TROPHEE DES ALPES 2017 JOUR DEUX : LE SEPTIEME CIEL !

LA MONTEE AU VERCORS

400 km de montagne, Viviane Zaniroli, qui pilote la voiture de presse, s’est collée douze heures de cerceau, en comptant l’attente du photographe Richard Bord qui signe tous les magnifiques documents de ce papier.

Chapeau miss, pas une erreur…

En quittant Valence à la fraîche, on a d’abord traversé ce sublime massif du Vercors,  endroit où Bob Neyret me raconte s’être entraîné des nuits et des nuits dès les premières neiges, au volant de se Citroën d’usine du rallye très grande époque.

Mais ce massif m’inspire un goût d’enfer, on comprend vite pourquoi durant la résistance, les schpountz n’ont jamais pu faire passer leurs chars pour combattre le maquis, on entre ici par de toutes petites portes, grandioses retombés calcaires mais faciles à interdire d’accès, comme les falaises de Presle.

LES FALAISES DE PRESLE

Puis ce sont les parachutistes qui ont été envoyés dans le massif, 10 000 hommes au total et en ces jours tragiques de juillet 44, tout le monde a été passé par les armes, maquisards et civils, plus de 800 morts au total !

Cette histoire n’a rien à f… dans un récit de rallye Classic, sauf que la beauté du Vercors est cruelle.

Ensuite on a enquillé col sur col, l’Echarasson entre autres, et on a terminé  avant d’arriver à La Clusaz par un endroit que je ne connaissais pas, et ici je vais m’adresser à tous nos lecteurs, qu’ils roulent à moto ou en auto, vous ne pouvez pas rouler dans la région d’Albertville sans faire ce parcours  absolument démentiel.

Son nom, le col de l’Arpettaz.

Il monte à presque 1600 mètres, on termine bien entendu dans une zone dénuée de forêt, au milieu des alpages, c’est à la fois le septième ciel et ce jour là l’enfer de Dante .

Septième ciel pour les concurrents et concurrentes, on a suivi un moment la Fiat 124 Spider de Françoise Mahul, une nana qui assure comme un vrai pro, avec les freinages pile au bon endroit et des trajectoires précises  et superbes comme la taille d’un diamant.

Françoise Mahul, superbe coup de volant

Vu aussi la Traction 11 de la famille Filleul, hallucinant…

Mais ce que nous avons surtout vu, ce sont des pilotes et des équipier(e)s  qui avaient 350 bornes de montagne dans les pattes et qui attaquaient comme des artistes , heureux comme des gosses!

L’ESCORT MK1 DE BAUGNEE ET REMION

Les Zaniroli, organisateurs, ont su recréer ce qu’étaient les grands rallyes de la grande époque, longs et serrés,  en particulier la Coupe des Alpes qui empruntait justement ce col de l’Arpettaz.

Spectacle rien que pour nous, hors compétition…

UN CIEL D’ENFER

Dans le ciel et en même temps sous nos pieds, d’où le mélange enfer et paradis, le combat titanesque d’une mer de nuages tentant de passer la montagne, énorme, qui surplombe le col de l’autre côté la vallée.

Avec des sortes de colonnes de nuages à l’échelle d’une grosse tornade montant verticalement vers le ciel, la terre et le ciel en mouvement à une échelle bien au-delà de l’humain..

Bien sûr évoquer ce genre de chose quand des endroits comme St Martin sont dévastés est sans doute un peu outrancier, mais justement, ce combat d’une énormité absolue avec des pointes de soleil par ci-par là sur les prairies devenant vert fluo, et sans dégâts au sol est un privilège rare de montagnard…

Et puis, les grands signes amicaux d’Elisa Noemie Laurent alors en pleine défonce de nav, joli geste…

Avec Philippe Janssens, voici le résumé sportif de cette deuxième journée…

Disputée sur sol humide suite aux quelques averses de la nuit et au gré des passages nuageux de la journée, cette 2e étape du Trophée des Alpes offrait une nouvelle diversité extraordinaire dans les choix des ZR (Zones de régularité, les spéciales de classement en fait) entrecoupées de liaisons idylliques sur le plateau du Vercors avant d’attaquer l’ascension des Alpes.

