RENAISSANCE D’IMPÉRIA, UN ANCIEN FLEURON DE L’INDUSTRIE AUTOMOBILE BELGE.

 

 

 


IMPÉRIA-Fleuron de l’industrie automobile-Belge-au début du XXème siècle-©-Manfred-GIET.

 

 

Au début du vingtième siècle, alors que le Royaume de Belgique était la troisième puissance économique mondiale, comptait parmi ses fleurons industriels, une bonne centaine de marques d’automobiles produites, ce qui en faisait le deuxième producteur mondial derrière la France mais devant l’Allemagne, l’Angleterre et les États-Unis.

Ce qui pour un territoire de 30.500 Km2, bordé par la France, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Grand-Duché du Luxembourg, était exceptionnel.

Parmi les constructeurs les plus réputés on retrouvait des marques comme FN (Fabrique Nationale, également spécialisée dans l’armement), IMPÉRIA et MINERVA, une marque fondée en 1897 par Sylvain de Jong, et qui à l’époque était plus prestigieuse que ROLLS ROYCE !

 


L’IMPÉRIA-SS 1930, à remporté quelques belles victoires dans les années 30-©-Manfred-GIET

 

Suite au pillage des usines automobiles Belges par l’envahisseur Allemand à la fin du premier conflit mondial, beaucoup de constructeurs disparurent par la suite, faute d’outillage nécessaire à la pérennité de leurs ateliers.

De cet âge d’Or de la construction automobile Belge, la FN, qui construisait des bicyclettes, motocyclettes, voitures de luxe et utilitaires, ainsi que MINERVA et IMPÉRIA, parvinrent encore à tirer leurs épingles du jeu.

 


L’action IMPERIA à l’époque distribuait de solides dividende Photo Manfred GIET

 

Le constructeur IMPÉRIA, fondé en 1904 par Adrien PIEDBOEUF à Nessonvau, dans la Vallée de la Vesdre entre Liège et Verviers, connut un beau succès par la suite et ce grâce à des innovations techniques comme la conception d’un moteur sans soupapes tournant à 4.500 t/m ainsi que par ses créations d’allure plus sportive qui permirent à ce constructeur de s’illustrer lors d’épreuves de compétitions automobiles, comme les 24 Heures de Francorchamps.

 


L’Impéria-SS-1930-un-tableau-de-bord-spartiate-mais-habituel-à-l’époque-©-Manfred-GIET

 

En 1929, IMPÉRIA avait par ailleurs la particularité de posséder une piste d’essai longue de 800 mètres sur le toit de l’usine, faisant gagner un temps précieux en matière de mise au point des véhicules.

À cette époque ce constructeur employait quelques 700 ouvriers pour ne produire pourtant que quelques 11 véhicules par jour !

Après avoir aussi construit des voitures pour son concurrent MINERVA, avec lequel un plan d’association du type GENERAL MOTORS USA.; avait été échaudé sans  toutefois aboutir, IMPÉRIA produisit son dernier modèle Belge en 1949, avant de devenir une unité d’assemblage pour la marque Britannique VANGUARD et ce jusqu’en 1958, une année qui vit la fermeture définitive et de IMPÉRIA et de MINERVA,  un véritable coup dur pour l’industrie automobile Belge, qui faute de modernisation ne pouvait plus concurrencer les constructeurs mondiaux et européens qui fleurissaient partout dans l’après-guerre.

 


IMPÉRIA-GT-Hybride-un-roadster-à-caractére-vraiment-sportif-©-Manfred-GIET.

 

En 2008, une société du nom de GREEN PROPULSION implantée au Sart Tilman, en périphérie Liégeoise, reprit le nom d’IMPÉRIA, dans le but de construire une voiture de concept technologique inédit et s’introduire dans le créneau des voitures exclusives et au standard de qualité très élevé.

Sous la direction du designer Belge Denis STEVENS, le projet ne peut toutefois pas débuter en 2013 comme prévu, si bien que l’IMPÉRIA GP, un roadster résolument sportif et à moteur hybride, ne put être commercialisé qu’en 2015, peu avant que la société GREEN PROPULSION, ne soit d’ailleurs mise en redressement judiciaire, amenant à sa faillite en 2016.

Depuis lors l’électrocardiogramme d’IMPÉRIA, nouvelle mouture restait désespérément plat, malgré une tentative avortée de reprise du groupe CARAT-DUCHATELET, le carrossier haut de gamme bien connu, avant que ne débarque l’homme d’affaires Liégeois, Laurent MINGUET, avec une offre de reprise en bonne et due forme auprès du curateur.

Et aux dernières nouvelles, cette offre à toutes ses chances d’aboutir si bien que tous les nostalgiques de ce grand nom industriel, ne désespèrent pas de voir le projet initial non seulement renaître mais redémarrer bientôt après une modification du projet qui prévoit l’utilisation d’un moteur 100 % électrique, en lieu et place du moteur hybride initial.

Et comme l’offre de reprise émane d’un homme d’affaires du rang de Laurent MINGUET, qui avec ses associés Pierre L’HOEST et Michel COUNSON, avait fondé en 1994, la société EVS, le leader mondial en matière de serveurs vidéo destinés à l’enregistrement d’images professionnelles, permettant des ralentis et la rediffusion d’instantanés d’une qualité exceptionnelle utilisés depuis par de nombreuses chaînes TV, nul ne doute que le projet IMPÉRIA, trouvera sa continuité à moyen terme, afin de faire refleurir ce véritable fleuron industriel Belge.

 

Manfred GIET

Photos :
Publiracing Agency

 


82 années séparent ces deux modèles IMPÉRIA ©-Manfred-GIET

 

 

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