‘AFRICA RACE’ 2017 DOUZIÈME JOUR AU SÉNÉGAL : ST LOUIS BLUES…

 

Blues, parce que ça fout le cafard d’avoir terminé le plus beau Rallye-Raid au monde, après la mythique ville de St Louis du Sénégal, (Mermoz, St Ex !) on verra demain la plage de N’Gor et le Lac Rose, ce qui est le rêve d’un pistard. Voir la mer était aussi le rêve des soldats d’Alexandre qui après des années d’errements en Asie, revirent la mer qui était leur mère en Grèce et hurlèrent… Thalassa ! THALASSA !

Là, comme un air de blues, le moment sera envoûtant mais terminé.

 

 

 

René Metge  décrit cette dernière étape qui devrait être une formalité, sauf vraiment manque de bol, les résultats du rallye sont quasiment figés.

VENDREDI 13 JANVIER 2017
AKJOUJT/SAINT LOUIS

Étape : 546 kms
Départ du Bivouac

Secteur Sélectif
AKJOUJT/FIMLIT : 208 km

Liaison FIMLIT ST LOUIS : 338 km

 

« Cette année, ce dernier secteur sélectif de l’AFRICA ECO RACE va se dérouler un vendredi 13. On le sait, pour certains c’est un jour de chance, pour d’autre c’est le contraire. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas voulu mettre la barre trop haute pour ce dernier jour de course. Sur les deux tiers de la spéciale, le tracé évoluera sur une piste en sable plutôt roulante entre les dunes sans vraiment de franchissements au programme. En principe, une formalité comparée à ce que les rescapés auront dû affronter durant cette semaine mauritanienne. Du coup, les concurrents ne devraient pas arriver trop tard à St Louis, au Sénégal, où le bivouac sera installé sur l’ancien aérodrome. Ils pourront alors profiter de la dernière soirée au bivouac qui est toujours très sympathique, avec l’officialisation des résultats et souvent les retrouvailles des amis et de la famille. »

Demain, en attendant les photos de la plage et du Lac, je ferai une jolie galerie de photos, déjà publiées ou pas encore car certains soirs, Alain Rossignol et Jorge Cunha m’ont envoyé des trésors.

Aujourd’hui, je ferai une ode à certains concurrents qui m’ont épaté.

MOTOS : CECI FERME LE BAN

 

8 h 00 heure locale, Sella est lancé, devançant Ullevalsetter de deux minutes et Paolo Ceci de quatre.

Sella lancé ?

Façon de parler car ce gamin de 18 ans, venu avec ses parents, qui parle anglais parce que sa langue maternelle, l’hébreu, n’est guère pratiquée et pas facile à tenter de piger au moins en partie, comme peuvent l’être l’Espagnol, le Catalan, l’Italien et même le Roumain, ce gamin est largement lancé dans le monde des pistards depuis le tout premier jour, avec pourtant des adversaires redoutables, pas nombreux mais difficiles à battre comme Ullevalseter  et Ceci, qu’il a lâché sans jamais hésiter, il se sera gouré une seule fois et bien et n’aura pas perdu la tête du rallye pour autant.

 

SELLA ET TOUT SON STAFF, MÉCANO, INGÉ PISTE, OSTÉO, CUISTOT, TRANSPORT, ET ACCESSOIREMENT… SES PARENTS !

Bref, une vraie nouvelle star dont ce sport a bien besoin.

Parce que les jeunes de 18 ans, ça court pas les ergs…

J’ajoute que comme tous les jeunes gens sportifs, il est souple comme un chat et que s’il se bourre souvent, il ne se fait pas mal, autre énorme avantage avec celui d’être tombé sur un père spirituel comme Ullevalseter le jour où il est tombé en panne d’essence en plein milieu de nulle part.

L’Africa Race, qui constitue, et de loin la plus gosse épreuve de Rallye Raid au monde en terme de kilomètres den course et de temps passé en piste, en enlevant les temps de liaison, le cauchemar du rallye raid.

Ce jour encore on est partis direct du bivouac et c’est la passion de René Metge et Jean Louis Schlesser, tous deux anciens pilotes de rallye raid et de tas d’autres disciplines sur piste, leur légitimité est indiscutable, ce n’est pas un hasard si c’est là qu’est né ce jeune prodige de Gev Sella.

Ce rallye attire comme un aimant, la photo d’ouverture devrait en faire rêver plus d’un.

C’était le principe de Thierry Sabine, faire vibrer ceux qui partent, faire rêver ceux qui restent.

Donc, Sella, Pal Anders et Paolo roulent, avec les 28 autres pilotes du rallye, je déteste le mot de «rescapés», traverser le désert à moto n’est pas traverser la méditerranée en boat people

 

 

On roule vite, comme toujours, les départs de spéciale sont faciles, plats avec de la visi….

174 km/h pour la très puissante «Africa Twin» de Ceci.

Sella ne voudra pas, jeunesse oblige, laisser à qui que ce que ce soit le privilège de terminer cette dernière étape autrement que premier.

Mais la dernière, devant tout le monde arrivé de PARIS ou de partout en Europe, a une saveur particulière.

Le CP1 est passé par les trois motos sur vingt cinq secondes, on a envie de manger un peu de poussière ensemble…

 

SELLA A NEW STAR IS BORN

Et on roule toujours ensemble à 135 km/h.

On est maintenant résolument NE/SO, entre les dunes, qui faudra franchir mais dans le sens du vent, donc dans les vallées de sable, jusqu’à l’arrivée.

En queue de peloton, Julie Vanneken est partie aussi.

