‘AFRICA RACE’ 2018 JOUR CINQUIÈME JOUR : LE VIKING «ULLE» PULVÉRISE LE RUSSE, VASSILIEV AMASSE.

VASSILYEV ET ULLEVALSETTER ONT TIRÉ LES ROIS DU DERNIER JOUR AU MAROC

Vendredi 7 janvier 2018

Étape 5 Fort Chacal-Dakhla 631 km

Liaison 21 km

Spéciale Laayoune-Bir Anzarane 436 km

Liaison Bir Anzarane-Dakhla 174 km

Dernière spéciale de la semaine, puisque dimanche sera jour de repos dans le cadre somptueux de la Presqu’Île de Dakhla, une des escales de St Exupéry et ses copains de l’Aéropostale. Dakhla s’appelait alors Villa Cisneros, sur la route aérienne de Dakar.

RENÉ METGE NOSTALGIQUE

Ce que dit René Metge de cette étape :

« C’est une étape 100% nouvelle sur l’Africa Race, on va commencer par traverser le tapis roulant du phosphate de Laayoune. Une spéciale très rapide, peu caillouteuse mais difficile en navigation. René dit que l’on retrouvera à un moment des balises laissées par un très grand rallye d’autrefois. (NDLR .: Il ne peut évoquer le Paris-Dakar, nom qui est déposé, ce qui est hallucinant pour une course qui n’existe plus et se déroule sur un tapis de sable en Amérique du Sud, mais c’est bien de la course de Thierry Sabine qu’il s’agit, que René a gagné, en 1981, 1984 et 1986, et dont il a été le Directeur de Course en 1987. L’Africa Race est la course légitime sur les traces de Thierry Sabine. On imagine l’émotion de René de passer par cet endroit qui lui rappelle d’immenses moments !). « Cette piste permet de raccourcir la liaison routière finale vers Dakhla. Ce sera aussi une très belle spéciale de pilotage.»

Bref, encore un grand moment !

La carte montre le tracé de cette dernière spéciale marocaine.

 

L’itinéraire du rallye montre où l’on se trouve entre Monaco et Dakar.

 

Enfin le profil montre sur quel terrain on va rouler, vite d’après les traceurs…

Allez, vroom !

MOTOS : ULLEVALSETTER SANS PITIÉ

 

Le tapis roulant dont parle René est un énorme truc qui remonte le phosphate, la richesse de cette région, jusqu’au port d’El Marsa, sur 200 km, c’est à l’air libre et quand il ya du vent, les fumées s’échappent et la région est couverte de blanc.

Le CP1 est situé au moment où l’on traverse les installations avant de plonger plein sud vers le désert.

Ceci est parti le premier, Oliveira le rattrape immédiatement et c’est ensemble  qu’ils franchissent cet endroit (qui n’est pas le plus beau du pays) et foncent vers la vraie aventure.

En effet, on ouvre en grand ce petit matin, on roule aux alentours de 130 km/h, derrière suivent Simone Agazzi et Oliveira Rui, le terrain archi plat ne permet pas de finasser et de prendre du temps sur les suivants, on va finir en paquet, comme les GP !

Heureusement le désert est là pour faire en sorte que ces messieurs s’éloignent les uns des autres…

PAOLO CECI PHYSIQUEMENT TOUJOURS DEVANT ET LEADER AU GÉNÉRAL

 

Par endroits, on monte à 150 km/h, le danger est évidemment le manque de concentration, le terrain est dur et plat.

Le CP suivant est à 158 km, la situation va forcément se décanter un peu.

La liste des départs motos est réduite, seulement 28 pilotes, d’autres ont tiré direct sur la presqu’île de Dakhla, prenant évidemment une pénalité énorme mais ayant l’espoir de reprendre la piste après la journée de repos.

Et puis il ya eu des abandons, le quad 190 de Stefani par exemple, et aussi Lydia Truglio qui a chuté assez fort dans la deuxième spéciale, elle a été emmenée à l’Hôpital de Guelmin en hélico et a ensuite été rapatriée en France par avion.

LYDIA TRUGLIO BEAUMONT Á MONACO

Les médecins français ont un pronostic optimiste.

Il est vrai que les jours précédents ont été épuisants, longs, et pour les amateurs (et même pour Ullevalsetter !) la mécanique a souffert autant que les pilotes…

Au km 92, pas de CP mais un contrôle GPS, Oliveira a pris quasiment deux minutes à Ceci !

