TROPHEE DES ALPES 2017 JOUR TROIS : DANS LES COLS…ROULEZ !

 

LA PORSCHE 91 DE DEFLANDRE EN OUVERTURE ETUNE SUPERBE 356 AU GALIBIER

 

C’est une journée de très grands cols alpins, célèbres en particulier grâce au Tour de France et à ses grimpeurs, notre ami belge Philippe Janssens nous narrera donc la journée à la mode vélo, la dope en moins…

Le dope sur un rallye Classic, c’est le plaisir et la satisfaction du boulot parfait.

Le pilote sur ses trajos, le coéquipier sur des instruments électroniques dignes d’un Airbus auquel il faut ajouter les abaques.

Abaques ?

Des  tables  inventées par les Chinois sous le doux nom de boulier qui sont en fait des facilités de calcul,  car le boulot du navigateur est plus compliqué qu’un alunissage d’Apollo !

 

 

C’est aussi une superbe journée de voyage, 400 km de montagne extrêmement abrupte, de La Clusaz à Gap, j’ai toujours une admiration énorme pour ceux qui ont tracé ces routes improbables dans des environnements totalement hostiles !

 

 

On a attaqué le matin par le Col de la Madeleine, là c’était le genre ballade écossaise, le vert fluo des prairies de haute montagne sous un brouillard tellement dense que l’on recevait une sorte de crachin brestois…

Avec en fond de décor une montagne écrasante, le massif de la Meije et son glacier…

 

LA MEIJE

 

C’est une banalité, mais nous qui nous croyons forts parce que l’on a  posé le pied sur la lune, je parle de l’humanité toute entière, au pied d’une seule montagne nous ne sommes même pas un moucheron…

Le haut du col de la Madeleine, ans arbres bien sûr, m’a rappelé ces formidables Six Jours d’Ecosse de Trial, alias SSDT,  que j’ai pu suivre durant des années à mon époque Moto Verte, paysage très celte finalement, ce qui convient aussi à ma lignée bretonne.

Ensuite, le rallye a attaqué le Glandon, la Croix de Fer, le Télégraphe, de très gros morceaux avec une fin en apothéose

 

 

Le Galibier, le géant des forçats de la route (merci Albert Londres), pris à partir de Valloire au milieu d’une nuée de cyclistes (dans les mois de vacances, on en voit monter 500 par jour !) avec ou face à des groupes de motards plutôt prudents, il est vrai qu’ici, si on sort de la route c’est ravin, et cher le ravin…

 

 

Des perspectives à couper le souffle, du haut du col on voit les autos monter sur une route impensable, au début grosses comme une tête d’épingle, heureusement que certaines ont gardé leur bruit de compétition, les entendre et les voir de si loin est un vrai plaisir d’initiés…

Initiés ?

 

 

Le passage de la NSU 1200 TT de Guarato et Benoît, capot arrière levé pour améliorer le refroidissement, image sublime qui redonne le grand frisson des rallyes grande époque, ceux où Ove Andersson, au Monte Carlo, en 1971, sortait de son Alpine en disant qu’il était dans son baquet depuis plus de vingt heures…

Cette NSU développe cent bourrins et l’ouverture du capot arrière est géniale, les doubles carburateurs double corps Weber sont plus gros que le moteur !

 

 

Suivi aussi la Porsche 911 3,2 l de Morançais et David, deux mecs très sympas qui habitent le Mans, et connaissent très bien le Bugatti, Philippe David a été l’assureur de l’ACO et a repris l’hôtel Ibis de Jean Claude Chemarin, dont les fenêtres donnent sur le circuit des 34 heures.

C’est son premier rallye et il a vite appris le garçon…

Côté pilote, ce que j’ai vu moi de l’extérieur, ce sont les trajectoires parfaites et enchaînées sur des dizaines de km de montagne, un vrai bonheur, une 911 bien menée c’est de la tapisserie d’Aubusson, de l’orfèvrerie de Benvenuto Cellini..

Le pilote est donc Philippe Morançais, qui m’a expliqué…

Il fait du circuit, au Bugatti, c’est l’avantage d’être du Mans, et il fait aussi de la moto où la trajectoire c’est la vie.

 

ICI ON ROULE…DECOUVERTS!

 

Bravo à ceux et celles qui sont monté(e)s décapotées au Galibier, 2600 mètres d’altitude, ce n’est pas le plus haut col d’Europe (La Bonnette, 2802 mètres) mais c’est sacrément la classe…

Leur explication… Une auto décapotable, c’est fait pour ça…

Et oui, ce genre de petite histoire me ravit…

D’autres beaux souvenirs encore ?

