THIERRY BOUTSEN : ‘BOUBOU’ A SOUFFLÉ 60 BOUGIES.

  

 

Thierry-Boutsen-une-carrière-bien-remplie-©-Manfred-GIET

 

Avec Jacky ICKX, Thierry BOUTSEN, le monégasque d’adoption, fait partie des meilleurs pilotes que le Royaume de Belgique a connu.

Né à Bruxelles le 13 juillet 1957, « BOUBOU » vient donc de rejoindre le club des sexagénaires.

Durant ses brillantes études d’ingénieur, Thierry a fréquenté en parallèle l’école de pilotage d’André PILETTE, ancrée dans les installation du circuit Limbourgeois de Zolder et où il devint un client assidu de la Formule VW

 

Thierry-BOUTSEN-F-FORD-Crosslé-Zolder-1978-©-Manfred-GIET

 

Grâce à ses connaissances techniques au dessus de la moyenne, il prépara avec minutie sa propre Formule Ford 1600, sur laquelle il allait remporter en 1978, la bagatelle de quinze manches sur les dix -huit  inscrites au calendrier BENELUX de l’époque, devenant du coup Champion de la spécialité.

Cela lui permit de passer à la catégorie supérieure, la F3 où les débuts furent un peu plus laborieux.

 

 

Thierry-BOUTSEN-Ralt-RT1-Roger-Heavens-Zolder-1978-©-Manfred-GIET

 

En 1980, ses victoires au Nürburgring, à Zolder et à Magny-Cours, lui offrirent le titre de Vice-Champion Européen en F3, derrière le regretté Michele ALBORETO, le pilote Italien, avec lequel il se livra d’épiques duels tout au long de la saison.

Un an plus tard, son nom s’était inscrit dans les agendas de nombreux Team-Managers en F2, véritable salle d’attente et anti-chambre de la F1, à l’époque.

 

BOUTSEN en Formule 2 ©-Manfred-GIET-

 

Avec des victoires au Nürburgring et à Enna-Pergusa en Sicile, il termina comme dauphin du Champion, Geoff LEES sur une MARCH et en 1982, malgré ses trois victoires au Nürburgring, à Spa-Francorchamps et encore à Enna Pergusa sur une SPIRIT-HONDA, il termine sur le podium du Championnat d’Europe derrière Corado FABI et Johnny CECOTTO.

 

Thierry-BOUTSEN-son-premier-GP-à-Spa-en-1983-sur-Arrows-Ag-©-Manfred-GIET

 

En 1983, il fait enfin son entrée en F1 chez ARROWS, en remplacement de Chico SERRA et dans ‘son jardin’ à Spa-Francorchamps pour le GP de Belgique, où déjà tous ses fans voient en lui, le successeur de Jacky ICKX.

Toutefois si Gilbert BÉCAUD a chanté un jour « L’important c’est la rose », Thierry BOUTSEN par contre n’a pu que déchanter durant deux saisons d’une situation de prime abord séduisante mais en réalité éprouvante à cause d’une ARROWS, fort peu convaincante sous l’ère Dave WASS.

Ses trois saisons passées dans ce Team, lui donnèrent peu de satisfactions et son compteur points, resta bloqué à seize au total.

Sa seule grande satisfaction sera d’avoir souvent dominé son équipier, le Suisse Marc SURER.

 

BOUTSEN- Benetton-B188-1988-Hockenheim-©-Manfred-GIET.

 

De 1987 à 1988, il passe chez BENETTON aux côtés de Theo FABI et Alessandro NANNINI qui n’arriveront pas à lui faire de l’ombre.

Le 4ème rang final au Championnat du Monde de 1988, lui ouvrira enfin les portes d’une grande équipe, l’écurie de Frank WILLIAMS, qui voit en lui un potentiel Champion du Monde.

Et c’est sur des WILLIAMS  FW 12 et 13 propulsées par le V10 RENAULT, qu’il remportera trois  GP, avec une cinquième place finale au classement du Championnat du monde pilotes en 1989.

 

Thierry-BOUTSEN-Dernière-victoire-en-F-1-à-Budapest-en-1989-devant-Ayrton-SENNA-©-Manfred-GIET

 

Thierry BOUTSEN, connu pour être un bon metteur au point, ne figura malheureusement jamais sur le radar de Patrick HEAD qui tirait les ficelles du Team Britannique, suite au handicap du patron Frank WILLIAMS qui tenait, lui, BOUTSEN en haute estime.

En 1989, nous avons été témoin d’une scène à l’aéroport de Bergame, le week-end du GP d’Italie, où le pilote Belge et Patrick HEAD se sont croisé sans la moindre réaction du bourru Britannique à l’égard de BOUTSEN !

Le sommet fut même atteint en 1990, lors de la dernière victoire en GP. de BOUTSEN en Hongrie, lorsqu’il regagna le Mobil-home WILLIAMS, après les cérémonies du podium, où on lui annonça…. en guise de félicitation, qu’il était remercié pour 1991!

Franchement pas vraiment courtois et élégant au soir d’une victoire en GP. !

