INTERVIEW D’ÉRIC VAN DE VYVER, LE CRÉATEUR DU ‘VdeV’

 

Éric Van de Vyver 

« C’est dans l’ADN du VdeV
d’offrir les mêmes armes pour tous »

 

Au terme d’une Saison 2017 palpitante et indécise, Éric Van de Vyver, Créateur et Organisateur des VdeV Endurance Series, fait le bilan de l’année écoulée, et des perspectives pour une Campagne 2018 qui s’annonce au moins tout aussi passionnante.

 

Éric, quel bilan tirez-vous de la Saison 2017 ?
On a pu observer l’indécision la plus totale qui a régné pour le dénouement de chaque Challenge!

Je pense que l’incroyable indécision de chaque championnat prouve que l’on a réussi, avec la catégorisation des pilotes, à rendre les courses intéressantes. Tout le monde peut gagner, et pas seulement les pilotes pros, mais également les amateurs qui sont mis en avant. C’est à mon sens une bonne formule. Cette règle est parfois critiquée, car on me dit qu’il est anormal que les amateurs gagnent devant les professionnels, mais c’est dans l’ADN du VdeV d’offrir les mêmes armes à tout le monde.

Sans cette catégorisation, dans le Challenge Endurance Proto par exemple, la Norma de Vilarino, Ferté et Illiano roulerait devant et les autres resteraient derrière. Mais s’ils ont gagné, c’est la récompense de tout un travail qui a été fait par TFT pour compenser les handicaps. Des Amateurs aussi, ont gagné des courses, et ça a fait jaser, mais je persiste à penser que c’est une bonne chose, et on a fait ça pour ça. Est-ce pour cela que les pros ne reviendront pas ? Non, bien au contraire, car on sait qui apporte le plus gros des budgets. Et s’ils n’ont aucune chance de s’illustrer, ce sont les Amateurs qui n’y trouveront plus leur intérêt, en Proto comme en GT/Tourisme. Aujourd’hui, les Gentlemen prennent le départ, ils roulent le plus, et pour la vitesse pure, la logique est respectée car c’est toujours le plus rapide qui signe la pole position, démontrant ainsi qui est le meilleur, ou qui dispose de l’auto la plus performante.

Le Challenge Européen Endurance GT/Tourisme/LMP/PFV est en pleine mutation.
Quelles sont les perspectives?

Nous avons rencontré quelques problèmes avec les Ginetta qui n’ont pas été mises au goût du jour. Elles devaient être au même niveau que les LMP3 mais n’ont jamais voulu se mettre en conformité. Leur absence à partir de Jarama nous a coûté de l’argent, mais il fallait que je le fasse pour prouver qu’en VdeV les voitures sont contrôlées. On devrait en tout cas récupérer pas mal de LMP3 l’an prochain. Du côté des GT, on a noté l’arrivée des nouvelles Solution F qui sont en cours d’homologation pour intégrer la catégorie GT3. Il devrait y en avoir au moins quatre. C’est une voiture fantastique et peu onéreuse, important dans un contexte où pour certains, ce sont les budgets qui freinent l’engagement. D’autres écuries veulent par ailleurs revenir, séduits par le mélange entre les prototypes et les GT qui fonctionne parfaitement. Et c’est sans compter sur certains propriétaires de GT4 qui ont émis le souhait de faire de l’Endurance chez nous.

Le Challenge Européen Endurance Proto est lui aussi sur la voie du renouveau, avec l’apparition du moteur 1,6 litre turbo. Êtes-vous satisfaits du premier contact avec le Championnat ?

Le premier contact de ce moteur unique développé par RDM, en course, à Estoril, fut effectivement très positif. La performance, on l’a vu, est bien là, et la fiabilité aussi. Le moteur est en effet garanti 15.000 kilomètres, et c’est du jamais vu aujourd’hui en Sport Automobile. Il résout par ailleurs certains inconvénients du moteur atmosphérique, comme les vibrations, et tous les problèmes périphériques n’existeront plus. C’est à mes yeux l’avenir du CN, et le nombre de 1,6 litre turbo ne va cesser d’augmenter. Mais que les possesseurs du moteur Honda se rassurent, nous allons mettre en place une balance de performance pour que tout au long de l’année l’un ou l’autre puisse gagner. Nous tenons à conserver en VdeV le principe d’équité.

