JACKIE OLIVER : 75 PRINTEMPS ET TOUJOURS BON PIED, BON OEIL.

 

JACKIE OLIVER GP BELGIQUE 1968.

 

Né en Grande Bretagne le 14 août 1942 à Chadwell Heath, dans l’Essex, Keith Jack Oliver, mieux connu sous le pseudo de « Jackie », est un ancien pilote dans la plus pure tradition Britannique, c’est-à-dire, à l’aise sur tout ce qui a quatre roues et une faculté d’adaptation légendaire à n’importe quel type de compétition !

Jackie, en tant que benjamin d’une fratrie de quatre sœurs et lui seul boy, son attache familiale s’orienta naturellement plus du côté paternel.

Et réciproquement, son père, propriétaire d’une entreprise florissante dans le secteur de la réfrigération, lui prouva toute son affection en lui offrant une voiture de compétition et ce dès qu’il eut réussi son permis de conduire.

Cette voiture, une Marcos, le jeune Jackie la crasha hélas rapidement sur le ‘Circuit de Snetterton’, victime de sa fougue…

Passant ensuite à la monoplace en F3, il se fit rapidement remarquer au volant d’une Brabamh du Team Charles Lucas, au volant de laquelle, il s’avéra d’emblée plus rapide qu’un certain… Piers Courage, l’étoile montante du sport auto Britannique, ce qui lui servit de tremplin pour être engagé par le -déjà à l’époque- très réputé Team Lotus, écurie avec laquelle son père entretenait de bons contacts avec le propriétaire, Colin Chapman.

Chez Lotus, suite au drame vécu par le Team avec l’accident mortel du ‘pilote maison’, l’Écossais Jim Clark, en F2 à Hockenheim le 7 avril 1968, il épaula Graham Hill sur la Lotus 49 ? pour la conquête du titre.

Son premier GP. à Monaco fut tout, sauf une bonne entrée en matière, puisqu’il abandonna dès… le 1er tour, après avoir percuté les débris de la Mc Laren de Bruce Mc Laren, qu’il ne put éviter ébloui par la lumière à la sortie du Tunnel.

Ce qui lui valut une première remontrance de Colin Chapman qui le sermonna par « c’était ton premier GP. mais également le dernier pour moi ! »

Heureusement il n’en fut rien, n’empêche que par la suite, la malchance l’accompagna régulièrement comme au GP. d’Angleterre à Brands-Hatch en 68′, où il dut abandonner la partie, sur ennui mécanique alors qu’il en était pourtant le solide leader !

À la fin de sa première saison en F1, et malgré un podium, il dut néanmoins céder sa place au jeune espoir Autrichien Jochen Rindt, le protégé d’un certain… Bernie Ecclestone, pour se retrouver ensuite chez BRM en 1969.

 

Jackie OLIVER et son célèbre casque marron-© Manfred GIET_

 

Pour cette écurie manquant cruellement de fiabilité et de performance, Jackie Oliver ne franchit la ligne d’arrivée qu’à quatre reprises, dont deux fois dans les points en deux saisons, ce qui ne bonifia pas son image de marque dans la catégorie reine, loin de là.

Par contre, en endurance, il signa quelques coups d’éclat pour le Team de John Wyer, en remportant les ’12 Heures de Sebring’ et les ’24 Heures du Mans’ associé à Jacky Ickx sur une Ford GT40.

Et en 1971, avec cette fois le Mexicain Pedro Rodriguez comme équipier sur les fameuses et inoubliables Porsche 917, il récidiva aux ’24 Heures de Daytona’ et aux ‘1000 Kms. de Monza’.

Dans la Sarthe, sur le long tracé de 13,469 Kms. de l’époque, il détient aussi le Record du Tour le plus rapide à 250,457 Km/h de moyenne sur la Porsche 917 LH.

Si son célèbre casque de couleur marron ne se retrouvait que très rarement dans l’avant-scène en F1, avec une pige pour Mc Laren, l’espace de trois GP. et avec comme meilleur résultat, une septième place au ‘GP. d’Italie’ à Monza, ce même design  par contre lui portait nettement plus de chance en Endurance.

Entretemps, il se laissa aussi attirer par le Championnat CanAm au pays de l’oncle Tom, qu’il disputa régulièrement entre 1971 et 1972, pour le compte du Team Shadow de l’ancien agent de la CIA., Don Nichols, sans toutefois affoler les statistiques, si ce n’est un huitième rang final au Championnat US- CanAm.

