MERCEDES AMG LIVE OU L’ITINÉRAIRE D’UN CLIENT GÂTÉ

 

 

 

 

L’espace d’une journée, nous nous sommes glissés dans la peau d’un invité de Mercedes AMG. De Paris à Paris, en passant par le Circuit de Chenevières (Meurthe-et- Moselle, 54).

Tout un programme…

 

La Gare de Chenevières, en pleine campagne – Photo : Gilles VIRMOUX

Rendez-vous est fixé à la Gare de l’Est pour prendre un TGV direction Nancy atteint au bout de 1h30 de trajet. Puis un « tortillard », plus connu sous l’appellation pompeuse de TER, nous emmène jusqu’à Chenevières en 30 minutes.

Chenevières et sa gare !

En guise de gare, un simple «abribus» en pleine campagne, idéalement située à moins d’un kilomètre du Circuit.

 

AMG-Live-L’accueil, point de passage obligatoire pour l’administratif avant le pilotage…

 

Une fois sur le circuit, après les traditionnelles formalités administratives (permis de conduire, etc…), nous voilà dans le bain après un très rapide briefing. Les voitures sont là, sur la pit-lane, elles nous attendent. Et devant chaque voiture, un instructeur, autant là pour vous informer sur le modèle en question, ses technologies, ses qualités, que pour assurer la sécurité de ces essais.

Christian, Christopher, Guillaume, Morgan et tous les autres, nos coachs du jour, sont là pour que cette journée soit la plus agréable possible.

Perception du matériel : un casque et son indispensable charlotte en papier, et c’est tout !

MERCEDES AMG

AMG-GT-R et GT-C Roadster.

Premier contact avec une Mercedes AMG, et non des moindres, avec la fameuse AMG GT R, la version la plus radicale du coupé AMG GT. Afin de découvrir le circuit, c’est d’abord le pilote-instructeur qui ouvre le bal pour deux tours de reconnaissance. Une vieille connaissance d’ailleurs ce pilote-instructeur, puisqu’il s’agit de Christopher Campbell, un des ‘As’ de la Porsche Carrera Cup des années 90 et 2000. Nous sommes ravis de nous retrouver là, par hasard…

Très pédagogue, Christopher m’explique le fonctionnement des différents modes de conduite, de Confort (!) à Sport +, la gestion du Traction Control (le contrôle de traction mais ne devrait-on pas l’appeler contrôle de propulsion d’ailleurs ?) et sa mollette magique qui permet de le supprimer totalement. En même temps, il me faut mémoriser le circuit, assez tortueux. Bref, deux tours très riches en informations diverses et variées.

On change de place, Christopher est maintenant à droite.

 

AMG-GT-R

Contact, le V8 double turbo vrombit, on imagine les 585 ch et les 700 Nm de couple prêts à bondir. Sortie de la zone des stands en mode Confort (il faut y aller crescendo !), mode qui privilégie la souplesse de fonctionnement et l’agrément du V8. Puissance et couple sont bien au rendez-vous, la boite de vitesses enchaine les rapports avec rapidité et douceur. Premier freinage pour une épingle droite : la puissance et le mordant du freinage font penser immédiatement à ce que l’on ressent à bord d’autres voitures produites à Stuttgart, les Porsche pour ne pas les nommer, devenues la référence absolue en la matière.

Cette AMG GT R procure la même sensation d’efficacité. Sortie d’épingle, on passe en mode Sport afin de monter plus haut les rapports, toujours en mode automatique. L’accélération est incroyable et la motricité excellente. Les rapports s’enchainent plus vite et nous propulsent vers une chicane avec un gros freinage, l’AMG GT R mord le bitume. La chicane est avalée, tant cette AMG est agile.

Tout parait facile, tant la voiture répond aux sollicitations. A l’entame du deuxième tour, on passe en mode Sport + : la direction se raffermit, la pédale d’accélérateur est encore plus sensible. Les montées en régime sont plus violentes, la boite réagit plus vite… du grand art.

L’AMG GT R semble survoler cette piste tortueuse, les freins, pourtant soumis à rude épreuve, résistent sans faiblir. On n’est pas loin du bonheur absolu… Le nirvana sera en ligne de mire au tour suivant, où toujours en mode Sport +, je décide d’utiliser les palettes au volant, afin de monter et descendre les rapports : la montée des rapports se fait en un éclair par impulsion de la palette de droite, le rétrogradage étant commandé par celle de gauche.

C’est d’une efficacité diabolique. Premier freinage avec la tombée de deux rapports, de 4 en 2 ; à chaque impulsion sur la palette, le rapport tombe instantanément avec une relance moteur identique à celle d’un parfait talon-pointe. Doublé à la sonorité du V8 bi-turbo, que demander de plus. A l’accélération, une action sur la palette de droite à 7.000 trs/mn, et hop le rapport supérieur est passé, en moins de temps qu’il en faut pour le dire… et l’écrire !

Quelle efficacité. Du côté du comportement, l’AMG GT R est souveraine. Stabilité au freinage, inscription à l’entrée de virage, mise en appui, accélération en sortie, tout est parfaitement maitrisé, les suspensions s’acquittent parfaitement de leur tâche. Et cerise sur le gâteau, une direction extrêmement précise aide à placer la voiture au millimètre, bien aidé par un train arrière, lui aussi directeur, dont les roues tournent vers l’extérieur du virage jusqu’à 80 km/h, aidant à faire pivoter l’arrière, et dans le sens du virage au-delà de 80 km/h, limitant l’angle nécessaire au volant. Sur le circuit de Chenevières, tortueux et lent, cette AMG GT R, bien qu’imposante par son gabarit, s’en sort fort bien. Elle doit être exceptionnelle sur des tracés plus rapides comme le Paul Ricard ou Dijon-Prenois.

