MARC DUEZ REJOINT LE CLUB DES SEXAGÉNAIRES, LES 3 FOIS 20 ANS !

 

 

 

 

 

MARC DUEZ

 

Marc Duez, le pilote Belge le plus polyvalent du Royaume de Belgique,fête son 60ème anniversaire en ce 18 avril.

Actif en Sport Automobile depuis plus de 40 ans, celui que son entourage appelle affectueusement « le Duze », est depuis ses débuts certainement

le plus « touche à tout » de tous les pilotes de haut niveau que la Belgique ait connu.

Toujours égal à lui-même et à l’aise avec n’importe quel volant de tout ce qui peut se mouvoir à l’aide d’un moteur, le grand Marc possède une collection impressionnante de participations à tous les échelons de la compétition automobile.

Lui-même aime à souligner qu’il est né pilote de course et que nourrisson, son biberon contenait probablement de l’essence à haut rendement d’octane!

S’il passa la majeure partie de son premier quart de siècle dans le réputé restaurant que ses parents exploitaient au Mont Rigi, sur le toit de la Belgique avec ses 700 m d’altitude, où dans le passé les hivers duraient … six mois, Marc préféra toutefois se consacrer aux odeurs de pneus brûlés, d’huile de synthèse et d’essence de course qu’aux senteurs de la haute cuisine.

Et comme il habitait à un jet de pierre du circuit de Spa-Francorchamps, son ouïe à fait le reste, puisque de chez lui il percevait les décibels et les vrombissements des moteurs les week-ends de course, avec comme conséquence que la piste Ardennaise a eu soudainement l’effet d’un aimant chez lui, qui jusqu’alors avait pratiqué le football comme seul sport.

Son père Gaston, l’avait toutefois inscrit à l’École d’Hôtellerie de Spa pour en faire son successeur éventuel plus tard.

Même si le fiston Marc décrocha le diplôme nécessaire, prendre la relève familiale du Restaurant « Le Mont Rigi« , qui régulièrement accueillait des personnalités de tous bords, ne l’intéressait nullement.

Lui, il préférait tenir un volant en main que de jongler avec des ustensiles de cuisine.

Dès lors, il se laissa rapidement attirer par le Karting à partir de la moitié des années ’70, remportant du coup le Volant Karting Belge, avant de passer rapidement à l’univers du Rallye après un premier essai sur une Ford Escort Mexico d’un ami en tant que co-pilote ce qui lui mit directement l’eau à la bouche.

La suite ressemble au lancement de fusée avec un début de carrière ascensionnel et une mise sur orbite qui dure toujours malgré qu’il ait déjà annoncé sa fin de carrière à plusieurs reprises.

Mais chez Marc Duez (prononcez dué), le doué, le Sport Auto, c’est « jusqu’à plus soif » et si les conifères plantés au début de sa carrière aux abords de son circuit fétiche ont entre temps été débardés, lui il est toujours bien vaillant même en s’octroyant un rythme moins soutenu!

Résumer sa longue carrière et ses exploits serait beaucoup trop long et le jour où quelqu’un rédigera sa biographie, il devra prévoir une pagination digne du Petit Larousse!

Amuseur, blagueur, bonne répartie, gentillesse et un charisme permanent sont en plus de son extraordinaire coup de volant les qualités qui depuis quatre décennies le caractérisent au point d’être devenu depuis longtemps la coqueluche du public.

Nous nous souvenons d’une épreuve Groupe A en 1988, lors des 500 Km de Dijon, où sous la pluie Marc Duez, au volant d’une BMW M3 déballa un tel show sur une piste inondée, que dans le paddock, après une course qu’il n’avait pas remportée, on ne parlait que de sa prestation.

Et pour ce qui est des « gags », il en a connu…

Nous en retiendrons juste deux parmi sa longue panoplie:

La première remonte à ses débuts sur voitures de Tourisme lors des 24 Heures de SPA-FRANCORCHAMPS en 1977 qu’il disputait avec le Suisse SAVARY et le Français LAFFEACH sur une TOYOTA CELICA du préparateur régional, le Team NACHSEM.

Avant le départ, le jeune Duez se trouva face à une situation plutôt loufoque, lorsqu’il découvrit des médailles à l’effigie de St-Christophe dans l’habitacle.

En faisant part de sa découverte au préparateur et croyant à une bonne blague, celui-ci lui confirma qu’il s’agissait bien d’un rituel propre à lui pour implorer le Saint  protecteur des voyageurs  et automobilistes.

Comme la voiture fut victime de la perte d’une roue avec abandon à la clef, et alors que le « Duze » fit remarquer au préparateur que les médailles ne les avaient pas préservés de ce fâcheux incident, il se vit répondre que si, puisque à part les dégâts matériels à la voiture lors de la sortie de piste, personne n’avait été blessé !

En 1988, lors d’une manche de la PORSCHE 944 TURBO CUP à laquelle il participait, le grand Hans Joachim STUCK lui demande comment faire pour réaliser un bon temps.

Et Duez, en tant que connaisseur des lieux, de lui répondre qu’il devait absolument passer  » full-flat, » c’est-à-dire la pédale au plancher, dans le secteur EAU ROUGE-RAIDILLON, pour être crédité d’un bon chrono.

Ce que STUCK tenta dans son deuxième tour et que mal lui en prit, puisqu’après avoir décollé des quatre roues sur le vibreur, il termina la course par une impressionnante série de tête-à-queue en touchant les glissières.

