LA MORT DE CHRISTIAN LE LIARD : L’HOMMAGE D’ERIC DE SEYNES…

 

 

 

Christian Le Liard n’est plus.

Il nous a quittè à 61 ans.

Christian a été l’un des points clés de la moto en France, comme pilote il a mis au point la fameuse Elf à la fin des eighties (en GP 500, en 1985) moto bourrée de nouvelles idées et de brevets que les Japonais se sont vite décidés à acheter en totalité.

Il a aussi couru en endurance avec cette moto Elf e, dans sa version 1000cc.

C’est l’ingénieur André de Cortanze, qui a auparavant travaillé dans la F1, qui a proposé à Elf d’en intégrer certaines technologies, 18 brevets au total sont déposés.

Le cadre est supprimé, le moteur assure la rigidité, les suspensions s’ancreront dessus.

La fourche aussi est remplacée par un double triangle superposé et un système de levier et biellettes pour la direction.

Pour abaisser le centre de gravité et faciliter la mise sur l’angle, le réservoir d’essence est placé sous le moteur. Le carénage intégral est donc de mise pour présenter le meilleur coefficient de pénétration dans l’air possible.

S’adjoignant les services du dessinateur Daniel Tréma, la gestation de la première moto durera trois ans.

Christian est ensuite entré dans les affaires, je l’ai un peu perdu de vue, mais ses amis en parlent avec beaucoup d’enthousiasme, je cite Eric de Seynes, qui dirige aujourd’hui Yamaha Europe et est membre du board au Japon.

« Je suis sonné… Christian Le Liard est décédé… On s’est parlé juste avant l’été alors qu’il avait encore des projets plein la tête! Christian qui a été un de mes premiers compagnons de route, lorsque j’ai monté ma première société Sport Action en 1984. Christian le pilote talentueux que j’ai vu gagner la Coupe Kawasaki au Mans en ouverture du Bol d’Or, que j’ai parfois accompagné en GP500 avec la Elf, Christian l’entrepreneur, le créateur, l’insatiable monteur de projet, lui qui promettait toujours un lendemain meilleur que la veille.. Rencontré par l’entremise d’Alain Chevallier, on « s’associe  » pour faire courir les Suzuki ex.officielles du Sert en endurance, dont l’une se voit équipée d’une caméra. Nos pilotes sont au top sur la première moto: Le Liard, Espié et Guilleux.  Nous finissons 4eme au Mans et 6eme à Suzuka en 86! Que des bons souvenirs.

Christian c’était le charme, le talent au guidon, la créativité et le sens de l’amitié. Des amis, il en avait beaucoup! Des bons, des moins bons, des sympas, des intéressés, peu importe ils faisaient tous partie de ce cercle de relations fourmillant dont il avait besoin..Toujours en action, toujours avec des projets.. Mais ce que nous avons vécu ensemble pendant deux années en 85 et 86 avec Sport Action, je ne l’oublierai jamais, tant cela a été formateur pour moi. Les relations avec les sponsors, les pilotes, la presse, le montage de notre team, etc.. J’avais 25 ans et je prenais l’expérience comme elle venait avec enthousiasme!

Quand pour pleins de bonnes raisons j’ai dû arrêter l’entreprise fin 1986, et il est celui qui est resté jusqu’au bout, j’ose dire le seul qui m’a soutenu lorsqu’il m’a fallu faire le travail que personne ne voulait voir. Je ne l’oublierai jamais.

Depuis 30 ans on se croisait de temps à autre, toujours avec plaisir car notre relation n’a jamais été endommagée par quoi que ce soit.

Son décès me choque, non pas parce que je l’apprend en étant au Japon , où nous avions passé une semaine formidable avec toute notre équipe à la suite des 8h de Suzuka 1986, mais parce que Christian respirait la vie et que son décès sonne faux. .

Toutes mes pensées vont à son épouse, ses enfants, sa famille et tous ses amis qui se reconnaîtront. »

J’ai trouvé l’hommage très sincère et plein d’émotion, je le reproduis donc ici.

Jean Louis BERNARDELLI (Special Thanks Eric de Seynes)

Photos: ELF

 

 

 

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jeanlouis