81ème BOL D’OR: UN NIVEAU DE PERFORMANCE EXCEPTIONNEL!

 

 

BOL D’OR 2017 – Avant le départ, le GMT 94 Yamaha – Photo Jeff THIRY.

 

Le 81ème Bol d’Or, aura été le théâtre d’une course intense et rude malgré des conditions météorologiques quasi idéales.

Une course intense et rude

BOL d’OR 2.17 La YAMAHA GMT 94. Photo : JEFF THIRY

 

Intense, parce que toutes les marques engagées officiellement, BMW-Honda-Kawasaki-Suzuki et Yamaha, misaient sur des équipages véloces et de grande expérience, auxquels étaient assignés des temps au tour extrêmement rapides, faute de quoi, ils se seraient bien vite trouvés insensiblement décrochés.

Rude, parce que sur un aussi beau circuit que le Paul Ricard, les vitesses atteintes dans la longue ligne droite du Mistral – aux alentours de 330 km/h – et la technicité du tracé Provençal, éprouvent tout autant les organismes que les motos.

Avec un taux d’abandons dépassant les 50%, on peut dire que tous les équipages classés, ont réalisé un bel exploit.

A chaud, les premiers commentaires ont insisté sur la suprématie éclatante de la Yamaha du GMT 94, sur le retour de Honda aux affaires et sur l’apparition-enfin- de BMW en haut du classement.

 

BOL-dOR-2017-La BMW de l’écurie WEPOL-BMW Motorrad-Team by  qui termine à une belle deuxième place penz13.com-Photo Jeff THIRY

 

A ce propos, il faudra bien reconnaitre que cette position, certes appréciable, obtenue par une machine privée aurait été moins reluisante, si les performances intrinsèques de Kawasaki et Suzuki, s’étaient confirmées sur la durée et, si Honda et Yamaha n’avaient pas vu une de leurs deux motos, tomber au champ d’honneur.

En fait, c’est bien là l’essence même des courses d’endurance, surtout de 24 heures.

 

BOL-DOR-2017-La HONDA N°111 finit troisième-   Photo-Jeff-THIRY


BOL D’OR-La BMW N°48 du Völpker NRT48 Schubert Motors by ERC

 

A observer à froid le classement, nous souhaitons apporter une analyse plus fine que les impressions brutes établies dans une fin de course haletante-pour la troisième place- entre un Sébastien Gimbert, vieux renard de l’endurance sur la Honda N°111 et la frêle Lucy Glöckner, brillante pilote Allemande de la BMW du Völpker NRT48 Schubert Motors by ERC.

Les motos officielles haussent le ton

BOL-DOR-2017-F.C.C.-TSR-Honda-France-photo-Jeff-THIRY

 

Pour nous, la Honda N° 5 et la Yamaha N° 7 possédaient tous les atouts la victoire et pourtant…

Sans doute ne saurons-nous jamais la vérité mais il nous semble bien patent que les pneus Bridgestone aient joué un vilain tour,  à ces deux équipes. Toutes les deux virent leurs pilotes chuter dans le tour de lancement après un changement de pneumatiques.

Or dans le paddock, tout le monde sait que ces pneus sont d’une efficacité redoutable, pour autant qu’ils aient suffisamment monté en température. Si la Honda F.C.C. TSR Honda France N°5, put repartir après la chute d’Alan Techer et une assez longue remise en état de la moto, Josh Hook, Alan Techer et Freddy Foray, voyaient leurs réelles chances de podium s’envoler, ils terminent finalement 6èmes.

 

BOL-DOR-2017-Kohta-NOZANE-YART-Yamaha-photo-Jeff-THIRY

 

Le YART Yamaha quant à lui s’était retiré vers 21H, juste au moment où la nuit commençait timidement à envahir le plateau du Castellet et le tracé Varois, après avoir plongé en fond de classement, suite à la chute de Kohta Nozane.

Que dire encore de l’éphémère et brillante démonstration d’un Randy de Puniet impérial durant les 30 premières minutes de course au guidon de la Kawasaki SCR N°11?