Le Challenge Funyo reste une valeur sûre des meetings VdeV. Qu’est-ce qui fait sa force, et y-a-t-il des nouveautés à attendre l’an prochain ?

Ce Challenge est extraordinaire, avec une moyenne de 35 voitures à chaque meeting. On restera sur cette tendance l’année prochaine, car nous avons concocté un règlement allant dans leur sens, les budgets restent raisonnables et tout le monde est content. Yves Orhant a passé la main pour pérenniser le développement et faire grandir cette catégorie a plus que jamais un bel avenir devant elle. Concernant les nouveautés, ayant entendu le souhait des concurrents de rouler davantage, nous allons désormais leur proposer une quatrième course sur quatre ou cinq des six meetings qui leur sont consacrés. Plus de roulage, donc, pour satisfaire à leur demande.

Le Challenge Monoplace, lui aussi incontournable en VdeV, s’apprête lui aussi à évoluer.
Expliquez-nous.

Nous avons décidé de modifier le format, car nous nous sommes aperçus que des teams arrivent le mardi ou le mercredi et liment la piste avant le début du meeting, et certains n’ont même plus de budget pour y participer. C’est idiot, car quand on fait rouler des Formule Renault 2.0, c’est pour la faire courir, pas pour des entraînements. D’autres n’arrivent pour leur part que le vendredi et sont de ce fait désavantagés. Pour y remédier, nous avons décidé – et c’est valable pour toutes les catégories des VdeV Endurance Series – d’interdire les essais 20 jours avant, ce sera contrôlé par chaque circuit, mais en contrepartie d’organiser à l’attention des concurrents du Challenge Monoplace, qui étaient demandeurs, trois ou quatre heures d’essais le jeudi. Quatre heures, ce n’est pas deux jours de roulage, et le final ce sera la course. On en a discuté avec les écuries, elles sont satisfaites de ce format, et ça n’augmentera pas les budgets car c’est compris dans le montant de l’engagement. Je suis donc certain qu’il y aura beaucoup de voitures sur la grille l’an prochain.

Le VHC, quant à lui, reste plus que jamais dans l’ADN du VdeV et le meeting de Magny-Cours a semblé redonner des couleurs au Challenge.

Et on restera sur cette tendance, d’autant que nos amis organisateurs de la Ferdinand Cup nous ont assuré qu’il y aurait davantage de concurrents. C’est en très bonne voie, semble-t-il. À la vingtaine de voitures attendue, je vais vous livrer un scoop, s’en ajoutera autant. C’est en effet acté, nous auront vingt autos de plus à compter du meeting de Magny-Cours car tout un groupe nous rejoint et nous envisageons, à ce titre, d’ajouter une cinquième course à Navarra. Quarante voitures en VHC, c’est intéressant, non ? Et si on parvient à atteindre la soixantaine, on pourra alors envisager relancer les 2 Tours d’Horloge. Nous n’avons jamais abandonné l’idée.

Globalement, enfin, quelle sera la tendance pour les VdeV Endurance Series en 2018 ?

Pour des questions de budgets, nous avons souhaité resserrer les distances et le calendrier se concentrera sur la France avec quatre courses dans l’Hexagone, une à Barcelone et une dernière à Navarra, deux circuits qui ne sont pas loin de nos frontières. Il y a aussi Estoril, c’est certes un peu plus loin, mais c’est un incontournable, une destination magique pour conclure la saison. La retransmission en direct de nos courses fut par ailleurs un succès, nos téléspectateurs n’ont cessé de grandir, avec une audience de plus de 250.000 personnes à Magny-Cours, et ce dispositif sera bien sûr reconduit en 2018. Le live nous a beaucoup apporté, il y une véritable interaction avec les fans, c’est génial. On continuera également à passer de bons moments dans le paddock. Car le VdeV, c’est du Sport Automobile, mais avec la fête en plus !

 

Stéphane ÉNOUT

Photos :
Hugues LAROCHE

 

 

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