‘AFRICA ECO RACE’ : PREMIÈRE MAURITANIENNE POUR OLIVEIRA ET SERRADORI.

 

 

Lundi 8 janvier 2018

Étape Dakhla-Chami (Mauritanie) 650 km

Liaison Dakhla-Boulenouar 429 km

Spéciale Boulenouar-Chami  211 km

Liaison bivouac 10 km

 

On entre donc en Mauritanie après une remise à neuf complète de tous les véhicules.

DERNIER BIVOUAC AVEC VUE SUR MER

 

Au bivouac la veille au bord de la mer, on ne la reverra pas avant St Louis du Sénégal, on a fait un dernier feu de braises comme un pow ow d’Indiens, ambiance superbe avant d’attaquer .

 

 

On a vu les trésors d’inventivité des gros teams, entre autres l’armada MD que cette photo d’Alain Rossignol met en scène.

 

L’ARMADA MD

 

On a vu Elisabete Jacinto, qui suit par la route, avec son équipage, ils avaient trop souffert l’année précédente de quitter le rallye, ils passent les soirées avec les copains.

 

ELISABETE EST ARRIVÉE PAR LA ROUTE

 

Vu aussi un système incroyable, l’atelier est un container qui roule sur un camion et est déposé chaque soir par un système de palans, on travaille ainsi au ras du sol au lieu de monter sans arrêt les marches du camion d’assistance pour aller chercher un boulon ou un outil.

 

L’ATELIER ITINÉRANT , TOUT SIMPLE MAIS GÉNIAL

 

Gain de temps phénoménal.

Vu aussi un motard mettre son road book à zéro avant le grand saut, c’est la deuxième grosse liaison du rallye, pour la même raison, se rendre le plus vite possible dans les coins superbes, et ensuite se faire des spéciales avec quasiment zéro liaison.

 

 

C’est la marque de fabrique de cet événement, faire le plus possible de spéciales avec le moins possible de liaisons le matin ou le soir.

Vu Ullevalsetter mettre la main à la mécanique, c’est un atout considérable en rallye raid de savoir réparer, il a perdu la course parce que sa pompe à essence était cassée et il n’avait pas la pièce sur lui pour réparer.

 

ULLEVALSETTER CONNAÎT SA MOTO PAR COEUR

Mais il continuera à se battre parce que gagner des étapes, c’est pour ça qu’il est venu.

 

Ce que dit René Metge de cette sixième étape, carte à l’appui.

 

« Départ très matinal de Dakhla pour rejoindre les postes frontières marocains et mauritaniens dans la matinée. Ces formalités seront allégées au maximum spécialement pour le rallye. Puis c’est encore une spéciale entièrement nouvelle qui est au programme, où le hors piste et le sable seront le nouveau décor de la course. Au début c’est une piste qui mène au chemin de fer puis c’est du hors piste. Très bon exercice de navigation qui sera utile pour les jours à venir. Et encore une très grosse dune juste avant l’arrivée ».

Ce qui est sûr c’est que la journée sera dense !

La carte générale du rallye montre où l’on est entre Monaco et Dakar.

 

Le profil de la journée décrit le terrain sur lequel on va rouler, et en effet après le goudron, on sera dedans jusqu’au cou.

 

 

Précision, le chemin de fer mérite totalement son nom, cette ligne est connue de tous les pistards, elle rapporte le minerai de fer de la mine de Zouerate, située en plein désert jusqu’au port de Nouadhibou.

Elle est longue de 750 km, à voie unique, avec des trains de plus de deux kms, qui comportent deux, trois ou quatre ‘locomotives’ et deux cent wagons !

Un truc phénoménal, invraisemblable, dans un paysage de création du monde.

La photo ci-dessous vient du site de la SNIM, la société qui organise ce transport quasi unique au monde.

 

IRON TRAIN, PHOTO SNIM

 

En queue de train, il ya un wagon de voyageurs…

Beaucoup de grandes histoires du Paris-Dakar de Thierry Sabine se sont passées le long de cette voie, repère commode mais il y a de la ferraille partout autour de la voie, et si l’on y roule vite, on y crève autant de fois que l’on veut.

