RALLYE ‘NEIGE ET GLACE’ 2017 : JOUR UN CHEZ PEUGEOT À SOCHAUX… MAIS ON EST CHEZ LES BELGES !

TOUT SOCHAUX EST AU RENDEZ-VOUS !

Onze victoires belges sur treize rallyes ‘Neige et Glace’ nouvelle génération, 25 équipages d’Outre-Quiévrain *inscrits en 2017 sur 90 au départ, c’est sûr que nos cousins du nord arrivent en force, historique et physique.

  • Outre-Quiévrain… Expression utilisée sans vergogne par les journalistes sportifs français depuis Antoine Blondin, notre maître à tous, qui signifie que l’on est Belgique, une fois passé le Quiévrain. Un papier récent dans «Le Soir», journal bruxellois, m’a appris que l’expression est en fait belge et signifie donc la France, et que… Quiévrain est un village sur la frontière et non une rivière… !

Les vérifs techniques ont lieu à Sochaux, au Musée de l’Aventure Peugeot, sublime endroit.

 

 

Pour me rendre à Sochaux, je roule avec Raymond Guinchard, natif d’Ornans, comme l’immense peintre qu’est Courbet, l’artiste c’est le monde qui l’intéresse, en particulier dans son fameux « origine », Raymond, lui, c’est la Franche-Comté qu’il connaît comme sa poche.

Et le sport auto ?

Formidable guide et formidable expert en autos Classic, j’apprends donc que le gros truc que je vois au fond du paysage, c’est le ballon d’Alsace, le parigot que je suis ne voyait vraiment pas l’Alsace à cet endroit, comme quoi il n’est pas nécessaire d’aller à Tataouine pour découvrir des choses inattendues !

Hélas, la forêt est noire, ce qui veut dire que la neige que l’on voit partout n’est plus accrochée aux arbres pour donner au paysage  son côté magie, on verra bien…

Au soir des vérifs, les premières étapes se font de nuit pour rejoindre le QG. du rallye, à Malbuisson, sur les bords du Lac de St Point.

Bon, quelques belles histoires récoltées ici et là sur les 90 équipages passés aux vérifs.

 

 

Pour l’instant le parc fermé s’ouvre (ouaf) les vérifs techniques sont très pointues, même au-delà des pneus à clous(re-ouaf !) qui sont obligatoires cette nuit à venir, même si l’on n’est plus dans les moins vingt qui sont tombés récemment sur la région, les petites routes sont encore enneigées ou englacées.

Et comment  on compte les clous, un par un ?

 

MERCI ARCHIMÈDE !

 

Non, on a un gabarit qui fait le vingtième de la circonférence d’un pneu, c’est un triangle dont la pointe se fixe sur le moyeu  et la base du triangle c’est le gabarit, on compte combien on trouve de clous sur cette longueur et on multiplie par 10…

Archimède (mathématicien grec de Syracuse, celui qui a compris pourquoi un bateau flotte… merci !

Selon la largeur du pneu, on autorise de 100 à 150 clous, et s’il y en a trop, il faut les enlever et ce n’est pas de la tarte !

Tiens, le fameux Lac de St Point est encore gelé épais, il y a plein de gens qui patinent dessus, une activité classique l’hiver de Stockholm à Vladivostok, même sur de l’eau de mer, mais même si cet endroit de France est surnommé la petite Sibérie, c’est encore un truc rare en France…

 

LA NOUVELLE AUTO DE LA FAMILLE SANSEIGNE

 

Premiers arrivés au parc fermé, les époux Sanseigne, vainqueurs en 4X4 en 2016 sur leur petite bombe, une Lancia Y10 équipée comme pour faire le Championnat du Monde WRC, connaissent la région par cœur, avec en plus beaucoup de talent en nav. et en pilotage.

Pour 2017, ils ont changé d’auto, ils roulent sur une magnifique Lancia Delta 16S de 1988 !