Pas mal, on rappelle que le Portugais roule ici son premier Rallye Raid, on rappelle aussi que Ceci, vieux renard de la piste, a 44 minutes d’avance au général et n’a pas forcément envie de prendre le même risque que le jeune fou qui est devant…

LUIS OLIVEIRA,FOU,JEUNE ET TALENTUEUX

Agazzi, parti trois, il ya eu un changement dans les ordres d’arrivée la veille, est déjà 10 minutes derrière les deux premiers, on est en mode duel parfait.

Truc insensé.

Ullevalsetter est là ! Je l’ai vu cette nuit, à trois heures du matin, et oui les journalistes ça dort peu, sur la route du littoral, où le camion-balai l’avait probablement ramené, roulant à 70 km/h et il était encore très loin du départ.

Si c’est lui qui était au guidon, son assistance est peut être allée le chercher ou chercher la moto, il n’a pas dormi.

On le saura ce soir à l’arrivée, qui a fait la route de nuit.

En tous cas là il est bien en selle, avec 14 heures de pénalité et donc aucune chance de gagner le rallye, mais si sa KTM daigne marcher comme avant, on le reverra rouler devant avec les deux vedettes…

La preuve, au km 92 il est loin dans la meute mais il a claqué le deuxième chrono, entre Oliveira et Ceci, énervé notre star d’Hollande !

Puis, au fil des rapides kms, le Norvégien prend carrément la tête, et le pire est que devant, on ne le voit pas !

On ne voit pas non plus qui est derrière le trio infernal, c’est l’Italien Simone Agazzi, qui roule Honda.

 

SIMONE AGAZZI TERMINE QUATRE DE LA SPÉCIALE

Oliveira est une minute trente derrière lui au chrono et Ceci à plus de deux minutes !

Il est vrai aussi que Ullevalesetter n’a plus rien à perdre…

Devant on ne chôme pas, 140 km/h pour Oliveira à l’approche du CP 4, il restera alors 100 km de spéciale au programme.

On ira moins vite d’ailleurs, le sable commence à moutonner sévère…

Au CP 4, Oliveira a trois minutes d’avance sur Ceci, autrement dit peanuts à côté de ce qui les attend en Mauritanie à partir de lundi. On attend bien sûr le passage d’Ullevalsetter, qui est plus loin, pour savoir qui est en train de devenir l’homme du jour…

La vitesse des deux motos qui ouvrent la piste, Oliveira et Ceci, ralentit considérablement, on savait qu’en toute fin de spéciale, le sable en (très) gros tas allait donner une idée de ce qui attend les pilotes la semaine prochaine.

Puis on remet du gros gaz, les drapeaux de la ligne d’arrivée se voient de loin, ça donne le moral.

ULLEVALSETTER, VAISSEAU AMIRAL DU DÉSERT

Il semble qu’Ullevalsetter ait un peu rendu les armes avant l’arrivée, il sera à priori dans les premiers…

Justement la voici l’arrivée, le premier à couper l’arche est Paolo Ceci mais ça ne signifie rien, en rallye raid, le mec qui part premier et arrive premier géographiquement ne signifie pas qu’il a le meilleur chrono.

Et, ça devient systématique, Oliveira a perdu du temps dans le dernier secteur, il termine 1’19’’ derrière Ceci qui va donc attaquer la Mauritanie avec un joli petit paquet d’avance au Général.

59 minutes sur Luis Oliveira et deux heures quarante sur Rui Oliveira.

En revanche, on a bien vu sur nos mouchards que Ullevalsetter prenait du 160 km/h dans le dernier secteur, bourrant comme un dingue et ça marche, il colle quatre minutes à Ceci et dix neuf à Oliveira… et gagne la spéciale.

Pas mal pour un revenant…

Résultats Motos Africa Race 2018 Etape 5 

http://www.africarace.com/fr/course/2018/home

 

AUTOS/ CAMIONS : MAXI VASILYEV

 

Une heure vingt après les motos, on lâche les autos et les monstres.

Pour eux, la piste plate est un régal de pilotage, Metge l’a annoncé, le camion de De Rooy roule à 145 km/h, les autos 160 et probablement plus, le GPS mouchard n’est pas instantané.

Au CP1, Serradori est deux minutes vingt derrière Vassilyev, le terrain de ce jour est totalement favorable à la Mini.