La bagarre Auriol-Neveu, et aussi celles l’ancien team Peugeot, celui de Vatanen, ont vécu là de très grands moments.

On est vraiment sur les traces de la course mythique de Thierry Sabine !

 MOTOS : OLIVEIRA ROGNE DEUX MINUTES SUR CECI

LE JEUNE PORTUGAIS OUVRIRA LA PISTE DEMAIN

 

L’heure de départ est prévue large, entre la route, le passage de la douane et les papiers/plans de vol des hélicos et avions qui doivent passer par l’aéroport de Nouadhibou, c’est une bonne idée.

J’ai le souvenir d’heures d’attente sur le port d’Alger quand le vrai Paris-Dakar débarquait (ce rallye dont l’Africa Race est le descendant sportif légitime) on s’est bien amélioré côté paperasserie…

ll est 13h35 heure locale, la première moto, celle d’Ullevalsetter, est lâchée.

« Ulle » va bénéficier d’un truc non négligeable dans le premier tiers de la spéciale, les traces du « Raid », des autos engagées  dans le rallye, mais qui ne roulent pas au chrono.

Une idée géniale soi-dit en passant, qui permet de faire un super voyage dans des conditions idéales, puisque l’on bénéficie de tous les avantages du rallye, le bivouac, la bouffe, les médecins, et on roule en groupe, histoire de ne pas laisser qui que ce soit derrière.

Il faut adorer le désert et avoir un bon véhicule, là il faut privilégier le confort et  la robustesse, au lieu de la légèreté est des amortisseurs d’un mètre de long pour ceux qui courent.

Mon ami Franck Allard, le boss d’AMV fait ça depuis des années avec sa fille, ils passent des moments exceptionnels.

Pensez-y si vous n’avez pas envie de vous battre au chrono en prenant des risques partout tout en découvrant un désert unique au monde.

Et l’ambiance rallye raid avec !

LA DÉCOUVERTE DU SABLE EST MAGNIFIQUE EN PHOTO MAIS USANTE POUR LE PILOTE

Il y a un premier contrôle, juste GPS, pas un CP officiel, à 52 km du départ, ce qui donnera une première idée de ce que donne la course devant, il est évident que le jeune portugais Oliveira suivra les traces d’Ulevalsetter, pourra le reprendre, ils ne jouent pas dans la même cour, le Norvégien court pour le plaisir, 12 heures de pénalité quand il a du monter sa moto sur le camion balai.

Oliveira, lui, joue la gagne contre l’Italien Paolo Ceci, ce dernier a presque une heure d’avance au général mais en Mauritanie, c’est encore fort peu.

Comme prévu, on suit la voie de chemin de fer, on roule gentiment, 120 km/h, pas tout près des rails pour la raison expliquée ci-dessus, et c’est évidemment un grand coup au coeur, comme tous les endroits mythiques du Paris Dakar.

Au km 52, c’est Oliveira qui est passé le premier, avec 1’49’’ d’avance sur « Ulle », alors qu’il était parti quatre minutes derrière !

C’est sûr que le jeune envoie du très lourd !

 

CECI OU ES-TU ?

En revanche, pas de traces de Paolo Ceci, premier au général, son GPS est peut-être totalement en carafe, auquel cas on ne connaîtra sa position qu’à l’arrivée.

Les chronos donnent donc Agoshkov trois à 2’30’’ d’Oliveira, Agazzi quatre à trois minutes et demi.

Et oui, le repérage GPS a ses limites, il faut prendre le manque d’infos à priori comme un supplément de suspense…

En tous cas en tête, on continue d’envoyer, 130 km/h…

La bagarre Ceci/Oliveira s’est faite au coude à coude, la preuve ci-dessous, au milieu de nulle part

DUEL !

Et bonheur on retrouve la trace GPS de Ceci, il est passé deuxième à 34 secondes d’Oliveira au km 52.

