IL Y A 40 ANS, LE ‘WOLF RACING TEAM’ FAISAIT UNE ENTRÉE TRIOMPHALE EN F1.

 


F1-WOLF-sans-la-casquette-WW-aurait-plutôt-L-ef-étoilé-que-patron-de-team-©-Manfred-GIET

 

Il y a 40 ans, le 9 janvier 1977 au GP d’Argentine à Buenos-Aires, le WOLF RACING TEAM défrayait toutes les chroniques… en s’imposant et ce dès son premier GP avec sa nouvelle WR 1, qui y subissait pourtant son baptême du feu aux mains du sud-Africain Jody SCHECKTER .

Une première, et fait rare, qui marqua les esprits au sein de la communauté de la catégorie reine, la F1.

Mais qui donc était Walter WOLF, le patron de ce Team éponyme à la livrée bleu-marine et or?

Né le 5 octobre 1939 en Autriche, à Graz, capitale de la Styrie Autrichienne non loin du circuit de l’Österreichring  qui allait devenir Zeltweg et propriété actuellement de Dietrich Matechitz, qui l’a renommé RED BULL, sa jeunesse se passa dans le contexte privatif de l’immédiate après-guerre.

Son père, d’origine souabe allemande et sa mère d’origine slovène, étaient sans moyens au point que leur fils Walter, finança lui-même ses études en collectant et revendant des vieux métaux avec pour effet de développer un esprit entrepreneurial dès son adolescence.

En 1960, alors âgé de 20 ans, il décida d’émigrer vers le Canada où il créa une entreprise de construction en bâtiments et en adoptant rapidement la nationalité Canadienne.

Lors des Jeux Olympique d’hiver en 1964, à Innsbruck dans son pays natal, il fit même partie de l’équipe Canadienne de descente à ski.

Son côté aventurier aidant, Walter WOLF se lança ensuite dans le secteur pétrolier, d’abord comme sous-traitant, en vendant de l’appareillage de forage et en occupant une équipe de 300 plongeurs comme main d’œuvre disponible, avant d’investir personnellement dans la vente de pétrole brut, et qui grâce à la crise pétrolière qui sévissait dans les années 1973-1974, lui permit de se constituer une petite fortune rapidement suite à ses contacts dans le monde politique et en Arabie saoudite.

 

F1-Jacky-ICKX-sur-la-Wolf-Williams-FW05-en-1976-à-Zolder

 

Féru de sport automobile, son premier engagement se résuma à prendre la majorité du Team sous-financé de Frank WILLIAMS en 1976 pour le rebaptiser en  WALTER WOLF RACING.

Si en début de saison 1976, les voitures utilisées, une FW 04 et une FW 05 resteront  inscrites sous FRANK WILLIAMS RACING CARS, il s’avéra plus tard qu’il ne s’agissaient pas de constructions propre à Frank WILLIAMS mais bien d’anciennes HESKETH 308 C retravaillées, ce qui permit à Walter WOLF d’engager ces voitures sous sa propre appellation, avec Jacky ICKX et Arturo MERZARIO, lesquels se relayeront sur la FW 05 tandis que la seconde,la FW 04 fut pilotée par le Français Michel LECLÈRE, l’Italien Renzo ZORZI et l’Allemand Hans BINDER.

 

WOLF-Jody-SCHECKTER-Wolf-WR-1-1977-©-Manfred-GIET

 

Confronté à la médiocrité du matériel, Walter WOLF décida alors d’engager en 1977, une vraie WOLF conçue de A à Z dans ses propres ateliers à READING au sud de l‘Angleterre, en engageant Peter WARR ex-Lotus, comme Team Manager ainsi que les ingénieurs  Britanniques, Harvey POSTLETHWAITE et Patrick HEAD pour développer le premier châssis de la nouvelle WOLF WR1.

Pour des raisons budgétaires, WOLF se limita a n’engager qu’une seule voiture en faisant appel au rapide pilote Sud-Africain, Jody SCHECKTER, peu convaincu de l’efficacité du fameux projet TYRELL P34 à 6 roues.

