PIAGGIO MEDLEY ET LIBERTY : LES GRANDES ROUES C’EST LA RENAISSANCE.

LE NOUVEAU LIBERTY

Je vous ai dit que j’avais été convié à tester des 125 à Rome, que j’avais été ébahi de voir autant de scooters grandes roues en Italie, pilotés par des femmes et des hommes, scooters très élégants par ailleurs et dont Yamaha, qui nous invitait, en a arrêté la vente en France. Parce que ça ne se vend pas !

Ce phénomène du pays qui a inventé le scooter qui se met aux grandes roues quand le marché français reste insensible au charme m’a donné envie d’accepter l’invitation de Piaggio d’essayer ses scooters grandes roues à Paris. Il y en a plusieurs, du Liberty 50 au Beverly 300 qui est le «flagship» de la série.

J’ai volontairement forcé sur les deux 125 Liberty et Medley, vu mon embonpoint le 50 eut vite été ridicule et vu mon budget, c’est le 300 qui énerverait mon banquier, et puis ce qui m’intéresse c’est l’attitude en ville des joujoux, je sais que le 300 existe pour ceux qui se tapent chaque jour quatre voies et autoroutes et que c’est génial, mais là ce n’est pas un essai comme les autres, c’est une révélation…

Enfin, le Beverly n’a pas de plancher plat, ce qui chez moi est une condamnation sans appel.

Mais le sujet n’était pas là.

Le sujet c’est les grandes roues, pas les grandes routes.

LIBERTY ET MEDLEY

LE MEDLEY

Le liberty est le moins cher des deux, le Medley est un Liberty très amélioré.

Les prix : 2.099 € pour le 50 Liberty, 2.449€ pour le Liberty 125 et pour le Medley 3.349 €.

Le Beverly, pas testé, je ne me suis intéressé qu’aux modèles citadins, pour info, vaut 5.300 €.

LE BEVERLY

Comme d’hab, je commencerai par le petit refrain habituel, tous ces scooters, fussent ils fabriqués à Tataouine, sont infiniment trop chers, un scooter était au départ un truc d’ouvrier et est devenu machin de cadre supérieur.

Le scooter a beaucoup évolué, au point d’ailleurs que ce n’est plus reconnaissable tellement son design est lourd et plein de trucs qui dépassent, mais ça reste du plastique et du métal, fabriqué en grande production dans des pays où le salariat est misérable, les prix européens sont donc volontairement élevés.

C’est le même problème sur les produits purement chinois, taïwanais, indiens ou coréens, en France, le scooter coûte cher c’est dommage mais c’est comme ça.

Cela dit, Ford et Keynes ont décrit le capitalisme avant moi, je ne vais donc pas refaire le monde, c’est trop tard et comme il ya un marché, ces experts du marketoche ont forcément raison.

ON MONTE DESSUS

Confort et gros emplacement sur le plancher.

Séduction d’entrée.

Je pensais passer du pilotage du phoque (le 125 petites roues)  à celui de la girafe (idem, mais grandes roues)  et bien pas du tout. La sensation de confort, de sécurité avec les protections avant, celle d’avoir les pieds à terre, sur le Medley la selle a même un grand coffre (deux casques, mais pas intégraux)  et pourtant on a naturellement les deux pieds à plat au sol,  la stabilité est superbe.

Ces deux 125, Liberty et Medley, sont très «confort».

La maniabilité l’est autant, c’est un plaisir de faire le tour le l’autobus par l’arrière (ou du taxi ou de tout autre gros machin sur quatre roues objet vous empêchant de gagner du temps, objectif le plus important du deux roues en ville).

En somme, ça se conduit comme un scooter sauf que les grands débattements vous permettent de ne pas vous casser les poignets  sur les pavés qu’ils soient romains ou parisiens, ou d’avoir l’impression comme une de mes copines que son scooter allait se casser en deux…

Quand à se faire défoncer le coccyx en cas de coup de raquette à l’arrière, on oublie.

La direction et donc la fourche sont saines, et derrière si ce n’est pas une Rolls (on est quand même en deux roues…) il n’y a pas de coups d’artillerie.

BONNE TRONCHE, L’ADN VESPA EST LÀ !