Au km 103, à la-mi course, Oliveira est toujours devant la meute, mais il n’a plus devant lui que les traces de la voiture ouvreuse, passée 24 heures avant…

Ceci est deux minutes derrière, c’est dire le rythme du jeune pilote, Ullevalsetter est à quatre minute.

Les premières autos viennent de partir, les premières motos sont donc 100 km devant et c’est très bien, pour la sécurité.

 

CECI NE PERD QUE DEUX MINUTES

103 km en 55 minutes, on n’est pas loin de 120 de moyenne.

112 km/h exactement, Rââââââ !

On passe au CP1, au km 152, Dans le même ordre, Oliveira  deux minutes devant Ceci, quatre minutes devant Ullevasletter, Ceci qui peut gérer son avance au général, deux minutes de retard c’est peanuts.

On est dans le sable en hors piste mais dans le sens des dunes, orientées par le vent, on vise donc les vallées et les crêtes, on ne les prend pas de face, la vitesse reste importante.

Pour terminer le parcours en revanche, on traverse les dunes, là c’est du vrai sport, en pilotage et en navigation, et la vitesse tombe, on roule à 60 km/h.

UN PIÈGE PARMI LES AUTRES DANS LES DUNES, LA PENTE

Oliveira gagne la spéciale, c’est tout à son honneur mais le lendemain, sur une boucle de 486 km de sable, il ouvrira la piste, ce qui ne sera pas une sinécure !

Ceci est deux à moins de deux minutes, le vieux renard a bien joué le coup, Ullevalsetter est à cinq minutes, pas son jour… Les pilotes qui arrivent au bivouac vont retrouver Julie Vanneken, qui a chuté il ya deux jours, qui voulait repartir ce matin mais les médecins lui ont demandé de ne pas courir cette journée.

 

JULIE VANNEKEN

Elle en veut Julie, elle a fini l’an dernier en allant au bout d’elle-même, largement au-delà d’ailleurs, et elle entend bien revoir le Lac Rose !

Résultats scratch évolutifs moto Africa Eco Race 2018 étape 6   

http://2018.africarace-live.com/fichiers/PDF/06MS.pdf

Classement général motos étape 6

http://2018.africarace-live.com/fichiers/PDF/06MG.pdf

AUTOS/CAMIONS :
SERRADORI VAINQUEUR, DE ROOY QUATRE
AU GÉNÉRAL

VASILYEV PERD DEUX MINUTES VINGT AU GÉNÉRAL

Une heure et demi après la première moto, on lâche la première auto, celle de Vasilyev, on est dans un jour rapide, donc sauf souci technique, on pense que Serradori aura du mal à aller le chercher, sauf sur la toute fin du parcours.

Le fait est que l’on n’amuse pas le terrain, on roule à plus de 160 km/h et on peut imaginer le plaisir intense des pilotes derrière  le manche…

Pourtant, il ya toujours des surprises en sports mécaniques, ce qui explique que l’on y soit accro, au km 52, Serradori a 36 secondes d’avance sur Vasilyev.

Vasilyev dira au soir de l’étape qu’il a laissé passer Serradori pour que ce soit le buggy qui ouvre la piste le lendemain, c’est en effet une possibilité mais il a vraiment laissé passer Seradori très tôt !

Vasilyev  contrôle Serradori mais perd quand même plus de deux minutes, on le voit c-dessous !

 

ON SE BAGARRE À VUE !

 

Thomasse (MD) est trois (à 1’24’’) Martin quatre (3’28).

52 km en 22 minutes pour Serradori, oui, on est à plus de 140 km/h de MOYENNE !

Au km 103, l’avance de Serradori est montée à plus de deux minutes, il est vrai que le buggy sent le sable et que dans ces cas là, il est comme son pilote, tout guilleret et plein de force…

 

MATHIEU SERRADORI, HOMME DU JOUR

 

103 km en 46 minutes, la moyenne a baissé, 134 km/h quand même…

Et comme il ya seize minutes entre les deux autos, ce sont des minutes qui comptent énormément !

Son tableau de marche était d’arriver en Mauritanie avec 15 minutes de retard, il est parti à seize ce matin, hallucinant !