 

BOL-DOR-2017-La Kawasaki – Photo-Jeff-THIRY-

 

De notre côté, connaissant trop bien la qualité de préparation de l’équipe de Gilles Stafler, cette casse moteur rarissime pour cette équipe,  est trop injuste et nous regrettons ce coup du sort, s’abattant sur un team aussi compétent et sans doute totalement abattu.

Beaucoup de spectateurs ou téléspectateurs ont également apprécié un retour aux affaires du SERT avec la nouvelle Suzuki. Logée aux avant-postes durant le premier tiers de course, la Suz démontrait qu’elle faisait jeu égal avec la GMT94 et la Honda N°5 mais, ce que les mécaniciens redoutaient, arriva

 

BOL-d-OR-2017-Etienne-Masson-sur-la-Suzuki-L7. Photo Jeff THIRY

 

Des ennuis à répétition vinrent entraver la marche en avant de la N°2: plaquette de frein qui se met en travers obligeant à changer les étriers, chaîne préconisée par les ingénieurs Japonais, qui se détend, qui est retendue mais qui pète en piste, platine du sélecteur qui cède sous l’effet des vibrations…

Ensuite, incompréhension avec les commissaires et s‘ensuit alors, un ‘stop and go’ pour poussette des mécaniciens hors zone d’intervention, puis un autre sanctionnant l’oubli du casque d’un mécanicien!

Bref, et pour couronner le tout, problème électronique, toujours délicat à déterminer avec l’évolution complexe de l’électronique et le multiplexage des faisceaux.

En fait, perte de la traction contrôle par suite de la défaillance d’un capteur réclamant un pilotage délicat avec la puissance arrivant brutalement…

Malgré toute cette avalanche de déboires auxquels les mécaniciens s‘attendaient malgré tout, l’équipe ne boudait pas son plaisir de terminer à une septième place, rapportant au final 33 points au Championnat du monde, contre 60 au GMT 94, le Team victorieux.

 


ENDURANCE BOL d’OR 2017-Vincent Philippe © Michel Picard

 

Vincent Philippe, le pilote ‘ maison’ depuis des annèes, résumait bien l’état d’esprit de l’équipe par ces propos:

« Bravo à toute l’équipe du SERT, à Suzuki et leurs partenaires pour ce très beau rendez-vous. Ce n’est pas le résultat qu’il faut retenir mais les qualités de ce Team et ce nouveau joyau qu’est la toute nouvelle  GSXRR! »

On avait constaté il y a quelques jours à l’atelier au Mans, combien les mécaniciens avaient « tiré sur la corde » pour terminer la préparation de la nouvelle machine de course.

 


MOTO-ENDURANCE-BOL D’OR 2017-Au SERT, e montage début septembre de la nouvelle moto -Photo Alain MONNOT

 

Le nouveau calendrier que le SERT dénonce haut et fort – la prochaine manche du Championnat du monde, les 24 Heures du Mans moto, est programmée seulement en…avril prochain – va pourtant permettre aux techniciens de souffler un grand coup, avant de reprendre pièce par pièce tout ce qui doit être amélioré, sachant que le moteur et la boîte se sont montrés excellents et fiables.

Durant la course, la Honda Racing N°111, a quant à elle, démontré des performances à la hauteur des enjeux et, eux aussi, furent victimes d’un défaut électronique, difficile à cerner, puisqu’un changement de batterie initial, ne suffit pas à effacer le problème, qui provenait… de l’alternateur, d’où plusieurs passages au stand pour régler le défaut.

 

Le GMT 94 impérial

BOL-DOR-2017-GMT-94 Yamaha- Photo-Jeff-THIRY

 

On savait le GMT 94 dominateur depuis la saison dernière et son titre de Champion du monde. On se rappelait également que depuis dix ans, le Bol d’or se refusait à la brillante structure de Christophe Guyot. On se doutait que les pilotes, les mécaniciens, le manager et toute l’équipe faisait de cette course un objectif majeur de cette nouvelle saison à cheval sur 2017-2018.