Et, c’est important, les motards le savent, les grandes roues vous  concoctent une façon de piloter sans surprises, jamais le truc ne va partir en travers pour une saloperie d’ornière, la stabilité entre les bagnoles quand le trafic devient sévère ou délicat (avec trou, rehaussement du surfaçage etc…)  est aussi bonne que sur un scooter, bref, avantages de la moto ET du scooter.

 

TRAIN AVANT FACILE

Et il y a plein de coins ou l‘on peut vérifier ça à Paris, juste les Champs Élysées ravagés par les chars du 14 Juillet  c’est une première grosse approche du problème.

Même remarque pour le passager éventuel…

 

ARRIÉRÉ CONFORTABLE POUR LE PASSAGER

J’ajoute l’élégance extrême du véhicule et potentiellement  de la  personne qui est dessus !

Je ne parle évidemment pas de moi, pour qui l’élégance reste un fantasme, mais de tous ceux que j’ai croisé.

 

L’ÉLÉGANCE

Car, figurez vous qu’à Paris, je ne faisais juste pas attention, des grandes roues on en croise plein !

Il ya une autre révolution : celle du dessin. Quand il y a pas mal d’années, c’était je crois en 1993,  l’inoubliable Alain Roger m’avait présenté l’Aprilia Scarabeo, j’avais trouvé l’engin super cher (déjà…) mais sublimement beau, il faut dire qu’avec Alain, tout était sublime et aux petits soins, qu’il vous fasse essayer une moto, qu’il vous présente une nouveauté ou qu’il vous reçoive sur les GP (c’était l’époque où Aprilia commençait à empiler titres en 125 et 250).

C’est peut-être de cette époque que m’est restée  l’envie d’un scooter pas comme les autres.

INTELLIGENCE

Puis, je me suis aperçu qu’aujourd’hui  (je vais me faire traiter de vieux con, j’assume) où le scooter se batmanise un maximum (Gregory Peck et Audrey Hepburn auraient eu l’air cons, dans «Vacanze romane», sur des scooters modernes) le Liberty et le Medley ont des tableaux de bord assez classiques (avec des parties digitales quand même), de l’avant, ils ont gardé leur origine Piaggio (créateur de la ‘Vespa’ en 1946),  on n’a même pas l’impression de s’appeler Darth Vader quand on met le clignotant, les tableaux de bord ont de la classe.

Il est vrai qu’ils ont été dessinés en Italie et que forcément ça aide. L’arrière  a hélas sacrifié à la mode moderne qui veut que l’on puisse jouer le cinquième élément mais c’est moins grave, l’arrière, on ne le regarde pas. Et puis, c’est tellement élégant sur l’avant que le reste…

ESPACE

Sur le Liberty, sous la selle, on place un petit casque, plus le fourbi, sur le Medley on peut en placer deux (toujours des jets).

VROOM !

La nouvelle motorisation I Get (version Euro4, 4 soupapes refroidissement  par air (que l’on prononce Djet), avec système start and stop (que l’on peut heureusement désactiver, c’est détestable),  permet  de diminuer les frictions, de gagner 16% en puissance et de devenir aussi discret qu’un furet à la station-service.

On est super bien assis, avec un guidon plutôt large, un peu comme sur un trail, les rétros sont adorablement ronds, il ya des coffres devant et un crochet qui se referme pour ne pas se faire faucher le cartable par des mal venants (ou des cahots imprévus)…

L’ABS est pénible, je n’aime pas ça mais là encore il faudra s’y faire, toutes les motos ainsi équipées donnent cet effet spongieux au freinage, c’est cela dit moins sensible sur l’avant que sur l’arrière.

Bref, l’ABS est sûrement une sécurité pas ce n’est pas du velours.

Le passager a des poignées de maintien bien faites, sous la selle, un intégral ne rentre pas mais un jet oui, voire deux sur le Medley, on peut ajouter des fringues de pluie ou un petit ordinateur.

POUR CEUX QUI N’AIMENT PAS LE TOP CASE, LE CROCHET !