Apres l’épreuve qui gratifia DUEZ d’un podium, celui-ci alla trouver STUCK pour lui signifier qu’il n’était pas possible de passer à fond dans le Raidillon et que s’il s’était tout simplement contenté de le suivre, il aurait aussi accédé au podium!

Si Marc Duez est un boute-en-train et un amuseur publique reconnu, une fois installé au volant, il a toujours été égal à lui-même, ambitieux et toujours à la recherche du dernier carat, d’une incroyable maîtrise tout en étant spectaculaire et sachant différencier job et loisirs.

Tous ses fans et équipiers avec lesquels il a roulé à Spa-Francorchamps connaissent aussi  » L’ARBRE QUI TUE », une buvette située au pied d’un platane dans l’ancien paddock « endurance » de Francorchamps, où il avait pour habitude de fêter ses victoires et dont les nombreuses « victimes « de cet endroit immanquable connaissent dorénavant la signification!

Le seul bémol au cours de sa longue carrière aura sans doute été le fait de ne pas avoir su faire  un choix à un moment donné, en optant soit pour la discipline du rallye ou de la piste au début de sa carrière au lieu de se diversifier sur à peu près toutes les disciplines du sport-auto.

Son slogan a toujours été:

« Eviter la quatrième place qui est toujours la moins bonne, car celle qui ne donne pas accès au podium  » !

Et des marches de podiums, il en a gravi tout au long de sa carrière ,comme le prouve son impressionnant palmarès, dont nous épinglerons juste quelques statistiques.

Bon nombre de constructeurs ont aussi fait appel à ses services durant ces quarante années, et il a toujours su faire honneur aux marques qu’ils représentaient.

Rien que en Rallye, ses participations se chiffrent à 175 dont de nombreuses en WRC et Championnat d’Europe!Dans d’autres disciplines ,qui s’échelonnent de la caisse à savon, le karting, voitures de Tourisme, monoplaces, Sport-Protos, GT, V8 Star, NASCAR jusqu’à des épreuves historiques, le chiffre de 1000 épreuves disputées, est largement dépassé.

Par ailleurs, des doubles tours d’horloge, il en a disputé pas loin de la centaine, tous types d’épreuves confondus, avec notamment 12 participations aux 24 Heures du MANS, 34 aux 24 Heures de SPA-FRANCORCHAMPS (3 fois vainqueur),15 aux 24 Heures du NÜRBURGRING (4 fois vainqueur),11 aux 24 Heures de ZOLDER (2 victoires),10 aux 24 Heures 2 CV à SPA (1 victoire).

En Belgique, il a remporté trois fois le titre de Champion National des Rallyes et une fois le titre en GT.

À également participé à cinq Championnats du Trophée ANDROS ainsi qu’à de nombreuses manches du WSCC pour voitures sport-protos.

Épinglons encore qu’en Rallye, il a piloté pour vingt marques différentes, dont des voitures usines, et sur circuits, le total des marques s’élève à quarante et au niveau des monoplaces, celles-ci se chiffrent à six dont une épreuve de Course de Côte sur une MARCH 762 F2, ex-Stuck, tandis que pour les courses sur Glace, ce sont trois constructeurs qui lui ont fait confiance.

En Belgique, le grand Marc est le pilote le plus éclectique de 120 ans d’histoire du Sport Automobile Belge !

 

En ce qui concerne ses équipiers qu’il a côtoyé tout au long de quatre décennies de sport auto au plus haut niveau, le nombre s’établi à trenre quatre pour le Rallye, sept pour le Trophée ANDROS et un régiment de cent quatre-vingt-sept pour les courses sur circuits!

Et lors de démonstrations de pilotage, parmi ses passagers, il en a eu parfois des illustres comme le grand Chef d’Orchestre Belge André VANDERNOOT, décédé en 1991, le Roi de Suède CARL GUSTAV sur une spéciale des BOUCLES DE SPA en 1991 ou de sportifs connus auxquels il a appris à adopter le bon réflexe en matière de conduite automobile.

Depuis sa retraite, qu’il interrompt parfois encore occasionnellement pour participer à l’une ou l’autre épreuve historique ou de second plan, le « Duze » porte dorénavant une série de casquettes  pour occuper des fonctions de formateur, de coach et d’ambassadeur au sein de la Racing School ou du National Team du RACB, de Directeur de Course adjoint lors des GP de F1 à Spa-Francorchamps ou de Directeur de Course pour les Séries TCR et NASCAR WHEELEN et au GP de Monaco, il y occupe aussi diverses fonctions chaque année au sein de l’ACM.

De 2006 à 2009, il a même été l’Echevin des Sports et Tourisme à la ville de Stavelot !

Et d’un point de vue artistique, relevons encore, qu’en 1988, il a sorti un CD  intitulé ‘LE VENT DU TENERÉ’ et sur lequel il interprète diverses chansons et dont les bénéfices ont été versés à l’infortuné André MALHERBE, l’ancien Champion du monde de moto cross, tétraplégique depuis sa chute à moto au PARIS-DAKAR de la même année.

En 2003, il a aussi foulé les studios de cinéma en participant comme figurant au film MICHEL VAILLANT réalisé par Luc BESSON.

Comme on le constatera, Marc Duez ne s’ennuie jamais !

Bon anniversaire Marc et longue vie à toi.

 

Manfred GIET

Photos :
Publiracing Agency

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