Sur ce même tracé de 103 km, le camion Iveco de De Rooy, cinquième temps, est sept minutes derrière Serradori.

Vitesse moyenne de De Rooy, 121 km/h…

GERARD JAN DE ROOY EXCEPTIONNEL

Jour rêvé, les fans du camion du désert sont aux anges…

Au CP1, km 152, Serradori a deux minutes vingt secondes d’avance sur la mini du Russe.

Il reste 50 km avant l’arrivée et le camion de De Rooy, toujours cinq, n’a que dix minutes de retard sur le leader.

Et il rend 45 secondes au buggy MD de Vauthier, ils étaient ce matin à une minute l’un de l’autre au général en bagarre pour la quatrième place !

Vasilyev s’accroche mais ne reprend rien, il est deuxième de la spéciale, deux minutes vingt derrière Serradori, il est toujours leader au général mais le buggy français grignote bien son retard…

Quand à Gerard De Rooy, il est dixième au scratch, vingt minutes derrière Serradori.

Cinquième au général, toujours à une minute du buggy de Vauthier.

Belle baston à prévoir dans l’océan de dunes demain.

Une boucle en marathon, le soir, tout le monde sera en parc fermé et l’assistance n’aura pas le droit d’intervenir, sauf à le faire en s’ajoutant au temps de course du pilote.

Résultat et classements évolutifs Autos/Camions Africa Race étape 6 

http://www.africarace.com/fr/course/2018/home

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos :
Alain ROSSIGNOL ET Jorge CUNHA/CAPTAIN NOWHERE ET SNIM

LES INTERVIEWS

Mathieu SERRADORI : « Je ne sais pas si c’est une bonne opération de gagner aujourd’hui
pour ouvrir l’épreuve marathon de demain… Mais il fallait rouler pour ne pas perdre de
temps auprès de Vasilyev qui lui a suivi sa stratégie en gérant son avance au général. C’était une étape de remise en jambes et tout s’est bien passé, on est content. Vasilyev nous a laissé passer pour qu’on ouvre demain, ça va être difficile de faire la trace dans les dunes... »


Vladimir VASILYEV : « C’était une course stratégique pour ne pas ouvrir demain mais c’était une étape pour les gros moteurs avec un tracé tout droit. Pour le marathon, il va falloir garder la tête froide sans faire d’erreur pour la voiture et pour les pneus car on n’a que trois roues de secours ! »


Guillaume GOMEZ : « On a enfin réussi à tout mettre en œuvre aujourd’hui, la mécanique, la navigation et le plaisir de doubler les autres voitures. Ce n’était pas facile de dépasser en évitant les pièges, on a quand même réussi à monter jusqu’à 200 km/h. On a roulé à fond sans prendre de risque, la navigation n’était pas compliquée mais il fallait bien rester concentrés. »


Gerard DE ROOY : « C’était une longue journée qui a commencé très tôt mais le passage de la douane a été assez rapide, nous avons donc dû attendre en arrivant tôt au départ de la
spéciale. Quelques buggys m’ont doublé, je n’ai pas été le plus rapide mais je vais encore y
aller doucement demain, bien faire attention et profiter du sable. »


Luis OLIVEIRA : « J’ai roulé tranquillement derrière les gars puis j’ai accéléré pour attaquer à mi-parcours pour les dépasser sur la fin. Le sable dans les dunes était très mou, j’ai encore beaucoup pu apprendre aujourd’hui avec cette 1ère étape mauritanienne. »


Paolo CECI : « C’était presque comme l’année dernière, j’ai pu rouler vite sur toute l’étape. Je suis content d’avoir fait la course avec Pal et Luis. A partir de demain ça va se compliquer, il va falloir bien rouler sans abîmer la moto dans l’épreuve marathon, et bien sûr, ne pas se perdre. »


Pal Anders ULLEVALSETER : « C’était sympa aujourd’hui, très rapide tout du long et pas
compliqué en navigation. Demain ça va être très difficile, j’espère que personne ne va s’en
sortir sauf moi !          

 

Africa Race Moto Rallye-Raid Tout terrain

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jeanlouis