BERTRAND GACHOT SOUFFLE 55 BOUGIES

 

 

 

 

Franco-belge via le sport automobile, Européen convaincu par le design de son casque et désormais homme d’affaires expatrié en Espagne, Bertrand GACHOT fête son 55ème anniversaire ce 23 décembre.

 

Après avoir débuté relativement tard  par le karting en sport-mécanique, à l’âge de 18 ans et avoir trempé ses mains dans le cambouis comme mécano pour son pote belgo-norvégien Harald HUYSMAN, Bertrand GACHOT, dont le talent était indéniable, est ensuite passé par toutes les filières traditionnelles de promotion avant de frapper aux portes de la F1 en 1989, à 27 ans.

Alors que tous les connaisseurs lui prédisaient une belle carrière dans la catégorie reine, le ‘Bruxellois’ d’adoption fut toujours confronté à des problèmes de sponsoring depuis qu’il fut lâché par MARLBORO International.

 


24-Heures-Spa-1989-avec-la-Ferrari-Mondiale-de-Jean-Pierre-Van-Rossem-Gachot-avec-Keke-Rosberg-et-son-pote-Huysmans©-Manfred-GIET

 

Obligé de se rabattre sur des écuries de seconde zone, (MONEYTRON et RIAL en 1989 et LARROUSSE en 1991 et 1992), voire de fond de grille permanentes,(COLONI SUBARU en 1990 et PACIFIC en 1994 et 1995), la seule écurie qui aurait dû, qui aurait pu lui servir de rampe de lancement fut JORDAN GP en 1991, année où il était parvenu à bien s’intégrer et à faire progresser la superbe JORDAN 191, au point que les podiums paraissaient enfin à sa portée!

Malheureusement pour lui, ce qui paraissait avoir été un banal fait divers tourna au cauchemar, brisa et ruina sa carrière…

 


Bertrand-GACHOT- Equipe-JORDAN-1991©-Manfred-GIET

 

Explications

 

En décembre 1990, alors qu’il se rendait en voiture à un meeting du Team JORDAN, qui venait de l’engager pour la saison 1991, retrouva malencontreusement sur son chemin non pas un prémonitoire chat noir mais un «Black Cab », c’est-à-dire, un de ces célèbres fameux taxis noirs Londoniens, avec à la clef une altercation pour … une sombre histoire de refus de priorité!

« Bert » comme l’appellent ses intimes, charmant garçon de bonne famille, se sentant menacé par le taximan eut le malheur de faire usage d’une petite bonbonne de gaz lacrymogène toujours présente dans sa voiture pour se défendre en cas d’agression et l’aspergea de quelques jets qui aggravèrent la situation au point que la Police Londonienne s’en mêla avec tous les constats d’usage.

Toutefois, l’utilisation de gaz lacrymogène étant considérée comme agression armée sur le sol Britannique, GACHOT se retrouva confronté à la Justice anglaise huit mois plus tard, au retour du GP de Hongrie à Budapest, où il avait plutôt bien roulé au volant de la JORDAN en terminant neuviéme, après avoir réussi le meilleur tour en course avec de bons espoirs pour le GP suivant, le GP de Belgique,épreuve pour laquelle, il nous avait confié vouloir viser la pole et même un podium!

Parti se défendre avec ses conseils en toute confiance devant la Cour de Justice de Londres, la désillusion fut totale lorsqu’il apprit la lourde sentence et sans appel prononcée par le Juge BUTLER:

18 mois de prison ferme  et arrestation immédiate sans appel possible avant deux mois!

 


Bertrand-GACHOT-Equipe-JORDAN-1991 –  Photo : TEAM

 

Ce furent à la fois un tremblement de terre, une éruption volcanique et un Tsunami qui s’abattirent sur lui, entraînant une image dégradée de sa personne pour la suite de sa carrière, qui malheureusement ne fut plus qu’une triste parodie de ses réelles qualités de pilotage, suite au matériel peu performant dont il dut se satisfaire par la suite après avoir perdu son volant chez JORDAN et dont profita un certain…Michaël SCHUMACHER!