De toutes façons sur tous les scooters, un citadin aura besoin d’un top case pour ranger casque, gants et autres babioles, le coup du deuxième casque, qui passe ou pas, c’est juste chiant quand on va au cinoche et que le passager doit garder son casque avec lui.

Le liberty pèse 99 kg, un joujou. Le Medley pèse 132 kg, il offre une grosse boîte à gants devant et un dessous de selle à deux (petits) casques, il dispose du système ABS à deux canaux (un pour l’avant, un autre pour l’arrière, les deux n’étant pas réglés de la même façon, il est plus doux à l’arrière). On peut l’immobiliser par télécommande et il possède une prise USB, sans laquelle aujourd’hui t’as l’air d’un ringard.

J’ajoute un truc pour les deux modèles, pour ceux qui utilisent l’antivol en «U», c’est carrément plus pratique ! Et ça, trois ou quatre fois par jour, tu finis par trouver ça exaspérant donc quand ce problème disparaît c’est des tas d’occasions de s’énerver en moins.

IL Y A DE LA PLACE SOUS LA SELLE, CONTRAIREMENT À CE QUE L’ON CROIT

Pour le coup des casques Jet, j’ai aussi pensé  qu’en Italie, il fait chaud et que l’intégral n’est pas de mise, c’est vrai à Rome, à Milan ou à Naples, mais moi qui ai vécu à Turin et à Milan, je peux vous dire que l’intégral ça le fait bien ! (On le met dans le top case et c’est fini).

Le Medley 125 I Get ABS coûte 3349 euro, je ne vais pas recommencer à hurler dans le désert, mais c’est trop cher comme tous les scooters.   Cela dit, toutes proportions gardées, ce n’est pas une mauvaise affaire.

ALORS LA FRANCE, ON ARRÊTE D’ÊTRE À LA TRAÎNE ?

LE SCOOTER GRANDES ROUES, C’EST ÉLÉGANT, C’EST CONFORTABLE, C’EST SÛR. 

Nous sommes le seul pays où les grandes roues ne se vendent pas.

Il y a donc à cela des raisons authentiques, pour la vielle génération, ça fait penser à la Mob du lycée, pour la génération machiste ça fait gonzesse (cela dit au lycée les nanas en Peugeot ça avait une classe terrible !), pour d’autres ça fait trop moto petite cylindrée à l’heure de la mode des motos : boudins/bourrins, etc…

Il soit y avoir un tas de raisons mais je subodore  que l’on trouve ça tarte.

Il ya aussi cette contradiction : Un scooter c’est bas, une moto c’est haut et donc un engin ni haut ni bas c’est métissé…

Les éleveurs de chevaux vous diront que les métissés sont les plus beaux et les plus costauds.

Et le scooter moderne, c’est le cheval non ?

Alors que l’Europe adore ça et même ailleurs, j’ai vu des jeunes filles élégantes aux gants longs piloter ce genre de grandes roues à Saïgon, les mecs étaient aussi dessus sans état d’âme, alors que la France est un pays où l‘on a du goût, on resterait de marbre face à un phénomène qui vaut la Renaissance ?

Il s’en vend effectivement très peu en France, c’est un marché de niche, Honda en vend un millier par an sur toutes ses cylindrées, Piaggio a des chiffres de vente importants dans le monde, un million de Liberty vendus depuis le lancement du modèle (bien avant cet Euro4), le Berverly un demi-million, et en France, sur les trois cylindrées on en vend 1.500 en 5 mois (on va faire comme aux prévisions d’élection, on va ajouter, cela ferait 4.000 par an) mais surtout, il s’en est vendu plus de 80% de mieux qu’en 2016.

Finalement, dans le désert dans lequel je crie, il y a peut-être un peu de monde…

Fiche technique Liberty 125 :

http://www.fr.piaggio.com/piaggio/FR/fr/modeles-intro/modeles/smart/new-liberty/version-125/attachment/liberty_125%20my16.pdf

Fiche technique Medley

http://www.piaggio.ch/fr/modeles/medley-125-iget-abs-223/#/donnes-techniques

C’est à Tina Turner que je laisse la conclusion, la chanson n’est pas d’elle mais elle en a fait un ciel. (Proud Mary)

« Big wheels keep on turnin »... 

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos :
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