Malgré tout cela, de là à assister à une sorte de maitrise impériale de la course sans aucune erreur n’était pas forcément une chose évidente à réaliser.

Si, une certaine prudence semblait de mise lors du lancement de la course, le ‘système’ GMT particulièrement motivé et parfaitement huilé, déroulait une stratégie à la fois agressive et prudente, avec un haut niveau constant de performances de chacun des pilotes.

 


BOL d’OR 2017- Gregg Black sur la Suzuki L7 N°2

 

Vincent Philippe, le fer de lance de l’èquipe rivale du SERT, reconnaissait cette supériorité, tout en tirant son chapeau, au fait que les trois pilotes se montraient capables de hausser en course-de manière constante- leur niveau de pilotage entrevu aux essais.

Dans un sourire, il confiait même, « qu’ils en profitent, nous nous sommes battus avec eux pour la première place durant plus de sept heures et nous allons tout faire pour hausser notre niveau de fiabilité et alors là… »

Les vainqueurs quant à eux, de manière unanime, reconnaissaient le niveau élevé de la concurrence, les ayant obligés à se surpasser pour obtenir cette éclatante victoire.

Christophe Guyot, The boss lâchait:

« La course a été d’une rare intensité. Nous avons eu de nombreux adversaires successifs pour atteindre notre objectif de victoire. L’énergie, le talent et la détermination des pilotes, des mécaniciens et de toute une équipe dévouée ont été la clef de cette victoire. »

David Checa, poursuivait:

« Pour moi, chaque victoire est spéciale, c’est du partage. On a souvent connu des galères et de la malchance, mais là tout marche à merveille. Pour la première course de la saison 2017/2018, nous faisons carton plein en prenant les 60 points possibles entre ceux accordés pour la victoire et ceux donnés lors des passages à 8 et 16 heures de course. C’est le résultat de beaucoup de travail. Nous n’avons jamais baissé les bras dans aucune circonstance. »

A ses côtés, Niccolò Canepa, enchainait:

« Nous n’avons rien lâché, nous nous sommes donnés à 110% et à la fin ça a payé et nous avons gagné. L’année passée était une année super, la moto marche toujours mieux à chaque course, mes coéquipiers sont très vites, nous avons fait une saison incroyable je suis vraiment très content. »

Enfin, l’ancien Champion du monde en GP de vitesse, Mike Di Meglio, cocluait, lui:

« On savait qu’en venant ici, il fallait marquer des gros points. Il fallait rester concentré. C’était une course fantastique, on a tout donné du début à la fin, d’abord pour avoir les points toutes les huit heures, puis pour la victoire. C’était très dur pendant la nuit et cela a vraiment été un partage entre les trois pilotes et l’équipe. »

 

BOL-DOR-2017-Tati-Team Beaujolais Racing-  Photo Jeff THIRY-

 

Il serait injuste de ne pas saluer comme il convient les résultats tout aussi méritoires des teams engagés en Superstock.

Le meilleur équipage de cette catégorie, le Tati Team Beaujolais Racing, décroche une superbe huitième place -juste derrière les motos du mondial EWC- avec Julien Enjolras, Julien Pilot et Kevin Denis, après une course sans problème.

 

BOL d’OR 2017- La Moto du Team 33 Accessoires Louit Moto – Photo Jeff THIRY

 

Neuvième à l’arrivée et deuxième en Superstock, le Team 33 Accessoires Louit Moto et sa Kawasaki, termine à trois tours du Tati Team Beaujolais Racing.

Alors que le Junior Team Le Mans Sud Suzuki, troisième en Stock, a fait une belle remontée dans le Top 10 général!

 


BOL-DOR-2017- Magnifiques installations au circuit PAUL RICARD – Photo  Jeff THIRY

 

Les quelques 68 000 spectateurs massés sur le pourtour du superbe circuit Paul Ricard, ne se sont pas trompés sur la qualité des performances et des exploits, auxquels ils assistaient en levant les bras d’admiration et en applaudissant chaleureusement la montée des trois équipages gagnants sur le podium.