Ainsi va le monde de la F1…

 

Thierry BOUTSEN sur la Ligier-©-Manfred-GIET

 

RENAULT continua cependant à lui faire confiance lorsqu’il trouva refuge chez LIGIER, qui sous la pression du Team WILLIAMS, ne put cependant pas bénéficier de la force tranquille des moteurs Français,  obligeant le Team de Guy LIGIER à se rabattre en dernier ressort sur la cavalerie LAMBORGHINI à l’allure de canassons.

En 1992, la situation ne s’améliora guère chez les bleus, qui même enfin équipés du moteur RENAULT mais ancienne génération, ne firent que de la figuration dans une pièce, où BOUTSEN ne se voyait que dans un rôle de figurant.

 

BOUTSEN- Au volant de la Jordan au GP de Monaco en 1993 © Manfred-GIET-

 

Il fit encore une dernière tentative en 1993 chez JORDAN, où il jettera cependant l’éponge après le GP. de Belgique, fermant ainsi un cercle entamé pile dix ans plus tôt sur le site national qui a vu ses débuts en F1.

 

Thierry-BOUTSEN-24 Heures du Mans 1983 avec la RONDEAU M482©-Manfred-GIET

 

Le chapitre F1 clos, Thierry se tournera alors vers l’endurance, une discipline qu’il avait déjà pratiqué occasionnellement auparavant en participant à des épreuves de voitures de Tourisme, comme aux 24 HEURES de SPA-FRANCORCHAMPS, ou encore en Sports-Prototypes au Championnat du Monde WSC.

Pilote dans l’âme, il était capable de passer d’une discipline à l’autre et jusqu’à piloter son propre avion lors de ses déplacements sur les différents circuits avec un égal bonheur.

 

Thierry-BOUTSEN-24-H-du-Mans-1999-sa-dernière-épreuve-officielle-©-Manfred-GIET

 

Aux ’24 HEURES du MANS’, épreuve où il terminera deux fois deuxième, au volant d’une PEUGEOT 905, avec Yannick DALMAS et Teo FABI en 1993 puis ensuite en 1996, avec le regretté Bob WOLLECK et Hans Joachim STUCK, sur une PORSCHE 911 GT1, avant de voir sa carrière définitivement brisée au Mans en 1999 suite à une collision à 300 Km, harponné par la Porche GT d’un autre concurrent, lui occasionnant des bris de vertèbres cervicales, dont il mettra des années à se remettre.

Ses adieux en compétition, il les fera en 2007, lors des LEGEND BOUCLES DE SPA, qu’il bouclera en guise de rideau final sur une PORSCHE 911 co-piloté par son fils Kevin.

 

Thierry-BOUTSEN-Legends-Boucles-de-Spa-2007

 

Résident Monégasque depuis une trentaine d’années, il s’est reconverti depuis dans le monde des affaires où il dirige avec beaucoup de succès, la société BOUTSEN AVIATION

 

Thierry-BOUTSEN5-©-Manfred-GIET.

 

Entreprise spécialisée en courtage d’avions d’affaires, secondé par sa seconde épouse Daniela, responsable pour l’agencement et l’aménagement de l’intérieur des cabines à la demande des clients.

 

 

Entre-temps, sa deuxième société, le BOUTSEN GINION RACING, active dans le domaine du sport automobile depuis 2009 et gérée par son beau-frère, Olivier LAINE conjointement avec Kevin BOUTSEN, le fils aîné de Thierry qui y oeuvre en tant qu’ingénieur est actuellement présente dans le Championnat TCR Benelux avec deux HONDA CIVIC et dan le Blancpain GT SPORTS, où une BMW M6 GT3 est engagée.

Rétrospectivement, celui que tous les fans appellent familièrement « Boubou », aura réussi une brillante carrière durant un quart de siècle.

Hormis le Team WILLIAMS, il lui aura juste manqué le bon timing en ce qui concerne ses autres choix d’écuries en F1.

Quant aux plus mauvais souvenirs de sa carrière, épinglons sa première participation aux ’24 HEURES du MANS’ sur une WM-PEUGEOT avec PIGNARD et SAULNIER, lorsque six minutes après le départ, il fut victime d’une sortie de route qui provoqua la mort d’un commissaire de piste.

Deux autres drames qui l’on marqué à jamais, d’une part le décès en course de son équipier et ami Stefan BELLOF aux ‘1000 Km de SPA’, le 1er septembre 1985, ainsi que celui d’un autre ami cher, Ayrton SENNA le 1er mai 1994 à Imola, qui avait accepté de devenir le parrain de son fils Cédric né le 25 mai 1994  et dont Thierry fut un des porteurs du cercueil lors de l’inhumation au cimetière de Morumbi à Sao Paulo, à la demande de la famille SENNA .

 

Bon Anniversaire Thierry et bienvenue au Club des Sexagénaires !

 

Manfred GIET

Photos :
Publiracing Agency

 

La dernière victoire en F1 de Boutsen à Budapest à côté de on ami Ayrton-Senna-©-Manfred-GIET

 

 

Glorieux Anciens

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