‘IN MEMORIAM’, ANTHONY DELHALLE.

DERNIER TOUR AU BUGATTI

 

Mardi en milieu d’après-midi, la très ancienne Cathédrale St Julien du Mans n’a pas pu accueillir toute cette foule émue qui se pressait sur la place pour rendre un hommage à Anthony et pour soutenir une famille éprouvée et digne.

Sur la place inondée de soleil les mines étaient sombres et le monde fraternel de la moto n’avait pas le cœur à bavarder. Une fois le cercueil arrivé suivie de la famille et de toute l’équipe du SERT (Suzuki Endurance Racing Team), la sonnerie d’un glas infini figeait tout le monde dans un recueillement profond. Les yeux rougis qui habituellement marquaient les fins des courses de 24 heures chez les mécaniciens et les bénévoles du SERT, s’emplissaient de vraies larmes.

Et puis, l’on vit Jessie, l’épouse d’Anthony avec les deux enfants -à qui il faudra apprendre à vivre sans papa-, s’avancer derrière la dépouille de son mari, suivie de toute la famille, puis d’une foule compacte, comme un véritable raz de marée.

Nous notions la présence sur les marches de la cathédrale de tous les membres du Moto Club Montgenois, où Anthony était licencié depuis ses débuts en 1998. Une fidélité appréciée par le Président, fier d’avoir compté un champion aussi brillant et aussi sympathique.

Hommages, tristesse et émotion

Au cours d’une cérémonie empreinte d’une grande émotion, de nombreux hommages furent rendus au pilote disparu : par des membres de la famille, par des amis manceaux mais aussi par les pilotes d’endurance au premier rang desquels Vincent Phillipe et Etienne Masson ses coéquipiers, accompagnés des frères Kenny et Freddy Foray et Julien Da Costa adversaires en course mais aussi de Baptiste Guittet du Junior Team Suzuki.

Dominique Hébrard au nom de Dominique Méliand (hospitalisé et opéré le lendemain pour un souci, à priori d’ordre cardiaque) et de toute l’équipe des professionnels et des bénévoles, avec des mots simples exprimait bien toute la détresse d’une équipe en soulignant le caractère à la fois calme et bouillant d’un pilote de grande classe et d’un garçon très attachant de par ses immenses qualités humaines.

On peut dire qu’à ce moment de l’évocation des essais ou des courses, les bleus à l’âme de tous les membres du team avaient la même intensité que le bleu des tenues Suzuki. Le crêpe noir porté au bras unissait dans la douleur toute cette équipe soutenue par tout ce que le monde sportif de l’endurance et du sport moto plus largement, avaient mobilisé pour ces obsèques.

Nous ne pouvons pas citer toutes les personnes présentes et ayant trait à la compétition. Toutefois, nous avons pu rencontrer Jacques Bolle Président de la Fédération française de Motocyclisme, Patrick Coutant Président de la Commission Piste à la FFM., Jean-Marc Desnues membre du bureau de la Fédération Internationale et Fabrice Bourrigault, Directeur à l’Automobile Club de l’Ouest.

Bien évidemment, le staff Suzuki France était présent en force, tout comme le manufacturier Dunlop avec l’équipe de course au complet, du monteur au directeur. Le manager espagnol du team CEV, Juan Eric Gomez, qui faisait courir Anthony en vitesse en Espagne était là également. tout comme Damien Saulnier le manager et Laurent Tirel le Proviseur du Lycée Le Mans Sud, siège du Junior team Suzuki.

La Presse locale et la Presse spécialisée se pressaient plus en amis qu’à titre professionnel.

Les autres équipes engagées en endurance étaient représentées (Marc Mothre, Christophe Guyot notamment) alors que l’on dénombrait, outre ceux déjà cités, les pilotes suivants : Loris Baz, Louis Rossi, Gregory Fastré, William Costes, Régis Laconi, Guillaume Dietrich, Mathieu Gines, Gregory Leblanc…

Des représentants des clubs, des sportifs anonymes, des passionnés, des amis, des proches de la famille étaient venus en nombre. D’autres absents avaient adressé des fleurs, au point que la cathédrale en était jonchée et qu’il fallut mobiliser 4 fourgons pour les acheminer au cimetière.

Dans une cérémonie sobre, le Prêtre délivra un message de compassion, alors que l’on pouvait admirer la force de caractère de Jessie, veuve maintenant mais capable de lire l’Évangile sans trembler et de conduire ses enfants toucher le cercueil d’Anthony, dont tout le monde, avec un brin de révolte se disait pourquoi lui, pourquoi si tôt ?

Nous avons même vu un motard anonyme donner, de rage, un violent coup de poing sur un chapiteau ancestral, après s’être recueilli face au portrait d’Anthony.

À la sortie, les pilotes d’Endurance se tenant solidairement par les épaules tentaient de se donner la force de ne pas exploser de chagrin. Les membres du Moto Club, tenaient leurs drapeaux de piste avec de la brume dans les yeux.

 

Un dernier tour de circuit

 

Et puis, le convoi funéraire est parti pour un dernier tour de Circuit Bugatti. Une haie d’honneur de motards à pied à l’entrée de la piste, saluait une dernière fois Anthony suivi par les pilotes d’Endurance dans un petit bus.

Un tour symbolique était bouclé comme s’il fallait encore qu’Anthony puisse dans un dernier adieu  quitter ce qu’il aimait passionnément : la Course Moto.

Le cimetière d’Yvré l’Évêque attendait ensuite dans sa quiétude campagnarde de recevoir le champion dans les affres de cette poignante et insupportable séparation finale.

Pour terminer nous citerons le Président Bolle qui a bien voulu nous confier un message en mémoire d’Anthony :

« C’est un accident dramatique comme il peut en arriver, vous savez c’est la fatalité. Anthony a été emporté par sa passion, c’était un garçon gentil, simple qui a porté très haut les couleurs de la Fédération, les couleurs de la France. On perd un très grand Champion. »

 

Alain MONNOT/PHOTO MICHEL PICARD

 

Moto - Endurance Nécrologie

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