La courageuse petite nana rêve elle aussi de St Louis du Sénégal, ville magnifique reliée part deux ponts historiques, puis de fouler le sable de N’Gor….

Sublime Julie, que j’ai vu bien des fois s’accrocher à la nuit alors qu’il lui restait des centaines de km de spéciale à se farcir, elle m’impressionne…

Devant, j’imagine que l’on doit mettre à l’épreuve l’obligation de monter les régimes moteurs  à pleine charge, c’est con mais tellement de leur âge, car même les vieux ont gardé des rêves de gosse… Le COP2 donne  le même résultat que le premier, cette foi, les écarts passeront à 45 secondes.

On est un peu plus dans le sable mais il est plat, la vitesse diminue, on se méfie…Au CP3, on est à preès de quarante secondes de l’Italien, l’African Tween est merveilleuse de puissance.

Vers le ligne d’arrivée, tout lez monde déboule à 130 km/h, c’est sûr, que comme dirait un pote, «On n’a pas amusé le terrain» !

Premier Ceci, 1’25’’ devant Ullevalseter, troisième Sella à 5’47’’, clairement maman a du donner des consignes pour le dernier Jour !

AUTOS :
SERRADORI, LA DERNIERE À L’ARRACHÉ !

 

C’est une peu plus particulier que sur les motos, tout le monde a envie d’ouvrir en grand et de mettre cette étape à son compte, ce qui aplanira quelque peu lse baffe collées par Vasilyev chaque jour ou presque.

Certains ont réussi,  Serradori, Sireyjol, et d’’autres les méritent, d’où la vitesse élévée, en tête, Sabatier, sans doute dopé par sa victoire la vielle veut-il doubler…
Mais c’est Serradori qui prend les choses en main, 25 secondes devant Vasilyev au premier CP, une minute 25 devant Zapletal, trois minutes devant Sabatier.

Au CP2, Vasilyev a repris le morts aux dents le terrain est plus facile, il est 1’244’’ devant Zapletal et 2’25’’ devant Sabatier.

 

GROSSE BASTON POUR CETTE DERNIÈRE ÉTAPE

 

Bref, journée slavo-hongroise en perspective ?

Pas forcément, Serradori a remis quarante secondes à ces messieurs au dernier CP, on force fort dans les cockpits, et on s’amuse aussi !

En revanche, pas de Cherednikov, resté tanqué au départ

Et on termine fort, Serradori l’emporte finalement, 1’33’ sur Vasilyev, ce qui n’est évidemment pas suffisant pour le battre au Général mais grosse satisfaction

Ce qui est important, c’est que Housieaux a terminé sur le podium au Général, derrière Vasilyev et Zapletal.

 

 

Ce n’était pas l’année de buggies !

Une fois de plus, Paltr a fini meilleur camion, mais c’est Karginov qui gagne au général avec une bien discrète cinquième place auto/camion, sur ce rallye on était habitués à mieux côté camions.

 

PALTR ENCORE MEILLEUR CAMION CE DERNIER JOUR

 

Housieaux, qui a gardé sa troisième place au général, a terminé cinquième du jour.

Voilà, l’Africa Race est terminé, place au plaisir total, au frisson sur la plage, aux applaudissements au Lac Rose.

Un mot sur quelques amateurs remarquables.

Julie Vannequen j’en ai déjà parlé, elle termine 20ème au Général mais elle s’en fout, la courageuse Julie a vu la mer.

 

 

Si j’ai bien compris elle a fait les Gazelles à moto ce qui n’a rien à voir avec un Rallye-Raid, même si ça se fait dans le désert, cette expérience mauritanienne est une sorte de renaissance…

 

NOËL JULIEN

Un mot encore pour Jean Noël Julien, pâtissier à Paris, qui a emmené sa femme Rhaba dans le coup et ce pur amateur s’est fait un plaisir fou, que j’espère partagé, sur son buggy MD.

 

AVEC MADAME

 

ULLE ET ZATCO PRÉPARENT LA RELÈVE

 

Enfin, bravo à Pal Anders Ullevaseter qui a été d’un chevaleresque absolu en intronisant Gev Sella, en l’aidant à le faire devenir un vrai pilote de Rallye-Raid.

 

Gros bravo au russe Maksimov Aximov qui a emmené son quad à Dakar ? Ils sont peu à l’avoir fait.

Vu la merde absolue qu’a été cette parodie de course qui se déroule en Amérique du Sud, qui a été écourtée je sais, mais quand on monte rouler sur des cols à 4.000 mètres, c’est le cas de toute cette énorme chaîne de montagnes qui commence dans les Rocheuses aux USA et se termine par les Andes en Amérique du Sud, on prend des risques insensés…

Cela donnera sans doute envie à certains de venir tâter du sable mauritanien l’an prochain, et ils auront raison.

Bilan, l’Africa Race a roulé en compétition, sur les 8 premiers jours, deux fois plus longtemps que le… truc parti d’Asuncion.

Certains rallyes ont comme seul avantage de faire pleuvoir sur un pays mourant de sécheresse, d’autres permettent de découvrir ce qu’est l’aventure, ce qui n’est pas un hasard, vu le vécu de ses créateurs.


JEAN LOUIS BERNARDELLI


Photos :
Desert Runner, Alain ROSSIGNOL et Jorge CUNHA

CLASSEMENT SPÉCIALES ET GÉࣽNÉRAL
SUR LA DOUZIÈME ET DERNIÈRE ÉTAPE

http://www.africarace-live.com/fr/cla-etp11.html

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