‘AFRICA ECO RACE’ ÉTAPE 8 : SERRADORI MAESTRO !

SERRADORI-LURQUIN GROS VAINQUEURS

 

GÉRARD DE ROOY ET SON MONSTRE IVECO

Très joli coup de Serradori et De Rooy en autos/camions, statu quo en moto.

Mercredi 10 janvier 2018

Etape huit Chami-Amodjar 477 km

Liaison 1 km

Spéciale Chami-Azougui 439 km

Liaison bivouac 37 km

Ce qu’en dit René Metge

 

« C’est donc la deuxième étape marathon des 500 miles. Un peu de hors piste et ds dunes pas vraiment méchantes pour commencer. Puis on remontera Nord Est par une piste rapide, et là on attaquera un cordon de dunes sévère. Comme il n’y pas de mécanique autorisée la veille, il faudra faire très attention à ménager les moteurs… On arrivera à la passe d’Azougui, un endroit magnifique mais compliqué. Encore une petite liaison et on retrouvera les mécaniciens ! »

Voici la la carte de la journée…  

 

Puis la carte générale du rallye qui montre où l’on est par rapport à l’arrivée à Dakar.

 

 

Enfin le profil qui montre le type de terrain que l’on va affronter.

 

Encore une superbe idée, avec un km de liaison le matin !

Et on approche de la Mauritanie magique, celle qui mêle montagne brun-noir (que les amateurs de films historiques ont vu dans «Fort Saganne») et océan de dunes d’un or éclatant.

Vroom…

Ah oui, la tension monte un peu entre le clan Vasilyev et celui de Serradori, on se regarde encore entre gentlemen drivers mais la chasse à l’autre c’est chaque jour depuis le début…

 

OK CORRAL!

Magnifique photo d’Alain Rossignol, ambiance Gunfight at the Ok Corral

MOTOS : OLIVEIRA MAIS RIEN NE CHANGE

Premier départ à 7 h 50.

En fait, le tracé retraverse le même cordon de dunes que la veille, pas très hautes, pas très ch…, mais on roule entre 30 et 70 km/h, ce qui fait un précoce réchauffement musculaire…

Pendant ce temps les assistances et l’opérationnel (y compris le catering !) doivent faire un détour énorme par Nouakchott pour rejoindre l’arrivée par la route.

On se lève tôt quand on bosse sur un Rallye Raid !

Agoshkov est parti très en retard.

Il avait réussi l’exploit de se classer deux la veille, grâce aux pénalités de 20 minutes infligées aux deux missiles qui se battent devant pour les punir d’avoir raté un way point.

Et donc nos deux stars , une fois de plus, comme depuis le début, roulent quasiment ensemble et à vue, le jeune Portugais Luis Oliveira dont c’est le premier rallye raid (Yamaha) et le très expérimenté Italien Paolo Ceci (KTM) .

Gros début d’étape sans voir grand monde, 150 km avant le premier vrai CP, un vrai CP c’est un commissaire, en bordure de piste, qui note l’heure de passage.

CECI BATTU MAIS PAS BATTU

 

Il ya aussi des way point, des CP virtuels qui sont parfois des cauchemars à trouver car les louper coûte une blinde en pénalité.

Au point kilométrique 101, Oliveira a été noté avec quatre minutes d’avance, c’est normal, il est parti quatre minutes après Ceci et l’a rattrapé…

Les revoilà qui roulent en jumeaux !

On va les surnommer les Desert Twins !

Après la remise en jambes matinale, la vitesse s’accélère, on passe le CP1 dans le même ordre, avec les mêmes écarts à la seconde près.

En fait, Ceci fait la course et Oliveira roule avec lui, il faut voir ça de cette façon, n’osant pas affronter seul, et on le comprend, l’immense solitude mauritanienne…

Le CP2, situé au km 240, va être avalé en vitesse, on roule au dessus de 100 km/h pratiquement en permanence.

Hallucinant, au km 201, la distance entre Oliveira et Ceci est toujours la même, à la seconde près, 3’55’’.Ils sont acrochés avec une barre les twins ?

Au CP2, ils sont à quatre minutes, le troisième est Martin Benko, à huit minutes.

MARTIN BENKO

Bref on prend les mêmes etc…

Confirmation triste, Ullevalsetter était absent des contrôles GPS mais ce pouvait être une panne, en fait il n’a pas pris le départ, deux fois trahi par sa mécanique, il a du en avoir marre ou a cassé un gros truc irréparable, le gros truc pouvant s’appeler aussi… le moral…

Vraiment dommage, car on l’a vu, il peut très bien se mêler à la bagarre devant, lui ne craint pas de partir seul en tête avec la navigation à se cogner.

Bon, Oliveira est jeune, partir devant dans son premier rallye raid, dans un endroit pas facile en nav, ce serait probablement suicidaire, la deuxième place au général lui convient et il se contente alors de rouler avec Ceci.

Qu’il faut suivre cela dit, le rythme est hyper élevé !

Benko Martin roule troisième, vingt trois minutes derrière le duo de tête.

