‘SÉCURITÉ ROUTIÈRE’ : L’AFFAIRE DE TOUS.

 

 

‘Sécurité Routière’ : l’affaire de tous ?

 

Un slogan de la ‘Sécurité Routière’ claironne haut et fort qu’il s’agit d’une cause nationale, que c’est l’affaire de tous. Et si c’était plutôt les affaires de quelques-uns ?

On entend dire sur les ondes de radio, sur les chaînes de TV., dans la grande Presse, sur Internet, sur les sacro-saints réseaux sociaux, que malgré toutes les mesures prises, le nombre de morts sur les routes ne baisse pas, que les accidents sont plus nombreux, que les conducteurs n’adoptent pas un bon comportement, etc…

Toute une série de banalités affligeantes, en bref, toujours la même rengaine pour expliquer qu’afin de nous protéger de nous-mêmes, l’état a maintenant adopté tout un tas de mesures visant à renforcer celles déjà existantes et mettre un terme définitif à ces mauvais agissements.

À grand renfort de communication, on nous explique que les policiers et gendarmes ne passent pas suffisamment de temps sur les routes à traquer les chauffards et que dorénavant on va faire appel à des sociétés privées afin de faire le sale boulot.

De plus, quand il est besoin de deux policiers ou gendarmes pour constater des infractions, un civil suffit pour conduire les nouvelles voitures radar et relever les vitesses excessives. De deux choses l’une, soit la sécurité des forces de l’ordre nécessite la présence de deux personnes, et, dans ce cas, quand il s’agit d’un civil, qui remplit sa mission de service public tout seul, on considère que sa sécurité est moins importante que celle de fonctionnaires ou militaires zélés, ou bien, pense-t-on en haut lieu que les civils sont beaucoup plus efficaces et intelligents puisqu’un seul peut faire le travail de deux ! Je pencherais pour la deuxième, même si ce n’est pas très politiquement correct.

Pour revenir au principe même de ces nouveaux « délateurs ». Qui sont-ils, comment sont-ils recrutés, sur quelles bases ?

Comment est, ou sont, choisie(s) les sociétés qui auront pour mission de racketter les automobilistes ? Comment est rédigé l’appel d’offres ?

Comment ces sociétés sont-elles rémunérées ?

 qui appartiennent les voitures utilisées pour ces contrôles ?
Qui paye l’entretien, le carburant, les réparations, les assurances ?

Beaucoup de questions restent posées. Il faudra bien qu’un jour, les responsables de CNSR.(Comité National pour la Sécurité Routière) et du Ministère de l’Intérieur nous expliquent comment ils utilisent l’argent public.

Bien sûr, la ‘Sécurité Routière’ est un sujet tabou, qui peut potentiellement toucher tout le monde. Mais cela fait trop longtemps maintenant que l’on nomme des personnes, certes brillantes et intelligentes, à des postes de responsabilité, mais des personnes non compétentes dans le domaine.

Imagine-t-on des personnes n’y connaissant rien donner leur avis sur des problèmes de physique nucléaire ou sur la recherche médicale avancée ?

Non, bien sûr !

Mais en matière de sécurité routière, c’est pourtant le cas. Les médecins qui réparent les trop nombreux blessés, les victimes d’accident, les familles, ont le même poids que les professionnels du secteur.

Bien sûr, leur émotion et leur colère sont légitimes, mais pas forcément bonnes conseillères. Bien sûr que c’est louable et même peut-être nécessaire.

Mais il serait vraiment temps de se pencher sur les causes réelles de ces accidents, et ça, c’est une affaire de spécialistes.

Aujourd’hui, dans la majorité des cas, lors d’une enquête qui suit un accident mortel, on conclut par «vitesse excessive» ce qui permet de clore le dossier rapidement, et de ne pas trop se creuser la tête pour savoir ce qu’il s’est réellement passé.

Avec l’avantage évident, de pointer du doigt la vitesse, donc de justifier la répression routière, la multiplication des radars, et la manne qu’elle rapporte à l’État, manne qui ne sert en rien à l’amélioration de la sécurité ou du réseau routier.

Dommage !

Une cabine-radar installée en permanence contrôle la vitesse des véhicules, limitée à 70 km/h

 

Ceci étant dit, et pour en revenir à nos moutons, on constate la non-efficacité des contrôles et des limitations de vitesse, qui depuis des années prouvent leur ineptie, et comme la mesure n’est pas bonne, on la renforce, au lieu de penser à autre chose !

Imagine-t-on une entreprise, quelle qu’elle soit, constater l’échec d’une stratégie, et continuer, coûte que coûte, dans la même direction.

Il est fort à parier qu’elle mette rapidement la clé sous la porte. Il est peut-être temps de changer le logiciel de la ‘Sécurité Routière’ !

La formation, l’examen du Permis de Conduire, le réseau routier, l’éducation et le comportement, on en est où ?

Mais si on s’obstine dans cette direction, il y a certainement de bonnes raisons qui nous échappent. À qui profite le crime ?

C’est la question que doit se poser tout bon enquêteur.

Et dans ce cas, le crime est de taille, quelques 3.000 morts !

Au lieu d’éduquer, d’instruire, d’expliquer, on sanctionne, on punit, on fait régner un sentiment de culpabilité et de peur sur tous les automobilistes.

C’est pratique, cela évite de se poser les vraies questions et surtout d’imaginer des solutions. C’est beaucoup plus facile et on se donne bonne conscience.

Bien sûr, sans vouloir interférer sur le débat démocratique actuel à la veille d’une élection présidentielle particulièrement indécise, il serait bon d’avoir le sentiment des différents candidats, non pas sur la problématique de la ‘Sécurité Routière’, mais sur le fait d’utiliser des agents du privé pour surveiller et sanctionner les citoyens.

Si ce système s’installe dans le paysage, la prochaine étape sera très certainement de faire appel à des milices privées pour faire régner l’ordre dans les cités et mettre fin aux différents trafics qui y prospèrent, et pourquoi pas non plus, pour faire des contrôles d’identité inopinés, du maintien de l’ordre lors de manifestations, de la surveillance du territoire, du renseignement… bref des missions de Police et de Gendarmerie.

Attention, c’est la porte ouverte… à toutes les fenêtres.

On vous aura prévenu.

 

Gilles VIRMOUX

 

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