 

MIKKO,SA CAMERA ET SA PLANCHE…

 

Mikko, le cameraman de Zaniroli Events, qui  rapporté des USA une planche avec une roulette électrique, quand son pilote le laisse en bordure de route pour aller se garer plus loin, une fois ses plans terminés, il remonte la route tout seul… enfin au Galibier avec les cyclistes…

 

LE BEAUFORT EST UN FROMAGE DELICAT ET SEREIN…

 

Et puis, bien sûr, tout voyage a un côté gastronomique, la spécialité du coin est le Beaufort, le plus délicat des fromages de montagne, fabriqué selon des critères d’excellence très précis à commencer par les vaches et leurs prés, Richard Bord a saisi cette image très « chiaroscuro » à la mode de Vinci, claire obscure, de la sérénité de ces superbes animaux sous un ciel et une montagne qui devrait pourtant les faire flipper, que non, elles sont juste heureuses…

Je sais, c’est un détail, mais ce qui me plaît souvent dans le voyage, ce sont les clins d’œil, de la nature, de mes potes, du destin…

J’aime aussi, pour tout dire je suis fou des dessins Zagato, tellement simples coups de crayons mais tellement élégants…

Ci-dessous la Fulvia Zagato de la famille Laurent et l’Alfa Zagato de Claude Philippe et Patrick Staar.

 

 

Et avant d’attaquer le sportif, une image du parc fermé sur la grande place de Gap, avec un monde fou.

 

 

Et oui Madame Hidalgo, alias Notre Drame de Paris (maire de Paris), ces monstres et ces bijoux sportifs qui font du bruit et fonctionnent à l’essence, ça fait rêver, beaucoup rêver, comme beaucoup d’événements Classic d’ailleurs mais vous ne pouvez pas comprendre, le plaisir et le rêve ne font pas partie de votre monde…

 

LE SPORTIF : La SURPRISE VENUE DE FRANCE !

SERGE GAROSI ET VALERIE FONTAINE

 

Bon d’accord, l’équipage belge Deflandre-Lambert (photo d’ouverture de ce reportage) et sa Porsche 911 est en tête depuis le premier jour.

Mais là où l’armada belge devait tout ratisser, ce soir du troisième jour, un team français, Serge Garosi et Valérie Fontaine est deuxième au classement général.

Leur auto est une Mazda RX2.

Une vraie révolution !

Je laisse le soin à Philippe Janssens, journaliste belge, de raconter la journée en mode vélo…

 

DEFLANDRE ENDOSSE LE MAILLOT A POIS…

 

Au terme de cette étape mémorable, Yves Deflandre et Joseph Lambert (Porsche 911 n°1) endossent le maillot à pois du classement des meilleurs grimpeurs.

Auteurs d’une journée parfaite, les Belges confortent également leur place de leader au général.

A la veille de l’arrivée finale à Cavalaire, ils devancent la petite Mazda RX2 n°56 des Français Garosi/Fontaine et les Belges Horgnies Lienne (Porsche 911 n°13).

 

BELLE ECHAPPEE DANS LE TELEGRAPHE.

 

Un petit peloton d’une poignée de voitures, composé de la R5 Alpine et des autres leaders de la catégorie vitesse haute, s’est offert une échappée dans le col du Télégraphe, juste avant la pause déjeuner à Valloire.

A en juger par le sourire des équipages et les températures moteurs et de pneus, tout le monde s’était bien amusé…

 

LE GALIBIER, CE GEANT MULTICOLORE.

 

Juché à 2.642 mètres, le col du Galibier était le point d’orgue de cette 3e étape.

Attaqué par son versant nord depuis le déjeuner de Valloire après le passage du Télégraphe, ce géant des Alpes, s’était couvert d’une multitude de couleurs au gré des rayons du soleil jouant avec les nuages pour offrir plus de profondeur au décor majestueux de son sommet mythique.

 

 LE BOUT DU TUNNEL… AU GALIBIER.

 

Est-ce pour avoir vu le bout du tunnel, pour raisons mécaniques ou une simple bévue en navigation ?

Toujours est-il que lors de cette étape phare particulièrement exigeante, ce troisième acte a vu plusieurs équipages ‘couper’ l’arrivée au sommet du col du Galibier en empruntant le tunnel évitant les ultimes lacets… pourtant comptabilisés dans le cadre de la ZR 21.

Ce qui coûte des valises de points…

 INTERVIEWS

 

 Stéphane Heymans (Bel/Fiat 124 Spider n°11) : « Pour les équipages féminins, ce n’est pas simple car le rythme est très élevé et nous n’avons que très peu de temps de répit. Mais comme nous nous le disons souvent, nous sommes des ‘Princesses à couilles’ donc nous tenons le coup, même si après trois jours la fatigue commence à se faire sentir… Depuis Cavalaire le parcours est vraiment magnifique. Dommage que nous ne puissions pas plus apprécier les paysages. »

 

 

 

Bruno Thery (Bel/Porsche 911 SC n°32) : Hormis la distribution du road-book au départ de la dernière ZR de la journée, ce Trophée des Alpes est vraiment magique. On peut se lâcher en montée dans les cols et il faut juste être plus prudents dans les descentes. Mais on est bien dans la lignée des grands rallyes sportifs repris par Patrick Zaniroli. Je tiens à féliciter Alain Lopes pour le tracé et Patrick Zaniroli pour son organisation impeccable.

 

Jean Louis BERNARDELLI et Philippe JANSSENS

Photos Richard BORD

 Résultats sur http://jbtimeconcept.be/live/tda2017/

 

 

Rallyes Historiques Sport Trophée des Alpes

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