SCOOTER YAMAHA X-MAX 300 : LA (RE)NAISSANCE, LE ROI DE VILLE ET LE ROI DES CHAMPS…

C’est un vrai bouleversement.

La Presse de toute l’Europe a été invitée à Florence, le berceau de la Renaissance, beau symbole, pour fêter l’arrivée de cette nouvelle ère.

Toutes les grosses têtes japonaises ayant participé à l’élaboration et à la mise au point du scooter X-Max 300 (bien cassés par le décalage horaire d’ailleurs, les pauvres) sont au rendez vous.

Bref cette arrivée est probablement historique.

 

À l’instar de la renaissance Italienne du quinzième siècle, alias le «Quattrocento», voilà ce qui va conquérir l’Europe, le… « Trecento » (Le 300).  !

L’arrivée du scooter X-Max 300 est de fait un truc énorme.

Un nouveau monde qui vient du « Far East »…

L’OURAGAN VIENT DE L’ASIE

 

Cette cylindrée 300 est un marché colossal en Asie, pour une classe moyenne en pleine expansion économique, elle est un signe d’avancée sociale…

Ce n’est pas un hasard, quelques jours auparavant le lancement du X-Max 300,  le Superbike mondial a ouvert une nouvelle catégorie de courses, le Supersport 300…

Un message clair de la Dorna, qui organise aussi le MotoGP.

Avec cette cylindrée 300, le sport motocycliste de haut de gamme frappe à la porte d’un marché de près de 300 millions de clients !

 

LE SUPERBIKE SE MET AU 300,UN SIGNE QUI NE TROMPE PAS

 

Ce marché, le marketing, les analystes, les importateurs, se sont rendu compte qu’il pouvait aussi faire un malheur en Europe.

Les clients y sont souvent parfois friqués et toujours pressés «time is money» et les grandes villes et leur entourage sont devenus des pièges où les autos s’engluent durant des heures.

D’où le scooter.

Mais cette clientèle veut retrouver sur le scooter un peu du confort de l’auto, les rangements, la connectivité, la protection contre une météo qui peut être capricieuse, d’où le scooter chicos…

Nous ferons le tour (impressionnant !) de l’engin avant le vroum vroum.

 

MAIS POURQUOI LE 300 ?

TOUT COMMENCE EN ITALIE EN 1946

 

«Dans l’temps», et ce n’est pas si vieux, le 125 était l’idéal pour commencer dans la moto, il fut même un temps heureux où le permis auto permettait de s’offrir l’initiation sans passer par la case «exam».

Ensuite on passait le permis moto et le 250 devenait alors l’entrée dans le monde des initiés heureux, même pour aller bosser tous les jours.

Par ailleurs, depuis une célèbre invention italienne, la Vespa, en 1946, alors un mode de transport pas cher pour les ouvriers de Fiat, est devenu à un mode de transport très branché pour les cadres sup’ de startup, ce qui tombe bien, il ya beaucoup de start up, et ce marché est très performant chez les actifs citadins.

 

TOUT RECOMMENCE EN 2017

 

La série «Max» de Yamaha, est spécialisée sur le scooter de luxe depuis l’apparition de son T Max, apparu en 2001, énorme succès, vendu à presque 250 000 exemplaires mais au prix hallucinant, dans sa version 2017, de 11.500 €.

Série Max déclinée sur d’autres cylindrée, le 125, le 250 et le 400, appelés «X Max».

Le 250, alias «deux et demi», s’est vendu à 150 000 exemplaires et la mode déclinait.

 

CIAO… Le 250!

 

Dommage mais c’est comme ça…

Il fallait donc sortir autre chose…

Le 300 est dans l’air du temps en Asie.

Pourquoi pas en Europe ?

 

COUP D’ŒIL AVANT DE FAIRE VROUM.

 

On commence par le look, parce que quand on claque  pratiquement 6.000 balles pour rouler, on a aussi le droit de se la péter et ça commence par le design.

De face, à l’arrêt, ce X Mac 300 c’est Batman, de dos c’est une Lamborghini.

 

 

Et c’est totalement tendance.

En action, phares allumés, il est amical, j’ai vu ça dans mes rétros lors du roulage en groupe organisé par Yamaha dans les rues de Florence (un b… fabuleux, idéal comme banc d’essai citadin) puis sur 120 km de petites routes sinueuses dans la région du sud de la ville où l’on produit le Chianti, avec un bout d’autoroute pour simuler la conduite suburbaine.

En voyant les photos, mon fils, qui se fout des scooters comme de son premier tee shirt, m’a dit «on a l’impression qu’il  te regarde» et c’est assez ça…

Plutôt positif.

 

DE LA TECHNO COMME S’IL EN PLEUVAIT

LA CLÉ SMART KEY OUVRE TOUT, SELLE,ESSENCE, DÉMARREUR, LES RANGEMENTS DEVANT…

 

C’est l’homme moderne qui est visé par ce scooter.