Effectivement le niveau de ce Bol d’Or édition 2017, aura été tout à fait exceptionnel. En début de course les huit motos de tête roulaient quasiment toutes en 1’59’’.

En fin d’épreuve, les temps les plus courants des machines officielles survivantes tournaient autour de 2’00’’. Cela en dit long sur la progression technologique et sur la qualité des pilotes.

D’ailleurs, à ce sujet dans un équipage on ne peut plus se permettre d’avoir un «  maillon un peu plus faible », les deux autres pilotes ne pourraient plus compenser les écarts.

 

BOL D’OR 2017 – Épatante et performante Lucy Glöckner!  Photo DR

 

A ce sujet, tous les ‘vrais mâles’ du paddock auront apprécié à sa juste valeur, le fabuleux ‘mano à mano’ entre Sébastien Gimbert et Lucy Glöckner qui a tenu sa place de pilote sans avoir à subir les qualificatifs attribués au sexe faible!

 

BOL-DOR-2017 – Lucy-GLÖCKNER- Equipe Voelpker-NRT-48-photo-Jeff-THIRY

 

Franchement comme le reconnaissait l’ami Gilles Gaignault, RESPECT et CHAPEAU, à la pilote Allemande qui a été formidable lors de l’ultime relai, où la jeune femme n’a rien lâché, se permettant de donner des sueurs froides à un certain Sébastien Gimbert, pour tenter de lui chiper la troisième place du podium!

 


BOL D’OR 2017  – Girls Racing Team – Photo Jeff THIRY

 

Et coup de projecteur aussi également pour l’équipe ‘ féminine’ qui termine dans le Top 20, à la di-neuvième place avec une moto qui portait, rappelons-le, le N°19!

 

BOL-DOR-2017-Ambiance dans le stand du GMT 94,  autour de Christophe Guyot, le patron du GMT 94

 

En conclusion, nous retiendrons d’un long échange avec Christophe Guyot, le patron du GMT 94, une sorte d’explication de cette victoire.

« Nous nous n’étions jamais posés la question de savoir si cela faisait dix ans que nous n’avions plus gagné au Bol, par contre, nous savions bien que les deux années précédentes, malgré de sérieux aléas au départ, nous avions démontré que nous disposions de la moto la plus rapide du plateau. Cette année, sur le podium, nous avons éprouvé un sentiment extraordinaire d’avoir réussi une belle démonstration, d’avoir prouvé que rien n’est impossible. En effet, tu parles de course impériale, mais il faut savoir qu’il y a eu aussi des grains de sable. Par trois fois, nous avons été pénalisés par la sortie de la voiture de sécurité et nous avons eu droit à un Stop and Go. »

Et il précisait:

« Ce qui a sans doute un peu changé, c’est d’avoir, avec l’arrivée de Mike Di Meglio, un équipage au sein duquel les trois pilotes sont soudés comme des frères, autour de la seule volonté de gagner. Chacun est convaincu qu’il dispose des deux meilleurs équipiers possibles. Leur conviction et leur volonté agit de manière dynamisante sur toute l’équipe. Ils irradient la joie, l’envie et chaque membre de l’équipe, quelle que soit sa fonction, a envie de tout donner pour eux, en retour. »

Et l’on connait le résultat.

Chapeau !

 

Alain MONNOT

Photos : Jean François THIRY

 

L’équipage vainqueur de la YAMAHA GMT Bol d’OR.

 

LE CLASSEMENT GENERAL FINAL DU BOL D’OR 2017

https://www.fimewc.com/wp-content/uploads/2017/09/Bol17_ProvisionalResults.pdf

 

BOL-DOR-2017-Avant-le-départ. Photo : Jeff THIRY

 

BOL- D’OR-2017-AMBIANCE-Grille de départ – Photo  Jeff THIRY

 

BOL d’OR-2017 – Belle performance de l »équipage féminin- Photo Jeff THIRY

 

Bol d'Or FIM EWC

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