ZARCO ENTRE DANS LE TRÈS GRAND MONDE… !

 

Michel Turco, un bon pote de Moto Revue avec qui je discutais du GP. avant, me disait que Rossi commençait à avoir sérieusement peur de Zarco.

C’est qu’en effet, alors qu’en début d’année, on pensait que le vrai adversaire de Viñales, vu la qualité et la « facilité » de la Yamaha, serait Rossi.

Mais celui-ci se rend compte, au fil des GP de ce début d’année, que si celui qui le menace est totalement Viñales, qui est maintenant en tête du Championnat avec presque vint points d’avance sur Pedrosa, et qui entre nous a sauf incident sportif une grosse chance de gagner ce championnat à la Stoner, bien avant la fin de la saison.

En fait, avec Viñales, l’autre vraie menace vient de Zarco…

Cela dit, Zarco reconnaît auprès de nos confrères de L’Equipe que « s’il veut  faire partie de la bande, il devra se faire mal jusqu’à en vomir. »

 

Ce qui en dit long jusqu’à la première place et au premier titre.

Hier, Zarco méritait totalement sa place de troisième, Viñales reconnaît d’ailleurs un moment qu’il était persuadé que la course de Zarco ne serait qu’un feu de paille, ses pneus soft devant se dégrader rapidement, mais que son stand lui indiquait que l’écart ne bougeait pas, avant qu’il le dépasse et après.

Zarco, lui, répond qu’une fois dépassé par Viñales, il s’est amusé à le tenir à sa botte, et que sa moto restait facile.

C’est finalement la tentative, ratée, de Rossi à la fin, qui a failli mettre le feu aux poudres.

 

ROSSI A TOUT TENTÉ SUR LA FIN : ÉCHEC

 

Cette histoire là est frustrante, à six tours de la fin, ce qui est beaucoup trop tôt, Rossi attaque et passe Viñales.

La foule est une seconde fois en délire mais Rossi partira à la faute, laissant largement la place de deuxième à Zarco, qui a bien vu que Rossi (et Viñales d’ailleurs) étaient au-dessus de leurs pompes, et qui est sagement resté dans son rythme, sachant Pedrosa loin derrière.

Il était venu ici pour faire un podium, la foule (104.000 spectateurs) était venue pour ça, le contrat historique était rempli.

Cela s’est transformé en deuxième place avec la chute de Rossi, qui a au passage raté la 500ème victoire de Yamaha, la laissant à Viñales, et le leadership large au championnat.

Au général justement,  Zarco est deux mais il sait bien que la chute de Marquez et celle de Rossi font qu’il n’est pas encore dans le groupe de cinq, Pedrosa est ce cinquième.la dit, au général, il est trois points derrière Marquez et sept points derrière Rossi, le jeun peut continuer un moment.

 

Mais derrière Viñales…

Zarco sait donc que pour arriver à ses fins, le titre mondial en MotoGP, il faudra passer un autre stade, il faudra gagner et ce plusieurs fois dans l’année.

Mais l’avenir on s’en fout, le tremblement de terre de la foule au dernier passage de Zarco a montré que la moto française a enfin peut-être le grand champion qu’elle attend depuis 1949, date des premiers GP, trois champions français ont déjà gagné en 500, dans des conditions assez particulières d’ailleurs, mais aucun n’a été champion du monde de cette catégorie la plus célèbre, celle que mes confrères sans imagination appellent bêtement la catégorie reine.

Un gros bisou aussi à Guy Coulon qui a réglé cette moto de façon parfaite et qui disait modestement à l’arrivée que c’est sur ce réglage là qu’il avait le moins «sué» de l’année ;

Sublime Coulon, qui fait avec Zarco le couple parfait, celui qui pourra aller très loin.

 

LE DUO COULON-ZARCO

Sans compter Laurent Fellon, sans qui Zarco n’aurait jamais quitté les courses de mob.

C’est trois là sont les trois mousquetaires français.

Reste le titre à conquérir, ce qui sera plus dur, plus long, plus lent, il faudra souffrir mais en attendant, hier, Zarco a mis une foule en état de choc, cela me rappelle un certain Jean Michel Bayle à Bercy et on sait comment cela s’est fini, au plus haut sommet du monde.

Mais ce que est sûr, c’est que Johann le peut.

Il disait hier que cette foule énorme, un moment, lui avait fait sauter la pression, l’avait libéré au lieu de le stresser.

 

 

C’est exactement comme cela que l’on devient le héros d’un pays…

 

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos :
Thierry COULIBALY

Moto Sport

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