Et dès les premiers tours de roues du binôme WOLF WR 1-Jody SCHECKTER, celui-ci s’avéra d’entrée très efficace, au point que le WOLF RACING TEAM s’offrit, on l’a dit, une victoire lors de sa première apparition en F1, au GP d’Argentine le 9 janvier 1977, un exploit unique dans les annales de la F1, si l’on excepte la victoire de FARINA sur ALFA ROMEO lors du tout premier GP du Championnat du Monde, le 13 mai 1950 à Silverstone.

Jody SCHECKTER montera d’ailleurs encore à deux reprises sur la plus haute marche du podium dans le courant de cette première saison pour le WOLF RACING TEAM.

À Monaco et au Canada, tandis qu’à l’issue de la saison, le pilote sud-Africain terminait comme dauphin de Niki LAUDA au Championnat du Monde, prouvant que cette monoplace  était une totale réussite.

 


F1-Jody-SCHECKTER-WOLF-WR-5-©-Manfred-GIET.

 

Pour 1978, fort des succès enregistrés l’année précédente, l’austro-canadien Walter WOLF cibla carrément le titre pilote en conservant SCHECKTER à bord de la WOLF WR 1 d’abord, avant de passer à la WR 5 et peu après la WR 6, des voitures toutefois construites dans la hâte et caractérisées par leurs radiateurs d’huile central.

L’écurie WOLF RACING était par ailleurs la seule à suivre la  voie technologique mise en place par le génial Colin CHAPMAN et ses fameuses LOTUS 78 « Wing Car » à effet de sol.

Si Jody SCHECKTER réussit quelques belles prestations dans le courant de la saison ’78, elles ne furent toutefois pas souvent à la hauteur de ses efforts en raison de trop nombreux ennuis techniques et l’engagement du pilote Américain Bobby RAHAL sur une seconde voiture pour les GP des USA et du CANADA, ne dépassa pas non plus la sphère commerciale.

Si la saison ’78 s’avéra être une déception avec SCHECKTER terminant seulement 7ème au classement pilotes, WOLF RACING dut se contenter seulement de la 5ème place au rang des Constructeurs, alors qu’on les attendaient logiquement à l’avant de la scène.

 

F1-James-HUNT-WOLF-WR-8-1979-Manfred-GIET

 

1979 sera la troisième saison de WOLF RACING avec l’arrivée du Champion du Monde 1976, James HUNT en remplacement de Jody SCHECKTER parti chez FERRARI, où il deviendra Champion du Monde à l’issue de la saison.

Rapidement Walter WOLF et son staff technique durent se rendre à l’évidence que le fantasque James HUNT, n’avait plus le feu sacré au volant d’une WR 8, certes poussive, mais à bord de laquelle le pilote Anglais semblait avoir l’esprit ailleurs, au point qu’il quitta le navire à l’issue du GP de Monaco et avec comme seule référence, une peu élogieuse 8ème place au GP d’Afrique du Sud.

 

F1-James-HUNT-WOLF-WR-8-1979-Manfred-GIET

 

C’est le finnois Keke ROSBERG qui prit alors le relais au pied levé mais qui tout au long des onze GP restants ne réussit jamais à rentrer dans les points et avec un point d’orgue négatif au GP du Canada, c’est-à-dire, la course à domicile pour le Team WOLF RACING, où , « tabernacle », la WR 7 loupa même la qualification au grand dam du patron!

Cette troisième saison chaotique et consécutive eut finalement raison de la patience de l’austro-canadien qui, en fin de saison se retira après avoir cédé toute sa structure au nouveau Team Brésilien monté par les fréres FITTIPALDI.

Walter WOLF tourna ainsi la page de ce qui au début paraissait devenir une aventure magnifique, mais dans laquelle il ne voulait tout simplement pas jouer un rôle de science-fiction, préférant dès lors retourner à ses premières sources, le négoce de pétrole.

Business qu’il contrôlait depuis sa propriété Azuréenne située sur les hauteurs de Mouans- Sartoux et désormais occupée par l’ancien Team manager de MATRA, Claude LE GUEZEC !

 

 

Manfred GIET
Photos :
Publiracing Agency

 

 

F1-Walter-WOLF- Fin 1979, marre de la F1, WOLF vend son écurie ©-Manfred-GIET

Histoire des Glorieux anciens

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