Le créneau de vente de ce X Max, selon les marketocheurs, vise les hommes à 90%, les femmes à 10% et on veut donc de la techno à donf.

Y’en a ! (Merci Audiard…)

Le moteur est un Blue Core, système mis au point par les ingés de Yamaha, qui diminue les frottements, bref, en même temps, on augmente la puissance disponible et on réduit la conso.

Il ya un système de Traction Control, que l’on peut d’ailleurs désactiver, qui permet par exemple de ne pas se mettre par terre comme un con si l’on oublie que l’on est sur des pavés gras quand on met les gaz en grand au feu vert…

Utile quand il pleut, car on le verra, en effet, le moteur envoie de la purée, et sur paves mouillés, on est vite par terre.

Marrant aussi quand on le désactive pour le motard tout terrain que je suis et ne cesserai jamais d’être, pour qui le moindre coin de parking en terre sert de mini terrain de cross…

Techno ? Le contacteur sans clé couplé à une clé Smart Key que l’on garde sur soi, ça évite en tous cas de laisser les clés sur le scooter comme je l’ai fait durant trois jours sur un parking de la gare de Lyon… (Mais comme j’ai un vieux truc increvable et rayé de partout, personne n’en a voulu…)

Mais en plus c’est une super idée.

Une fois que l’on s’approche du X-Max 300, le contact  se fait automatiquement et il n’y a plus qu’à appuyer sur les boutons.

Tout marche, le démarreur, l’ouverture de la selle, de la trappe à essence, des deux rangements devant (dont un avec la prise 12 volts pour alimenter un GPS ou recharger un smartphone).

 

LE BOUTON ROUGE COMMANDE TOUT AU TABLEAU DE BORD

Et bien sûr pour tout ce qui sert à faire joujou au tableau de bord, tout s’opère à partir d’un bouton sur le guidon, l’activation du TCS (Traction Control), la température, la conso, la moyenne, le temps passé…

Tableau assez élégant soi-dit en passant, qui marrie bien le look ancien et moderne et est surtout très lisible.

 

 

Il y a un espace gigantesque sous la selle, on y met deux intégraux et des fringues de pluie façon K Way. Génial.

 

Côté freinage c’est du disque AV et AR, avec ABS de série.

La finition est tendance luxe, mais faut pas pousser, ce n’est ni le cuir des Jaguar sur la selle, ni la loupe de noyer au tableau de bord…

Il est équipé d’une bulle réglable.

 

VROUM ! EN VILLE…

 

En effet, ça dépote.

Mais on y va dans l’ordre.

En ville, et Florence et ses petites rues, ses sens interdits, ses touristes dans tous les sens et ses conducteurs de taxis qui roulent comme Grosjean en départ de GP, c’est une idée géniale pour tester un scooter dont les deux utilisations commercialement visées sont l’urbain et le suburbain.

Donc, d’abord, rouler lentement, ça le fait de façon aussi onctueuse qu’un chocolat de chez Angelina.

Cela m’a rappelé les leçons de «sur place» de mes potes champions de trial dans les années 80. Étonnant et génial.

Vraiment bien de pouvoir évoluer sur place parce que la selle est haute, 795 mm, enfin pour les gabarits comme moi, plus arrière de rugby que basketteur.

Bref, dans les zigouigoui qui permettent de tourner  autour de l’arrière d’un bus, d’une auto ou d’un camion, on va parfois jusqu’en butée de guidon, si on est sur le bout des pieds c’est pas terrible et les leçons de trial plus la stabilité à très basse vitesse sont un vrai plus.

 

RÉTROS BIEN PLACÉS ET PERFORMANTS

 

Autre truc génial, les rétros sont très bien placés et donnent une vraie idée de ce qui se passe derrière, ceci pour le 1% de motards qui s’en servent.

Ensuite, il faut passer entre les files, dans des rues très étroites et à sens unique où la place est très limitée, ce X-Max 300 se faufile superbement, comme un tout petit, comme il est stable, on peut aussi faire ça à basse vitesse sans avoir à reprendre l’équilibre tout le temps.

Et puis, dès qu’il ya besoin d’un coup de boost, le moteur est une merveille, avec un couple énorme et une accélération qui laisse tous les autres sur place, sauf peut-être un dragster mais j’en rencontre rarement dans les rues…

Inconvénient toutefois, la bulle.

J’AIME PAS LA BULLE !

Je m’explique.

Je trouve ça moche mais c’est perso.

Chez les motards, et pourtant je suis passé au scooter depuis longtemps, on aime le vent dans la gueule, on râle quand il pleut mais on gagne du temps, et on laisse volontiers la bulle aux livreurs de journaux (Ils roulaient en Vespa, ça n’existe plus, l’image est restée) dont le paquetage devait rester au sec…

Plus sérieux, en conduite urbaine, cela déforme la vision à un mètre devant le scooter, dans la guerre civile qu’est devenue aujourd’hui la circulation en ville, cela gêne.

