les amateurs peuvent encore gagner des spéciales ! C’est arrivé justement le jour le plus dur et le plus long, quand ça se battait comme des chiens pour gagner le rallye, c’est un équipage dont c’était le premier rallye raid qui gagne le scratch du jour ! »

 

LES DUNES DE MAURITANIE SONT LES PLUS BELLES ET LES PLUS ISOLÉES AU MONDE

 

Je lui demande encore pourquoi la dernière spéciale du jour, qui arrive au Lac Rose, est neutralisée, elle ne compte pas pour la course.

« Une question de sécurité, la première règle chez nous. Il ya des tas de villages le long de la piste, il serait beaucoup rop dangereux pour tout le monde de les lâcher comme des fauves, même en y mettant des conditions drastiques de vitesse. Donc on conserve le principe d’un départ groupé sur la plage de Niokhob pour aller au Lac Rose mais c’est neutralisé, pas d’enjeu, le seul est de monter sur le podium, de recevoir dans ce lieu mythique coupes pour les vainqueurs et médailles pour les finishers, c’est évidemment pour tous un endroit et un moment inoubliable, une émotion très forte »…

Pendant ce temps, depuis son hélico, Alain Rossignol photographiait les gros oiseaux qui passent l’hiver au chaud, les pélicans et les flamands roses, signe que l’on est en effet sorti du désert pour retrouver l’eau.

 

ON RETROUVE LA MER À ST LOUIS DU SÉNÉGAL

 

La description de cette dernière journée, assez longue en fait…

Dimanche 14 janvier 2018

Étape 12 : ST LOUIS / DAKAR : 292 km

Liaison : St Louis / Niokhob : 230 km

Spéciale : Niokhob / Lac Rose : 22 km

Transfert : Lac Rose / Dakar : 40 km

 

Carte à l’appui, cela donne cette description alléchante.

 

 

« Le chaud soleil du Sénégal ne sera pas encore levé lorsque les concurrents s’élanceront dans l’ultime liaison vers Niokhob, village de pêcheurs en bordure de l’Océan Atlantique, situé non loin de Dakar. Le traditionnel départ en ligne sera donné sur la plage. Un moment unique et la dernière occasion de lâcher les chevaux de son véhicule pour tenter de s’imposer pour le fun dans cette mythique spéciale du Lac Rose. Ces 22 derniers kilomètres chronométrés sonneront comme une récompense pour certains alors que pour d’autres, il s’agira plutôt d’une délivrance. La dernière formalité de cette 10ème édition sera la montée sur le podium installé sur les bords du Lac Rose. Il sera alors temps de recevoir un trophée pour les lauréats ou une médaille pour les finishers. L’occasion pour tous les héros de cette magnifique aventure africaine de se faire applaudir par les officiels, les passionnés, la famille, les partenaires ou les amis présents à l’arrivée de cette 10ème édition de l’Africa Eco Race ».

 

La carte totale du parcours, on est au bout…

 

 

Le profil de la journée, le terrain sur lequel on roule.

 

Vroom !

Les motos sont lâchées, par vagues, puis kif kif pour les autos et les camions.

 

 

Cette partie de la plage, qui va jusqu’à Dakar, est déserte.

 

 

 

Aux débuts du vrai Paris Dakar, on allait jusqu’à l’entrée de la ville mais c’est aussi un marché de poissons près des bateaux qui rentrent de la pêche et la plage était vraiment très encombrée.

On le voit sur la photo ci-dessus, impossible de faire l’arrivée cans ce coin ce la ville, au bout de la plage.

D’où l’idée du Lac Rose, devenu un vrai symbole.

Qui plus est, l’endroit est magnifique, on y recueille le sel et donc les fonds sont rouge brun, dans certaines conditions de lumière, c’est une sorte de rubis au milieu de son environnement.

 

 

Et maintenant place à la fête… et rendez vous à la prochaine édition, avec le Baby Boomer’s que nous suivrons en mai, c’est la seule épreuve qui voit son chiffre de partants augmenter car le rêve, le rêve authentique est toujours là.

 

TOUS LES VAINQUEURS AUTO,MOTO ET CAMIONS

 

ON RETROUVE LA FOULE, MOMENTS SYMPAS

 

CECI ARRIVE SUR LA PLAGE EN VAINQUEUR MOTO

SERRADORI, VASILYEV, THOMASSE, LE PODIUM AUTOS

 

EQUIPAGE DE CHOC SUR l’IVECO DE DE ROOY

 

MÊME LES AUTOS FRÉTILLENT DE BONHEUR…

 

LE SSV VAINQUEUR DE SA CATÉGORIE

 

JEAN NOEL JULIEN, SUPER PILOTE, SUPER AMI, ET UN COEUR ENORME

 

Le pari de Schlesser et Metge est gagné.

Faire revivre le Paris-Dakar authentique, sans pouvoir le nommer puisque l’appellation «Dakar» est bloquée légalement par des gens qui n’y organisent plus rien depuis des années, était un sacré challenge, mais comment empêcher des gens de réaliser leur rêve le plus fou ?

 

MATHIEU SERRADORI, LE RÊVE RÉALISÉ

 

Mathieu Serradori, vainqueur de la catégorie autos/camions est interrogé après le podium.

Et ce qu’il me raconte, avec son copilote belge Fabian Lurquin, vaut son pesant de chocolat…

 

SERRADORI ET LURQUIN, ÉQUIPAGE PARFAIT

 

On parle d’abord de son buggy, un deux roues motrices construit chez Lionel Constant, très inspiré des buggies de Schlesser, qui est d’ailleurs l’un des mentors de Serradori en rallye raid.