Elle est aux couleurs Martini, historiques !

Celle que les Anglais surnomment «Queen of the Rallye» !

Quelle histoire ces autos !

Elles ont au compteur 46 victoires en Championnat du Monde, elles ont vu rouler Biasion, Kankkunen, Saby !

C’est sûr que ça va les changer de l’Y10, car il ya plus de 200 cv. sous le capot…

C’est un des équipages que j’aime bien, non seulement ils sont sponsors du Rallye, mais en plus ils roulent de façon passionnée et royale, et ce qui ne gâche rien, ils sont sympas !

Autre équipage de ma galerie d’héros, Henri Pescarolo, on rappellera que le garçon est jurassien et il est là, fidèle au départ avec envie de manger du Belge.

 

 

Son navigateur est ce qui se fait de mieux en France, Michel Périn, qui a déjà co-gagné le Dakar  mais pas que, comme disent les djeuns, humainement parlant ces deux là sont un délice, un duo qui me fait oublier que passion est devenu un gros mot dans un monde extérieur qui devient un tas de m… haineuse.

La voiture est préparée par David Mathieu, un garçon  très sympa et très talentueux, il est à Tavaux, près de Dôle (ici on prononce Dôl). Il est spécialiste Porsche et Venturi, ses clients viennent de toute la France, autrement dit on a affaire à un de ces fameux artistes, un de ces Mozart de la ‘prépa’ si difficile à trouver…

La Porsche 911 C de 1980 est jaune, ce n’est pas forcément ce qui sied le plus à cette auto, Henri m’a dit avec son sourire unique au monde «Comme ça tu me verras venir de loin, même la nuit»…   

Cela dit le jaune est la couleur officielle des sports mécaniques en Belgique, pour un équipage de héros venus manger du Belge, je trouve que le destin a parfois un clin d’œil amusant.

La Porsche 356  (Pré A 1954) de Michel Closjans  est toujours la plus élégante du plateau, encore un fidèle.

Bon, un équipage mixte, Pierre Barré a eu un accident de moto et a perdu un bras, il pilote une MGB GT automatique (1971), boîte auto d’origine, trois vitesses, il faut faire le kick down pour en rentrer une d’urgence, un coup sec sur l’accélérateur, en descente sur la glace pas facile !

 

PÈRE ET FILLE HEU-REUX!

Sa navigatrice est sa fille, c’est (enfin !) son premier rallye, elle a suivi toute sa jeune vie ses parents sur les rallyes auxquels ils participaient, elle a le visage radieux.

Et encore un équipage étonnant, totalement féminin, qui vient de Suisse, Célimène Lachenal et Gaëlle Wunderli-De Zorzi sont venues avec une Ford Escort RS 2000 de 1974.

 

GAËLLE ET CÉLIMÈNE

 

Quinze heures, le parc fermé s’est bien rempli, un rayon de soleil a traversé la bouillasse glaciale du matin, les Sochaliens sont de sortie, un très beau Rallye Classic dans ce cadre prestigieux du Musée Peugeot, la fierté régionale, ça ne rate pas.

Encore un trésor.

 

COULEUR FIESTA YELLOW

Une Austin Cooper S (je craque, un de mes rêves jamais réalisés !) de 1963, pilotée par Michel Azema.

Intérieur dans son jus, compteur central, boutons allongés pour le klaxon et le lave-glace, couleur Fiesta Yellow extrêmement rare, répartition hydraulique de la hauteur de caisse, pneus de secours cloutés sur le toit, façon Timo Mäkinen.

Mäkinen ?

Premier Flying Finn, ces Finlandais volants qui mettront le monde à leurs pieds et dans un paquet de sports différents.

Vainqueur du ‘Monte Carlo’ en 1965.

19 h 00 : Premier départ de Sochaux pour les spéciales de nuit.

Because the night…

À plus tard !

Jean Louis BERNARDELLI

Photos :
Richard BORD

 

 

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