Malheureusement, il faut rentrer au stand… mais ce n’est que pour changer de monture.

Mercedes-AMG E 63

Place à la bien-connue berline Classe E des chauffeurs de maîtres et autres Uber & co. Berline statutaire, d’un design élégant et classique, mais celle-ci a quelque chose de particulier : des roues énormes, des freins surdimensionnés, des entrées d’air béantes, visiblement elle possède quelque chose de plus qu’un vulgaire quatre cylindres « poêle à mazout ».

Il s’agit de la E 63 S AMG motorisée par le même V8 que la GT R, dont la puissance a été portée à 612 ch, pour un couple phénoménal de 850 Nm, accouplé à une boite auto à 9 rapports. Pour couronner le tout, elle dispose du système 4 Matic cher à Mercedes qui répartit le couple sur les quatre roues. Une fiche technique à faire pâlir nombre de prétendues sportives.

On rentre tout de suite dans le vif du sujet, avec comme pour la GT R, afin de mieux analyser les différentes possibilités, un premier galop en mode Confort. Tout de suite un constat : nous ne sommes plus dans une sportive radicale, mais dans une berline hyper performante – il s’agit d’ailleurs de la plus puissante des berlines routières – et cela se ressent : moins incisive, moins accrocheuse, moins agile, elle déçoit au premier abord. Puis en mode Sport et Sport +, elle se révèle davantage, et permet d’utiliser au mieux son potentiel de puissance et de couple. Il est certain que cette E 63 S sera plus à son aise au Paul Ricard, les petits « coins » serrés de Chenevières correspondant moins à sa vocation. Il n’en demeure pas moins que cette paisible berline d’apparence, résiste de façon exemplaire à l’exercice impitoyable du circuit, son excellent freinage et sa boite de vitesses y excellent.

Son comportement est toujours très sain et très efficace. Pour mieux l’apprécier, il aurait fallu l’essayer avant la GT R…

 

AMG-GT-R

Et pour finir nos circonvolutions autour de ce circuit, retour à la GT, en version C Roadster.

Poste de conduite désormais familier ( !), tout ressemble à la GT R, seule différence notable, l’absence de la mollette jaune du « Traction Control ». C’est une version assagie, un peu moins extrême que la GT R, dont le V8 bi-turbo développe tout de même la bagatelle de 557ch, pour un couple de 680 Nm. Là aussi, y’a du lourd !

Après la E, on retrouve toutes les sensations de conduite de la GT R, avec une souplesse générale, bien que relative, supérieure. La précision de conduite est similaire (ou presque), les réactions moins violentes, l’ambiance plus feutrée…

Mais cette GT C Roadster n’en reste pas moins un redoutable « avion de chasse », dotée de performances extraordinaires. Elle se montre certainement plus polyvalente que sa sœur, la délurée GT R, et est beaucoup plus facile à apprivoiser. Avec cette GT C Roadster, il faut imaginer le bonheur d’un week- end à deux, en cabriolet, sur une belle route de montagne…

Après le circuit, petit descriptif de la marque AMG qui fête cette année ses 50 ans. AMG a été créée par deux ingénieurs de Mercedes Benz, qui ont démissionné, lorsque Mercedes a décidé de fermer son service course. Pour Hans Werner Aufrecht (le A) et Erhard Melcher (le M) qui ont alors travaillé ensemble à Grossaspach (le G), ce n’était pas envisageable.

Ainsi est née AMG !

Le début d’une formidable aventure, avec une première victoire de catégorie aux 24 heures de Spa 1971 avec une Mercedes 300 SEL 6.8 de quelques 428 ch.

MERCEDES-AMG-A-S-PA-en-1971.

Après ce cours d’histoire, place aux essais sur route de la «petite» gamme AMG, la gamme 43. Petite n’a rien de péjoratif, mais il faut bien commencer par le début. Donc, cette gamme 43, est équipée d’un V6, bi-turbo également, développant quelques 367 ch pour un couple de 520 Nm, et ce brillant moteur est accouplé à la boite auto à 9 rapports.

Des chiffres déjà éloquents. Il nous a été donné de ne conduire que le AMG GLC 43 et le AMG GLE 43 Coupé, deux SUV. Sur un parcours routier, dans la campagne sinueuse autour du circuit, point de recherche de performances, mais plutôt d’agrément. Ces deux SUV, ainsi motorisés font preuve d’un réel dynamisme, sans pour autant avoir de prétentions sportives.

Souplesse, confort, sécurité et performances président. Rien à voir avec les AMG GT, si ce n’est l’ADN, mais n’est-ce pas là l’essentiel ?

Retour à la dure réalité avec la SNCF pour renter sur Paris…

Avec une organisation sans faille, l’AMG Live est sans nul doute la plus belle vitrine possible pour Mercedes AMG. Des essais sur circuit, des essais routiers, une présentation de la marque, le tout dans la bonne humeur et un grand professionnalisme.

Si j’étais un professeur de l’Education Nationale, je mettrai sur le carnet de notes:

« Excellent travail, continuez sur cette lancée et votre avenir sera brillant ».

 

Gilles VIRMOUX

Photos :

Gilles VIRMOUX-MERCEDES AMG-Ronan MOUCHEBOEUF 

 

 

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