Enfin, quand il pleut la nuit, avec tous les reflets des feux rouges des bagnoles, des camions, de tout ce qui roule en fait…  l’arbre de Noël de la bulle qui s’ajoute à celui de la visière du casque, c’est un cauchemar.

Ce sera génial pour protéger du vent les suburbains qui se font un bout d’autoroute pour rentrer chez eux, à condition de ne pas être taillés comme des basketteurs car le visage est alors au-dessus de la bulle, avec le déport de vent, c’est un cyclone.

Cela dit, elle est réglable, on peut donc la remonter de 5 cm.

Il n’empêche, la bulle sport proposée en concessions ce sera plus motard et plus chic, j’assume ces propos anti confort…

LA BULLE SPORT, PLUS CHIC

Le guidon aussi est réglable, position de conduite forcément impec…

Enfin, pour clore le chapitre de la circulation en ville la manipulation à la main, pour entrer dans ces parkings spéciaux pour motos qui sont un gymkhana arrière digne du cirque Gruss, pour mettre le X-Max sur la béquille centrale, à mon grand étonnement, les 180 kilos du bébé se manipulent comme un jouet.

Donc bien en ville, à part la hauteur de selle, mais les générations actuelles de conducteurs  ont  été sculptées sur des modèles de Giacometti, donc pour eux  no problemo.

 

SELLE UN POIL HAUTE

 

Bref, ce X-Max 300, en ville, c’est une énorme réussite.

Certains de mes confrères ont regretté l’absence de frein de parking, perso je m’en fous, il ya longtemps que j’ai appris à me garer de façon à ne pas en avoir besoin.

 

VROUM AUX CHAMPS

 

Yamaha nous a proposé de rouler 120 km sur de petites routes très sinueuses et étroites et sur un morceau d’autoroute.

Occasion de voir comment se comporte le X-Max 300 hors des villes.

Bon, aucun utilisateur ne fera autant de km de petites routes chaque jour, encore qu’il existe une série d’accessoires pour une version voyage du scooter.

J’ai laissé mes petits camarades faire des trajos dignes de Pedrosa, je déteste d’ailleurs rouler en groupe, à la campagne j’ai le nez en l’air, je respire l’odeur des foins coupés, je regarde les fermes-châteaux du vignoble du Chianti, en plus mes trajos à moi sont dégueulasses, toujours  pour la même raison, je viens du tout terrain.

Cela dit, même moi j’arrive à faire frotter la béquille, c’est dire que le bestiau n’est pas fait pour l’attaque rupestre, même si au demeurant, les suspensions assez fermes (l’arrière est réglable en cinq positions) prennent assez bien les trous sur la route, le genre qui peut t’envoyer dans le décor.

Faut bien tenir le guidon et ça peut même cogner fort, la fourche encaisse et le scooter ne se fait pas jeter…

 

PUISSANCE ET COUPLE,UN VRAI RÉGAL

 

Cela dit, c’est à basse vitesse que ça cogne un peu.

Les rues de la ville de Florence sont pavées de grandes dalles de pierre, superbes mais cauchemardesques quand on roule dessus, les amortos AR sont une peu bas de gamme, on en a vite marre mais encore une fois, la suspension est sécurisante, à défaut d’être confortable.

Magnifique en revanche, le couple phénoménal de l’engin, c’est son seul avantage puisque tout est interdit…

Vrai plaisir de chez plaisir…

Et si on veut vraiment attaquer, question moteur et rigidité du cadre, c’est géant.

 

C’est sur le freinage qu’il ya de la gêne.

En conduite normale, et même en conduite sportive, il est très puissant. En revanche, mais là encore c’est un problème très personnel, je déteste l’ABS, pas celui de Yamaha en particulier, tous les ABS.

Depuis les descentes de pentes monstrueuses et glissantes en trial où il faut juste souffler sur les freins avant, je n’ai jamais eu aucun problème pour freiner même sur les pavés dégueulasses des Champs Elysées un jour de pluie.

Donc pas besoin d’ABS mais c’est obligatoire alors…

Mais du coup, quand on touche à peine le levier droit, pour un freinage léger… rien ! On va dire que le freinage ultra délicat et à peine sensible c’est fini.

 

AVEC L’ABS., FINI LE FREINAGE DOUX COMME DU VELOURS

 

Il faut carrément lui tirer sur la gueule pour qu’il se mette à fonctionner, du coup sur routes campagnardes, c’est vite énervant. Et en ville, quand tu freines, tu ne fais pas semblant.