Gros cordon de dunes avant le CP3, on roule à 25 km/h, quand on est bon à moto, on s’amuse à sauter les bosses, ce qui importe est le cap, les moins bons vont creuser le sable !

Je me répète mais les dunes ont un sens du au vent, et là on les prend de travers, comme un bateau de pêche qui ferait route face à la lame, ça secoue un max !

 

SIMONE AGAZZI  TROISIÈME TEMPSÀ L’ARRIVÉE

Normalement, avant le CP3, on doit virer vers le Nord Est et reprendre les dunes dans la bonne direction, de ce que disent les mouchards, Ceci et Oliveira ont un peu coupé, ce qui peut encore leur coûter un way point loupé (ils s’en foutent, ils sont ensemble et prendront la même) ils sont toujours à 30 km/h alors que les autos sont dans le bon sens et roulent parfois au dessus de 100…

Bon, les deux siamois arrivent au CP3, Oliveira a collé deux minutes de plus à Ceci, vu qu’ils ont jardiné dans la pampa, ce peut-être logique que soudain Oliveira ait eu une grosse inspiration et que du coup Ceci l’ait suivi.

On quitte le CP3 à donf, 153 km/h au radar !

Et vu que derrière c’est le désastre, tout le monde est planté, autos et camions pellent en pêle-mêle (ouaf !) les deux motos de tête ont carrément cinquante km d’avance sur le reste de la troupe.

Oliveira est 5’26’’ devant Ceci, ils ne se tiennent plus par la main, enfin…

Au CP3, Benko passe trois avec quarante minutes de retard…

Devant, les deux motos de Ceci et Oliveira arrivent à la passe d’Azougui, un col en sable en descente, faut pas le louper parce que de chaque côté c’est falaise et bien entendu aucun point de repère…

Au km 398 (ça sent l’avoine) Oliveira a cinq minutes trente d’avance sur Ceci, il reste quarante bornes mais pas faciles.

L’AVION (TRANSMISSIONS) EST LE MOYEN IDÉAL POUR VOIR DES COURSES DE 450 KM DE LONG !

Mais il ne fait pas d’erreur le jeune Portugais, et gagne l’étape et reprend 6’24’’ à son adversaire favori, mais sa pénalité est plus importante que celle de Ceci, au général il y a donc toujours 52 minutes de différence entre les deux pilotes.

Le courage est bien peu récompensé c’est vrai, mais la loi du rallye raid c’est qu’il ne faut pas rater de CP ou de way point, encore moins de couper pour éviter une difficulté obligatoire, pas sûr que les deux pilotes l’aient fait exprès, mais ça coûte…

Pour la troisième place il va falloir attendre un peu de temps, les motards qui suivent ont bien planté les patates, expression poétique du jargon de pistard qui signifie que l’on creuse le sable avec la roue arrière qui tourne dans le vide et en soulevant des jets de poussière, très joli en photo (voir ci-dessous) mais épuisant !

FRANCO PICCO SUR UN NUAGE…

AUTOS-CAMIONS/
LE TRÈS BEAU COUP DE SERRADORI

 

C’est tout juste une heure après le premier départ moto que l’on lâche les autos et les camions.

On roule vite, mais pas à 200 km/h comme si souvent la veille) avant d’attaquer la dune passée par les motards une heure avant, il ya des traces, c’est bonheur.

Après le très discret cordon de dunes du départ, on s’occupe du terrain, 155 km/h pour les autos de tête.

Au CP1, à 150 km du départ, les autos font déjà le meilleur temps scratch, même si elles roulent derrière les motos de tête, Serradori est passé avec 1’’15 d’avance sur Vasilyev, autrement dit il a presque repris les deux minutes qui les séparaient au départ.

VASILYEV DANS LE COUP EN DÉBUT DE SPÉCIALE

Le troisième est le buggy bleu de Thomasse, qui est à presque quatre minutes du leader.

 

PASCAL THOMASSE

 

Le camion de Gérard de Rooy est sept à sept minutes…

 

DE ROOY PAS LOIN

 

Au CP2, Serradori a encore repris 20 petites secondes à la Mini du Russe Vasilyev, il ya seize minutes entre les deux autos en général, que Vasilyev gère comme un boutiquier, que Serradori attaque comme un malade, mais le résultat est là, si la bagarre est superbe, elle n’a aucune conséquence sur les chronos.

Thomasse est à 10 minutes, Rudskoy est cinq à douze minutes trente, ce qui me permet de publier une photo de son auto très étonnante…

RUDSKOY, DRÔLE D’AUTO ET BEAU PLONGEON…

 

De Rooy a remonté une place, il est six, mais il est toujours derrière Vauthier, la quatrième place au général s’éloigne pour l’équipage de l’Iveco…

Au km 290, Serradori a une minute trente sept d’avance sur le pilote Russe, là encore, comme à moto, rien ne bouge, bagarre superbe mais à deux…

Gomez, qui disait la veille qu’il aimerait bien faire un scratch avant Dakar, en est un peu loin, il est cinq à dix huit minutes des dingues qui roulent devant.

