AUX ’24 H. DU MANS’, LA GUERRE DES PNEUS N’AURA PAS LIEU EN 2017…

 

2016 Michelin photo Jean-François THIRY

Dommage, il n’y aura pas vraiment de guerre des pneus pour cette 85ème édition 2017 des ’24 H. du Mans’.

En effet, les deux manufacturiers impliqués, Dunlop et Michelin, travaillent chacun dans leurs catégories respectives et ne croisent que très peu le fer. À part sans doute en GTE Pro, comme nous le verrons plus loin, mais où le règlement bride les innovations…

 

En LMP1, toutes les voitures sont équipées en Michelin. Y compris la Bykolles Enzo, passé du jaune Dunlop au jaune et bleu Michelin durant l’hiver. Les dimensions des pneumatiques sont inchangées, en 31-71- 18 (31 cm de large, 71 cm de diamètre et 18 ‘’ de taille de jante), tant à l’avant qu’à l’arrière. Mais même si les pneus ont les mêmes dimensions, les avant sont de construction différente de l’arrière, les contraintes imposées étant de natures différentes (direction et motricité électrique à l’avant, motricité thermique et électrique à l’arrière).

L’allocation de pneus attribués pour la course reste aussi identique à l’an passé (contrairement aux courses WEC ou elle a été réduite) avec 16 trains pour les 24 heures. Stratégiquement donc, les doubles relais sont obligatoires, puisque les voitures devront ravitailler au moins 32 fois durant la course.

 

24-HEURES du MANS-2016-JÉRÔME MONDAIN de MICHELIN avec Gilles GAIGNAULT-Photo-Thierry-COULIBALY.

 

Chez Michelin, Jérôme Mondain ne veut pas dévoiler les stratégies des Porsche et des Toyota, mais il indique :

« On a du prendre en compte dans le développement des enveloppes 2017 cette réduction du nombre de pneumatiques en WEC. Si toutes les voitures partiront sans doute sur 2 relais, on pourrait monter à 3 ou 4 durant la nuit. L’an passé, nous avions fait 5 relais, soit près de 750 km avec un train. Je ne suis pas certain que cela soit nécessaire cette année, mais les pneus ont un potentiel suffisamment large pour s’adapter aux décisions des équipes ».

 

24 HEURES du MANS 2017 – Team IDEC SPORT. Photo T hierry COULIBALY

En LMP2, toutes les voitures, sauf trois, sont équipées en Dunlop. Seules les Ligier de Panis Barthez et de l’IDEC Motorsport ainsi que la Riley Américaine du Keating Motorsport sont chez le manufacturier Français.

Et au vu des difficultés des Ligier cette année, il ne risque pas d’y avoir de réelle bagarre dans cette catégorie… Devant l’accroissement des performances de ces voitures (grâce notamment au moteur Gibson plus puissant de 100 ch), la dimension des pneus avant ont été revues à la hausse, mais sans atteindre comme en LMP1 la dimension des pneus arrières. En effet, les voitures sont de 10’’ plus rapides que l’an passé.

 

Stand ALPINE-SIGNATECH-Philippe SINAULT et Jean-FELIX BAZELIN de DUNLOP – Photo Thierry COULIBALY

 

« Mais il est difficile de prévoir le nombre de relais que feront les voitures, car elles ravitailleront toutes les 33/35 minutes » nous précise Jean-Felix Bazelin, le patron de la compétition chez Dunlop.

On risque donc de battre le record de nombre de relais couverts, mais pas de kilométrage parcouru avec un train. La stratégie s’ajustera forcément en cours de course, en fonction de la température et du pilote à bord. Car il ne faut pas oublier que selon le principe même de la discipline, chaque voiture doit avoir au moins un pilote classé licence Silver ou Bronze par la FIA dans l’équipage.

 

24-Heures-du-Mans-2017-FERRARI-DH-Racing-Photo-Nicolas-PALUDETTO

 

En GTE Pro, là c’est la bagarre. Ferrari, Corvette et Ford sont chez Michelin, tandis qu’Aston Martin roule en Dunlop. Si les Aston ont signé la pole, les autres compétiteurs sont dans le coup…

Mais il est difficile de faire la part des pneus dans ces performances pour deux raisons. La première c’est que ce sont pneus sont commercialisés, et que les deux manufacturiers peuvent demander à examiner les productions de l’autre. Donc, techniquement, aucune des enveloppes ne contient de secret de développements.

Deuxième point, la fameuse BOP, la Balance of Performance, gomme les différences entre les marques pneumatiques dans un souci louable d’équilibre. Alors lutte oui, mais uniquement de prestige.

Enfin et c’est la nouveauté de l’année, le public pourra savoir en permanence quel type de pneu est utilisé par chaque voiture à un moment donné : soft, medium ou hard, selon l’heure de la journée et la température au sol. Après plusieurs années d’expérimentation, le principe des puces RFID incluses dans les pneus a été validé par les deux manufacturiers et fiabilisé à l’aide de la FIA. Et ce sont les spectateurs qui en seront les premiers bénéficiaires.

 

Daniel NAULY

Photos :

Thierry COULIBALY-Jean François THIRY-Michel PICART

Pascal-COUASNON-Michelin-Photo-Michel-Picard-Autonewsinfo

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