Qui ne prend pourtant qu’une minute au CP2 devant Serradori, Vasilyev devient prudent, la veille il a terminé sans roue de secours, en ayant crevé trois fois…

Gomez et son Optimus MD est trois, Rémy Vauthier est quatre, Rutzkoy cinq.

Ceci avant le passage de De Rooy au CP.

SERRADORI S’EST ENCORE MAGNIFIQUEMENT BATTU

 

Pas facile de s’y repérer, le mouchard de Vasilyev est en panne (les crédules qui parlent de la voiture connectée qui arrive se foutent bien dedans, quand ils seront à 120 sur l’autoroute et que les liaisons vont merder, car je ne connais pas de liaisons qui ne merdent pas, ils vont être moins enthousiastes…).

Au CP3, Vasilyev est en tous cas le premier à passer.

C’est la dernière étape vraiment rapide du rallye, il a intérêt à engranger un paquet de temps…

Serradori est radarisé à 185 km/h, il sait que son buggy peut prendre 200, c’est probablement le cas par moments,  c’est sûr que le navigateur doit se faire tout petit parfois, mais en place gauche, c’est la grande extase…

Je ne sais pas comment on dit extase en russe mais De Rooy passe le CP3 en troisième position, il a doublé Thomasse !

 

DE ROOY, MAGNIFIQUE ATTAQUANT

Digne de son père Jan de Rooy, le diable des monstres du désert…

Mais il prend du retard sur la fin, on sait qu’il tombe souvent en carafe, amortisseurs, freins, quand il ne crève pas, et vu la vitesse du jour, les autres partent tout de suite très très loin devant.

Vassilyev termine avec 6 minutes d’avance sur Serradori, il s’agit là d’un relevé de chrono, pas d’un classement officiel qui pour l’instant n’a pas été publié.

Il faudra attendre l’arrivée de De Rooy, même s’il semble qu’il soit en retard, pour donner une vraie idée de la journée.

C’est fait, De Rooy termine autre derrière Patrick Martin.

Un clin doeil…

TOMAS TOMECEK

 

Tomas Tomecek, qui roule seul dans son camion, un rêve d’Ironman insensé, est arrivé dix dans la spéciale, il remonte au Général où il est douze.

 

PARI INSENSÉ !

Tout le monde prend le goudron pour Dakhla, et un jour de repos qui ne le sera pas forcément pour tout le monde…

Résultats Autos/Camions Africa Race Etape 5 

 http://www.africarace.com/fr/course/2018/home

INTERVIEWS A L’ARRIVÉE

Vladimir VASILYEV : « C’était un tracé assez droit, on a bien envoyé sans rien lâcher, c’était
très rapide. Ca s’est encore bien passé pour nous, comme un avant-goût de la journée de
repos ! »

Mathieu SERRADORI : « On a roulé vite sans réussir à revenir sur Vasilyev, peut-être que
nous n’avons pas suivi les bonnes traces au début. On ne s’attendait pas à perdre du temps
aujourd’hui mais ils ont été très forts. On est toujours dans la course et on passe en 2ème
semaine avec une voiture en bon état. On est dans notre objectif qui était d’aborder la
Mauritanie à 15mn du leader, c’est le cas à une minute près. »

Pal Anders ULLEVALSETER : « Je suis parti dernier et je me suis bien amusé à rattraper et
dépasser pas mal de concurrents pour finir par gagner. Je suis déçu de ne plus être dans la
bagarre pour la victoire mais j’ai quand même réussi à prendre du plaisir. Maintenant je vais
pouvoir me reposer et en profiter pour prendre le temps de voir les autres concurrents sur la
plage demain. »

Paolo CECI : « C’était très rapide aujourd’hui, ça s’est bien passé pour moi en navigation. Je
suis content d’avoir roulé seul en ouvrant la piste. C’est dommage pour ma bataille avec Pal
mais ça ne change rien pour moi, je dois rester concentrer, la route est encore longue.
Maintenant je vais pouvoir aller me reposer à l’hôtel en pleine sérénité, la moto est
incroyable. »

Luis OLIVEIRA : « Il y a eu une navigation difficile mais c’était très roulant. Certains waypoints
étaient compliqués à trouver mais c’était encore une bonne journée et l’aventure continue

Jean Louis BERNARDELLI

Photos :
Alain ROSSIGNOL et Jorge CUNHA /Captain Nowhere

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