A signaler que Vauthier (MD) tient bon quatrième, il est à presque deux heures au général de Thomasse, y gagner unbe place est donc très hypothétique, son seul problème est de rester quatre, l’Iveco de De Rooy était la veille à 2’10’’ du buggy, grosse pression !

On arrive au CP3 mais Mathieu Serradori ne passe pas, tanqué ou problème mécanique, Thomasse est planté aussi un peu en arrière, c’est con parce que tous les deux avaient mis une valise sur ce tronçon à Vasilyev, crevaisons peut-être, le point faible de l’auto.

Surtout en fin d’étape marathon…

Et Vasilyev revient à toute blinde.

Celui qui fait la bonne opération s’il ne se plante pas aussi, c’est De Rooy et son Iveco, mais il y a droit aussi, et sortir un camion ce n’est pas de la tarte…

 

TOMECEK IRON TRUCKER

 

Je pense à Tomecek, qui va arriver derrière, et qui est seul à bord, comment fait-il ? Cela dit, on sait qu’entre les camions, ça s’aide un max, il trouvera peut-être une bonne âme s’il est enlisé.

Serradori passe enfin ce maudit CP3, il est première auto, reste à savoir quand les autres vont arriver, parce que derrière Vassilyev et De Rooy sont scotchés, le rallye prend peut-être une nouvelle gueule et tant mieux…

C’est De Rooy qui coupe ensuite le CP3 dans la catégorie auto/camions, avec 20 minutes de retard sur Serradori, il est cependant battu de trois minutes au chrono par le buggy MD Optimus de Gérard David.

On voit poindre aussi aux bonnes places Patrick Martin et Jean Noël Julien, bienvenue à eux aux applaudissements sur la ligne d’arrivée, pas encore toute proche cependant…

 

LE BUGGY MD DE JEAN NOEL JULIEN

 

Quatre heures et trente six minutes après le départ, le buggy LCR de Serradori coupe la ligne d’arrivée.

Il a fait un très gros coup sur cette étape, il y en a encore une énorme demain jeudi, mais c’est sûr qu’il va ouvrir avec un joli matelas d’avance, ce sera à lui de contrôler et de gérer son avance.

Donc on attend…

DAVID GÉRARD

De Rooy passe la ligne d’arrivée 26 minutes et 21 secondes après  Serradori mais au chrono, c’est David Gérard et Jean Noël Julien qui sont deux et trois.

Précision, la veille, au général, ces véhicules avaient respectivement 3h45 de retard sur Serradori (De Rooy), 4h41 (Gérard David) et 5h31 (Julien).

Thomasse et Vauthier étaient devant eux dans ce classement général, il ya vraiment un grand chambardement dans l’air !

Au général, Vasilyev est maintenant plus d’une heure derrière Serradori, De Rooy a remonté une place en passant Vauthier, qui est derrière l’Iveco, à 34 minutes…

La journée énorme de demain sera donc passionnante, comme elle est très dure, rien n’est vraiment joué, même si c’est toujours mieux d’être devant que derrière.

En tous cas, les écarts deviennent ceux d’un vrai Rallye Raid !

Ben joué les traceurs…

Résultat combiné évolutif étape 8 Africa Race 2019

http://vulcain.iritrack.net/tdcom/posi/AER2018/web/index.php/display/index

 

Résultats et classement évolutifs étape 8 Africa Race 2018

http://www.africarace.com/fr/course/2018/home

INTERVIEWS

Mathieu SERRADORI : « On a vu que Vasilyev nous laissait passer avant les dunes, il s’est
arrêté sur le côté et a ouvert le capot, on a donc dû partir seuls en tête. C’était dur
physiquement, le sable était mou, il faisait chaud et on s’est tanké une fois. On a mis la
voiture dans tous les sens, sauf sur le toit ! J’étais persuadé que Vasilyev était devant au
milieu des dunes, c’était vraiment rude. »

David GERARD : « On est heureux ! Et pour Mathieu aussi. C’était compliqué, très piégeux en
navigation et difficile avec les herbes à chameaux sur la dernière partie. On s’est ensablé une
fois mais Pascal a été très efficace pour nous sortir, il en a même perdu son téléphone ! On a
fait attention à la voiture car nous avons perdu un ski hier et ce matin les mécaniciens ont eu
10 minutes pour réparer nos courroies, ils ont été exceptionnels. »

Jean-Noël JULIEN : « On s’en est sortis lentement mais surement ! C’était une étape difficile, il
fallait faire attention à la voiture. Mais on a roulé sans se mettre la pression. On a vu tout le
monde planter dans les dernières dunes, on est resté calmes, ce n’était pas simple mais riche
en émotions. »

Vladimir VASILYEV : « On a eu des soucis de courroies et on a perdu beaucoup de temps à
réparer. Et puis on s’est tanké vers la fin dans les herbes à chameaux, c’était très difficile. On
ne va rien lâcher et repartir de plus belle demain.

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos :
Alain ROSSIGNOL et Jorge CUNHA/Captain Nowhere

 

 

 

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