Cela dit, c’est obligatoire donc il faudra s’y faire, j’espère qu’un jour, même avec ABS, les ingénieurs sauront retrouver le velours d’un freinage aussi doux qu’un alizé de printemps.

En revanche, s’il faut tirer dessus, pas de risque qu’il bloque, c’est fait pour l’empêcher de bloquer. Donc, le fameux freinage reflexe qui nous a tous fait peur au moins une fois, sur sol glissant quand un con pile devant sans raison apparente, il y en a aussi qui se sont retrouvés par terre, ça n’existe plus alors soyons dans le vent… Vive l’ABS !

On a aussi roulé sur autoroute, il y avait des limitations et des travaux, on n’a donc pas vraiment envoyé la purée mais le truc passe le 140 sans même vraiment forcer, là encore le couple et la puissance sont un vrai plaisir.

Ce qui est un vrai plus pour un scooter destiné à l’usage urbain et périurbain.

 

LES MOINS

AMORTISSEURS, PEUT MIEUX FAIRE

 

En fait, ce X-Max n’a pas de défaut propre, les «moins» que je vais citer concernent un grand nombre de scooters.

Je l’ai dit, la bulle, mais elle est proposée en version courte.

J’ai parlé des amortos arrière mais ils sont réglables.

L’ABS mais c’est obligatoire.

La hauteur de selle mais c’est générationnel…

Et puis l’absence de fond plat, mais vu la puissance, il faut un peu de rigidité…

Cela dit, le fond plat, c’est la sécurité en cas de rencontre avec une auto ou une moto qui vous prend par le travers, vous pouvez shifter les pieds vers le côté opposé au choc…

Et pour aller à la gare, à l’aéroport, poser le sac sur le fond plat est un vrai bonheur…

Dernier moins, le prix ! Presque 6.000 €, on les passera facile avec le top case, il ya un tas d’accessoires qui sont proposés, mais aujourd’hui tous les scooters, même les bas de gamme, coûtent une blinde.

LES PLUS

VRAIE FOURCHE DE MOTO, GÉNIALE

 

Heureusement, il ya un tas de «plus», la conduite à basse vitesse, la conduite entre les files (le faufilage, il est étroit), la visibilité des rétros, le tableau de bord à la fois beau et plein d’infos, le tout commuté au guidon.

La souplesse voluptueuse du moteur en ville et sur route, sa puissance, son couple phénoménal, un confort de conduite absolu.

Il a de la gueule, il est tendance, il ya une place folle sous la selle, des rangements sympas sur l’avant, et grands.

La fourche est carrément bien faite, donnant des sensations moto.

La smart key est un truc génial, du genre à se demander comment on a pu s’en passer avant…

Le tableau de bord et le commodo à main droite qui enclenche un paquet de fonctions très visibles.

Le confort assis, il ya de grosses poignées pour le passager, bref pour le mec qui habite à 20, 30, 40 bornes de là où il bosse, c’est du nanan.

Le X-Max 300 existe aussi en version Motobécane, il s’appelle alors Evolis 300.

Le X-Max 300 est proposé en trois couleurs, Bronze, Milky White, Gris.

QUASAR BRONZE

 

MILKY WHITE

MATT GREY

 

Il se conduit avec un permis A2.

Liste des accessoires sur  https://www.yamaha-motor.eu/fr/produits/scooter/sport/xmax300.aspx?view=accessories#/

Il ya évidemment des top-case, entre 150 et 210 euro selon la taille…

Il coûte 5.899 € !

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos :
Constructeur

 

Fiche technique X-Max 300

Moteur

Type de moteur Monocylindre, refroidissement liquide, quatre temps, simple arbre à cames en tête, quatre soupapes
Cylindrée 292 cm³
Alésage x course 70,0 x 75,9 mm
Taux de compression 10,9 : 1
Puissance maximale 20,6 kW à 7 250 tr/min
Couple maximal 29,0 N.m à 5 750 tr/min
Lubrification Carter humide
Alimentation Injection électronique
Allumage Allumage électronique (TCI)
Mise en route Démarreur électrique
Transmission Automatique à courroie trapézoïdale
Consommation de carburant N/A
Émission de CO₂ N/A

Châssis

Suspension avant Fourche télescopique
Débattement avant 110 mm
Suspension arrière Moteur oscillant
Débattement arrière 79 mm
Frein avant Simple disque , Ø 267 mm
Frein arrière Simple disque, Ø 245 mm
Pneu avant 120/70-15
Pneu arrière 140/70-14

Dimensions

Longueur hors tout 2 185 mm
Largeur hors tout 775 mm
Hauteur hors tout 1 415 mm (adjustable screen 1,465mm)
Hauteur de selle 795 mm
Empattement 1 540 mm
Garde au sol minimale 135 mm
Poids tous pleins faits 179 kg
Capacité du réservoir d’essence 13 litres

 

Essais Moto

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