En 1973, Don Nichols monta un Team en F1 sous le label Shadow et licence US dans lequel il engagea Jackie Oliver et George Follmer comme pilotes.

Si Oliver grimpa sur la 3ème marche du podium au ‘GP. du Canada’, où il mena l’épreuve durant une dizaine de tours, le reste de la saison fut un désastre avec huit abandons en treize GP.

De retour aux States en CanAm, il y remporta le titre en 1974 avec quatre victoires à son actif et en 1975 et 1976, il reste outre-Atlantique, où il dispute le Championnat F5000 avec une victoire à Elkhart Lake.

1977, fut sa dernière saison en F1, où il termina neuvième au GP de Suède, toujours chez Shadow, passé entretemps sous pavillon Britannique.

 

Riccardo PATRESE-Shadow DN8 1977-© Manfred GIET

Il raccroche alors gants, combinaison et casque pour devenir en 1978 co-fondateur d’une écurie de F1 avec trois autres dissidents de chez Shadow, Southgate, Rees et le financier Ambrosio, auxquels viendra s’ajouter l’ingénieur Wass pour créer le Team Arrows, acronyme formé par les initiales Ambrosio-Rees-Oliver-Wass-Southgate, pour devenir la nouvelle flèche dans la galaxie de la catégorie reine.

Cette nouvelle écurie ne démarra cependant pas sous les meilleurs auspices puisque après des débuts tumultueux, le nouveau Team se trouvait poursuivi en Justice pour plagiat, suite à la plainte de Don Nichols , qui estimait que l’Arrows F1, n’était qu’une copie conforme de la Shadow dessinée par Tony Southgate, le Designer dissident.

La procédure judiciaire qui s’en suivi ne bénéficia pas à Arrows, condamné à modifier l’appellation de ses voitures qui passèrent de FA 1 à A 1.

 

Riccardo PATRESE-Shadow DN8 1977-© Manfred GIET

 

Jackie Oliver occupa une première fois le poste de Directeur d’Écurie de 1978 à 1990, avant de récidiver de 1994 à 1996, périodes durant lesquelles le toujours discret petit Britannique, fut à la manœuvre, durant 246 GP, son Team récoltant 131 points et 5 podiums au cours d’une progression linéaire entrecoupée de périodes de disettes financières qui entraînèrent des changements au niveau de l’actionnariat.

L’arrivée de Tom Walkishows (TWR) à la barre d’Arrow en 1996, poussa Jackie OLliver vers la sortie définitive du Sport Automobile de haut niveau.

Après une carrière bien remplie, durant laquelle il a été le responsable d’équipe le plus expérimenté grâce à ses cinquante participations en GP en tant que pilote, il vit depuis paisiblement dans le Bedfordshire, tout en participant encore régulièrement à des épreuves historiques, dont les épreuves de Goodwood et Spa qu’il ne veut rater à aucun prix.

 

Jackie OLIVER et Klaus Cramer – Team ARROWS Warsteiner F1-© Manfred GIET

 

À propos de sa carrière de pilote et de Directeur d’Écurie, il lâcha un jour :

« J’ai toujours pensé que si le talent est présent, les opportunités se présenteront d’office. Comme je n’ai jamais gagné de GP, peut-être n’étais-je pas bon assez. Voilà pourquoi ma façon d’être ne mérite peut-être pas mieux que le qualificatif d’être : un presque grand. »

Ajoutant :

« Peut-être, n’ai-je pas pris assez de risques aussi bien durant ma carrière de pilote que de Directeur d’Écurie ? »

Avant de conclure :

« Mais même en 1996, lorsque le Team Arrows devait faire face à de sérieux problèmes financiers, que Walkinshaw mettait la pression pour racheter l’écurie et que Bernie Ecclestone était prêt à nous aider, il m’était impossible d’envisager une collaboration avec l’Écossais. »

N’empêche, le parcours qu’il a réalisé des deux côtés de la barrière en sport-auto, lui confère encore aujourd’hui un statut particulier au sein du monde de la Compétition, qui n’hésite d’ailleurs pas de faire parfois appel à ses conseils avisés.

 

Happy Birthday Jackie!

 

Manfred GIET

Photos :
Publiracing Agency

Jackie OLIVER au volant d’une Ferrari 275 GTB en épreuve historique à SPA-© Manfred GIET

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