Un V8 Chevrolet de 6.200 cc (480 CV), boîte séquentielle Sadev, Suspensions Bos, châssis tubulaire, carrosserie en carbone…

 

LE BUGGY LCR

 

Il a été créé et a évolué au fil des courses, il ya trois ans au point que Serradori est champion du mode deux roues motrices en 2016.

Cette année, les dernières modifs ont été validées en roulant le Rallye Oilybia du Maroc.

Cette victoire à l’Africa Race, un des rallyes les plus durs au monde, il la voulait, il a roulé au Dakar à moto mais depuis qu’il est pilote auto, il est drogué à l’Afrique.

Son team SRT (Serradori Racing Team) est privé, j’ai déjà écrit ici le prix que coûtait la Mini de Vasilyev, un million de dollars, avec l’assistance qui va autour, ce LCR (Lionel Constant Racing) revient au tiers de ce prix…

Autrement dit, nous avons affaire à des gentlemen drivers, qui veulent se mesurer aux teams d’usine et qui essaient de fédérer un team de partenaires autour d’eux, le prochain objectif est le Silk Way en juillet.

 

LE TEAM A GAGNÉ AU MENTAL

 

Sur la course : « On savait qu’au Maroc, la mini de Vasilyev serait meilleure, on s’est contentés de le harceler. Le but était évidemment de l’énerver au point qu’il commette les erreurs fatales, et ça commence dès le Maroc. On attend de paser à l’offensive, on est en position d’attente, on avait bien discuté de cette stratégie avec mon navigateur, Fabian Lurquin. Alors oui on s’est plantés mais en ouvrant la piste, c’est logique, pas une trace. Le jour de la grande attaque, le lendemain de la course de marathon dite « 500 miles », on s’est encore plantés parce qu’on était devant mais dans ces cas là, même si le stress est énorme, on prend chacun sur soi, on ne reporte pas sa colère sur l’autre ».

Attitude que Fabian Lurquin résume ainsi : « On se traite soi-même de con et on met la main à la pâte pour se sortir le plus vite possible… »

Mathieu Serradori : « On était sûrs que les Russes avaient pété un câble, on les voyait bien le soir tard au bivouac. On a parlé à ce moment là avec Fabian de stratégie, et surtout, de les battre au mental… Il y a eu dès le début un jeu du chat et de la souris,  quand on ouvre on les laisse passer et vice versa, juste pour leur montrer qu’ils ne peuvent pas nous lâcher… »

 

MOMENT CLÉ DU RALLYE,LES RUSSES PÈTENT UN CÂBLE

 

Fabien Lurquin « Je vais te raconter un truc amusant (NDLR, encore plus marrant avec ce délicieux accent liégeois) un jour, ils sont devant, ils s’arrêtent et font semblant d’avoir crevé. On passe et je dis à Mathieu que maintenant on va s’arrêter pour pisser. Ils ont vu ça, se sont dits, et ils avaient raison, qu’on se foutait de leur g… et un peu plus loin se sont plantés grave… »

Ce qui nous ramène aux débuts du Paris Dakar avec les luttes de ce genre entre Auriol et Neveu, puis entre Metge et son coéquipier, puis avec Schlesser.

Les garçons sont dans le dur du Paris-Dakar… ce jour-là ils ont tué le rallye, restait à gérer l’avance, on a vu plus haut que leur mental est très fort, y compris et surtout quand on a de l’avance et que l’on se plante…

 

GENTLEMEN DRIVERS

 

Qui sont ils quand ils ne roulent pas ?

Mathieu est chef d’entreprise à Fréjus, une boîte d’électricité de 50 salariés, mais il passe aussi beaucoup de temps à chercher des partenaires pour le team…

Fabian est un ancien pilote de ligne, il a ensuite monté une boîte d’événementiel à Liège, et puis a repris une activité de taxi aérien.

Son père était le navigateur de Schlesser sur le Dakar, la filiation avec la grande histoire du Rallye Raid est nette…

Voilà, la grande et belle histoire de ce descendant historique du ‘Paris Dakar’ est terminée, encore quelques photos peut-être…

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos :
Alain ROSSIGNOL et Jorge CUNHA/ Captain Nowhere

 

RAPPEL DES CLASSEMENTS

http://www.africarace.com/fr/course/2018/home

 

QUELQUES PHOTOS QUI DONNENT ENVIE DE PARTIR…

 

La dune barkhane est une forme parfaite, qui offre parfois un abri pour un arbuste…

La vie naturelle est partout et elle est superbe…

Une forme parfaite qu’il faut attaquer du bon côté… Dominique Laure apprend vite, premier rallye, première victoire d’étape…

Personnage mascotte de l’Africa Race, Jean Noel Julien est boulanger à Paris, normal qu’il se roule un peu dans la farine…

En tous cas super pilote amateur et tout le temps enthousiaste…

 

Le bon coup de volant, écorcher la dune pour ne pas perdre la vitesse, être en revanche assez lent au cas où il y ait une mauvaise surprise en bas…

 

De Rooy et son équipage, quatre au Général

Un équipage de choc

La maîtrise du sable existe aussi à moto, Ceci et ses volutes de victoire…

 

Luis Oliveira est plutôt du genre inquiet… Ou ébloui par ses trajos…

Et puis dans tous les cas il ya la démerde, si par exemple on se prend un arbuste en pleine trajo.

À tous bravo !

 

 

 

Africa Race Rallye-Raid

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jeanlouis