Le destin croisé des deux pilotes a fait, que suite aux circonstances évoquées ci-avant, d’une part l’invraisemblable carrière de Michaël SCHUMACHER prit son envol en ce dernier week-end d’août 1991 , tandis que d’autre part, l’infortuné Bertrand GACHOT, qui croupissait dans une sinistre geôle Britannique et voyait la suite de sa carrière en F1, transformée en véritable descente en enfer pour la suite et à laquelle il mit fin en 1995, avant de raccrocher casque et gants de toute compétition en 1998.

 

VICTOIRE AUX 24 HEURES DU MANS…


Bertrand .GACHOT- Mazda 787 B victorieuse aux 24 Heures du Mans en 1991-© Manfred GIET

 

Si cette date du 15 août 1991 a marqué à jamais Bertrand GACHOT, il lui en restera fort heureusement une autre, celle des 22 et 23 juin de la même année comme souvenir impérissable en devenant un véritable pionnier dans l’histoire des 24 Heures du Mans, qu’il remporta avec ses équipiers Volker WEIDLER et Johnny HERBERT, au volant de la MAZDA 787B à moteur rotatif et en y en signant une double première:

L’une pour une première victoire d’un moteur à piston rotatif et l’autre en permettant à un constructeur Japonais de vaincre pour la première fois dans la Sarthe.

Depuis sa retraite sportive, Bert est retiré en Espagne , sur les hauteurs de Marbella, où il réside depuis une vingtaine d’année avec son épouse Amanda et leurs trois enfants, Louis (18 ans), Grace (16 ans) et Lucia (14 ans).

Son fils Louis, a comme lui entamé une carrière en sport-auto, découvrant d’abord le Karting, pis le pilotage d’une monoplace, celui d’une F4 et la Formule Renault 2000, au cours de laquelle il déjà pu croiser le fer avec d’autres  célèbres fils de… comme Giuliano ALESI ou encore Mick SCHUMACHER.

Devenu hommes d’affaires en rachetant en 1998, la production des boissons énergisantes HYPE à Barry FOX, le fondateur des HARD ROCK CAFE, pour ensuite restructurer toute l’entreprise qui dorénavant se mesure au géant et concurrent RED BULL, en s’affichant depuis quelques saisons comme mécène sur les monoplaces des FORCE INDIA en F1.

Côté insolite, l’écurie FORCE INDIA a pour origine les … cendres du Team JORDAN GP, où il a cédé son

baquet vacant à Michaël SCHUMACHER  en 1991 et leurs fils respectifs Louis et Mick se sont croisés

sur les pistes en Formule F4, comme quoi le cycle de vie de Bertrand GACHOT ressemble à une vraie saga!

A défaut de réussite au cours de sa carrière de pilote, hormis quelques rares exceptions comme son triomphe au Mans, « Bert » entretemps s’est érigé en businessman comblé qui se partage non seulement entre Marbella et Dubaï, mais aussi, marketing oblige, sur les différents GP tout au long de la saison.

Et à propos de ses loisirs, un de ses rêves les plus fous, est d’effectuer un jour … un tour du monde sur un super bateau dont il est friand.

 

Bon anniversaire … et bon vent Bert !

 

Manfred GIET

Photos: Publiracing Agency

 


Bertrand-Gachot-sur-la-Moneytron-du-fantasque-Van-Rossem-en-1989-©-Manfred-GIET

Bertrand-GACHOT-au-volant-de-la-Coloni-F1-C3B-en-1990-©-Manfred-GIET.


Bertrand GACHOT et la Coloni F1 FC 189 C en 1990-© Manfred GIET


Bertrand-GACHOT-F1-Pacific-PR01-en-1994-©-Manfred-GIET.


Bertrand-GACHOT- F1-Pacific-PR01 en 1994-©-Manfred-GIET.


Bertrand-GACHOT-Victoire aux 24 Heures du Mans en 1991.Son plus beau souvenir dans sa carrière-©-Manfred-GIE

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