Un peu plus de 400 kilomètres découpés en 7 ZR avec, au programme, pas moins de 5 cols à franchir pour les 70 équipages toujours en course.

Parmi ceux-ci le mythique Echarasson servi en entrée et le bouquet final, avec road-book distribué in extremis dans l’Arpettaz, particulièrement sportif.

Et tandis qu’un léger manteau neigeux enveloppait les sommets, les concurrents ralliaient la station de la Clusaz où après la pluie, un rayon de soleil accueillait les premiers équipages au cœur du village.

A mi-course certains favoris confortent leurs positions, tandis que d’autres lâchent prise.

A la veille de la grande étape alpestre enchaînant les cols mythiques du Tour de France cycliste que sont le Glandon, le Télégraphe, le Galibier ou le Lautaret, rien n’est joué et l’essentiel reste donc à faire…

LES BELGES MAILLOTS A POIS.

YVES DEFLANDRE, QUI MENE DEPUIS LE PREMIER JOUR

Toujours leaders, Deflandre/Lambert (Porsche 911 n°1 – 20 pts) confortent leur avantage sur leurs compatriotes Horgnies/Lienne (Porsche 911 n°13 – 46 pts) et Baugnée/Rémion (Ford Escort n°38 – 46 pts) ex aequo à la deuxième place.

Derrière ce podium provisoire 100% belge, les Italiens Leva/Giugni (Lancia Fulvia n°50 – 52 pts) et les Français Garosi/Fontaine (Mazda RX2 n°56 – 70,4 pts) complètent le top 5 de l’épreuve à mi-course.

ARPETTAZ : LE STRESS GRIMPE.

UNE MINUTE POUR CALCULER LES MOYENNES!

Ultime ZR du jour, le col de l’Arpettaz était non seulement techniquement exigeant, mais également rendu plus compliqué par la distribution des road-books juste avant le départ dans la zone de régularité.

Autant dire qu’en fin de journée, le stress est monté d’un cran dans les cockpits,  pour une ultime spéciale  particulièrement rock’n roll !

CHAMPAGNE POUR LA R5 ALPINE.

 Chapeau à la R5 Alpine de Jean-Pierre Verneuil et Antonio Caldera (n°28), seule voiture à passer à zéro dans l’ultime ZR de cette étape dans le col de l’Arpettaz.

Un exploit qui leur vaudra une bouteille de champagne, offerte par le leader de l’épreuve, le Belge Yves Deflandre (crédité de 2 points) qui doutait fortement que quiconque puisse réussir pareille performance !

Yves Deflandre : « Nous avons pris énormément de plaisir dans la dernière ZR de cette 2e étape. C’était juste parfait même si le stress est un peu monté au départ au niveau du copilote avec la distribution tardive du road-book. Ce système est sympa, mais il avantage surtout les spécialistes des instruments électroniques. Sincèrement, je croyais qu’il était impossible de passer à zéro ! »

Patrick Zaniroli nous parle de la jourée vu du côté organisateur

« La journée a été encore bien corsée avec une apothéose appréciée de tous dans le col d’Arpettaz. On vous avait promis du sport, vous avez été servis ! A mi-course ce Trophée des Alpes tient toutes ses promesses. Avec la grande étape des Alpes et ses fameux cols mythiques ce mercredi et le retour particulièrement corsé vers la Côte d’Azur, rien n’est joué. Je vous le promets : nous allons encore vivre des moments épiques d’ici à jeudi soir. »

 Tant mieux, on est pour !

Résultats sur  http://jbtimeconcept.be/live/tda2017/#!/overall/102

JEAN LOUIS BERNARDELLI ET PHILIPPE JANSSENS

PHOTOS RICHARD BORD

 

 

 

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